Contrôle des naissances au Tibet

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Famille tibétaine Zang et couple Hui du Qinghai.

Selon la loi chinoise, la politique de l'enfant unique en vigueur en Chine ne s'applique pas aux minorités ethniques mais uniquement aux Han, ethnie majoritaire, et les familles tibétaines de bergers et d'agriculteurs comptent souvent deux enfants ou plus[1].

Selon Robert Barnett, le contrôle des naissances a été introduit dans la Région autonome du Tibet (RAT) en 1985 puis a été renforcé en 1992. La population rurale tibétaine de la RAT, ajoute Barnett, n'avait aucune contrainte avant 1992[2].

Dans une étude sur la fertilité et la planification familiale au Tibet, publiée en 2002, Melvyn C. Goldstein, Ben Jiao, Cynthia M. Beal et Phuntsog Tsering affirment pour leur part que dans aucun des endroits qu'ils ont étudiés, il n'y a d'indications montrant que Lhassa applique dans le Tibet rural la règle des deux enfants. Alors même qu'un rapport du Tibet Information Network prétendait que cette politique était en place, ils constatèrent que dans le comté de Ngamring où ils enquêtaient, aucune limite de ce genre n'était imposée[3].

Le spécialiste en économie du développement Andrew Martin Fischer estime que les allégations d'abus concernent, pour un grand nombre d'entre elles, les zones tibétaines en dehors de la RAT, et, dans la plupart des cas, renvoient aux années 1980 et au début des années 1990. Il voit dans ces abus moins une politique érigée en système que des excès de zèle très localisés et brefs[4].

Cadre géographique[modifier | modifier le code]

Le Tibet, évoqué dans cette page, est composé des trois régions traditionnelles revendiquées par le gouvernement tibétain en exil : l'Ü-Tsang (dont la plus grande partie du territoire est comprise dans la Région autonome du Tibet), l'Amdo (éclaté entre les provinces du Qinghai, du Gansu et du Sichuan) et le Kham (dont le territoire est partagé entre les provinces du Sichuan et du Yunnan et la région autonome du Tibet)[5],[6].

Mortalité infantile dans le Tibet des années 1930[modifier | modifier le code]

Selon le zoologue Ernst Schäfer, qui séjourna au Tibet en 1939 et que cite Christopher Hale : « les femmes tibétaines sont très fertiles et donnent souvent naissance à une douzaine d'enfants. Toutefois, en raison du manque d'hygiène, le taux de mortalité des enfants est énorme. En outre, les plus faibles sont éliminés par la dureté du climat [...] »[7].

Entraver les naissances au sein d'un groupe, un des critères du génocide[modifier | modifier le code]

Article connexe : Sinisation du Tibet.

Le génocide a été juridiquement redéfini dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée par l'assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1948. La Convention définit précisément à quoi correspond le crime de génocide dans son article 2[8]:

« Dans la présente Convention, le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, un des critères étant les mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe. »

La Chine a signé et ratifié la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide respectivement le 20 juillet 1949 et le 18 avril 1983[9].

Selon un article publié par deux avocates américaines en 1995, bien que la République populaire de Chine nie en avoir l’intention, son action au Tibet indique un politique systématique de réduction de la population tibétaine, d’élimination de la culture tibétaine, et de relégation des Tibétains à une minorité dans leur pays par le transfert de millions de colons Chinois. Cette politique factuelle est une preuve suffisante permettant de conclure à une intention de la part de la RPC. Dans ce contexte, la planification familiale contrainte et forcée de la RPC au Tibet apparaît comme une violation de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide[10].

Évolution démographique de la population tibétaine[modifier | modifier le code]

L'évolution démographique tibétaine entre 1953 et 2000[11],[12]

Selon le gouvernement chinois, avant la « libération pacifique » du Tibet en 1951, les autorités locales du Tibet ne possédaient pas de documents démographiques précis. Ainsi, lors du premier recensement national de 1953, elles auraient déclaré au gouvernement central que la population du Tibet était de 1 million de personnes[13].

En 1959, il y aurait eu 1 273 964 personnes d'ethnie tibétaine uniquement dans la seule RAT, chiffre obtenu en ajoutant l'estimation imprécise de 1 million de personnes donnée par le gouvernement du dalaï-lama au chiffre précis de 273 964 personnes correspondant à la préfecture de Qamdo dans le Kham occidental[14]. Hors RAT (c'est-à-dire les anciennes provinces orientales du Kham et de l'Amdo), le recensement des habitants d'ethnie tibétaine donnait 1 486 955 personnes.

Au recensement de 1964, les chiffres étaient respectivement de 1 208 663 (en RAT) et de 1 307 068 (hors RAT). En 1982 : 1 764 600 et 2 085 379. En 1990 : 2 096 346 et 2 477 502. En 2000 : 2 427 108 et 2 818 179. Au mini-recensement de 2005 : 2 770 000 pour la RAT (chiffre hors RAT non disponible)[15].

En 2000, le nombre de personnes d'ethnie tibétaine dans l'ensemble des régions du « Tibet historique » était d'environ 5 400 000 selon Bureau d'État des Statistiques de Chine[16]. Le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala en Inde donne une estimation, proche de ce chiffre, de 6 millions de Tibétains vivant actuellement au « Tibet historique »[17].

La population de l'ethnie tibétaine a subi une baisse entre l'évaluation de 1953 et le recensement de 1964 (de 2 775 000 à 2 501 000, soit 274 000), comme l'indiquent les chiffres de source officielle[11],[12]. Les causes de cette diminution restent toutefois à déterminer précisément.

