Constant Mutamba
| Constant Mutamba | |
Constant Mutamba en 2023. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux | |
| – (1 an et 6 jours) |
|
| Président | Félix Tshisekedi |
| Gouvernement | Suminwa |
| Prédécesseur | Rose Mutombo Kiese |
| Successeur | Guillaume Ngefa Atondoko |
| Président du Regroupement politique Dynamique progressiste révolutionnaire (DYPRO) | |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Constant Mutamba Tungunga |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | luputa (Zaïre) |
| Nationalité | Congolaise |
| Parti politique | Nouvelle Génération pour l'émergence du Congo (NOGEC) |
| Résidence | Kinshasa |
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Constant Mutamba Tungunga, né le à Luputa (province de Lomami), est un homme politique de la république démocratique du Congo (RDC). Il est ministre d'État, ministre de la Justice et garde des Sceaux dans le gouvernement Suminwa entre et . Il est également connu pour avoir été le plus jeune des vingt-six candidats à l'élection présidentielle de 2023 sous le label de son regroupement politique, Dynamique progressiste révolutionnaire (DYPRO). En , il est condamné à trois ans de travaux forcés pour détournement de fonds publics.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines
[modifier | modifier le code]Constant Mutamba naît le à Luputa dans l'actuelle province de Lomami[1].
Formation
[modifier | modifier le code]Constant Mutamba décroche son diplôme d'État en 2008 au collège Maele du sacré-cœur de l'ex-Province orientale, actuelle Tshopo, où il fonde l'association de lutte contre la tricherie (ALT). Il y a passé toute son enfance et a vécu les conflits de la région à Kisangani[1] ,[2].
Inscrit à l’université protestante au Congo (UPC), il est élu en , président des étudiants et premier vice-président des étudiants du Congo (REC)[3],[4].
Il décroche son diplôme en droit public à l'université protestante du Congo de Kinshasa. Constant Mutamba est chef de travaux dans cette université, détenteur d’un master en gestion et droit de l'entreprise de l'université de Liège (Belgique)[5].
Mutamba prête ensuite serment et devient avocat au barreau de Kinshasa Gombe[6].
Carrière professionnelle
[modifier | modifier le code]Mandataire de la société commerciale de transport et port
[modifier | modifier le code]En , plusieurs ordonnances lues sur la RTNC dans la soirée, le président Joseph Kabila a nommé de nouveaux membres des comités d’administration et de gestion dans dix entreprises publiques de la RDC. Constant Mutamba nommé mandataire au sein de la société commerciale de transport et ports[7].
Mandataire en mines et carrières
[modifier | modifier le code]Fondateur du cabinet d’avocats MKM LAWFIRM, il est secrétaire exécutif du corps des mandataires en mines et carrières (CMMC)[6].
En , Constant Mutamba agrée mandataire de mines et carrières pour garantir la bonne application des lois et réglementations minières en RD Congo. Le code minier lui permet, en tant que mandataire, d’agir comme représentant et administrateur auprès de n’importe quel d’exploitant minier[8].
Parcours politique
[modifier | modifier le code]En , Constant Mutamba est nommé assistant du gouverneur de l'ex-Province Orientale, Jean Bamanisa Saïdi[9].
En , il crée le mouvement citoyen qui est la Nouvelle Génération pour l'émergence du Congo (NOGEC)[10].
En , Mutamba devient rapporteur du Présidium de RASSOP et il est reçu par le président Joseph Kabila au palais de la nation dans le cadre des consultations destinées à la mise en place du gouvernement d'union nationale[4].
En , il transforme la Nouvelle Génération pour l'Émergence du Congo en regroupement politique, qui présente des candidats aux élections législatives nationales et provinciales[11].
En , Mutamba est nommé par le directeur de cabinet Nehemie Mwilanya, membre de la Task Force stratégique à la présidence. Quelques jours après, il signe la charte constitutive du Front commun pour le Congo (FCC) dont il devient membre du bureau politique[12]. En juillet de la même année, il est consulté par le Président Joseph Kabila, dans le cadre de la désignation du candidat dauphin à l'élection présidentielle de 2018.
En , il est nommé assistant du coordonnateur du Front commun pour le Congo (FCC), Néhémie Mwilanya, et rapporteur du Bureau politique du FCC[12].
En , Mutamba quitte la famille politique kabiliste et crée avec son compagnon Âgée Matembo, la Dynamique Progressiste Révolutionnaire (DYPRO), un parti d'opposition. Ensuite, il délègue son camarade comme questeur de la commission électorale nationale indépendante (CENI), pour le compte de l'opposition politique[13].
