Contrôleur (RATP)

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Contrôleur
Code ROME (France)
N4302

Un contrôleur de la RATP est chargé, principalement, d'effectuer, en région parisienne, un contrôle des titres de transport dans le métro de Paris, sur les sections de lignes RATP du réseau express régional d'Île-de-France (RER), dans les tramways des six lignes du tramway d'Île-de-France gérées par la Régie (T1, T2, T3a, T3b, T5 et T7) ainsi que dans les autobus du réseau de bus RATP.

Avant 2009, il existait trois entités distinctes opérant sur chaque réseau, mais désormais, il n'existe plus qu'une seule unité, le « Service Contrôle Clientèle » (SCC) dont les agents, récemment formés ou en cours de formation, sont en mesure d'opérer indifféremment sur n'importe quel réseau. Cette nouvelle approche du contrôle « multimodal » s'inscrit dans les projets du Syndicat des transports d'Île-de-France (STIF) et de la RATP qui souhaite créer des « pôles » multimodaux sur certaines stations, où les usagers auront un choix complet de possibilité de transports (bus, métro, RER, vélib', taxis, etc.). En 2010, il y a environ 1 200 agents de contrôle dans l'unité SCC auxquels il faut rajouter les équipes de contrôle de ligne CSA (uniquement métro) qui n'ont pas été intégrés au SCC et les agents du Groupe de protection et de sécurisation des réseaux.

Les contrôleurs sont assermentés au titre de la loi du sur la police des chemins de fer et le décret no 730 en date du . Ils peuvent donc constater toutes les infractions à la police des chemins de fer et décider des suites à donner. Ils répondent aussi à un code de déontologie et à une certification. Ainsi, ils ont des droits, mais aussi des devoirs. L'assermentation protège l'agent dans le sens où une atteinte physique envers lui sera plus sévèrement punie que la même atteinte envers une personne quelconque. À l'inverse, une faute de l'agent sera plus sévèrement punie. En outre, la parole de l'agent fait foi (l'assermentation lui implique de dire la vérité, par serment) jusqu'à preuve du contraire. Ainsi, en cas de contestation ou de désaccord, le contrevenant devra prouver ses dires par écrit ou témoins.

Tenue et équipement[modifier | modifier le code]

Badge
Lecteur décodeur portable de contrôle (LDPC)

Les contrôleurs portent l'uniforme de l'exploitation, celui que l'on rencontre le plus fréquemment puisqu'il est porté par les machinistes. Il comprend un pantalon, une veste verte, une chemise blanche et une cravate rayée bleu et vert. S'y ajoutent un pull bleu, une polaire noire (issue de la dotation de la maintenance), et une parka pour l'hiver.

La plupart des parkas sont de couleur bleue mais certains contrôleurs portent l'ancienne parka des machinistes, noire (en effet, au départ, il n'y avait pas de recrutement externe pour le métier de contrôleur et on y parvenait par mobilité interne, d'où la présence de ces anciennes parkas). D'autres utilisent une parka bleue à liserés verts et blancs issue du réseau ferré.

Lors de grandes chaleurs, ils portent simplement la chemisette blanche sans cravate. Enfin, en mission, ils portent un badge portant la mention « contrôle information » permettant de les identifier.

Pour leurs missions, ils sont équipés d'un « lecteur-décodeur portable de contrôle » (LDPC) qui permet la lecture des passes Navigo avec le type d'abonnement que détient la personne, les zones autorisées et les trois dernières validations. Aucune autre information personnelle n'est lisible. Ils disposent aussi d'un terminal de paiement électronique, pour recevoir les paiements par carte bancaire, de téléphones d'équipe ou d'un talkie-walkie.

Cependant, il se peut que des contrôles soient effectués « en civil ». Ils sont, la plupart du temps, réalisés la nuit lors des services Noctilien. Les contrôleurs sont reconnaissables grâce au port d'un brassard orange fluorescent avec la mention « RATP Exploitation ».