L'explication officielle doctrinaire, à ce que rapporte en 1966 le géographe Michael Freeberne, met en avant les contraintes afférentes à la condition des serfs et des esclaves de l'époque: corvées pour les seigneurs, entraves au mariage et à la procréation, maladies de type épidémique, retour des mères au travail après l'accouchement[18].

Le politologue Colin P. Mackerras, pour sa part, mentionne les facteurs suivants : le bilan des révoltes des années 1950 et de l'insurrection de 1959, la famine de la fin des années 1950 et du début des années 1960 (principalement en dehors de la future RAT), ainsi qu'un déclin continu dû à des facteurs similaires à ceux déjà attribués à la période d'avant 1950 (le nombre élevé des mâles dans les ordres monastiques, la polyandrie, les maladies vénériennes (très répandues), la mortalité infantile élevée, les fréquentes épidémies de petite vérole, le goître endémique (en certains endroits), la dégradation des milieux naturels, le style de vie violent des gens du Kham (dans les années 1930-1940), en plus de l'émigration dans les années 1950 et suivantes[19],[20].

Selon la Chine, entre 1953 et 2000 la population d'ethnie tibétaine en Chine a doublé, passant de 2 775 000 à 5 416 021, comme elle a aussi doublé dans la seule région autonome du Tibet, passant de 1 273 964 à 2 427 168[21],[22].

Contrôle des naissances[modifier | modifier le code]

Entre 1971 et 2010, selon des chiffres officiels fournis par le ministère de la Santé, environ 330 millions d'avortements ont été pratiqués en Chine[23].

En 1983, une politique de planning familial destinée aux Tibétains a été instituée, limitant à 2 le nombre d’enfants par couple d’abord dans les zones urbaines, puis en 1984, dans les zones rurales, à l'exception des zones frontalières. Après le recensement de 1990, une campagne destinée à en renforcer l'application, principalement dans les zones rurales a été mise en œuvre avec l’instauration d’amendes, et de quotas de naissances[24].

L'application de cette politique fait l'objet de diverses analyses :

  • Selon Kate Saunders, journaliste spécialiste du Tibet et de la Chine, directeur de communication de l'association Campagne internationale pour le Tibet, les fonctionnaires tibétaines n'auraient droit qu'à un seul enfant ; les familles ayant 3 enfants ou plus seraient soumises à des sanctions : une amende de 1 800 yuans par an (équivalent au revenu annuel d'un fonctionnaire bien payé), la perte d'allocations ou d'avantages liés à l'emploi, et même l'avortement forcé ou la stérilisation. En outre, les enfants surnuméraires ne pourraient pas obtenir de permis de travail, et seraient exclus des systèmes d'éducation et de soins de santé[25],[26].
  • En revanche, selon Gu Baochang, un responsable du gouvernement chinois, au Tibet, si les fonctionnaires Han n'ont droit qu'à un seul enfant, les fonctionnaires tibétaines pourraient en avoir deux[25]. Une étude du « Center For Research on Tibet » de l'Université américaine Case Western Reserve[24], précise que l'application de la politique de planning familial resterait assez souple au Tibet, et qu'aucun avortement forcé n'y serait pratiqué[27]. Cette étude a été commentée par les organisations pro-tibétaines[28].

En 1988, l'opuscule du gouvernement chinois Le Tibet, cent questions et réponses indique : « le contrôle des naissances mis en place en Chine à partir des années 1970 n'a été encouragé au Tibet que parmi les fonctionnaires tibétains et les employés du gouvernement ». Cette indication est la première reconnaissance officielle par les autorités d'un contrôle des naissances au Tibet. Auparavant, les chinois réfutaient la mise en place de cette politique de contrôle des naissances envers les Tibétains, alors même qu'une loi de 1985 introduisait ce contrôle dans la région autonome du Tibet. Le plan quinquennal de 1991 pour cette région préconisait : « les fermiers et les nomades doivent apporter leur soutien conscient aux méthodes contraceptives, et les mettre en pratique ». Dans les autres régions du Tibet historique, cette contraception forcée est généralisée à l'ensemble des Tibétains. Ainsi, dans la région du Kham traditionnel, un citadin tibétain qui a un troisième enfant devra payer une amende d'un montant de 15 % de ses revenus pendant 7 années. Par contre, pour un paysan tibétain, c'est à partir du quatrième enfant que l'amende s'applique[29].

Accusations de stérilisations et avortements forcés[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950-1960[modifier | modifier le code]

Dans la Pétition en 70 000 caractères, document historique écrit par le 10e Panchen Lama et adressée au gouvernement chinois dénonçant la politique draconienne et les actions de la République populaire de Chine au Tibet, le Panchen Lama porte de terribles accusations concernant des avortements forcés à partir de 1955 dans le Kham et l'Amdo.

Selon le journaliste Gilles Van Grasdorff, ces pratiques s'étendent à l'ensemble du Tibet historique[30]:

« Dès 1963, les autorités chinoises déconseillaient le mariage entre Tibétains pour les hommes de moins de trente ans et les femmes de moins de 25 ans. Les grossesses doivent être déclarées. Si les médecins estiment que la famille ne respecte pas la politique du parti, ils procèdent à la stérilisation ou à l'avortement, jusqu'à huit mois et demi de grossesses. Or ces médecins perçoivent des primes sur le nombre d'avortements et de stérilisations effectués  ».
« Les jeunes filles à partir de douze ans et les femmes jusqu'à 45 ans sont regroupées sur la place du villages, à quelques pas d'une tente médicalisée. Les volontaires reçoivent des soins après l'intervention; pour les autres point de précaution. Les fœtus sont entassés à l'entrée de la tente ».

