Constant Montald

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Constant Montald
CMontald 19300827.jpg
Photo prise le 27 août 1930.
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 81 ans)
Bruxelles
Nationalité
Activités
Lieux de travail
Conjoint
Gabrielle Montald (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Constant Montald, né à Gand le et mort à Bruxelles le , est un peintre et sculpteur belge.

Biographie[modifier | modifier le code]

1862-1893[modifier | modifier le code]

Dès les années 1870, le jeune Montald suit dans la journée les cours de peinture décorative à l’École Technique de Gand, et le soir ceux de l’Académie des Beaux-Arts de la même ville. Il remporte le Grand Prix de cette Académie, prix qui lui vaut une bourse d’études de la part de la ville. À partir de 1885, il séjourne à Paris, en tant qu’élève de l’École des Beaux-Arts, avec son compagnon le peintre et affichiste Privat-Livemont. À Paris encore, il peint, la même année, sa première toile monumentale : La lutte humaine (5 × 10 m) : il l'offrira plus tard à sa ville natale.

Cette toile était destinée au grand hall — la salle des pas perdus — de l’ancien Palais de Justice, au cœur de la ville. Elle se trouve actuellement au musée des Beaux-Arts de Gand.

Bien plus tard, en 1929, il peindra La ruée humaine (5 × 10 m), très semblable à La lutte humaine. Lorsque, en 1931, l’État belge acquerra cette toile, Montald écrit une lettre à la reine Elisabeth pour la remercier de son intervention. Depuis, la toile orne l’une des salles de cet ancien Palais de Justice.

En 1886, il gagne le prix de Rome en 1886 avec le tableau Diagoras porté en triomphe par ses fils, vainqueurs des Jeux olympiques de la Grèce antique.

L'exergue indique la société qui attribue la médaille, à savoir La Société pour la promotion de l'Industrie et des Sciences, Gand.
Au revers, on lit : "A C.Montald, vainqueur du concours Prix de Rome, 1886".

À cette occasion, la ville organise une grande fête pour célébrer son artiste. La Société pour la promotion de l’Industrie et des Sciences lui décerne également une distinction avec médaille (voir photo de la médaille).

Grâce au prix de Rome, Montald peut entreprendre un voyage en Italie. La chapelle Sixtine et Giotto l'impressionnent fortement. Il traverse tout le pays et se fixe finalement à Florence. C'est là qu'il imagine les études pour un grand tableau qu'il achèvera plus tard à Rome. Ce tableau, Contradictions sociales, sera exposé à Bruxelles aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique en 1890. Depuis, la toile se trouvait dans les caves, en rouleau.

Constant Montald, avec son épouse Gabrielle Canivet et sa nièce Marguerite Montald dans son jardin, anno 1930.

Dans son atelier romain, il peint encore, en 1889, un tableau décoratif de dimensions monumentale, Les Harpes Éoliennes, qui sera exposée au Salon de Gand en 1892. Le tableau se trouve maintenant dans le dépôt des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. En 1891, il effectue un voyage en Égypte, puis revient en Belgique.

Le 9 août 1892 il épouse Gabrielle Canivet (1867-1942), artiste elle aussi, spécialiste des compositions décoratives sur étoffes.

1894-1913[modifier | modifier le code]

En 1894, il participe avec Jean Delville, Auguste Donnay et Léon Frédéric à une exposition à Bruxelles, organisée par le groupe d'étude ésotérique Kumris.

En 1896, il gagne l'épreuve destinée à choisir le chargé de cours pour les arts décoratifs à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles.

Villa Montald, Woluwé-Saint-Lambert, construite en 1909. C'est ici que le peintre reçut des amis comme Émile Verhaeren et Stefan Zweig. Sa Majesté la reine Élisabeth (1876-1965) lui rendit visite

La même année, il prend part au Premier Salon d'Art Idéaliste de Jean Delville. Ses amis Victor Rousseau et Léon Frédéric y participent aussi. Montald conçoit la décoration pour le tympan de la façade du Théâtre royal néerlandais (nl) à Gand (1897-98), édifice conçu par l'architecte Eduard De Vigne (nl).

Mosaïque (Tympan) d'après un tableau de Montald (1899) se trouvant à la School of Arts-KASK de Gand.