Mode opératoire[modifier | modifier le code]

Ils travaillent toujours en équipe de 3 à 14 agents, selon les lignes contrôlées, mais ils sont le plus souvent 5 ou 6. Chaque mission est conduite par un responsable d'équipe, auparavant en civil (qui était pris souvent pour un policier en civil). C'est lui qui est en contact permanent avec les responsables de la sécurité RATP et de la police. Les agents de contrôle opèrent toujours en binôme.

L'équipe dispose souvent d'un véhicule de service pour lui permettre de se déplacer partout, et il est fréquent de voir un véhicule suivre le bus. Le contrôle s'effectue à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit, ainsi que les jours fériés. Il n'y a pas de contrôle lorsque les transports sont déclarés gratuits suite à un événement exceptionnel, et il est inexistant ou sporadique lors de grèves SNCF ou RATP, les réseaux étant imbriqués. Le contrôle de nuit s'effectue en civil.

Missions[modifier | modifier le code]

Les missions sont variées. Outre le contrôle des titres de transports, ils peuvent canaliser le flux des voyageurs lors d'incidents d'exploitation ou de grèves. Ils renseignent les voyageurs ; ils pratiquent parfois l'assistance sur des accidents de la route n'impliquant pas forcément un bus. Les missions de contrôle s'effectuent en statique (sur place à une station ou arrêt bien précis) ou en itinérant (contrôle dans le bus et les rames). Parfois, l'équipe est accompagnée d'agents du Groupe de protection et de sécurisation des réseaux (GPSR) (sécurité RATP) ou de la police lors d'opérations spéciales sur réquisition de la préfecture de police.

Recrutement, formation et rémunération[modifier | modifier le code]

Le recrutement s'effectue d'abord sur des tests de sélection assez communs : français, mathématiques, logique, assez simples mais qui nécessitent une petite préparation personnelle, surtout au niveau logique. Ensuite, il y a une épreuve de groupe, connue sous le nom de « test du village » qui détermine l'aptitude à travailler au sein d'une équipe. Il y a plus tard, un entretien avec un psychologue et une visite médicale.

Ensuite, la formation commence ; elle dure quelques semaines et porte sur les aspects sécuritaires, juridiques et commerciaux du métier. À l'issue de celle-ci, un ultime entretien devant un jury, sur cas concret, valide l'embauche ou non.

L'agent « validé » est ensuite envoyé sur le terrain, en site opérationnel, pour une évaluation d'un an, appelée « commissionnement », que l'on retrouve aussi à la SNCF ou dans la police par exemple. L'assermentation et l'agrément s'obtiennent en fonction des délais des tribunaux.

Si l'année est validée, l'agent est embauché à titre définitif. D'autres assermentations s'obtiennent plus tard pour notamment constater les infractions au code de la route entraînant une perturbation pour la circulation des bus (stationnement sur voies de bus, etc.). La rémunération brute en début de carrière est de 1 600 euros, hors primes.

Avant la mise en place de la nouvelle unité, les contrôleurs du réseau ferré touchaient une prime d'équipe sur les paiements immédiats mais ceux du bus ne touchaient rien. Désormais, il n'existe plus de prime à l'acte. Des petites perspectives d'évolution existent au sein du contrôle mais l'entreprise encourage théoriquement la transversalité, c'est-à-dire l'évolution dans d'autres métiers.

Constat des infractions[modifier | modifier le code]

Les infractions sont constatées uniquement à l'intérieur de la « zone de contrôle », ce qui correspond, sur le réseau ferré, à l'espace entre les tripodes d'entrée et les portes de sorties, ce qui comprend les couloirs, les quais et les rames. C'est pour cette raison qu'il faut garder son ticket jusqu'à la sortie. Sur le réseau de bus, ceux-ci évoluant sur la voie publique, la zone est limitée à l'intérieur du bus, ce qui implique que les titres de transports ne peuvent pas être contrôlés dans la rue ou sous l'arrêt de bus, ce dernier appartenant à la région. Le procès-verbal ou la quittance peuvent toutefois être légalement établis sur la voie publique. Enfin le contrôle doit toujours être annoncé.

