Cool Japan

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Cool Japan Fund Inc. a un bureau à Roppongi Hills Mori Tower

« Cool Japan » (クールジャパン, Kūru Japan), associé à « Gross National Cool » (traduit littéralement, cool national brut), est un concept inventé en 2002 pour exprimer le statut émergent du Japon en tant que superpuissance culturelle. Ayant gagné une forte exposition dans les milieux médiatique et universitaire, le terme « Cool Japan » a été adopté par le gouvernement japonais ainsi que par certains organismes commerciaux cherchant à exploiter l'industrie culturelle du pays. Le « Cool Japan » a été décrit comme une forme de soft power, « la capacité d’influencer indirectement les comportements et intérêts par des moyens culturel ou idéologique »[1],[2].

Les origines[modifier | modifier le code]

Dans un article de Foreign Policy datant de 2002 et intitulé « Japan’s Gross National Cool », Douglas McGray écrit que le Japon « se réinvente comme superpuissance », malgré les problèmes économiques et politiques de sa décennie perdue, grâce à son influence culturelle prenant de l’ampleur à l’international. En étudiant la culture jeune et le rôle de la J-pop, du manga, des animés, de la mode urbaine, du cinéma, des appareils électroniques, de l’architecture, de la gastronomie et des phénomènes « kawaii » comme Hello Kitty, McGray souligne la qualité de « soft power » considérable du Japon, se demandant quel message le pays souhaitait-il projeter. Il affirme aussi que la récession du Japon a certainement stimulé son « cool national », sa hiérarchie sociale rigide et désuète ainsi que les plans de carrière dans les grandes entreprises étant partiellement remis en question[3],[4],[5].

Adoption[modifier | modifier le code]

Repris dans les médias internationaux, avec le New York Times sortant une rétrospective « Year in Ideas: Pokémon Hegemon », un nombre croissant de représentants du gouvernement et de leaders économiques japonais souhaitant des réformes ont commencé à se référer au « cool national brut » du pays et à adopter le slogan officieux « Cool Japan »[6],[7],[8]. En 2005, Lors d’une conférence de presse, le Ministre des Affaires étrangères a établi un lien entre cette idée et le concept de « bonheur national brut » du Bhoutan[9].

La phrase a gagné en exposition au milieu des années 1990 quand la NHK commença ses émissions « Cool Japan Hakkutsu: Kakkoii Nippon! », émissions achevées en 2009 après une centaine d’épisodes[10]. Au niveau universitaire, le MIT a établi un projet de recherche « Cool Japan »[11], tandis que certaines universités occidentales ont noté une augmentation du nombre des inscriptions en Japonologie due à l’effet du « cool »[12].

Critiques[modifier | modifier le code]

Dans un éditorial du Yomiuri Shinbun datant de 2010, il a été dit que le gouvernement ne faisant pas assez pour aider les intérêts commerciaux du pays dans ce domaine, laissant de la place à la Corée du Sud pour émerger. L’éditorial souligne les insuffisances structurelles, le Ministre de l’Économie faisant la promotion du « Cool Japan », le ministre des affaires étrangères se chargeant des échanges culturels et le Ministre de l’Agriculture s’occupant de la cuisine japonaise[13],[14],[15]. Le conférencier Roland Kelts a aussi suggéré que l’incapacité à bien distinguer, promouvoir et communiquer avec les publics et marchés étrangers signifiait que le « Cool Japan » était « fini »[16],[17]. Laura Miller a critiqué la campagne « Cool Japan » car celle-ci exploitait et déformait les modes et les codes des sous-cultures jeunes[18]. Nancy Snow considère le « Cool Japan » comme un recyclage culturel sponsorisé par l’état et lui donne le nom de « Gross National Propaganda » (propagande nationale dégueulasse)[19].

Bureaux de promotion des industries créatives[modifier | modifier le code]

Le gouvernement japonais a identifié l’industrie culturelle comme l’un des cinq secteurs de croissance potentiels[20]. En juin 2010, le Ministre de l’Économie a annoncé la création de nouveau « bureaux de promotion des industries créatives » pour promouvoir les industries culturel et créative comme secteur stratégique « sous le concept unique et perdurant de « Cool Japan », pour coordonner les différentes fonctions du gouvernent et collaborer avec le secteur privé »[21].