Dans une lettre adressée le 9 septembre 1959 au Secrétaire général de l'ONU, le 14e dalaï-lama dénonça des mesures inhumaines visant à stériliser des hommes et des femmes dans le but d'exterminer le peuple tibétain[31]. La Résolution 1353 de l'Assemblée générale des Nations unies du 21 octobre 1959 mentionna que l'Assemblée générale était préoccupée par les informations des déclarations officielles du dalaï-lama[32].

Dans les années 1980[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, la plupart des déclarations des réfugiés tibétains sur les maltraitances concernent des régions situées à l’est de la région autonome du Tibet, où les lois de limitation des naissances ont été introduites au début de cette décennie, de façon plus stricte et plus précoce que dans la RAT. À cette période, des équipes de chirurgiens ont été envoyées dans les villages de ces régions pour mettre en application ces politiques par la force[33].

Dans un témoignage, une Tibétaine de l'Amdo explique les difficultés pour avoir une autorisation d'avoir un premier enfant en 1986, puis, les pressions qu'elle a subi pour avorter du second en 1988 : « Je retardais à dessein toute décision, et finis un jour par lui dire que j'étais prête à payer l'amende - cette femme médecin me menaça alors et me dit : « ...L'amende est peu de choses, comparée au crime politique que tu commets. À partir de maintenant, tu ne recevras que 30 % de ton salaire mensuel. Tu n'auras plus jamais aucune augmentation. Ton enfant n'aura jamais de carte de rationnement, il ne sera jamais admis dans une crèche ou une école…Ton mari et toi, vous serez chassés de votre travail. » ... Au début, nous pensions que les choses se calmeraient une fois le bébé né et l'amende payée. Cependant je découvris l'existence de ces règlements concernant le contrôle des naissances qui sont seulement connus des responsables et n'ont jamais été annoncés au public. Ainsi je n'eus pas d'autre choix que celui d'avorter »[34].

Dans les années 1990[modifier | modifier le code]

Selon l’association des femmes tibétaines en exil et Tibet Information Network, des radios locales en Chine auraient annoncé que 87 000 femmes tibétaines avaient été stérilisées dans la région de l'Amdo en 1989, où 18 % des femmes furent stérilisées en deux ans. Dans le Gansu environ 63 000 hommes et femmes auraient été stérilisés en deux mois[35],[36].

Jean-Paul Ribes mentionne qu’en septembre 1990, 2 réfugiés de l’Amdo récemment arrivés à Paris l’informèrent que dans leur région, en un an, 2 415 femmes d’une ville de 70 000 habitants avaient été stérilisées. La grande majorité, 82 % étaient des Tibétaines. Il précise que cette information a été publiée dans le quotidien Libération, et que les témoins mentionnent que parfois ces femmes ne sont pas mêmes mariées, et que les conditions d’intervention les laissent définitivement stériles et parfois handicapées[37].

Le 29 mai 1990, les autorités chinoises déclarèrent que 18 000 parmi les 600 000 femmes en âge de procréer au Tibet central se « seraient portées volontaires pour être stérilisées. »[38].

Selon Human Rights Watch, le respect des quotas ayant une incidence politique sur les responsables des cantons, certaines exactions auraient été observées dans ce sens dans les années 1990, entraînant des stérilisations et des avortements forcés[39].

En 1995, le Sénat de Belgique propose une journée en mémoire des différents génocides dont celui perpétré « par les communistes chinois contre les Tibétains » en indiquant : « des milliers de Tibétains ont été et sont encore stérilisés sous la contrainte (dès l'âge de treize ans !). Cette politique d'extermination trouve son paroxysme dans les infanticides systématiques par noyade. »[40].

« Régulation forcée des naissances. Bien que la Chine ait ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, la violence d'État à l'encontre des femmes est chose courante. L'article 16 de la Convention reconnaît aux femmes le droit de décider du nombre et de l'espacement des naissances et interdit la stérilisation et l'avortement obligatoires. Dans la pratique, des mesures rigoureuses de contrôle des naissances sont imposées au Tibet par la force et la contrainte. On continue à recevoir des informations faisant état de campagnes d'avortement et de stérilisation forcés dans les villages, ou même en ville, par exemple dans le quartier de Chushur à Lhasa, où 308 femmes ont été stérilisées en un mois vers la fin de 1996. Des réfugiés parvenus en Inde et au Népal signalent aussi des mesures coercitives, y compris le refus de délivrer une carte d'enregistrement et d'accorder diverses prestations sociales pour les nouveau-nés au-delà du nombre fixe d'enfants, ainsi que la perte de l'emploi ou de lourdes amendes si une femme ne consent pas à se faire avorter ou stériliser. La Chine transfère dans le même temps des millions de colons chinois au Tibet, ce qui amène à s'interroger sérieusement sur d'éventuelles violations de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. »
  • L'association France-Tibet, une association de soutien aux exilés tibétains, affirme, dans un texte publié en 2005 sur le site du MRAP, que les avortements imposés s'effectuent parfois jusqu'au 8e ou 9e mois de grossesse[42].

