Constante d'Euler-Mascheroni

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En mathématiques, la constante d'Euler-Mascheroni, ou constante d'Euler, est une constante mathématique, utilisée principalement en théorie des nombres, définie comme la limite de la différence entre la série harmonique et le logarithme naturel. On la note usuellement .

Liste des nombres
γ - ζ(3) - √2 - √3 - √5 - φ - α - e - π - δ
Binaire 0,100 100 111 100 010 001 1…
Décimal 0,577 215 664 901 532 860 6…
Hexadécimal 0,93C 467 E37 DB0 C7A 4D1 B…
Fraction continue
(on ignore encore si cette fraction continue se termine ou non).

Définition[modifier | modifier le code]

La constante d'Euler-Mascheroni est définie comme étant :

,

ou, de façon condensée :

.

La constante peut également être définie sous la forme explicite d'une série (telle qu'elle fut d'ailleurs introduite par Euler) :

La série harmonique diverge, tout comme la suite de terme général  ; l'existence de cette constante indique que les deux expressions sont asymptotiquement liées.

Valeur approchée et propriétés[modifier | modifier le code]

Les 10 premières décimales de la constante d'Euler-Mascheroni (suite A001620 de l'OEIS) sont : γ ≈ 0,577 215 664 9.

Le calcul au moyen de la suite est extrêmement lent et imprécis. Il présente néanmoins un intérêt pédagogique pour se sensibiliser aux problèmes de propagation d'erreurs d'arrondi. En simple précision, pour 100 000 termes, en sommant dans l'ordre naturel, il y a une erreur sur la 4e décimale, erreur beaucoup plus faible si la somme est effectuée dans l'ordre inverse (du plus petit au plus grand), ou si on utilise l'algorithme de Kahan (voir somme (algorithmique)). Pour un million de termes, l'erreur atteint la 2e décimale dans le sens naturel, et la 4e décimale dans le sens inverse ; par contre, par la méthode de Kahan, on a atteint les 6 décimales exactes.

Des méthodes plus efficaces doivent être mises en œuvre pour obtenir une précision suffisante. Par exemple, l'utilisation de la formule d'Euler-Maclaurin permet d'obtenir des développements asymptotiques tels que :

Cela permit à Euler d'obtenir 16 décimales de . Puis Lorenzo Mascheroni en proposa 32 en 1790, mais avec une erreur à partir de la 20e, erreur corrigée en 1809 par Johann Georg von Soldner. Donald Knuth donne 1 271 décimales en 1962, Thomas Papanikolaou donne un million de décimales en 1997, P. Dechimel et X. Gourdon en donnent cent millions deux ans plus tard. En 2008, le record est de dix milliards de décimales, par Shigeru Kondo et Steve Pagliarulo.

On ignore toujours si la constante d'Euler-Mascheroni est ou non un nombre rationnel. Cependant, l'analyse en fraction continue de la constante indique que si elle est rationnelle, le dénominateur de sa fraction irréductible possède plus de 242 080 chiffres (Havil 2003, p. 97).

Formules diverses[modifier | modifier le code]

Formules intégrales[modifier | modifier le code]

La constante d'Euler-Mascheroni intervient dans plusieurs intégrales :

(où est la fonction partie entière)
.

Il est possible (Sondow 2003, Sondow 2005) d'exprimer sous forme d'une intégrale double (avec ici la série équivalente) :

.

Une autre constante s'exprime de façon analogue (Sondow 2005) :

.

Ces deux constantes sont également liées par deux séries (Sondow 2010) :

et sont le nombre de 1 et de 0 dans l'écriture de en base 2.

On trouvera d'autres expressions non classiques de la constante d'Euler dans l'article Mesure secondaire.

Formules en relation avec certaines fonctions analytiques[modifier | modifier le code]

La constante d'Euler-Mascheroni possède des liens avec d'autres fonctions analytiques particulières :

  • Fonction gamma :
    • quand x tend vers 0.
    • .
  • Fonction exponentielle intégrale :
  • Fonction logarithme intégral :
  • Fonction psi :
    • En particulier, et
  • Fonction zêta de Riemann :
    • quand x tend vers 0.

Formules en relation avec certaines fonctions arithmétiques[modifier | modifier le code]

Dans ce paragraphe, p désigne un nombre premier.

  • (théorème de Mertens)
  • Soit la fonction de von Mangoldt, définie sur les entiers par si n est une puissance du nombre premier p et sinon. Alors
  • Soit le nombre de diviseurs de n (y compris 1 et n lui-même). Alors quand n tend vers l'infini.
  • Soit la somme des diviseurs de l'entier n. Alors , où limsup désigne la limite supérieure de la suite.
  • Soit la fonction indicatrice d'Euler. Alors , où liminf désigne la limite inférieure de la suite.

Généralisation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Constantes de Stieltjes.

Il est possible de généraliser le sujet en définissant les constantes suivantes :

.

On constate que , la constante d'Euler.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]