Konstantínos Stephanópoulos

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Konstantínos Stephanópoulos
Κωνσταντίνος Στεφανόπουλος
Konstantínos Stephanópoulos, en 2000.
Konstantínos Stephanópoulos, en 2000.
Fonctions
Président de la République hellénique

(10 ans et 2 jours)
Élection
Réélection
Premier ministre Andréas Papandréou
Konstantínos Simítis
Konstantínos Karamanlís
Prédécesseur Konstantínos Karamanlís
Successeur Károlos Papoúlias
Ministre de la Présidence du gouvernement

(3 ans 10 mois et 23 jours)
Premier ministre Konstantínos Karamanlís
Geórgios Rállis
Gouvernement Karamanlís VII
Rállis
Prédécesseur Geórgios Rállis
Successeur Agamémnon Koutsógiorgas
Ministre des Services sociaux

(1 an 2 mois et 18 jours)
Premier ministre Konstantínos Karamanlís
Gouvernement Karamanlís VI
Prédécesseur Konstantínos
Khrysanthópoulos
Successeur Spyrídon Dotziádis
Député

(14 ans 11 mois et 8 jours)
Élection
Réélection
18 octobre 1981
2 juin 1985
18 juin 1989
Législature Ire, IIe, IIIe, IVe et Ve
Groupe politique ND (1974-85)
DI.ANA (1985-1989)
Ministre de l'Intérieur

(1 an 9 mois et 20 jours)
Premier ministre Konstantínos Karamanlís
Gouvernement Karamanlís VI
Prédécesseur Panagiótis Zépos
Successeur Ippokrátis Iordánoglou
Biographie
Date de naissance (89 ans)
Lieu de naissance Patras (Grèce)
Nationalité grecque
Parti politique Indépendant
Diplômé de Université d'Athènes
Profession Avocat

Signature de Konstantínos StephanópoulosΚωνσταντίνος Στεφανόπουλος

Konstantínos Stephanópoulos
Présidents de la République hellénique
Ministres de l'Intérieur de la Grèce

Konstantínos « Kostís » Stephanópoulos (en grec moderne : Κωνσταντίνος (Κωστής) Στεφανόπουλος), né le à Patras, est un homme d'État grec conservateur. Il est président de la République entre 1995 et 2005.

Il est issu de deux familles politiques très implantées dans sa ville natale. Avocat formé à l'université d'Athènes, il est élu député sous les couleurs de l'ERE en 1964, un mandat écourté par la dictature des colonels.

Il rejoint donc la ND en 1974 et se fait réélire au Parlement. Il prend les fonctions de ministre de l'Intérieur et fait campagne pour le rétablissement de la monarchie lors du référendum organisé peu après. Il devient ministre des Services sociaux en 1976, puis ministre de la Présidence à partir de 1977.

La ND passe dans l'opposition en 1981. Ayant échoué par deux fois à prendre la présidence du parti, il exerce de hautes fonctions au sein du groupe parlementaire. Il quitte la formation après que Konstantínos Mitsotákis a été confirmé à sa tête à la suite de la défaite aux élections de 1985. Il fonde donc un parti plus nationaliste, le Renouveau démocratique (DI.ANA), dont il sera le seul candidat élu aux élections anticipées de juin 1989. Il se met en retrait de la vie politique en 1994, à la suite des nombreux échecs de DI.ANA.

En 1995, il est élu au troisième tour de scrutin président de la République avec le soutien du PASOK d'Andréas Papandréou et de POLAN d'Antónis Samarás. Appuyé par le PASOK et la ND, il entame un second quinquennat en 2000, devenant le premier chef de l'État grec à enchaîner deux mandats consécutifs. Il est remplacé en 2005 par le socialiste Károlos Papoúlias et quitte la vie publique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Dimítrios Stephanópoulos, élu député en 1920 et ayant exercé divers fonctions ministérielles, et descend par sa maire de la famille Prátzikas, très ancienne et influente à Patras.

Après des études secondaires dans une école de Patras, il étudie le droit à l'université d'Athènes. En 1954, il devient avocat et s'inscrit au barreau de Patras.

En 1958, alors qu'il a seulement 31 ans, il postule aux élections législatives du 11 mai sous les couleurs de l'Union nationale radicale (ERE), le parti conservateur de Konstantínos Karamanlís. Il échoue, de même qu'aux scrutins anticipés de 1961 et 1963. Il parvient finalement à intégrer le Parlement à la suite des élections législatives anticipées du 16 février 1964, les dernières avant le coup d'État des colonels de 1967.

Parcours politique sous la IIIe République[modifier | modifier le code]

Des débuts rapides[modifier | modifier le code]

Après le chute de la junte militaire, il est désigné le ministre adjoint du Commerce dans le gouvernement d'union nationale mis en place sous l'autorité de Konstantínos Karamanlís. Il adhère ensuite à la Nouvelle Démocratie (ND), parti de centre droit qui se veut alors social-libéral et que forme Karamanlís pour remplacer l'ERE, dont il devient membre du comité central.

Pour les élections législatives du 17 novembre suivant, il postule dans la circonscription d'Achaïe, où il est élu député. Le , Konstantínos Stephanópoulos est nommé à 48 ans ministre de l'Intérieur dans le sixième gouvernement de Konstantínos Karamanlís. Dans le cadre de la campagne pour le référendum sur la nature du régime politique de l'État grec convoqué le , il fait campagne en faveur du rétablissement de la monarchie[1], mais les citoyens choisiront à une nette majorité de confirmer le choix du régime républicain.

Lors du remaniement ministériel opéré le , il devient ministre des Services sociaux.

