Constance Rivière

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Constance Rivière
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Fonctions
Secrétaire générale
Défenseur des droits
depuis
Richard Senghor (d)
Maîtresse des requêtes au Conseil d'État
depuis
Auditrice au Conseil d'État
-
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Constance-Véronique RivièreVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Haute fonctionnaire, militante politique, écrivaineVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Autres informations
Parti politique

Constance Rivière est une haute fonctionnaire, militante politique et écrivaine française née le à Paris XIe.

Membre du Parti socialiste, dont elle intègre le conseil national en 2012, elle participe à la campagne présidentielle de François Hollande, puis occupe différents postes au sein de son cabinet au long de son mandat, dont celui, de 2016 à 2017, de conseillère spéciale chargée de la culture et de la citoyenneté.

Secrétaire générale du Défenseur des droits depuis 2017, elle publie son premier roman en 2019.

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Fille de Jean-Loup Rivière[1], Constance-Véronique Rivière naît le dans le 11e arrondissement de Paris[2],[3].

Après avoir fait ses classes aux lycées Fénelon et — en khâgne — Louis-le-Grand[4][réf. à confirmer], elle intègre l'École normale supérieure de Paris (ENS) (promotion 2001)[5]. Elle y fonde avec d'autres personnes la revue Chantiers politiques[6], dont elle est la première directrice[7]. Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris (promotion 2004[8], elle collabore pendant son année de mobilité aux États-Unis avec le cinéaste Frederick Wiseman et réalise en 2005 — avec Federico Ferrone et Francesco Ragazzi — un court-métrage, Banliyö-Banlieue[2].

Elle obtient une maîtrise en philosophie à l'université Paris-X, puis intègre l'École nationale d'administration (ENA, promotion Aristide-Briand de 2008)[9].

Carrière dans la haute administration[modifier | modifier le code]

Elle devient auditrice (2008-2011), puis maître des requêtes[10] au Conseil d'État (2011)[11].

Elle est, avec Nicolas Colin, la seconde rapporteuse de la commission Zelnik (2009), puis la rapporteuse de la mission Hubac (2010)[12],[13].

En , elle est nommée secrétaire générale du Défenseur des droits, Jacques Toubon[14].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Elle indique avoir voulu s'engager en politique avec la défaite de Lionel Jospin lors de l'élection présidentielle de 1995[2]. Elle adhère au Parti socialiste (PS) en 1996[1]. En 2000-2001, elle milite brièvement à l'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'aide aux citoyens (ATTAC)[15]. En , après le congrès de Toulouse, elle est désignée membre du conseil national du PS[16].

Campagne présidentielle de François Hollande[modifier | modifier le code]

À l'occasion de son stage ENA à la représentation permanente de la France auprès de l'Organisation des Nations unies (ONU), elle rencontre Pierre Moscovici, qui lui propose plus tard de travailler au profit de la candidature future de Dominique Strauss-Kahn à l'élection présidentielle, avant que n'éclate l'affaire du Sofitel[1],[2]. Sur la suggestion de Pierre Moscovici, elle intègre en janvier l'équipe de campagne de François Hollande en vue de l'élection présidentielle de 2012[2]. En tant que déléguée générale, ella a la charge de la coordination de l'expertise[17]. Elle anime et coordonne les groupes d’experts du programme économique du candidat socialiste et prépare des éléments pour ses discours, ainsi que pour le débat télévisé qui l'oppose à Nicolas Sarkozy[2]. Elle défend alors le maintien de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (HADOPI)[18],[19],[20].

Au cabinet du président de la République[modifier | modifier le code]

Après l'élection de François Hollande à la présidence de la République, elle est nommée à l'Élysée en tant que conseillère « Institutions, société et libertés publiques »[21].

Elle est nommée en 2015 directrice adjointe du cabinet du président[10],[22]. Elle participe à ce titre à la gestion administrative de l'Élysée et à la rédaction des discours dans le cadre des cérémonies institutionnelles[23],[24],[25].

Le , elle devient conseillère spéciale chargée de la culture et de la citoyenneté[26], succédant ainsi à Audrey Azoulay, dont elle est réputée proche : dans Le Point, Emmanuel Berretta avance qu'elles ont toutes deux contribué au départ de Fleur Pellerin du ministère de la Culture[27]. À ce poste, elle organise notamment avec Vincent Feltesse la « série de déjeuners » de François Hollande « avec des universitaires, des auteurs et des scientifiques »[28]. Elle continue par ailleurs à suivre les questions liées aux cultes, en lien avec le directeur de cabinet Thierry Lataste[29]. En , elle fait partie des sept personnalités à avoir exercé au palais de l'Élysée tout au long de la présidence de François Hollande[30]. Avant le renoncement de ce dernier à se présenter à l'élection présidentielle de 2017, elle travaille avec Boris Vallaud, secrétaire général adjoint, et Guillaume Bachelay, numéro 2 du PS, sur les idées de sa possible campagne[31].