Durant cette période, l’art de Montald subit une révolution. Dans les cercles ésotériques où il évolue alors, on prétend « élever l’art au-dessus de la réalité afin d’exprimer l’idée ». Montald, qui avait été subjugué par la basilique Saint-Marc à Venise, mystérieuse et impressionnante, est gagné à cette idée. Les images de la basilique l’avaient rendu très sensible à la forte interaction entre les arrière-plans dorés et la couleur. C'est dans cet esprit qu'il peint vers 1907 des œuvres comme La Barque de l'Idéal et La Fontaine de l'inspiration, prêtées aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles. Il les avait destinées à l’origine au grand forum du Musée de Bruxelles. Ce n’est qu’après de longues pérégrinations qu’elles arriveront finalement à ce musée. Ensuite, il peint encore L'Arbre bénit. Lorsque, en 1906, il expose ces trois tableaux à Bruxelles, il obtint la médaille d'Or.

Émile Verhaeren peint par C. Montald.
La barque de l'Idéal (1907). Une restauration a été faite en 1993. L'œuvre n'est plus qu'un fragment de ce qu'elle était autrefois.

Dans la première de ces trois œuvres, La barque de l’idéal, on constate que le peintre subit encore la forte influence des préraphaélites. Plus tard, il s’oriente petit à petit vers une intégration plus poussée de la figure humaine dans un décor végétal : des arbres aux branches tortueuses, des rideaux de fleurs, des arbustes et des gazons parsemés d'une végétation irréelle. La figure humaine se voit absorbée par la nature et est réduite à un rôle de simple figurant. Il s’agit en somme d’un monde élyséen composé de parcs et de fontaines, exécuté en un dessin ornemental dans lequel prédominent les teintes or et bleu d’origine byzantine, évoluant dans un rythme serein. La peinture devient une musique visualisée.

En 1909-1910 Montald se fait construire une villa monumentale à Woluwe-Saint-Lambert. Très vite, elle devient un lieu de rencontre pour une élite intellectuelle triée sur le volet. Les Montald y accueillent régulièrement le poète Émile Verhaeren dont Constant avait fait la connaissance en 1898, dans l’atelier du sculpteur Charles Van der Stappen. Les deux artistes deviennent des amis intimes. Une partie de leur correspondance a été éditée par le Musée provincial Émile Verhaeren[1] de Saint-Amand-près-l’Escaut.

L’auteur autrichien Stefan Zweig aussi, ami du poète, fréquente le lieu. Au cours de leur amitié, Montald exécutera plusieurs portraits de son ami Verhaeren.

Le Musée provincial Émile Verhaeren [1] a organisé une exposition consacrée entièrement à l’art et à la poésie de ces deux artistes unis par l’amitié (du 17 juin au 14 octobre 2018).

1914-1944[modifier | modifier le code]

Le billet de 10 000 francs de 1929 dessiné par Montald.

La Première Guerre mondiale empêche Montald de continuer à peindre des œuvres monumentales. Il doit se contenter désormais de travailler sur chevalet : notamment des paysages observés dans les environs de sa villa à Woluwe-Saint-Lambert.

En 1920, il participe à la création du groupe L’art monumental, avec entre autres, parmi les peintres, Jean Delville, Émile Fabry, Albert Ciamberlani, Émile Vloors et Omer Dierickx (nl). Le groupe veut favoriser un art monumental et décoratif en symbiose avec l’architecture, aidant ainsi à l’instruction et à l’édification du grand public. Leur projet le plus remarquable est sans conteste la décoration des galeries semi-circulaires nord et sud dus bâtiments du Cinquantenaire. Pour ce projet, Montald dessine six études. En 1926, une entreprise spécialisée exécute ce projet en mosaïque.

En 1922, Montald crée à nouveau une toile monumentale: La France et la Belgique désaltèrent leurs enfants à la fontaine du Bien et du Droit. Poussé par sa chaude sympathie pour l’allié de la Première Guerre mondiale, l’artiste l’offre généreusement à la France. Il sera d’ailleurs promu Chevalier de l’Ordre de la Légion d’honneur en 1925.

En 1934, il peint deux toiles décoratives pour l’amphithéâtre du Théâtre de la ville de Louvain. L’une de ces toiles (diam. 9,25m) est suspendue au plafond, l’autre (longue de 11,5 m et haute de 2,25 m) orne, telle une frise, le haut de la scène (voir la reproduction plus bas à gauche). Cette frise représente d’un côté Apollon et les Muses et de l’autre Orphée pleurant Eurydice.

