Contreténor

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Dans la musique occidentale, et plus précisément, la musique classique, un contreténor (ou contre-ténor) est le type de voix masculine utilisant principalement sa voix de fausset ou voix de tête, et dont la tessiture peut correspondre à celle d'un soprano (on parle alors de sopraniste), à celle d'un alto (altiste), à celle d'un contralto (contraltiste).

Le contreténor est à différencier de la haute-contre qui est un ténor utilisant occasionnellement sa voix de tête pour les aigus ou sur-aigus.

Répertoire[modifier | modifier le code]

Le contreténor a connu ses heures de gloire au cours de la Renaissance et pendant la période baroque, notamment en Allemagne (avec Haendel) et en Angleterre (avec Purcell), où ils étaient utilisés dans la musique sacrée. En Italie on n'a que très peu fait usage de contreténors dans l'opéra et, dans la musique sacrée également, ils furent complètement remplacés par les castrats au moins depuis la fin du XVIIe siècle. En France, c'est le règne du haute-contre. À partir de la période classique, la technique vocale falsettiste des contreténors n'a pratiquement plus été utilisée à l'exception des chœurs des cathédrales anglicanes et du genre musical profane anglais du glee.

Ce n'est qu'au milieu du XXe siècle que les contreténors ont été remis à l'honneur, à l'occasion de la redécouverte du répertoire de la « musique ancienne » (c'est-à-dire, la musique antérieure à la période classique). On leur fait alors chanter les rôles d'altos masculins dans les cantates de Bach, puis par extension, les rôles de castrats de l'opéra séria.

Il existe, par ailleurs, un répertoire plus contemporain pour contreténors, notamment dans Le Songe d'une nuit d'été (1960) de Benjamin Britten, Le Grand macabre (1978) de György Ligeti ou The Tempest de Peter Tahourdin ; Peter Eötvös dans son opéra Trois Sœurs (1998, d'après Les Trois sœurs de Tchékhov) confie les rôles des trois sœurs ainsi que de leur belle-sœur Natacha à quatre contreténors (deux contraltistes, deux sopranistes).

Origine du terme[modifier | modifier le code]

Dans la polyphonie médiévale (et notamment dans le motet), on appelait contreteneur (lat. contratenor) la ou les voix disposées contre la teneur (tenor). Lorsque l'ambitus de ces voix rajoutées cessa de se confondre avec celui du ténor, on les distingua par les termes de :

  • « contratenor bassus » (« contre la teneur, en bas »), vite abrégé en bassus (mais donnant aussi basse-contre) ;
  • « contratenor altus » (« contre la teneur, en haut »), abrégé ou traduit en contratenor, contra, altus (it. alto), contralto et haute-contre.

La plupart de ces termes ont pris depuis des sens spécifiques.

L'acception du terme de contreténor pour désigner une voix très aiguë provient plutôt de l'anglais countertenor. À la Renaissance, en France, la partie de contreténor désignait une ligne de chant qui sonnait contre celle de la ligne de ténor. Elle avait alors une tessiture assez comparable à la ligne de ténor. Peu à peu la ligne de contreténor s'est scindée en deux lignes de tessitures distinctes : la ligne de contreténor haute et la ligne de contreténor basse, qui ont donné les lignes de contralto et de basse.

En français, la voix de contreténor peut être aussi appelée alto masculin ou falsettiste alto. Mais l’usage critique et musicologique actuel tend à faire de contreténor et de falsettiste des termes synonymes, si bien que la tessiture du contreténor peut s’étendre du registre de contralto à celui de soprano voire de soprano léger (comme chez Francesco Divito, Michael Maniaci ou André Vásáry).

Airs célèbres pour contreténor[modifier | modifier le code]

Quelques contreténors[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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