Romancière[modifier | modifier le code]

Constance Rivière publie en 2019 son premier roman, Une fille sans histoire, qui raconte l'histoire d'une femme se faisant passer pour la compagne d'un homme abattu lors des attentas de novembre 2015 — dont Constance Rivière a eu à gérer les suites en tant que conseillère de François Hollande chargée de la Culture et de la Citoyenneté — et qui développe une réflexion sur la place des victimes dans la société, la solitude moderne et le besoin d'exister auprès des autres[32],[33]. Dans Les Inrockuptibles, Sylvie Tanette, critique littéraire, considère que Constance Rivière « analyse finement [...] l’attrait des médias et le besoin de sortir de l’anonymat à n’importe quel prix, et réussit à mettre en scène un personnage plein d’ambiguïtés, tour à tour émouvante jeune femme fragile et manipulatrice en quête de visibilité »[33]. Sur France Culture, Caroline Broué estime que « ce premier roman sonne juste »[32].

Ouvrage[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Jean-Christophe Lalay, « Constance Rivière, au cœur du pouvoir à 33 ans », sur ouest-france.fr, Ouest-France, .
  2. a b c d e et f Valentin Spitz, « J'ai rencontré Constance Rivière, 32 ans, bac +10, au cœur du système Hollande », nouvelobs.com, (consulté le 25 août 2016)
  3. Marie-Laure Delorme, De bons élèves : l'École normale supérieure vue de l'intérieur, Paris, Stock, , 313 p. (ISBN 978-2-234-08038-6, notice BnF no FRBNF44400484, lire en ligne).
  4. Delorme 2015.
  5. http://www.archicubes.ens.fr/lannuaire#annuaire_chercher?identite=rivi%C3%A8re.
  6. Chantiers politiques.
  7. notice BnF no FRBNF39925175.
  8. « Constance Rivière », sur sciences-po.asso.fr.
  9. https://www.whoswho.fr/bio/constance-riviere_70921.
  10. a et b Ivan Valerio, « De nouveaux départs au cabinet de François Hollande », Le Figaro, 19 décembre 2014.
  11. Tefy Andriamanana, « Terra Nova, le vivier des cabinets ministériels », Marianne, 1er juin 2012.
  12. Frédéric Mitterrand, Rapport remis au ministre de la Culture, 6 janvier 2010.
  13. Mission Hubac, http://www.larp.fr/dossiers/wp-content/uploads/2011/01/Rapport-de-la-Mission-Hubac-D%C3%A9cembre-2010.pdf, décembre 2010.
  14. https://www.acteurspublics.com/2017/09/26/une-ex-conseillere-de-francois-hollande-rejoint-le-defenseur-des-droits.
  15. Samir Tounsi, Le Petit Dico politique de la relève, Paris, Le Moment, , 222 p. (ISBN 978-2-35417-405-7, notice BnF no FRBNF44491818, lire en ligne).
  16. « Avec Harlem Désir à sa tête, le PS se range derrière un exécutif malmené », sur tempsreel.nouvelobs.com, .
  17. « Rivière vient au renfort de Flam », sur lalettrea.fr, La Lettre A, .
  18. Guillaume Champeau, « Hadopi : Filippetti boutée par un « shadow pôle culture », sur numerama.com, .
  19. Marc Rees, « Avant Lescure, Hadopi dresse son bilan de deux ans de réponse graduée », sur nextinpact.com, .
  20. Vincent Truffy, « L'histoire secrète du programme culturel du candidat Hollande », sur mediapart.fr, .
  21. « Constance Rivière et Jean-Philippe Thiellay suivront les cultes à l’Élysée et à Matignon », sur la-croix.com, La Croix, .
  22. « Mouvements à l'Élysée, Hollande change de directeur de cabinet », Les Échos, 19 décembre 2014.
  23. http://www.leparisien.fr/politique/pantheonisation-hollande-a-45-minutes-pour-marquer-son-quinquennat-27-05-2015-4806419.php.
  24. https://www.lopinion.fr/13-janvier-2015/francois-hollande-entame-semestre-memoriel-charge-complique-20264.
  25. Stéphane Grand, « Constance Rivière, cheville ouvrière de l’hommage national aux victimes des attentats », sur lopinion.fr, L'Opinion, .
  26. Arrêté de nomination, legifrance.gouv.fr, consulté le 12 février 2016
  27. Emmanuel Berretta, « Pellerin et la conspiration élyséenne », sur lepoint.fr, .
  28. Éric Aeschimann, « Manuel Valls fâche les intellos, François Hollande les invite à déjeuner », sur tempsreel.nouvelobs.com, .
  29. « Constance Rivière continuera à suivre les cultes à l’Élysée », sur la-croix.com, (consulté le 23 août 2016).
  30. Emmanuel Berretta, « Élysée : les 7 rescapés du quinquennat de François Hollande », sur lepoint.fr, (consulté le 23 août 2016).
  31. David Revault d’Allonnes, « Présidentielle : Hollande mise sur l'absence de plan B », sur lejdd.fr, (consulté le 23 décembre 2016).
  32. a et b Caroline Broué, « Constance Rivière : "C'est l'histoire d'une imposture et de ses échos dans la société d'aujourd'hui" », sur France Culture.fr, (consulté le 17 décembre 2019).
  33. a et b Sylvie Tanette, « “Une fille sans histoire” : mensonges post-attentats », sur lesinrocks.com, (consulté le 17 décembre 2019).

Liens externes[modifier | modifier le code]