Lorsqu'une infraction est constatée, l'agent demande au contrevenant le règlement de l'indemnité forfaitaire. Si la personne ne veut ou ne peut pas régler, elle doit alors justifier de son identité en vue d'établir un procès-verbal. Ce dernier élève l'amende de 30 euros[1] supplémentaires (frais de dossier) ou 38 euros[1] en cas d'intervention de la police. Le procès-verbal est payable sous deux mois auprès de la RATP. Passé ce délai, c'est le trésor public qui se charge du recouvrement en appliquant une amende forfaitaire majorée d'un montant de 180 euros[1] ou de 375 euros[1]. Si la personne ne veut ou ne peut pas justifier de son identité, le contrôleur peut appeler la police qui procédera à une vérification d'identité.

Justificatif d'identité et vérification[modifier | modifier le code]

N'importe quel document peut suffire pour la justification d'identité, depuis le simple courrier à la carte d'identité. L'identité verbale est aussi recevable. Cependant si les documents sont insuffisants ou douteux, le contrôleur peut appeler la police. En revanche, un contrôleur, ne peut pas vérifier l'identité. Il ne peut pas téléphoner à un tiers du contrevenant (et, par conséquent, ne peut pas demander un numéro de téléphone), ni contacter un service de la RATP. Il peut demander l'identité du contrevenant à un tiers présent sur place, mais ne peut pas la comparer ensuite à l'identité présentée par le contrevenant et vice-versa. Le contrôleur peut donc recueillir ou relever l'identité mais ne peut pas la vérifier. Seul un officier de police judiciaire (OPJ) peut le faire. Enfin, le relevé d'identité ne peut s'effectuer que dans la zone de contrôle.

Types d'infractions : contraventions et délits[modifier | modifier le code]

Les infractions peuvent être contraventionnelles ou délictuelles.

Les premières concernent la majorité des infractions constatées, comme le défaut de titre de transport, le ticket non validé, la pose des pieds sur les sièges, les dégradations. Les délits sont principalement les insultes, outrages, menaces de mort et les coups et blessures.

La loi ne permet de maintenir sous la contrainte à la disposition des enquêteurs que les personnes à l'encontre desquelles il existe des raisons plausibles de soupçonner qu'elles ont commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d'une peine d'emprisonnement, mais pas celles ayant commis une contravention[2]. En revanche, pour les délits flagrants punis de peines d'emprisonnement, n'importe quel citoyen peut conduire l'auteur à l'officier de police judiciaire le plus proche[3], même par la force (nécessaire).

Ainsi, pour un défaut de titre de transport, un contrôleur ne peut donc pas empêcher une personne de descendre du bus, par le geste, la parole ou son positionnement corporel, ni la retenir dans le bus et lui faire rater son arrêt[4]. L'assermentation ne permet aucun usage de la force ; seule une autorisation expresse émanant d'un OPJ le rend possible[5]. Le contrôleur peut néanmoins lui demander de rester[Comment ?]. En revanche, pour les mineurs, la loi est stricte : le mineur ne doit pas être détourné de son trajet[réf. nécessaire]. Au pire, il doit être raccompagné ou remis sur son trajet, la responsabilité du contrôleur étant alors engagée durant ce délai.

Un OPJ peut donner l'ordre de retenir la personne pour une vérification d'identité, et ce, même pour une contravention[réf. souhaitée].

Quelques tarifs d'infraction 
  • Sans titre de transport, codifié 4STT sur le réseau bus et 4001 sur le métro et RER : 50 euros[1] ;
  • Franchissement illicite sans titre de transport (passage par dessus les tripodes), codifié 5050 : 60 euros[1] ;
  • Ticket non validé, codifié 3TNV sur le bus, 3007 sur le réseau ferré : 33 euros[1] ;
  • Ticket à tarif réduit sans justificatif, codifié 3SJ sur le réseau bus, 3002 sur le réseau ferré : 33 euros[1] ;
  • Abonnement non valable, c'est-à-dire voyage effectué en partie ou totalement en dehors des zones tarifaires souscrites, codifié 3ANV sur bus, 3003 sur le réseau ferré : 33 euros[1] ;
  • Montée par les portes arrières, codifié 5MDI : 60 euros[1].

