Cordage lové

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Glène bridée par capelage au courant : le lovage de corde tressée le plus courant.[1]
Écoute lovées sur le Star of India.

Un cordage lové est un cordage noué ou enroulé sur lui-même en cercle ou spirales afin de le ranger, le préparer à l'usage et éviter qu'il ne s'emmêle.

On dit aussi que l'on « glène un cordage » ou qu’on « love en glènes une corde », une glène étant une boucle ou rouleau de cordage.

Méthodes[modifier | modifier le code]

En raison du sens du câblage (torons), un filin doit être lové dans le sens des aiguilles d'une montre et délové en sens inverse. Pour éviter les huit et les emmêlements, on détord à chaque tour le cordage par une légère rotation du filin entre le pouce et l'index (ou d'un mouvement de poignet). Un cordage est lové à partir de l'extrémité fixe afin de permettre au cordage de se détordre du côté libre.

Pour un cordage tressé, tous les sens de lovage conviennent. Mais la tresse doit être délovée en sens inverse, raison pour laquelle elle est habituellement lovée dans le même sens que le filin (le sens horaire). Pour permettre à la tresse de se détordre, elle est lovée à partir de l'extrémité fixe.

Une aussière (cordage pour l’amarrage d'un bateau) est lovée à plat pont en ovales concentriques dans le sens horaire (torons), de l'extérieur vers l'intérieur (pour ne pas entraîner la glène par-dessus bord en donnant du mou).

Un câble métallique est lové en alternant des boucles (comme le filin) et des demi-clefs.

Une ligne (fin cordage, cordelette, fil, ficelle) n'est jamais lovée à la main car elle s'emmêlerait. La ligne est filée en vrac dans un contenant (sac, seau) ou enroulée autour d'un support (bobine).

Dans la marine, une chaîne n'est pas lovée (pour éviter les maillons coincés) mais posée en tas (tas bien pensé, si le bout fixe en dessous) ou en longueurs alignées (biture).

Variétés de lovage et glènes[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs possibilités pour lover un cordage :

  • En anneaux : le cordage forme plusieurs boucles.
    • Fermés : le nouage enveloppe les anneaux (ex. : glène en huit).
    • Ouverts : le nouage entre dans les anneaux.
  • En longueurs (alpinisme) : le cordage forme de grandes boucles repliées en deux sur elles-mêmes.
    • En écheveau : le cordage est plié en deux avant d'être noué.
    • En oreille de cocker : le cordage est noué directement.
  • En spirales.

Un cordage lové est maintenu par un nœud de fermeture (The Ashley Book of Knots nos 3085 à 3093).

Usage[modifier | modifier le code]

Le lovage des cordes constitue une série de techniques dont le seul usage est de ranger ou stocker des cordes.

Dans les activités où un être humain est suspendu à une corde comme l’alpinisme, la spéléologie, le canyoning, les missions de secours (GRIMP, PGHM) ou les travaux sur corde, l’entretien des cordes est avant tout une question de sécurité.

Dans ces activités et dans la marine à voile, les cordages doivent toujours être bien entretenus[2] et rangés pour un usage facile et rapide en cas de besoin et éviter qu'ils ne s’emmêlent.

Dans la marine à voile, les ris qui maintiennent les voiles aux vergues doivent être attachés lorsque les voiles sont déployées pour ne pas qu’ils ne s’emmêlent. Pour ce faire, chaque brin est lové par un nœud spécifique par les gabiers lorsque les voilent sont ouvertes. De même, les brins trop long des écoutes (cordages de commande des voiles) sur le pont sont lovés selon des techniques variables suivant le type de voilier et de cordage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Devillers, Manuel de matelotage et de voilerie à l'usage des marins professionnels et des plaisanciers, Paris, Éditions Maritimes et d’Outres-Mer, , p. 18–20.
  2. Le classique des nœuds, éditions Sud Ouest, , 169 p. (ISBN 2737323592), p. 10.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Devillers, Manuel de matelotage et de voilerie à l'usage des marins professionnels et des plaisanciers, Paris, Éditions Maritimes et d'Outres-Mer, , 445 p..
  • Franck Ripault, Le classique des nœuds, Rennes, Éditions Sud Ouest, , 169 p. (ISBN 2737323592).
  • Gwendal Jaffry, Claude Bas, Yves Gaubert et Michel Phillipe, Guide des nœuds et du matelotage, Le Chasse Marée, , 128 p. (ISBN 2914208146).
  • Georges Strong Nares, Traité de manœuvre et de matelotage (Fac-sim. de l’ éd. de 1883 (305 pp.) et augmentée), Douarnenez, Le Chasse-Marée / ArMen, coll. « Chasse Marée », (réimpr. 2001) (1re éd. 1883), 478 p., 28,5 × 19,5 × 4 cm, broché (ISBN 2-903708-87-8, 978-290370887-0 et 978-2-903708-87-0, OCLC 491309268).[réf. à confirmer]
  • Ivar Dedecam, Manœuvre de port et de mouillage : Matelotage usuel ; Manœuvres au moteur ; Manœuvre à la voile ; Amarrage ; Mouillage sur ancre ; Prise de coffre, Paris, Voiles et voiliers, coll. « Comprendre », , 82 p. (ISBN 9782916083100).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]