Conspiration de Cellamare

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Philippe V d’Espagne, bénéficiaire putatif de la conspiration de Cellamare.

La conspiration de Cellamare est un complot ourdi par l’Espagne en 1718 pour retirer la régence du royaume de France à Philippe d’Orléans. Elle tire son nom d’Antonio del Giudice, prince de Cellamare, ambassadeur en France du roi d’Espagne Philippe V.

Historique[modifier | modifier le code]

À l’instigation de l’abbé Dubois, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, la France forma la Quadruple Alliance avec l’Angleterre, les Provinces-Unies et l’Empereur, pour contrebattre les prétentions de Philippe V, petit-fils de Louis XIV, qui rêvait de porter la couronne de France, nonobstant la renonciation obtenue dans les traités d’Utrecht, en cas de décès de Louis XV.

La duchesse du Maine, épouse d’un bâtard légitimé de Louis XIV, Louis-Auguste de Bourbon, intriguait contre le Régent qui, en faisant casser le testament du vieux roi, avait écarté son mari de tout rôle politique. Elle entra en correspondance avec le Premier ministre de Philippe V, le cardinal italien Giulio Alberoni.

Avec l’appui de l’ambassadeur du roi d’Espagne, un projet de complot fut bientôt tramé dans l’entourage de la duchesse. On y trouvait l’une de ses femmes de chambre, la baronne de Staal-Launay, qui a laissé d’intéressants mémoires, le cardinal de Polignac, le duc de Richelieu, et plusieurs personnages moins importants. On échafaudait toutes sortes de plans chimériques : enlever le Régent, faire attribuer la Régence à Philippe V, qui convoquerait les états généraux… L’exécution était aussi défaillante que la conception : les conjurés firent transcrire des documents compromettants qu’ils voulaient envoyer à Alberoni par Jean Buvat (1660-1729), écrivain à la bibliothèque du roi, qui, épouvanté, s’empressa d’aller tout raconter à Dubois. L'abbé le renvoya à ses copies en lui intimant l'ordre de venir lui rendre compte chaque jour.

L’abbé Dubois laissa partir les dépêches, confiées à un jeune abbé espagnol, mais le fit arrêter à Poitiers le 5 décembre 1718. Le 9 décembre, le Régent faisait arrêter le prince de Cellamare qui fut aussitôt expulsé, ainsi que tous ceux qui, de près ou de loin, avaient participé à la conjuration : le duc du Maine, envoyé à la forteresse de Doullens, la duchesse exilée à Dijon, le duc de Richelieu mis à la Bastille, etc. Tous obtinrent leur pardon quelques mois après et personne ne fut envoyé à l’échafaud.

Cette conspiration ne fut pas la seule contre la régence, il y eut aussi celle de Pontcallec. Une partie des nobles bretons voulant voir Philippe V sur le trône.

Le , la France saisit l’occasion pour déclarer la guerre à l’Espagne, ce que l’Angleterre avait déjà fait le 27 décembre.

En littérature[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

  • Olivier Andurand, « La conjuration de Cellamare ou les échecs de la calomnie (1715-1720) », dans Monique Cottret, Caroline Galland (dir.), Peurs, rumeurs et calomnies, Paris, Kimé, 2017, p. 79-99 (ISBN 978-2-8417-4781-8)

En musique[modifier | modifier le code]

La conspiration de Cellamare a inspiré l'opéra-bouffe de Jacques Offenbach "La boulangère a des écus" (1875).