Dans d'autres régions chinoises[modifier | modifier le code]

Cette politique de stérilisation et d'avortement forcés se retrouve dans d'autres provinces chinoises. L'avocat Chen Guangcheng a défendu la cause de femmes forcées à être stérilisées ou à avorter, parfois à quelques jours de l'accouchement[43].

Critiques et réfutations[modifier | modifier le code]

L'avis de l'historien et spécialiste du Tibet A. Tom Grunfeld[modifier | modifier le code]

Dans son libre The Making of Modern Tibet, A. Tom Grunfeld fait remarquer que dans les années qui suivirent la publication en 1960 du rapport du Comité d'enquête juridique (Legal Inquiry Committe ou LIC), un comité émanant de la Commission internationale des juristes, aucun examen clinique de témoins ne fut entrepris pour vérifier le bien-fondé des accusations d'avortements forcés[44].

Le rapport du démographe Yan Hao sur la population tibétaine en Chine[modifier | modifier le code]

Yan Hao est un démographe chinois appartenant à l'Institut de recherches économiques de la Commission d'État pour la planification et le développement à Pékin. Ce dernier a publié en 2001 un rapport très complet sur le contrôle des naissances – Tibetan Population in China: Myths and Facts Re-examined – réfutant les informations données par le gouvernement tibétain en exil[45].

« Mythes et réalités passés au peigne fin »[modifier | modifier le code]

Yan Hao explique que dans la région autonome du Tibet les programmes de planification familiale ne concernent que les employés du gouvernement. On ne cherche pas à imposer le contrôle des naissances aux fermiers et aux pasteurs qui vivent dans les vastes espaces à faible densité de population de la région. D'après les chiffres de 1993, 92,4 % des citadines Han en âge de procréer utilisaient une méthode de contraception tandis que pour les Tibétaines le taux était de 50,6 % dans les villes et de 18,9 % dans les zones rurales. Rien ne permet d'affirmer que les jeunes femmes ayant un enfant ou n'en ayant pas soient systématiqement stérilisées. D'une part l'obligation de l'enfant unique ne s'applique pas aux couples tibétains, d'autre part le contraceptif le plus fréquemment utilisé en Chine par les femmes ayant un enfant est le stérilet. La stérilisation n'est proposée ou plus ou moins imposée qu'aux femmes qui ont déjà deux ou trois enfants. Entre 1980 et 2000, environ 100 millions de Chinoises ont subi une stérilisation (pour la plupart d'entre elles, ce n'était pas un choix volontaire) mais il n'existe pas un seul cas où une femme n'ayant pas encore procréé ait été stérilisée.

Yan Hao a la même conclusion que Goldstein et Beall[24] à la suite de recherches que ces derniers avaient menées sur le terrain en 1986-1988 : la région autonome du Tibet, loin d'avoir été soumise à une politique draconienne de contrôle des naissances, a connu en fait une forte croissance démographique, ce qui est confirmé par les résultats des recensements. Les familles tibétaines rurales ont en moyenne de 4 à 5 enfants. Il n'est pas rare de rencontrer des familles ayant de 7 à 8 enfants.

D'où viennent ces allégations de méthodes coercitives de contrôle des naissances ? La plupart, poursuit Yan Hao, viennent de réfugiés tibétains en Inde qui, pour s'attirer le soutien des autorités, exagèrent ou simplement inventent. Il reconnaît qu'il peut y avoir eu des abus isolés dans les provinces du Qinghai et du Sichuan car les règlements locaux y sont différents de ceux de la région autonome et que la planification familiale a pu y être appliquée avec plus de rigueur, en raison de la nécessité de combattre une surpopulation déjà existante[46].

Commentaires de Robert Barnett[modifier | modifier le code]

Robert Barnett commente le rapport de Yan Hao en ajoutant qu’on ignore si et comment ces lois sont appliquées dans la région autonome du Tibet[47]. Il fait remarquer que Yan Hao ne considère pas les récits des réfugiés tibétains comme significatifs, cependant ses remarques corroborent des recherches universitaires selon lesquelles la plupart de déclarations des réfugiés sur les maltraitances concernent des secteurs à l'est de la région autonome du Tibet[48].

Absence de contrôle des naissances chez les nomades de Pala (1959-1990)[modifier | modifier le code]

Dans son étude démographique sur la région de Pala dans le Changtang occidental, le tibétologue américain Melvyn C. Goldstein a mis en évidence le fait que de 1959 à 1990 les familles nombreuses avaient continué à être la norme chez les pasteurs nomades et qu'aucune contrainte n'avait été imposée à ces derniers :

« Malgré des allégations répétées de la part de l'Occident que les Chinois avaient imposé une politique stricte de contrôle des naissances au Tibet, où "les avortements, stérilisations et infanticides forcés sont quotidiens" (New York Times, 31 janvier 1992), il n'y a pas eu à Pala de politique de réduction des naissances, et encore moins de preuves d'avortements, de stérilisations ou d'infanticides ».

L'étude des grossesses d'un échantillon de 71 femmes âgées de 15 à 59 ans permet d'affirmer qu'aucune politique de contrôle des naissances visant à réduire le nombre de naissances à deux, voire trois, n'était en vigueur. Bien plus, aucun nomade de Pala n'a dû payer d'amende pour avoir eu un troisième, quatrième, cinquième enfant et au-delà, et ces enfants ont joui de tous leurs droits au sein de la communauté[49].

