Constante de Boltzmann

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La constante de Boltzmann k (ou kB) a été introduite par Ludwig Boltzmann dans sa définition de l'entropie de 1877[1]. Le système étant à l'équilibre macroscopique, mais libre d'évoluer à l'échelle microscopique entre micro-états différents, son entropie S est donnée par :

où la constante kB vaut [2].

La constante des gaz parfaits est liée à la constante de Boltzmann par la relation :  ; d'où avec :

  • nombre d'Avogadro égal à NA = 6,022 140 857 × 1023 mol−1, nombre de particules dans une mole[3].
kB peut s'interpréter comme le facteur de proportionnalité reliant la température d'un système à son énergie thermique. En effet, la température d'un objet, a priori sensation de chaud ou de froid, se voit définie plus précisément : le kelvin noté K permet une mesure quantitative de la température. Au cours du XIXe siècle, les physiciens prennent conscience que la sensation de chaud ou de froid est en fait un transfert d'énergie d'un corps vers un autre, sous forme de transfert thermique. La perception de la température n'est donc rien d'autre que la manifestation d'un transfert d'énergie, l'énergie thermique via une constante de proportionnalité qui se trouve être kB :
  • Ethermique = 1/2 kBT est l'expression de l'énergie dans les cas les plus simples avec un seul degré de liberté ;
  • plus généralement : Ethermique = f/2 kBT, où f est le nombre de degrés de liberté au sens des coordonnées généralisées. Si on prend une particule libre sur un axe le nombre de degrés de liberté en translation est égal à 1. En revanche, si cette particule est soumise à une force de rappel sinusoïdale (du type ressort) il apparaît un degré de liberté en vibration. Le nombre de degrés de liberté total devient égal à 2. Dans ce nouveau cas, l'énergie devient Ethermique = kBT.

Cette constante apparaît dans toute la physique. On l'utilise pour convertir une grandeur mesurable la température (en kelvins), en une énergie (en joules). Elle intervient par exemple dans :

Valeur[modifier | modifier le code]

Dans les unités du Système international[modifier | modifier le code]

Dans les unités SI, le Comité de données pour la science et la technologie (CODATA) de 2014 recommande la valeur suivante[2] :

[2]

Avec une incertitude standard de :

Soit une incertitude relative de :

Valeur en eV/K[modifier | modifier le code]

[4]

Avec une incertitude standard de :

Valeur en Hz/K[modifier | modifier le code]

[5]

Avec une incertitude standard de :

Mesure de la constante de Boltzmann[modifier | modifier le code]

La température thermodynamique (unité le kelvin) fait partie des 7 unités de base du Système international d'unités (SI). Dans le cadre de la révision du Système international d'unités (SI) en cours de préfiguration, la valeur numérique de cette constante fondamentale sera figée, conformément à la valeur qui sera alors recommandée par le Comité de données pour la science et la technologie (CODATA). La mesure de procède aujourd'hui de la mesure de et de celle de .

La mesure de a suivi deux voies :

  • la mesure du nombre d'atomes dans un cristal de silicium le plus pur possible (réalisé, mais le prix est très onéreux et peu d'états pourraient payer un tel étalon secondaire) ;
  • les balances du watt donnent maintenant des résultats performants et concordants en exactitude (c'est-à-dire, que l'on craint moins les erreurs systématiques, car les barres d'erreur se recouvrent).

Néanmoins à terme, il est possible que le nombre d'Avogadro soit défini a priori (ce qui compte, c'est le rapport des masses des atomes. Or les atomes piégeables dans les Penning traps donnent leur masse à 10-10 près).

Mesure de la constante des gaz parfaits[modifier | modifier le code]

La dernière mesure de (constante des gaz parfaits) est assez ancienne : elle date de 1988 au National Institute of Standards and Technology (NIST). On cherche donc à l'améliorer.

  • la mesure de la vitesse du son dans un gaz (Moldover), situé dans un résonateur sphérique rempli d'argon, étudiée en fonction de la pression (corrections du viriel) est un exploit technologique assez délicat (variation du volume avec la pression, absorption, désorption). Laurent Pitre opère avec de l'hélium.
  • la mesure relative d'une capacité à gaz comparée à celle à vide permet de mesurer la constante diélectrique du gaz et de remonter via la relation de Clausius-Mossotti à  : la précision est 30 ppm avec l'objectif d'atteindre 1 ppm.
  • la mesure du bruit de résistance thermique (relation de Nyquist) ne permettra sans doute pas d'atteindre mieux que 20 ppm, en raison de la bande passante.
  • la mesure du rayonnement du corps noir, via la loi de Stefan est limitée à cause de la précision sur l'ouverture (il faut la luminance et non la puissance. Le stéradian intervient) : 30 ppm.

On peut comme en astronomie, définir la température de couleur, mais là c'est l'étalonnage du filtre de bande passante qui est limitant : 100 ppm.

  • la mesure de largeur Doppler d'une raie spectrale paraît finalement la meilleure solution : le thermomètre mesure donc la température en hertz. La cuve actuelle du LNE-LNM (Paris-XIII) de 250 litres d'un mélange eau-glace à 273,150(3) K contient l'ampoule de gaz ammoniac NH3 dont on étudie une raie IR caractéristique bien cataloguée, de forte absorption (pour obtenir le meilleur rapport signal sur bruit et pour travailler à plus basse pression). Une nouvelle cuve récemment entrée en service permet de tester l'exactitude : avec un spectre en 38 s et environ 500 en 5 h, on atteint les 50 ppm d'incertitude (Daussy, PRL2007).

Mais se posent encore des problèmes non résolus : le tirage par échantillons n'est pas vraiment homogène (erreurs systématiques) : il convient donc de repérer les défauts d'exactitude : alignement optique, rétroaction cuve-banc d'optique, modulation de l'intensité du laser CO2 (en fréquence et en puissance) et de sa chaîne de balayage.

L'avantage de cette méthode est de pouvoir changer de nombreux paramètres (afin de tester expérimentalement l'exactitude), en particulier changer de gaz, CH4 ou SiCl4, etc.

On pourra alors balayer un intervalle de température assez élevé, ce qui améliorera considérablement l'EIT 90 (Échelle internationale de température 1990).

Il est possible qu'à terme, on s'aperçoive que d'autres transitions de phase soient meilleures, puis si on prend l'habitude de mesurer les températures en hertz, c'est-à-dire en joules, via la donnée imposée de la constante de Planck, (soit en eV, si on a la charge de l'électron avec assez de précision), alors on aura réalisé un thermomètre gradué directement en Hz et eV : la boucle se refermera car beaucoup de physiciens des basses températures utilisent déjà cette unité. Or n'est jamais que le facteur de conversion J/K.

Ce type de situation a déjà été vécu : il fut un temps où l'unité de chaleur était la calorie et l'unité de travail le joule et la calorie par joule s'appelait J et était tabulée par CODATA : J ~ 4,185 5 cal/J. Ensuite on a décidé de prendre la même unité pour la chaleur et le travail, compte tenu du premier principe de la thermodynamique et de l'expérience de Joule (1845).

Alors la constante de Boltzmann se « fossilisera ». L'entropie se mesurera en bits ou en octets et sera ce qu'elle est réellement : une grandeur sans dimension (mais avec des unités puisqu'il s'agit de z → Ln z : unités le néper et le radian).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]