Controverses autour de l'hindouisme

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La satî (« vertueuse », fidèle jusque dans la mort), symbole du dévouement total de la femme à son mari, consiste pour la veuve à monter sur le bûcher du défunt et mourir brûlée vive. Pratique tardive en Inde (VIe siècle) limitée à la caste des kshatriyas, absente dans l'Atharva-Veda où sont exposés les rites de la cérémonie funéraire, elle a pour origine l'interprétation d'une légende où la déesse Satî est si dévouée à son mari qu'elle se jette dans les flammes pour défendre l'honneur que celui-ci a perdu en se disputant avec son beau-père. Interdite sous le raj britannique, la satî a engendré une méfiance à l'égard de l'hindouisme[1]. (gravure britannique des années 1820).

L'hindouisme est critiqué pour certaines traditions sociales jugées régressives et passéistes, telles que :

La tradition[modifier | modifier le code]

En théorie, le Brahman absolu ou le Purusha suprême, selon les Vedas est au-dessus des distinctions de caste. Il est vrai aussi que les interdictions concernant la commensalité et les intermariages sont de moins en moins observées, du moins dans les villes (encore qu'il ne faille rien exagérer : les manquements aux règles s'offrent plus facilement aux regards d'un étranger que les comportements traditionnels)[4]. Mais la plupart des hindous disent que ceci n'est pas l'essentiel de leur religion. Quoi qu'il en soit, la vie moderne, urbaine, industrielle, a fait depuis quelques décennies son entrée en Inde : l'idéologie qui pourrait porter cette énorme mutation matérielle et sans cesse croissante — et dont la nécessité s'impose— est encore à naître[4].

Une religion polythéiste[modifier | modifier le code]

Du point de vue des trois religions abrahamiques, l'hindouisme est également critiqué comme étant polythéiste et faisant la promotion de l'idolâtrie.

Le contre-argument hindou est que l'hindouisme est à la fois polythéiste, monothéiste, panthéiste, hénothéiste et panenthéiste, bien qu'il puisse apparaître seulement polythéiste à des observateurs extérieurs peu familiers de sa philosophie.

Aussi, en ce qui concerne l'idolâtrie — définie du point de vue abrahamique comme l'adoration de fausses divinités —, les accusations seraient dues à une interprétation. Les Hindous vénèrent des divinités de pierre ou de métal, non en tant que symboles mais en tant que corps physique des dieux. Pendant la cérémonie (puja), les dieux utilisent ces formes pour répandre leur puissance et leur bénédiction aux fidèles. La pūjā est une communion entre les dieux et le monde.

Des divinités obscènes[modifier | modifier le code]

L'hindouisme est également perçu en Occident comme une religion dans laquelle les « dieux et les déesses » ont un caractère fortement sexuel et empreint de violence.[réf. nécessaire] Les hindous condamnent ces interprétations : selon eux, il s'agit non seulement d'une totale incompréhension du Dharma hindou, mais de critiques émises dans un contexte d'évangélisation (voir le voyage de Jean-Paul II en Inde) et perçues comme une désinformation visant à éclipser la valeur et les apports de leur religion.

Le nationalisme hindou[modifier | modifier le code]

Une autre critique est celle appelée Hindutva (« le fait d'être Hindou », qui paradoxalement n'est pas un mot formé du sanscrit, puisque « hindou » est un mot persan). Au XXe siècle, le patriotisme indien émergeant a commencé à promouvoir l'hindouisme en opposition au Raj britannique mais aussi à l'islam à la suite de l'Indépendance à l'occasion des disputes territoriales avec le Pakistan. Mais les frontières sont fluides ; la Cour Suprême indienne a légiféré sur « le sens flou qui peut être attribué aux termes « hindou », « Hindutva » et « hindouisme » ; mais ne se limite pas à la sphère étroite de la religion, qui exclut les idées de culture et l'héritage indien ». Un des desseins à court terme des fanatiques de l'Hindutva serait d'obliger la construction d'un temple de Râma sur le site de la mosquée Babri controversée, symbole de répression pour certains (dont les dômes ont été détruits par quelques fanatiques de l'Hindutva) à Ayodhya. Car Râma est, selon la tradition et d'après certains historiens, né sur ce site. Le Moghol qui administrait le lieu, Mir Baki, avait construit la mosquée Babri après avoir détruit un temple vaishnavite commémorant ce lieu de naissance, pour la raison invoquée d'idolâtrie (shirk).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gerhard et J. Bellinger, Encyclopédie des religions, ISBN 2253131113
  2. Amnesty International : La dot met en danger les femmes indiennes
  3. Controverses liées à l'hindouisme
  4. a et b Madeleine Biardeau, L'hindouisme, anthropologie d'une civilisation, Flammarion

Articles connexes[modifier | modifier le code]