Le , Constant Mutamba, 35 ans, est l'un des candidats de l'opposition à l'élection présidentielle de décembre 2023[9].
Élection présidentielle de 2023
[modifier | modifier le code]Le , la Commission électorale nationale indépendante ( CENI) , proclame les résultats provisoires des élections du . 18 45 338 votants se sont exprimés lors de ce suffrage. Avec 36 312 voix soit 0,20 % de votes valablement exprimés en sa faveur, Mutamba arrive 6e de l'élection remportée par Félix Tshisekedi[14],[15].
Ministre de la Justice
[modifier | modifier le code]Le , Constant Mutamba est nommé ministre d'État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux[16],[17].
En , Constant Mutamba dit avoir échappé à une tentative d'empoisonnement par des substances toxiques, retrouvées dans son bureau[18].
Il effectue un séjour médical en en Turquie[19].
En , Constant Mutamba supervise les États généraux de la justice en RDC. Ces assises, qui réunissent plus de 3 000 participants pendant dix jours, aboutissent à un rapport contenant 359 propositions. Il soutient notamment la création d’un Conseil supérieur de la justice, en remplacement du Conseil supérieur de la magistrature, afin d’y intégrer d'autres acteurs du secteur judiciaire, tels que les avocats, les greffiers et la société civile[20].
En , il ordonne l’ouverture de poursuites judiciaires contre l’ancien président Joseph Kabila et plusieurs membres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie/Front commun pour le Congo, les accusant d’avoir participé à l’« agression » dans l’est du pays via le M23/Alliance fleuve Congo (AFC). Il demande également la saisie de leurs biens mobiliers et immobiliers et la mise en place de restrictions de mouvement[21].
Condamnation dans l'affaire de la prison de Kisangani
[modifier | modifier le code]Le , le procureur général près la cour de cassation saisit l'Assemblée nationale afin d'obtenir l'autorisation de poursuivre une enquête qui implique Constant Mutamba, pour détournement de deniers publics pour un montant de 19 millions de dollars dans le cadre de la construction d'une prison à Kisangani[22]. Lors de son audition par l'Assemblée nationale, Constant Mutamba mentionne les relations difficiles qu'il a avec la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et décrit la procédure comme un règlement de compte. Fin mai, l'Assemblée accorde son autorisation[23]. Le procureur demande à l'Assemblée nationale l'autorisation de poursuivre Mutamba en juin et de son côté, Mutamba récuse ensuite le procureur général[24],[25]. L'Assemblée valide (329 sur les 363 présents) l'inculpation de Mutamba ce qui le contraint légalement à présenter sa démission sous 48 heures[26]. Mutamba annonce sa démission au président Félix Tshisekedi le , et l'officialise le jour suivant, en affirmant dans sa lettre de démission qu’il n’a pris « aucun dollar à l’État »[27]. Il est aussi interdit de quitter Kinshasa[28],[29].
Le procureur requiert 10 ans de travaux forcés à l'encontre de Constant Mutamba. Celui-ci est condamné le , à trois ans de travaux forcés et cinq ans d'interdiction d'accès à toute fonction publique pour détournements de fonds publics. Aucun appel n'est possible[30].
Dans la culture
[modifier | modifier le code]En , le chanteur ivoirien de reggae Tiken Jah Fakoly lui consacre le single Mutamba, dénonçant les abus judiciaires et politiques en Afrique[31].
Publications
[modifier | modifier le code]- Mon engagement, Éditions universitaires européennes (auto-édition), 2021[32],[33].
- La théorie de l'oeuf en matière de révision constitutionnelle L'intangibilité de l'article 220 de la constitution du 18 février 2006, Éditions universitaires européennes (auto-édition), Saarbrücken, 2016[34].
- La nationalité multiple : un impératif pour l'émergence de l'Afrique? : analyse juridique et perspectives d'une réalité incontournable en République Démocratique du Congo, Arno éditions, Bruxelles, 2017[35].