Absence de contrôle des naissances dans le comté de Ngamring (années 1990)[modifier | modifier le code]

Dans une étude sur la fertilité et la planification familiale au Tibet, publiée en 2002, Melvyn C. Goldstein, Ben Jiao, Cynthia M. Beal et Phuntsog Tsering affirment pour leur part que dans aucun des endroits qu'ils ont étudiés, il n'y a d'indications montrant que Lhassa applique dans le Tibet rural la règle des deux enfants. Alors même qu'un rapport du Tibet Information Network prétendait que cette politique était en place, les chercheurs constatèrent que dans le comté de Ngamring où ils enquêtaient, aucune limite de ce genre n'était imposée. Le gouvernement du comté de Ngamring avait fait de gros efforts pour accroître le recours à la planification familiale dans les années 1990, mais à l'été 2000 (après la parution du rapport du TIN) aucun nomade ni responsable local n'avait entendu parler d'une limite fixée à deux enfants ni aucun responsable au chef-lieu du comté. Enfin, aucune amende n'était infligée pour le 4e enfant et au-delà. [...] Pour Melvyn Goldstein et al., leur étude fait ressortir combien il est dangereux d'utiliser des récits de réfugiés et des indications anecdotiques pour interpréter des situations rrès politisées[50].

Stérilisations et avortements sous la contrainte : des abus anciens et localisés[modifier | modifier le code]

Se référant aux travaux conduits par Melvyn Goldstein sur 13 villages de la région autonome et à ses propres recherches menées dans le Qinghai, le spécialiste en économie du développement Andrew Martin Fischer estime que les allégations d'abus dans le contrôle des naissances concernent, pour un grand nombre d'entre elles, les zones tibétaines en dehors de la région autonome du Tibet, et, dans la plupart des cas, renvoient aux années 1980 et au début des années 1990. Il voit dans ces abus moins une politique érigée en système que des excès de zèle très localisés et brefs[51].

Témoignage de géographes américains sur la natalité en région autonome du Tibet en 2007[modifier | modifier le code]

Ayant parcouru le Tibet rural et urbain en 2007, deux géographes américains font état de leurs impressions sur la natalité dans les campagnes :

« On aurait dit qu'il y avait des bébés partout au Tibet, où les familles hors de Lhassa sont autorisées à avoir jusqu'à trois enfants (...). Au moins les Chinois n'ignorent-ils pas les réalités de l'existence dans le Tibet rural et autres régions autonomes, où une famille nombreuse est nécessaire pour répondre aux gros besoins de main-d'oeuvre d'un mode de vie agricole ou de subsistance. Le fait que les familles à plusieurs enfants soient autorisées dans ces régions, exonère également les Chinois de l'accusation d'utiliser la politique de l'enfant unique pour faire disparaître les ethnies minoritaires »[52].

