Corax

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Corax de Syracuse (en grec ancien Κόραξ) est un sophiste du VIe siècle av. J-C., fondateur de la rhétorique, maître de Tisias. Il est considéré comme l'inventeur du sommaire[1]. Bien que la tradition historique reste très incertaine.

Le nom de corax fut réutilisé pour désigner l'« argument du corax », soit le renversement des réaffirmations et le type des ouvrages sur les parties des discours tel la Rhétorique à Alexandre et l'Art du discours politique[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Selon la tradition[modifier | modifier le code]

D'après la légende, Corax demanda à être payé pour cet enseignement à la condition seule que Tisias gagne son premier procès. À l'inverse, si Tisias perdait son procès, cela prouverait l'inefficacité de sa méthode, et Corax ne demanderait pas d'honoraires. Tisias est censé avoir développé la rhétorique judiciaire et notamment le champ argumentatif. L'existence historique de Tisias, comme celle de Corax n’est pas attestée, certains spécialistes pensent même qu'il s'agit de la même personne. Cependant Platon, Aristote et Cicéron les évoquent comme deux personnes distinctes, fondateur d'une école dont est sorti Gorgias. Il est mort en -467.

Validité historique[modifier | modifier le code]

Les savants et philologues furent divisés sur l'existence de Corax et de son disciple Tisias. Un conflit s'élevèrent entre eux, Corax utilisa l'argument logique « De mauvais corbeau, mauvais œufs ». Cette histoire n'est racontée qu'au Ve siècle de notre ère, dans des prolégomènes sur la rhétorique d'Hermogène, d'où la théorisation d'un « Corax Byzantin ». Les autres allusions sont minces en plus d'être tardives. Il faut attendre Hermias pour comprendre que Corax est le maître de Tisias. Cela donne diverses incompatibilités, le témoignage byzantin indique que Corax utilise la rhétorique judiciaire mais lui rejette un rôle politique, quand Platon et Aristote lui en attribuent un. Les scolastiques pensent pour la plupart que le rôle de Corax doit être reconsidéré (une minorité rejette la tradition byzantine). Il est probable que l'attribution d'un rôle politique à Corax dérive d'une théorie de l'école péripatéticienne. D'autant que les termes et divisions rhétoriques ne correspondent pas, ayant été ultérieurement attribués. Il semble d'ailleurs que Corax soit un surnom, une épithète, Tisias a aussi un nom qui n'est pas assuré. On conclut que son existence historique telle qu'on la connaît n'est pas assurée[3].

Fondateur de la rhétorique[modifier | modifier le code]

Corax a jeté les bases de l'art rhétorique, en divisant le discours en cinq parties : l'exorde (ou introduction), la narration (ou exposé des faits), l'argumentation, la confirmation et la péroraison (ou conclusion). Il a donné à cette démarche un but bien précis, qui est d'aboutir à la persuasion, résultant elle-même de la vraisemblance. Il ne s'agit pas d'établir la vérité, mais de se demander comment une idée, éventuellement erronée, doit être présentée à des auditeurs de manière à la faire paraître vraisemblable[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Agésilas Trad. Pierre Chambry, Xénophon. Œuvres complètes, t. 1 (Hachette, 1967, p. 428)
  2. Notice de l'édition Budé de l'Anonyme de Séguier.
  3. (en) Thomas Cole, « Who was Corax? », Illinois Classics Studies, no 16,‎ (lire en ligne)
  4. Bernard Quilliet, La tradition humaniste, Fayard, p. 62

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]