Contrôle fiscal en France

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L’administration fiscale française dispose du pouvoir de contrôler les déclarations fiscales et tous les actes utilisés pour l’établissement de l’impôt tant pour les personnes physiques que pour les personnes morales.

Extrait de l'article L.10 du Livre des procédures fiscales : « [...] Avant l'engagement d'une des vérifications prévues aux articles L.12 et L.13 du Livre des procédures fiscales, l'administration des impôts remet au contribuable la charte des droits et obligations du contribuable vérifié ; les dispositions contenues dans la charte sont opposables à l'administration. »

Délais d’action de contrôle de l’administration

En principe, le droit de contrôle de l’administration s’exerce sur trois ans. C'est la règle de droit. Pour certains impôts, il peut être plus court. En matière d'Impôt sur le revenu par exemple, le délai légal est de 3 ans après l'imposition[1] (l'impôt sur les revenus de 2011, déclaré et payé en 2012, peut être contrôlé et rectifié jusqu'au 31 décembre 2014). Il n'est que de 1 an après l'imposition en matière de taxe d'habitation ou de taxe foncière (la taxe d'habitation 2010, calculée en fonction de la situation au 1er janvier 2010, peut être contrôlée et rectifiée jusqu'au 31 décembre 2011). Corrélativement, le droit de réclamation du contribuable s'exerce sur les mêmes délais : un contribuable qui décèle une erreur sur son impôt sur le revenu 2006 (déclaré et payé en 2007) peut en demander la rectification jusqu'au 31 décembre 2009. Passé ce délai, même étant dans son bon droit, il ne pourra plus effectuer aucune réclamation puisque la prescription aura été acquise pour l'administration[2].

En revanche, pour les droits d'enregistrements (ventes d'immobilier, succession, etc.) le délai peut être porté à six ans si l'information sur les biens n'était pas correcte voire manquante.

Enfin, en cas de fraude avec dépôt de plainte de l'administration fiscale, ce délai peut être prolongé de deux ans soit un total de cinq ans, et en cas d'activité non déclarée (occulte) ou illicite, le délai de prescription peut être étendu à dix ans.

Pour les petites entreprises, la durée d'un contrôle fiscal ne peut pas dépasser 3 mois. En cas de dépassement, le contrôle pourrait être considéré comme nul[3].

Les différents types de contrôles fiscaux[modifier | modifier le code]

On distingue deux catégories de contrôle fiscal en France : le contrôle sur pièces (ou "interne") qui est exercé à partir des documents déposés par les contribuables ainsi que des renseignements fournis par les tiers, et le contrôle sur place (ou "externe") qui nécessite la rencontre du contribuable avec l’administration fiscale.

Parmi les contrôles sur place, on dénombre deux types de vérifications : l’examen contradictoire de la situation fiscale personnelle (ECSFP : LPF, Art. L.12 et suiv.) ainsi que la vérification de comptabilité (LPF, Art. L.13). Les deux types de vérifications sont précédés par l'envoi par courrier, d'un avis de vérification auprès du contribuable qui fait l'objet d'une vérification (Voir notamment : LPF, Art. 47).

Intérêt de retard et pénalités[modifier | modifier le code]

Quel que soit l'impôt concerné, les sanctions sont prévues par les articles 1727, 1728 et 1729 du Code Général des Impôts (régime de sanctions commun, quel que soit l'impôt), avec toutefois certaines dispositions particulières prévues en matière d'Impôt sur le Revenu, via l'article 1758-A (majoration de 10 % en cas d'erreur ou de mise en demeure de déclaration).
En cas de retard ou d'insuffisance dans la déclaration, l’administration fiscale applique automatiquement le montant des intérêts de retard, au taux de 0,4 % par mois. Ces intérêts sont destinés à dédommager le Trésor public de l'inflation, du fait de la perception différée d'un impôt normalement dû en temps et heure (ils sont d'ailleurs réciproquement versés par l'administration au contribuable lorsqu'un fonctionnaire des impôts commet une erreur en défaveur du contribuable).
Le montant des pénalités, lui, est variable. Elles doivent être motivées par une proposition de rectification envoyée en recommandé AR. Elles sont déterminées selon le barème suivant, identique pour tous les impôts recouvrés suite à une déclaration (IR, PS, ISF, IS, TVA, TASCOM, taxe sur les bureaux, TVS, donations, succesions, etc.) mais ne concernent pas les impôts locaux :

