Convoi n° 73 du 15 mai 1944

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Convoi n° 73 du 15 mai 1944
Stèle à la mémoire des déportés du Convoi 73 au cimetière du Père-Lachaise
Stèle à la mémoire des déportés du Convoi 73 au cimetière du Père-Lachaise

Contexte Seconde Guerre mondiale
Mode de transport Ferroviaire
Numéro LXXIII
Départ Drapeau de la France France ()
Arrivée Kaunas, Lituanie
Déportés Juifs
· Total 878
· Hommes 878 [le seul convoi partant de Drancy, déportant exclusivement des hommes, et dont la destination n'est pas Auschwitz]
Survivants en 1945 22
But de la déportation Extermination
Le Neuvième fort de Kaunas avec au fond un monument en mémoire des victimes du fascisme, 2007.

Le convoi no 73 du 15 mai 1944[1], surnommé Convoi 73, est un convoi de déportation de Juifs de France parti du camp de Drancy vers la gare de Bobigny à destination, fait unique, des Pays baltes[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les 878 déportés[1] du convoi furent emmenés au Neuvième fort, un camp d'extermination de Kaunas en Lituanie, et à la prison Patarei de Reval (Tallinn) en Estonie[1]. Seulement 22 déportés étaient encore en vie en 1945.

Les familles de victimes n'ont appris la destination de ce convoi qu'au milieu des années 1990, soit cinquante ans après les faits[1], notamment avec la découverte d'une inscription sur un mur du Neuvième fort « Nous sommes 900 Français »[1].

Ce fut le seul convoi de déportation originaire de Drancy à avoir cette destination, même si la cause de ce choix demeure inconnue[1]. En effet, ceux-ci étaient généralement dirigés vers le camp d'Auschwitz, de Majdanek, de Sobibor ou de Buchenwald[2]. En outre, à la différence des autres, le Convoi 73 était composé uniquement d'hommes[1], peut-être pour participer à la construction d'ouvrages bétonnés pour l'organisation Todt[2]. « Travailleurs » pour tenter d'éviter la déportation vers les camps d'extermination, une partie des victimes était volontaire[1]. Toutefois, une hypothèse récente suggère qu'il s'agissait en fait d'effacer les traces des exactions[3].

Des plaques commémoratives ont été inaugurées à Kaunas, Tallinn et sur la gare de Bobigny. Une stèle fut aussi inaugurée au cimetière du Père-Lachaise en mémoire des victimes[2], le 26 novembre 2006, en présence de Simon Furetal et Henri Zajdenwerger, les deux derniers survivants des 22 rescapés du Convoi 73[4].

Parmi les personnalités ou parents de personnalités faisant partie de ce convoi : Miron Zlatin, le directeur de la Maison d'Izieu et deux jeunes sur les quarante-quatre Enfants d'Izieu: Theodor Reis, âgé de 16 ans et Arnold Hirsch, âgé de 17 ans; le père de Simone Veil, André Jacob, ainsi que le frère de Simone Veil (Jean)[1] ; le journaliste Abraham Cherchevsky, père d'Ève Line Blum-Cherchevsky, le médecin résistant Salomon Gluck, les rabbins Elie Cyper et Nathan Hosanski. On y trouve 3 jeunes victimes de la Rafle de la Martellière à Voiron.

Le 29 juin 2017, le premier ministre français Edouard Philippe rend hommage à Tallinn aux membres de ce convoi et particulièrement à Henri Zajdenwerger, son dernier survivant[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livre
  • Ève Line Blum-Cherchevsky, Nous sommes 900 Français : à la mémoire des déportés du convoi no 73 ayant quitté Drancy le 15 mai 1944, Besançon, 7 vol., 1999-2012.
Documentaire

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Willy Le Devin, « Convoi 73, le train des oubliés », Libération, (consulté le 21 avril 2010)
  2. a, b et c « Nous sommes 900 Français : le Convoi 73, pour ne pas oublier », sur menilmontant.numeriblog.fr (consulté le 22 avril 2010)
  3. Ève Line Blum-Cherchevsky, « Pourquoi les pays Baltes ? », l'auteur, (consulté le 29 octobre 2012)
  4. La stèle commémorative au Père-Lachaise
  5. AFP, « Europe, numérique et sécurité pour le déplacement de Philippe en Estonie »,

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]