À voir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, Le Tibet est-il chinois ?, éd. Albin Michel, coll. Sciences des religions (ISBN 2226134263).
  • (en) Melvyn C. Goldtein, Change, conflict and continuity among a community of nomadic pastoralists. A case study from Western Tibet, 1950-1990, in Resistance and Reform in Tibet, sous la direction de Robert Barnett et Shirim Akiner, 1994.
  • (en) Melvyn C. Goldstein, Cynthia M. Beall, China’s Birth Control Policy in the Tibet Autonomous Region, in Asian Survey, 1991, vol. 31, No 3, p. 285–303.
  • (en) Melvyn C. Goldstein, Ben Jiao (Benjor), Cynthia M. Beall et Phuntsok Tsering, Fertility and family planning in rural Tibet, in The China Journal, 2002, vol. 47, No 1, p. 19–39.
  • (en) Melvyn C. Goldstein, Change, conflict and continuity among a community of nomadic pastoralists. A case study from Western Tibet, 1950-1990, in Resistance and Reform in Tibet, sous la direction de Robert Barnett et Shirim Akiner, 1994, p. 106–107.
  • (en) Andrew Martin Fisher, "Population Invasion" versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China.
  • (en) Yan Hao, Tibetan Population in China: Myths and Facts Re-examined, in Asian Ethnicity, vol. 1, Number 1, March 2000
  • (en) A. Tom Grunfeld, The Making of Modern Tibet, 2e édition, M.E. Sharpe, 1996, 352 p. (ISBN 1563247143), (ISBN 9781563247149).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chine: trois millions d'habitants au Tibet, dont 90 % sont des Tibétains, Le Quotidien du peuple en ligne, 5 mai 2011.
  2. Robert Barnett dans Le Tibet est-il chinois ? Citation: « La réponse (32) de Cent questions, représente le premier aveu officiel que la Chine a imposé des contrôles de population sur les Tibétains travaillant pour le gouvernement au Tibet. Auparavant les Chinois laissaient entendre qu'il n'y avait pas de politique de naissances pour les Tibétains, bien qu'en fait une loi sur le contrôle des naissances avait été introduite dans la région autonome en 1985; elle a été promulguée à nouveau sous une forme plus strict en 1992 »
  3. (en) M. C. Goldstein, Ben Jiao, C.M. Beall, Phuntso Tsering, Fertility and Family Planning in Rural Tibet, in The China Journal, 2002, vol. 47, fasc. 1, pp. 19-40 : « There was no evidence in any of the sites we studied that Lhasa is applying a two-child birth rule in rural China in line with the rest of China. Although a recent Tibet Information Network report stated this policy is in place, when Ngamring county, which was cited in the report, was visited, no such work was evident. »
  4. (en) Andrew Martin Fischer, “Population Invasion” versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China : « The charges of forced sterilizations and abortions were investigated by Goldstein et al. (2002), who concluded that their fertility data from 13 villages in the TAR suggest no general program of forced birth control. However, many of the allegations of abusive forced birth control refer to Tibetan areas outside the TAR, albeit mostly with reference to the 1980s and early 1990s. My qualitative field insights in the Tibetan areas of Qinghai tend to support the conclusion that cases of forced sterilizations and abortions do not represent a generalized policy approach but were probably related to events in specific localities or to specific brief periods of policy zealousness ».
  5. Quelle solution politique pour le Tibet ? - Rapport présenté par Louis de Broissia, sénateur, série Relations interparlementaires France-Tibet, 2006, p. 17 : « Le territoire revendiqué par le gouvernement tibétain en exil depuis 1959 correspond au Pö Chölka Sum, c’est-à-dire au « Tibet des trois provinces » : Ü-Tsang, Kham et Amdo. Ce Grand Tibet a une superficie d’environ 3,8 millions de km2, soit sept fois la France. Il représente donc près de 40 % de la superficie de la Chine dans ses frontières actuelles (9,6 millions de km2) ». [PDF]
  6. (en) Yan Hao, Tibetan Population in China: Myths and Facts Re-examined), in Asian Ethnicity, vol. 1, Number 1, March 2000, pp. 28-29 ; « According to TGIE sources, there was, before the `invasion’ , a place `traditionally’ known as Tibet, which consisted of three `provinces’, Amdo, Kham and U-Tsang, and covered an area of 2.5 million square kilometres, corresponding to the geological plateau of Tibet. Amdo is currently split into the provinces of Qinghai and Gansu, and Kham into Sichuan, Gansu and Yunnan. U-Tsang, together with western Kham, is referred to as the Tibet Autonomous Region (TAR). »
  7. (en) Christopher Hale, Himmler's Crusade. The Nazi Expedition to Find the Origins of the Aryan Race, John Wiley & Sons, Hoboken (NJ), 2003, 422 p., p. 50 (ISBN 0471262927) : « Schafer's attitudes to race are often contradictory. He appears to have absorbed the theories of his time and nation when, for example, he writes, 'The Tibetan women are very fertile and often give birth to about a dozen children. But due to a lack of hygiene the mortality rate of children is immense. As well as that, weak elements are eliminated [ausmerzen] by the harshness of the climate and they struggle for survival from an early stage so that the Tibetan people appear to be vigorous and healthy’ ».
  8. Texte de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide
  9. Convention on the Prevention and Punishment of the Crime of Genocide, 9 December 1948. China, ICRC
  10. Eva Herzer and Sara B. Levin, China’s denial of Tibetan women’s right to reproductive freedom, October 10, 1995, Tibet Justice Center.
  11. a et b (zh) 1950—1990年藏族人口规模变动及其地区差异研究 (les chiffres de la RAT en 1953 et 1964 présentés dans cette étude correspondent à des évaluations, tous les autres chiffres proviennent de recensements)
  12. a et b (en) Department of Population, Social, Science and Technology Statistics of the National Bureau of Statistics of China (国家统计局人口和社会科技统计司) and Department of Economic Development of the State Ethnic Affairs Commission of China (国家民族事务委员会经济发展司), eds. Tabulation on Nationalities of 2000 Population Census of China (《2000年人口普查中国民族人口资料》). 2 vols. Beijing: Nationalities Publishing House (民族出版社), 2003 (ISBN 7-105-05425-5).
  13. Développement des services médicaux et poussée démographique au Tibet.
  14. Jing Hee, 1950-1990. Tibetan population and its regional differences in the size of changes in research, site China Tibetology Network, 10 octobre 2006 : « Note 1: Tibet at that time did not conduct a census, its population was estimated at 1 million plus the Qamdo area population estimated at 273,964 people (traduction) ».