Références
[modifier | modifier le code]- MMC / RO, « Présidentielle 2023: Constant Mutamba se présente comme le candidat de la rupture »
, sur www.digitalcongo.net, (consulté le )
- ↑ « RDC : voici le parcours politique et professionnel de Constant Mutamba, candidat à la présidentielle de décembre 2023 », sur Topdirect, (consulté le )
- ↑ « Constant MUTAMBA TUNGUNGA », sur Arno Éditions (consulté le )
- Michel Kifinda et Kelly Nkute, « Présidentielle 2023 : Constant Mutamba se veut le « candidat de la rupture » »
, sur Radio Okapi, (consulté le )
- ↑ « Présidentielle 2023 : Constant Mutamba se veut le « candidat de la rupture » », sur Radio Okapi, (consulté le )
- Patrick Lokala, « Constant Mutamba, une consécration largement méritée (Patrick Lokala) », sur ouragan.cd (consulté le )
- ↑ « RDC : Joseph Kabila nomme de nouveaux mandataires dans les entreprises publiques », sur Radio Okapi, (consulté le )
- ↑ « RDC : Constant Mutamba Tungunga agréé mandataire en Mines et Carrières », sur Zoom Eco, (consulté le )
- « Élections 2023 : Constant Mutamba investi candidat président de la république pour le compte de la dynamique progressiste », sur Actualite.cd, (consulté le )
- ↑ « Kinshasa : la NOGEC appelle le Gouvernement à financer la CENI pour des élections dans le délai », sur Radio Okapi, (consulté le )
- ↑ « Me Constant Mutamba et la NOGEC restent au FCC et condamnent l'inconstance au sein de classe politique congolaise », sur CongoPresse.net, (consulté le )
- « Kinshasa : la dynamique révolutionnaire du FCC décide d’approcher le bureau de l’Assemblée nationale pour des postes à la CENI », sur Radio Okapi, (consulté le )
- ↑ « Kinshasa : la DYPRO invite les jeunes à s'approprier le processus électoral », sur Radio Okapi, (consulté le )
- ↑ « Elections 2023 : 43% de taux de participation », sur Radio Okapi, (consulté le )
- ↑ « Constant Mutamba : Révélation de la présidentielle 2023 en RDC ! », sur Scoop RDC, (consulté le )
- ↑ « Briefing presse du Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant MUTAMBA TUNGUNGA et le Ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, Patrick MUYAYA KATEMBWE | Ministère de la Communication et Médias », sur communication.gouv.cd (consulté le )
- ↑ « Le ministère de la Justice, un portefeuille clé en RDC », sur dw.com (consulté le )
- ↑ « En RDC, le ministre de la Justice dit avoir été visé par une tentative d’empoisonnement », sur Jeune Afrique, (consulté le )
- ↑ Blaise Basabose, « RDC : Retour de Constant Mutamba, ministre de la Justice, après un séjour médical en Turquie », sur Kivu Morning Post, (consulté le )
- ↑ « RDC: les états généraux de la justice se sont achevés à Kinshasa », sur RFI, (consulté le )
- ↑ « RDC : Poursuites judiciaires et saisie des biens de Joseph Kabila ordonnées par le gouvernement », sur Actualite.cd, (consulté le )
- ↑ Pascal Mulegwa, « RDC: la justice demande la levée de l’immunité de Constant Mutamba », sur rfi.fr, (consulté le )
- ↑ Pauline Zidi, « RDC: les parlementaires autorisent la poursuite des procédures contre Constant Mutamba », Radio France internationale, .
- ↑ Patient Ligodi, « RDC: Constant Mutamba récuse le procureur général, mais d'où vient l'argent dans cette affaire de détournement? », Radio France internationale, .
- ↑ « RDC: la justice demande aux députés le feu vert pour poursuivre le Garde des sceaux pour détournements présumés », Radio France internationale, .
- ↑ « RDC: le Parlement autorise les poursuites contre le ministre de la justice Constant Mutamba », Radio France internationale, .
- ↑ « Démission de Constant Mutamba en RDC : ascension et chute d’un ministre en roue libre »
, sur JeuneAfrique.com, (consulté le )
- ↑ « Exclusif – En RDC, Constant Mutamba a annoncé sa démission à Félix Tshisekedi », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
- ↑ « RDC: Constant Mutamba va démissionner du gouvernement après des accusations de détournement de fonds », Radio France internationale, .
- ↑ « RDC: l'ex-ministre Constant Mutamba condamné à trois ans de travaux forcés », Radio France internationale, .
- ↑ « Tiken Jah Fakoly poursuit le combat sur "Mutamba" », sur FIP, (consulté le )
- ↑ Constant Mutama, Mon engagement, (ISBN 9786202261647, lire en ligne)
- ↑ « RDC: Constant Mutamba publie un livre dans lequel il retrace le parcours de », sur YABISONEWS, (consulté le )
- ↑ Constant Mutamba, « La théorie de l'oeuf en matière de révision constitutionnelle L'intangibilité de l'article 220 de la constitution du 18 février 2006 »
, sur worldcat, (consulté le )
- ↑ Constant Mutamba, « La nationalité multiple : un impératif pour l'émergence de l'Afrique? : analyse juridique et perspectives d'une réalité incontournable en République Démocratique du Congo »
, sur worldcat, (ISBN 9783841674838, consulté le )
Liens externes
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