Une ascension contrariée[modifier | modifier le code]

Il est réélu aux élections législatives anticipées du 20 novembre 1977. À la formation du septième cabinet Karamanlís le , il prend les fonctions de ministre de la Présidence du gouvernement. Il est confirmé par Geórgios Rállis quand celui-ci prend la direction du gouvernement le , à la suite de l'élection de Karamanlís à la présidence de la République.

Les élections législatives du 18 octobre 1981 voient la victoire du PASOK socialiste et nationaliste d'Andréas Papandréou. Réélu parlementaire, Stephanópoulos est relevé de ses responsabilités ministérielles trois jours plus tard.

Rállis ayant perdu un vote de confiance devant le groupe parlementaire, ce dernier doit désigner le nouveau président du parti. Comptant parmi les trois candidats, Kostís Stephanópoulos recueille 32 votes favorables et se classe ainsi deuxième derrière l'ancien ministre de la Défense Evángelos Avéroff lors du scrutin convoqué le . Il devient alors secrétaire, puis porte-parole du groupe parlementaire.

Avéroff annonce sa démission pour raisons de santé à l'été 1984. Le , le groupe parlementaire se réunit pour lui trouver un successeur. L'ancien ministre des Affaires étrangères Konstantínos Mitsotákis est élu avec 70 voix en sa faveur, contre 40 à Stephanópoulos.

Rupture avec la ND et échec de DI.ANA[modifier | modifier le code]

Il se maintient au Parlement lors des élections législatives anticipées du 2 juin 1985. Bien que réalisant un score en augmentation, la ND est à nouveau défaite par le PASOK. Mitsotákis se soumet au vote de confiance du groupe parlementaire le et l'emporte. En conséquence, Stephanópoulos, opposé à ce choix, décide de rompre avec sa formation cinq jours plus tard. Emmenant neuf députés dans son sillage, il annonce la fondation le du parti Renouveau démocratique (DI.ANA), qui se place sur un segment idéologique libéral-conservateur.

Ce parti subit deux échecs consécutifs dès ses premières incursions sur la scène électorale. Premièrement, aux élections européennes du 15 juin 1989, il remporte à peine 1,4 % des voix, faisant toutefois élire un député européen, Dimitrios Nianias qui rejoint le groupe conservateur et eurosceptique RDE. Ensuite, au cours des élections législatives du 18 juin suivant, avec seulement 1 % des suffrages exprimés et un seul député, lui-même dans la circonscription Athènes A.

Une mise en retrait progressive[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives anticipées du 5 novembre 1989, sa formation ne présente aucun candidat. Il quitte alors le Parlement après quinze années de présence. Il conserve cependant la présidence de DI.ANA, qui recueille à peine 0,7 % des voix aux élections législatives anticipées du 8 avril 1990. S'il n'envoie aucun candidat aux élections législatives anticipées du 10 octobre 1993, le parti atteint 2,8 % des suffrages aux élections européennes du 12 juin 1994 sans parvenir à faire élire un seul parlementaire. Cet échec l'amène à suspendre les activités du parti.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Élection de 1995[modifier | modifier le code]

Dans la perspective de l'élection présidentielle de février et mars 1995, le petit parti conservateur et nationaliste Printemps Politique (POLAN) d'Antónis Samarás décide de le présenter comme candidat. Le Premier ministre Andréas Papandréou étant affaibli par la maladie, il renonce à postuler et lui apporte alors le soutien du PASOK. Aux trois tours de scrutin devant le Parlement, il recueille 181 voix favorables, ce qui est suffisant pour le faire élire au troisième tour, le , et éviter ainsi des élections anticipées.

Le , Konstantínos Stephanópoulos est investi à 68 ans président de la République hellénique. Il succède ainsi à son ancien chef du gouvernement Konstantínos Karamanlís. Moins d'un an plus tard, le , il procède au remplacement de Papandréou par le socialiste pro-européen Konstantínos Simítis aux fonctions de Premier ministre, suivant les recommandations du PASOK. C'est alors la première fois depuis 1989 qu'aucune des grandes familles de la scène politique grecque n'occupe les deux plus hautes charges exécutives.

À la demande de son Premier ministre, il prononce le la dissolution du Parlement et convoque les élections législatives anticipées le . Il s'agit en dix ans de mandat de son unique dissolution parlementaire.

Élection de 2000[modifier | modifier le code]

Konstantínos Stephanópoulos reçoit officiellement le président Vladimir Poutine au palais présidentiel le .

Pour l'élection présidentielle du , il reçoit l'investiture du PASOK et de la ND. Il est donc réélu dès le premier tour, par 269 voix sur 298 députés présents. Il devient le premier chef de l'État depuis 1974 à accomplir un second mandat de manière consécutive. À la suite du retour au pouvoir des conservateurs, il désigne le le président de la ND Konstantínos Karamanlís, neveu de l'ancien chef de l'exécutif, au poste de Premier ministre.

L'ouverture des JO[modifier | modifier le code]

En sa qualité de chef de l'État grec, il est chargé de déclarer ouverts les Jeux olympiques d'été de 2004, qui se déroulent à Athènes, lors de la cérémonie du . Il réitère cet acte le , à l'occasion des Jeux paralympiques d'été. Le , il reçoit au palais présidentiel l'ancien roi des Hellènes Constantin II, qui accomplit sa troisième visite dans le pays depuis son départ en exil en 1967, et sa famille.

Le , le Parlement élit le socialiste Károlos Papoúlias pour prendre sa suite, la Constitution n'autorisant pas plus de deux mandats présidentiels. Il lui cède ses pouvoirs le suivant et se retire alors de la vie publique.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il épouse en 1959 Eugenía Stounopoúlou. Ensemble, ils ont quatre enfants qui auront en tout six petits-enfants. Son épouse meurt en 1988 et il ne s'est pas remarié.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]