  15. Sources : 1/ Développement des services médicaux et poussée démographique au Tibet; 2/ Yan Hao, (Institute of Economic Research, Beijing), Tibetan Population in China: Myths and Facts Re-examined, Asian Ethnicity, vol. 1, Number 1, March 2000, pp. 11-36; 3/ Quelle solution politique pour le Tibet ?, rapport du groupe interparlementaire d'amitié No 77 (2007-2008), 17 octobre 2007.
  16. 5 416 021 lors du recensement de 2000 : (en) (zh) China Statistical Yearbook 2003, p. 48.
  17. Il faut ajouter qu'environ 200 000 Tibétains vivent à l'étranger (soit qu'ils aient fui le Tibet soit qu'ils soient nés en exil), principalement en Inde mais aussi au Népal, au Bhoutan, en Europe et aux États-Unis.
  18. (en) « In the official doctrinaire explanation the sharp decline in population, which ran contrary to the national trend, is attributed to the prevalence of feudal serfdom. 'Cruel persecution and oppression of the labouring people by the ruling classes was the root cause for the decline in population. The serfs and slaves had to do corvée labour like beasts of burden. Many of them were prohibited from getting married or having children. The heavy work for women after birth, and epidemic diseases were among the reasons for the shrinking population.' No mention is made, however, of the state of intermittent civil war which has existed since the Chinese entered Tibet in 1951, and the flight of refugees which occurred especially after the 1959 uprising. », Changing Population Characteristics in Tibet, 1959 to 1965, Michael Freeberne, Population Studies, Vol. 19, No. 3 (Mar., 1966), p. 317. Extrait en ligne.
  19. (en) « The great Italian Tibetologist Giuseppe Tucci concluded, based on research carried out through travels to Tibet from 1927 to 1948, that the population of all Tibet, including Kham and Amdo, was between two and three million. He also comments, significantly, that “there were certainly more in the past, as may be inferred from surviving traces of intensive cultivation and from irrigation works in now almost deserted places”. There are many reasons for this decline in population, but they include: the high proportion of males in the monastic order, together with the custom of polyandry; widespread venereal diseases; high infant mortality rates as well as frequent smallpox epidemics and in some places endemic goitre; a declining ecological base; and a violent lifestyle in Kham, then part of the Chinese province of Xikang, at least in the 1930s and 1940s. (...) The decline in population between 1953 and 1964 can be explained by several factors, including the deaths following the various revolts of the 1950s and that of 1959; the famines of the late 1950s and early 1960s (mainly in the Tibetan areas outside Tibet itself); and continuing decline due to factors similar to those already attributed to the period before 1950. Another major factor is emigration, which accounted for many thousands of people through the 1950s and after and formed the basis of the Dharamsala community [...] », People’s Republic of China: Background paper on the situation of the Tibetan population, A Writenet Report by Professor Colin P. Mackerras, p. 19-20. Consulté le 16 novembre 2007.
  20. Elisabeth Allès remarque que s'il tente une mise en perspective, Colin P. Mackerras formule parfois un satisfecit au pouvoir politique chinois, cf Colin Mackerras, China’s Ethnic Minorities and Globalisation.
  21. Sources : 1/ Développement des services médicaux et poussée démographique au Tibet; 2/ Yan Hao, (Institute of Economic Research, Beijing), Tibetan Population in China: Myths and Facts Re-examined, Asian Ethnicity, vol. 1, Number 1, March 2000, pp. 11-36.
  22. « De 1950 à 1991, la population tibétaine a augmenté de 1 196 000 habitants ». Source : Développement des services médicaux et poussée démographique au Tibet.
  23. Arnaud de La Grange, 330 millions d'avortements en quarante ans en Chine Le Figaro, mars 2013 :« Quelque 330 millions d'avortements ont été pratiqués en Chine en quatre décennies, entre 1971 et 2010, selon des chiffres officiels fournis par le ministère de la Santé. Le rythme s'est accéléré avec la mise en place de la politique de l'enfant unique, au début des années 80. C'est ainsi que le nombre d'avortements a culminé entre 1982 et 1992, à plus de 10 millions par an. Avec des pics à plus de 14 millions en 1983 et 1991, ont précisé les mêmes autorités.[...]Le ministère de la Santé a fourni ces données alors qu'on a annoncé la semaine dernière que la Commission nationale de la population et du planning familial allait fusionner avec le ministère. Cette agence, chargée d'appliquer la politique de l'enfant unique, avait depuis longtemps une réputation entachée par la corruption et des méthodes brutales, comme les avortements forcés. »
  24. a, b et c (en) Fertility and Family Planning in Rural Tibet, Melvyn C. Goldstein, Ben Jiao, Cynthia M. Beall, et Phuntsog Tsering. Publiée dans The China Journal, No. 47 (Jan., 2002), pp. 19-39.
  25. a et b (en) Politique de l'Enfant Unique, China one-child policy update
  26. Birth Control Policies In Tibet.
  27. Au chapitre Family-planning programs : (en) « Even in areas where births were calculated down to the level of individual women, all who were pregnant were able to give birth regardless of how many children they already had. No formal or informal discussions with villagers about family planning, birth limits or local problems revealed even a hint of forced abortions, despite open complaints about many other aspects of rural life and government rules. »
  28. (en) New Report Disputes Charges of Forced Family Planning in Tibet, 25 décembre, 2001, sur www.savetibet.org. « Why such a disparity between the information from activist groups and Goldstein's study? One reason may be that they looked in different places. The Goldstein study focused on rural areas in the TAR. "But," says John Ackerly, of the Washington-based International Campaign for Tibet, "abuses occur mainly in the cities where there are Chinese populations and work units are trying to enforce family-planning policies." Some of the worst incidents are in the large Tibetan areas outside the TAR. The greatest abuses, such as forced sterilization and abortions, are in Qinghai province, especially in counties where Tibetans are a minority ».
  29. Robert Barnett in Le Tibet est-il chinois ?, Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille ed. Albin Michel, coll. Sciences des religions parue en 2002. Pages 160 et suivantes.
  30. La nouvelle histoire du Tibet de Gilles Van Grasdoff, Édition Perrin, octobre 2006, ISBN 2-262-02139-2
  31. (en) Letter to Secretary General, United Nations, p. 28.
