Construction des entiers relatifs

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article n’est pas rédigé dans un style encyclopédique (octobre 2016).

Vous pouvez améliorer sa rédaction !

Article général Pour un article plus général, voir Entier relatif.

En mathématiques, la construction du groupe abélien des entiers relatifs est un exemple standard de symétrisation d'un monoïde commutatif, en l'occurrence : le monoïde des entiers naturels.

La structure supplémentaire d'anneau unifère et la relation d'ordre seront seulement esquissées.

Construction de l'ensemble Z[modifier | modifier le code]

Représentation des classes d'équivalence pour les nombres de -5 à 5
Les points rouges représentent les couples d'entiers modélisant les relatifs. Les points rouges reliés par des pointillés bleus appartiennent à la classe d'équivalence du nombre relatif situé dans le prolongement de la ligne, lui aussi en bleu.

On sait déjà que l'ensemble des entiers naturels, muni de la loi interne addition, est un monoïde commutatif ; donc notre but est simplement de rajouter un opposé (élément symétrique pour l'addition) pour chaque entier non nul. Il ne s'agit pas de rajouter brutalement un élément, il faut aussi définir l'addition.

C'est pourquoi on va partir de la notion naïve d'entier relatif, que l'on suppose déjà connue, pour construire l'objet mathématique correspondant. Si on veut définir avec des entiers naturels, on a envie de le voir comme , ou comme , ou… ; bref, on a envie de le voir comme la différence de deux entiers naturels. Cela pose une difficulté, car on voit d'une part que l'écriture n'est pas unique, et d'autre part, que cela fait intervenir une opération, la soustraction, qui n'a pas toujours un sens avec les entiers naturels.

On va donc considérer des couples d'entiers, de la forme , et considérer que le couple correspond à l'entier relatif naïf  ; et comme on a vu qu'il n'est pas raisonnable de prendre comme ensemble des entiers relatifs, on va regrouper les couples qui correspondent au même entier relatif naïf.

Pour cela, on va définir sur une relation d'équivalence , par : . Intuitivement, on est en train d'écrire que deux couples sont égaux si quand on soustrait le second entier du couple au premier on obtient le même entier relatif. Mais on n'utilise que la somme pour définir , donc cette définition n'utilise pas d'objet naïf.

Les relations d'équivalences sont faites pour quotienter ; on définit donc :

Définition de la structure de groupe[modifier | modifier le code]

On dispose maintenant de l'ensemble des entiers relatifs ; il reste à définir l'addition sur ces derniers : pour cela, on ne dispose que de la définition sur les entiers ; on va donc d'abord définir une opération sur les couples d'entiers, et comme elle sera compatible avec la relation , elle donnera une opération sur les entiers relatifs.

On définit la somme de deux couples d'entier ainsi :  ; cette opération est commutative, associative et d'élément neutre sur les couples d'entiers ; elle passe clairement au quotient, pour donner sur une structure de monoïde commutatif.

Il ne reste donc qu'à trouver un opposé à tout entier relatif ; mais ceci est immédiat : si représente un entier relatif dans les couples d'entiers, on a est équivalent à , donc la classe d'équivalence de est opposée à la classe d'équivalence de .

Représentation vectorielle de l'addition de deux entiers relatifs (2 et -1) sous différentes formes.
Addition de 2 et de -1, ainsi que de -1 et de 2 avec différents représentants.
Représentation vectorielle de l'addition de deux opposés (2 et -2) sous différentes formes.
Addition de 2 et de -2, ainsi que de -2 et de 2 avec différents représentants.

Vérification du prolongement[modifier | modifier le code]

On va montrer qu'il y a un morphisme de monoïdes injectif de dans  ; de cette façon, on pourra voir un entier naturel comme un cas particulier d'entier relatif. À nouveau, c'est l'idée naïve que l'on se faisait des entiers relatifs qui montre la voie.

Soit un entier naturel ; on lui associe la classe du couple . On voit alors que :

  • a pour image la classe de , donc le des entiers relatifs ;
  • , la somme de deux entiers, a pour image la classe de , qui est la somme des classes de et .

Par ailleurs, on voit bien que cette application est injective, puisque demander que les classes de et soient égales, c'est précisément demander que .

Écriture simplifiée des éléments de Z[modifier | modifier le code]

Notons (n ; m) la classe d'un couple d'entiers naturels (n, m). Elle est de l'un des trois types suivants :

  • (d ; 0) si n > m avec n = m + d et d non nul
  • (0 ; d) si n < m avec n + d = m et d non nul
  • (0 ; 0) si n = m

Or l'ensemble des classes (d ; 0) est isomorphe à  ; on note donc ces classes sous la forme simplifiée d.

D'autre part, pour d non nul, les classes (d ; 0) et (0 ; d) sont opposées. En effet, (d ; 0) + (0 ; d) = (d ; d) = (0 ; 0). On note donc les classes (0 ; d) sous la forme simplifiée (–d).

L'ensemble retrouve alors sa forme plus classique de .

Définition de la multiplication[modifier | modifier le code]

On peut alors définir la multiplication comme suit : (toujours en s'inspirant de l'analogie avec les entiers relatifs naïfs).

Cette opération définie sur est associative, commutative, possède un élément neutre (1, 0) et est distributive pour l'addition précédemment définie. De plus, elle est compatible avec la relation d'équivalence. Par passage au quotient, elle confère à une structure d'anneau unitaire.

Les égalités

permettent les écritures

,

qui permettent de démontrer que l'anneau est aussi intègre.

Définition de la relation d'ordre[modifier | modifier le code]

On vérifie aisément :

Ceci, lié au fait que est une partie de stable par somme et produit, permet de démontrer que la relation binaire sur définie par :

est une relation d'ordre total sur qui prolonge celle de , et qu'elle est compatible avec l'addition ainsi que la multiplication par un élément positif. On en déduit également qu'une partie non vide de minorée (resp. majorée) possède un minimum (resp. un maximum).

Articles connexes[modifier | modifier le code]