En résumé, les petites infractions comme le ticket non validé, le voyage hors zones entraînent une pénalité de 33 euros[1] (codes commençant par 3). Les infractions plus graves comme l'absence de titre de transport ou le titre de transport périmé « coûtent » 50 euros[1] (codes commençant par 4). Enfin, tout ce qui correspond au comportement, comme faire un scandale dans le bus, mettre les pieds sur les sièges, monter par l'arrière est « tarifé » à 60 euros[1]. Ces montants sont applicables en cas de paiement immédiat[1].

Les délits (coups et blessures, outrages) ne sont pas sanctionnés par une pénalité financière immédiate mais relèvent systématiquement du tribunal.

Des frais de dossier de 30 euros[1] s'y ajoutent en cas de paiement différé, dans les deux mois, à la RATP (relevé d’identité sans appel de la police) ou de 38 euros[1] si la police vérifie l'identité. Pour les personnes de moins de 16 ans, il n'y a aucuns frais de dossier même avec la police (ordonnance du 2 février 1945).

Certaines infractions peuvent entraîner la confiscation du titre de transport (passe Navigo appartenant à un tiers, problème à la lecture de la puce du passe Navigo, etc.).

Les contrôleurs de la RATP dans les œuvres de fiction[modifier | modifier le code]

Les contrôleurs de la RATP sont évoqués dans diverses chansons françaises, notamment dans le rap et le punk rock, où ils sont décrits de façon particulièrement négative[6]. Ainsi, dans le titre éponyme de Ludwig von 88, lorsque le personnage Rémy, énervé après un contrôle d'identité où il n'a pas ses papiers, cherche ce qu'il peut y avoir de pire qu'un policier, il pense aux contrôleurs de la RATP, qualifiés de « power-bouffons » qu'il y a lieu de « radier de la face de la Terre, de l'univers » avant de mourir dans un échange de tirs où il abat divers agents[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p [PDF] RATP, « RER, Métro, Tramway, Bus : Mode d'emploi », sur ratp.fr,‎ (consulté le 9 novembre 2014), voir : cinquième colonne, rubrique « Les contrôles et les infractions ».
  2. Liberté de circulation : article 62 du code français de procédure pénale.
  3. Article 73 - Code de procédure pénale
  4. Article R625-1 du code pénal français.
  5. Article L2241-2 du code français des transports.
  6. Mary-Annick Morel et Laurent Danon-Boileau, « Les productions sonores de l’écouteur du récit : coopération ou subversion? », Revue québécoise de linguistique, Université du Québec à Montréal, vol. 29, no 1,‎ , p. 71-95 (ISSN 1705-4591, DOI 10.7202/039430ar, résumé, lire en ligne).
  7. Ludwig von 88, « Rémy », La révolution n'est pas un dîner de gala, 2001, consulté le 22 février 2015.

Textes applicables[modifier | modifier le code]

  • Loi du 15 juillet 1845 sur la police des chemins de fer et le décret no 730 en date du 22 mars 1942, abrogée depuis le 1er décembre 2010, par l'article 7 de l'ordonnance no 2010-1307 du 28 octobre 2010 relative à la partie législative du code des transports. Toutefois, certaines parties restent provisoirement en vigueur (article 9, 6° de l'ordonnance précitée).
  • Article 23 de la loi du 15 juillet 1845
  • Articles 529-3, 529-4 et 529-5 du Code de procédure pénal
  • Articles 78-1, 78-2 et 78-3 du CPP
  • Article 74 de la loi sur la police des chemins de fer
  • Ordonnance du 2 février 1945
  • Article 223-3 du code pénal
  • Article 432-4 du code pénal