  32. « Gravement préoccupée des informations, notamment des déclarations officielles de S.S. le Dalaï-Lama, d'où il ressort que les droits fondamentaux de l'homme et les libertés fondamentales du peuple tibétain lui ont été refusés par la force. »
  33. (en) Robert Barnett, in Authenticating Tibet: Answers to China’s 100 Questions, 2008, A. M. Blondeau, K. Buffetrille, ed. University of California Press, Berkeley, (ISBN 0520249283) : « most refugee claims of abuses are from areas to the east of TAR, where birth control laws were introduced in the early 1980s that were stricte and earlier than those in the TAR. (…) Most of the definitive reports of forced sterilizations of Tibetans thus come from the eastern Tibetan areas oustide the TAR, where we know that Party Officials were set quotas that they had to meet, and where teams of surgeons were sent round villages in the 1980s to implement those policies by force »
  34. Génocide organisé au Tibet : Planning familial ou solution finale ?.
  35. (en) Tears of Silence: Tibetan Women and Population Control.
  36. (en) Coercive Birth Control Programme in Tibet and UK Involvement ; « 87, 000 Tibetan women were sterilised in Amdo region in 1989 some 18 per cent had been sterilised in just two years. While in Gansu some 63,000 men and women had been sterilised in two months (News Update, TIN, 30th May 1990) ».
  37. Pierre-Antoine Donnet, Guy Privat et Jean-Paul Ribes, Tibet : des journalistes témoignent, 1992, Paris : l'Harmattan, p 85-87
  38. (en) The Tibetans, CEWS database, University of Southern California, «  On May 29, 1990, the authorities stated that 18,000 of the 600,000 women of child bearing age in Central Tibet have "so far volunteered for sterilization" (International Alert 1990, 25-6) ».
  39. Human Rights in China and Tibet
  40. Proposition, du sénat Belge, de résolution relative à la journée commémorative des victimes de génocides.
  41. Source : Commission des Droits de l'homme de l'ONU
  42. Source MRAP.
  43. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées nouvelobs.
  44. A. Tom Grunfeld, The Making of Modern Tibet, 2e édition, M.E. Sharpe, 1996, 352 p., en part. p. 149 (ISBN 1563247143), (ISBN 9781563247149) : « In the years following the publication of the LIC's report, the Dalai Lama, Trikamdas, and the ICJ all claimed to have found proof of sterilization; yet they failed to produce a single person who could be clinically examined to verify these claims ».
  45. (en) Yan Hao, Tibetan Population in China: Myths and Facts Re-examined), in Asian Ethnicity, vol. 1, Number 1, March 2000, pp. 28-29.
  46. Yan Hao, Tibetan Population in China: Myths and Facts Re-examined, op. cit. ; « Understandably, local officials of Sichuan simply cannot afford to take a laissez faire attitude toward birth control in a province where (...) the population stood at over 107 million (according to the 1990 census) ».
  47. (en) Robert Barnett, in Authenticating Tibet: Answers to China’s 100 Questions, 2008, A. M. Blondeau, K. Buffetrille, ed. University of California Press, Berkeley, (ISBN 0520249283), « Yan Hao rejects accusations about excesses against Tibetan women, but affirms that in China sterilization is "routinely suggested to, or forced to a certain extent on, women who already have two or more children, » and that of the « nearly 100 million Chinese women [who] have undergone sterilization … for most of them it is not a voluntary choice." It is not known whether or how these rules are implemented in the TAR ».
  48. Robert Barnett, op. cit., « Yan does not regard those accounts as significant, but his remarks confirm scholarly findings that most refugee claims of abuses are from areas to the east of the TAR (...) ».
  49. (en) Melvyn C. Goldtein, Change, conflict and continuity among a community of nomadic pastoralists. A case study from Western Tibet, 1950-1990, in Resistance and Reform in Tibet, sous la direction de Robert Barnett et Shirim Akiner, 1994, pp. 106-107.
  50. (en) M. C. Goldstein, Ben Jiao, C.M. Beall, Phuntso Tsering, Fertility and Family Planning in Rural Tibet, in The China Journal, 2002, vol. 47, fasc. 1, pp. 19-40 : « There was no evidence in any of the sites we studied that Lhasa is applying a two-child birth rule in rural Tibet in line with the rest of China. Although a recent Tibet Information Network report stated this policy is in place, when Ngamring county, which was cited in the report, was visited, no such work was evident. The Ngamring county government had made a strong effort to increase the use of family planning in the 1990s, but in the summer of 2000 (after the report appeard) no local nomads or officials in the area we studied had heard anything about a two-child limit, nor had any of the officials we spoke with at the Ngamring country seat. And finally, no fines had been imposed for fourth and higher births. It is not inconceivable that China will at some point attempt to implement a two-child limit in rural Tibet, but for the present, it is not doing so. In fact, the government is not over effectively enforcing the current three-child limit. [...] The study highlights the dangers of using refugee reports and anecdotal evidence to interpret highly politicized situations. »
  51. (en) Andrew Martin Fischer, “Population Invasion” versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China ; « The charges of forced sterilizations and abortions were investigated by Goldstein et al. (2002), who concluded that their fertility data from 13 villages in the TAR suggest no general program of forced birth control. However, many of the allegations of abusive forced birth control refer to Tibetan areas outside the TAR, albeit mostly with reference to the 1980s and early 1990s. My qualitative field insights in the Tibetan areas of Qinghai tend to support the conclusion that cases of forced sterilizations and abortions do not represent a generalized policy approach but were probably related to events in specific localities or to specific brief periods of policy zealousness ».
  52. Cf. (en) Ben and Faye's Eurasian Adventure. The Trek of Two Alaskans Geographers, On the Road to Everest - Days 3-5: Everest Base Camp to Lhasa - April 14-16 2007 ; « It seemed like babies were everywhere in Tibet, where families outside of Lhasa are allowed up to three children (...). At least the Chinese haven’t ignored the realities of life in rural Tibet and other autonomous regions, where larger families are necessary to meet the labor-intensive demands of a subsistence/agricultural lifestyle. The allowance of multi-child families in these regions also exonerates the Chinese from accusations of using the one-child policy to breed out minority populations ».