  1. La déclaration est déposée en retard
    1. Aucune mise en demeure n'a été adressée : 10 % pour retard
    2. Une mise en demeure de dépôt a été adressée au contribuable et celui-ci a régularisé sa situation dans les trente jours de la réception de cette lettre :
      1. Impôt sur le revenu : 20 % (art 1758-A du Code Général des Impôts) ⇒ Cette disposition vient d'être annulée par le conseil d'État qui limite à 10 % la majoration de l'imposition initiale, y compris en cas de mise en demeure [4]
      2. Autres Impôts : 10 %
    3. Une mise en demeure de dépôt a été adressée au contribuable mais la déclaration n'a pas été déposée dans les trente jours de la réception de cette lettre : 40 %
  2. La déclaration avait été déposée en temps et heure mais des insuffisances ont été révélées par le contrôle
    1. En cas de « simple erreur » (bonne foi retenue) :
      1. Impôt sur le revenu : 10 % (art 1758-A du Code Général des Impôts)
      2. Autres Impôts : pas de pénalité, simple application de l'intérêt de retard
    2. En cas de manquement délibéré (le contribuable a conscience d'éluder une partie de l'impôt) : 40 %
    3. Le contribuable s'est rendu coupable d'un abus de droit (montage financier ayant pour principal but d'éluder l'impôt sans production de faux toutefois) :
      1. le contribuable en est le principal instigateur ou bénéficiaire : 80 %
      2. le contribuable n'en est pas le principal instigateur ou bénéficiaire : 40 %
    4. En cas de manœuvres frauduleuses (production de faux ou travail clandestin par exemple) : 80 %
    5. En cas de découverte d'une activité occulte : 80 %
    6. En cas d'opposition à contrôle fiscal : 100 %
  3. La déclaration a été déposée en retard et des insuffisances ont été révélées par un contrôle ultérieur
    1. En cas de "simple erreur" (bonne foi retenue) :
      1. Aucune mise en demeure n'avait été adressée :
        1. Impôt sur le revenu : 20 % (art 1758-A du Code Général des Impôts)
        2. Autres Impôts : 10 %
      2. La mise en demeure avait été adressée au contribuable et celui-ci avait régularisé sa situation dans les trente jours de la réception de cette lettre :
        1. Impôt sur le revenu : 20 % (art 1758-A du Code Général des Impôts)
        2. Autres Impôts : 10 %
      3. La mise en demeure a été adressée au contribuable mais la déclaration n'a pas été déposée dans les trente jours de la réception de cette lettre : 40 %
    2. En cas de manquement délibéré (le contribuable a conscience d'éluder une partie de l'impôt) quelle que soit la manière dont avait déposé le contribuable, avec ou sans mise en demeure : 40 %
    3. En cas d'abus de droit (montage financier ayant pour but d'éluder l'impôt sans production de faux toutefois) et quelle que soit la manière dont avait déposé le contribuable, avec ou sans mise en demeure :
      1. le contribuable en est le principal instigateur ou bénéficiaire : 80 %
      2. le contribuable n'en est pas le principal instigateur ou bénéficiaire : 40 %
    4. En cas de découverte d'une activité occulte et quelle que soit la manière dont avait déposé le contribuable, avec ou sans mise en demeure : 80 %
    5. En cas d'opposition à contrôle fiscal et quelle que soit la manière dont avait déposé le contribuable, avec ou sans mise en demeure : 100 %
  4. La déclaration n'a jamais été déposée
    Dans ce cas, l'administration est autorisée à imposer le contribuable d'office, grâce aux renseignements qu'elle possède (salaires récupérés auprès des employeurs, loyers auprès des locataires, reconstitution de chiffre d'affaires…). Les sanctions ci-dessous sont les mêmes pour l'imposition initiale ainsi que pour des éventuelles rectifications qui seraient découvertes ultérieurement :
    1. Aucune mise en demeure n'a été adressée : 10 % [5]
    2. La mise en demeure a été adressée au contribuable et la déclaration n'a pas été déposée dans les trente jours de la réception de cette lettre : 40 %
    3. En cas de manquement délibéré (le contribuable a conscience d'éluder une partie de l'impôt) et dans ce cas avec ou sans mise en demeure : 40 %
    4. En cas d'abus de droit (montage financier ayant pour but d'éluder l'impôt sans production de faux toutefois) et dans ce cas avec ou sans mise en demeure :
      1. le contribuable en est le principal instigateur ou bénéficiaire : 80 %
      2. le contribuable n'en est pas le principal instigateur ou bénéficiaire : 40 %
    5. En cas de découverte d'une activité occulte et dans ce cas avec ou sans mise en demeure : 80 %
    6. En cas d'opposition à contrôle fiscal et dans ce cas avec ou sans mise en demeure : 100 %