Frise au-dessus de la scène de l'amphithéatre du Théatre de Louvain, montrant Apollo et les Muses et Orphée pleurant Eurydice
Jardin sous la neige (1916)

Durant 37 ans (jusque 1932), Constant Montald a exercé une influence considérable en sa qualité de chargé de cours à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. Parmi ses nombreux élèves, on compte René Magritte, Paul Delvaux, Jan De Cooman, Joseph Lacasse, Armand Bonnetain ou Edgard Tytgat. En 1937, il a été nommé directeur de sa classe.

Le 7 juillet 1934, il devient membre de l’Académie Royale de Belgique. Son dernier grand projet décoratif, à savoir les peintures murales pour le mur du cimetière de l‘abbaye Notre-Dame d’Orval, fut achevé par son élève Anto Carte. Constant Montald devient veuf en 1942. Il meurt le 5 mars 1944 d’une congestion cérébrale, en descendant du tramway.

Son légataire universel, Jean Goffin, neveu de son épouse, a vendu sa propriété (comprenant la villa, les jardins et le parc) à la commune de Woluwe-Saint-Lambert. Le testament, outre des legs aux descendants de son frère et autres personnes, prévoyait la création d'un prix bisannuel instituée en 1944 Constant Montald afin d'encourager l'art pictural monumental. La commune de Woluwe-Saint-Lambert a donné son nom à une avenue.

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

Situation de l’artiste[modifier | modifier le code]

Constant Montald a subi l’influence du symbolisme et de l’Art nouveau : en effet, toute une part de son œuvre est impensable sans l’impact de ces courants. Toutefois, il évoluera dans le sens d’un art allégorique. Si, pour le symbolisme, le tableau en tant qu’image est un symbole –et symbole de quelque chose qui reste inexprimée-, alors l’allégorie est la représentation explicite, analytique et conventionnelle d’une idée abstraite, conçue à l’avance. Tout comme ses compagnons de route, Emile Fabry et Albert Ciamberlani, Montald a toujours été adepte d’un art allégorique : ce faisant, il prétend atteindre une forme d’art supérieur : la peinture décorative et allégorique. Dans son opinion, celle-ci devrait contribuer à réaliser l’idéal d’un socialisme humanitaire, rêve que couvaient les artistes de ces cercles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • L’art monumental en Belgique, à l’occasion de la décoration du Cinquantenaire à Bruxelles, in Gand artistique, art et esthétique, p. 260-263, n° 11, 1er novembre 1924
  • Numéro spécial Emile Verhaeren et Constant Montald, in La Nervie, Bruxelles/Braine-le-Comte, n°5, mai 1925
  • G. Van Herreweghe, Le peintre idéaliste Constant Montald, Gand, 1954
  • Francine-Claire Legrand, Le symbolisme en Belgique, p. 93-95, Belgique, art du temps/Laconti s.a. Bruxelles, 1971
  • Françoise Levie et Denise Thiel-Hennaux, Constant Montald, 1862-1944 : une vie, une œuvre, une amitié, catalogue de musée (1982), Médiatine Malou
  • La barque de l'idéal, pamphlet édité par la fondation Roi-Baudouin et les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, (ISBN 90-5130-121-9)
  • Benoît Schoonbroodt, Art Nouveau Kunstenaars in België, 1890-1914, Lannoo/Dexia, ISBN 978-90-209-8083-7
  • Verhaeren-Montald, Amitié, Art et Poésie, catalogue édité lors de l'exposition en 2018 au Musée Emile Verhaeren, ISBN 978-90-825-3351-4

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources, notes et/ou références[modifier | modifier le code]

  • L’art monumental en Belgique, à l’occasion de la décoration du Cinquantenaire à Bruxelles, in Gand artistique, art et esthétique, p. 260-263, n° 11, 1er novembre 1924
  • En passant par le site portail d’Artcyclopedia qui renvoie à des sites où l’on voit l‘œuvre de Constant Montald, on trouve aussi le site de Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles ; certaines œuvres sont accompagnées d’un commentaire (http://www.artcyclopedia.com/artistis/montald_constant.html)
  • Ce texte est une compilation et une refonte de l’information que l’on trouve dans la bibliographie. Pour toutes les citations littérales, on a donné la référence. La traduction en français est de Vic Nachtergaele.[réf. nécessaire]

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