Le ministre de l’économie a déclaré que la culture populaire japonaise était l’un des éléments clés du « Cool Japan » et que cela incluait les idols, les animés et la gastronomie de classe B[22].

Le directeur adjoint a dit que le but de sa mission était de « promouvoir les produits japonais grâce au caractère unique de la culture japonaise »[23],[24]. Pour l’année 2011, son budget était de 19 milliards de Yens. Pour l’année fiscale 2008, les dépenses publiques pour les activités culturelles étaient de 116.9 milliards de Yens en Corée du Sud, 477.5 milliards de Yens en République populaire de Chine et 101.8 Milliards de Yens au Japon, soit respectivement 0,79%, 0,51% et 0,12% des dépenses totales de leur gouvernement[23].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Yano, Christine R., « Wink on Pink: Interpreting Japanese Cute as It Grabs Global Headlines », Cambridge University Press, vol. 68, no 3,‎ , p. 681–688 [683] (DOI 10.1017/s0021911809990015, lire en ligne)
  2. Nagata, Kazuaki, "Exporting culture via 'Cool Japan'", The Japan Times, 15 May 2012, p. 3
  3. (en) McGray, Douglas, « Japan's Gross National Cool », Foreign Policy, (consulté le 11 septembre 2012)
  4. (en) McGray, Douglas, « Japan's Gross National Cool (subscription required) », Foreign Policy, (consulté le 18 mars 2011)
  5. (en) Allison, Anne, « J-brand: What image of youth is getting sold in Japan's "gross national cool"? », University of California, Berkeley, (consulté le 18 mars 2011)
  6. (en) « Japan counts on cool culture », BBC,‎ (lire en ligne)
  7. Faiola, Anthony, « Japan's Empire of Cool », Washington Post,‎ (lire en ligne)
  8. (en) Frederick, Jim, « Forget about salarymen, gridlocked politics and zombie corporations », Time, (consulté le 18 mars 2011)
  9. (en) « Press Conference 27 September 2005 - III », Ministry of Foreign Affairs of Japan (consulté le 18 mars 2011)
  10. (en) « "Cool Japan" Goes Global », Government of Japan, (consulté le 18 mars 2011)
  11. (en) « Cool Japan Research Project », Massachusetts Institute of Technology (consulté le 18 mars 2011)
  12. (en) Corbyn, Zoe, « "Cool Japan" suffers from cruel cuts », The Times,‎ (lire en ligne)
  13. (en) « Time to capitalise on "Cool Japan" boom », Yomiuri Shimbun,‎ (lire en ligne)
  14. (en) « South Korea, China overtaking Japan in "cool" culture battle », Asahi Shimbun,‎ (lire en ligne)
  15. (en) Yasumoto, Seiko, « Japan and Korea as a Source of Media and Cultural Capital », University of Sydney, (consulté le 18 mars 2011)
  16. (en) Kelts, Roland, « Japanamerica: Why "Cool Japan" is over », 3:AM Magazine, (consulté le 18 mars 2011)
  17. (en) Kelts, Roland, « The Politics of Popular Culture - Panel 2 », Temple University, (consulté le 18 mars 2011)
  18. Miller, Laura. “Cute masquerade and the pimping of Japan.” International Journal of Japanese Sociology. Vol. 20, Issue. 1, p. 18–29, 2011.
  19. Snow, Nancy. "Uncool Japan: Japan's Gross National Propaganda." Metropolis, Issue 1024, 7 November 2013
  20. (en) Amano, Tomomichi, « How to Promote "Cool Japan" », The Wall Street Journal, (consulté le 18 mars 2011)
  21. (en) « Establishment of the Creative Industries Promotion Office », Ministry of Economy, Trade and Industry (consulté le 18 mars 2011)
  22. (ja) « クール・ジャパン/クリエイティブ産業政策 », Ministry of Economy, Trade and Industry,‎ (lire en ligne)
  23. a et b (en) « Promoting "Cool Japan" », The Japan Times, (consulté le 18 mars 2011)
  24. (en) Mackay, Mairi, « Can Japan profit from its national "cool"? », CNN,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]