En matière d'impôt locaux (TH, TF, TLV, CET), recouvré par voie de rôle sans déclaration, il n'existe aucune pénalité.


Enfin, des amendes forfaitaires peuvent parfois être établies en fonction de certains faits (par exemple, il existe une amende automatique et forfaitaire de 1 500 € en cas de compte bancaire non déclaré à l'étranger, portée à 10 000 € si le pays en question est considéré comme paradis fiscal). Pour la redevance
Chaque situation est unique et il convient dans tous les cas de se référer aux textes officiels ainsi qu'aux différentes chartes : Charte du contribuable, Charte des droits et obligations du contribuable vérifié.

Elles sont remises sur simple demande auprès de l'administration, et lors d'un contrôle en entreprise, obligatoirement avant le début des opérations de contrôle.

Sanctions en cas de retard dans le paiement de l'impôt[modifier | modifier le code]

Attention, les sanctions ainsi énumérées ne concernent que l'établissement (déclarations et faits mentionnées dans les déclarations) de l'impôt. D'autres sanctions sont prévues en cas de retard dans le paiement de l'impôt ainsi établi.

  • Pour l'impôt sur le revenu, l'ISF et les impôts locaux (TH, TF, CET), toute somme non acquittée dans les délais est majorée de 10 % (y compris si cette somme avait déjà été majorée par une pénalité mentionnées ci-dessus), sans intérêt de retard toutefois. En outre, le Trésor Public facturera toute prestation liée au recouvrement forcé des sommes (s'il doit procéder au blocage d'un compte par exemple).
  • Pour les autres impôts (TVA, impôt sur les sociétés) la majoration est de 5 % mais majorée de l'intérêt de retard (y compris si la somme avait déjà été majorée par une des pénalités mentionnées ci-dessus). En outre, le Trésor Public facturera toute prestation liée au recouvrement forcé des sommes (s'il doit procéder au blocage d'un compte par exemple).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bulletin Officiel des finances publiques - impot :  BOI-CF-PGR-10-20-20121008
  2. http://www.financialtalk.fr/2008/02/25/controle-fiscal-reduction-du-delai-de-prescription-de-10-a-6-ans/
  3. http://www.expert-comptable-tpe.fr/posts/view/la-duree-maximum-du-controle-fiscal-dans-les-petites-entreprises
  4. http://www.riviereavocats.com/upload/documents/Bulletin%20-%20majorations%2010.pdf
  5. Le fisc ne peut utiliser de procédure d'imposition d'office sans mise en demeure. Dans les rares cas où cette mise en demeure n'a pas eu lieue (dossier où des anomalies y seraient découvertes quelques jours avant la prescription par ex) une imposition automatique par le biais de la procédure de rectification contradictoire reste possible. Mais dans ce cas les pénalités sont limitées à 10 % : voir http://bofip.impots.gouv.fr/bofip/4297-PGP.html paragraphe 50

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • AIDA, la documentation fiscale de référence [1]
  • La charte du contribuable [2]