Consommation responsable

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La consommation responsable, achat durable ou alterconsommation concerne une consommation plus respectueuse de l'environnement et plus éthique, c’est-à-dire que les consommateurs veulent privilégier les produits de consommation fabriqués dans des conditions respectueuses de l'environnement, des lois de protection du travail, comme les produits distribués dans le commerce équitable. Il s'intègre dans une démarche de développement durable, et correspond à un engagement civique actif en vue de la qualité de vie personnelle et collective. En parallèle, les achats durables prennent une part grandissante dans les directions achats tant dans le secteur privé que dans le secteur public.

Définition[modifier | modifier le code]

L'Agence de la transition écologique (ADEME) indique en présentant son guide Consommer responsable est possible qu'il est possible d'être responsable[1] :

  • à l'achat. En définissant bien ce dont on a besoin et en choisissant en fonction des labels environnementaux et des étiquettes.
  • lors de l'utilisation. La manière d'utiliser compte beaucoup pour limiter les gaspillages et les pollutions et faire durer les produits.
  • au moment de jeter. Réemployer, trier pour recycler.

L'alterconsommation consiste à « aller au-delà du simple intérêt des promesses d'usage d'un produit, en s'intéressant à sa genèse et à son influence sur l'environnement et la société »[2].

D'après Alexandre Pasche l'alterconsommation est « une alternative à la consommation de masse, plus respectueuse de l’environnement et de l’équité sociale [...] Elle concerne l'écoconception, les produits verts, bio ou issus du commerce équitable, ou encore, les services et placements éthiques » [3].

Application[modifier | modifier le code]

Pour les particuliers[modifier | modifier le code]

Nombreux sont les particuliers à prendre en compte cette dimension lors de leurs achats. Ils représenteraient 15 % à 25 % de la population française à intégrer des critères sociaux et environnementaux dans leurs achats[4]. Les alterconsommateurs ou consom'acteurs sont « des consommateurs citoyens pour qui l'achat se révèle être un acte politique »[5]. Lorsque seule la dimension environnementale est abordée, on parle alors en général d'éco-consommation. Cela revêt de très nombreuses formes :

  • achats directs aux agriculteurs
  • achats directs de produits fermiers aux agriculteurs producteurs fermiers (maintien d'une société rurale française étoffée, des paysages, réduction de l'impact environnemental de la production agricole vivrière) ;
  • achats de produits issus de l'Agriculture Biologique certifiée (réduction de l'impact environnemental de la production agricole vivrière) ;
  • achats de produits issus de l'agriculture biologique (réduction de l'impact environnemental de la production agricole vivrière) ;
  • achats de produits permettant de réduire la consommation de matières premières (réduction des emballages, de la consommation d'énergie…) ;
  • achats de produits en cycle court, c'est-à-dire fabriqués à proximité et nécessitant peu de transport (réduction de la consommation d'énergie et de rejet de CO2) ;
  • achats de produits issus du commerce équitable.

On pourra par exemple préférer un fruit de saison issu de l'agriculture biologique produit près de chez soi comme une pomme à une fraise achetée en hiver et produite en Espagne. Ou encore du café avec un marque de commerce équitable qu'un simple café de marque.

Dans le secteur privé[modifier | modifier le code]

La question des achats durables se pose de façon croissante pour les entreprises dans la mesure où ils répondent à plusieurs problèmes distincts :

  • engagement responsable de l'entreprise, notamment dans le cadre de la Responsabilité sociale des entreprises
  • nécessité de maîtriser ses risques fournisseurs
  • occasion de communiquer sur ce thème envers ses clients

Les industriels veulent améliorer leur image de marque et pour ce faire les achats durables sont une chance :

  • engagement de l'entreprise vis-à-vis de ses fournisseurs ;
  • réduire les transports au maximum afin de diminuer l'impact carbone ;
  • travailler ensemble afin de trouver de nouveaux procédés de fabrication moins consommateurs de carbone ;
  • former les futurs acheteurs[6] aux différentes normes liées au développement durable.

Dans le secteur public[modifier | modifier le code]

Les achats durables ont connu un réel développement dans le secteur public, depuis la sortie du Nouveau Code des marchés publics en 2006, qui adresse la question de la prise en compte du développement durable dans les achats[7]. Cette problématique est souvent abordée dans le cadre d'un agenda 21, en particulier dans son chapitre 4 sur la modification des modes de consommation.

La liste des produits achetés par les collectivités territoriales s’agrandit de plus en plus, ainsi que les nouveaux services fournis par les collectivités territoriales. La politique d'achat des collectivités territoriales consiste à intégrer les enjeux sociaux, environnementaux et éthiques. Les achats des collectivités publiques représentent environ 15 % du PIB[8], et 80 % ont une incidence directe sur le marché territorial. Le développement durable dans les achats publics représente un réel enjeu de développement pour les années à venir. Cela constitue un levier important pour orienter le marché sur des produits bio, pouvant ainsi impulser l’adaptation de l’offre de la part des fabricants et fournisseurs.

On peut citer comme exemple d'achats: véhicules, mobilier, produits de nettoyage, papiers de bureau et d’imprimerie, petites fournitures, l’éclairage public, bâtiment ...

Les achats durables ont également fait l'objet du comité opérationnel no 4 (État exemplaire) du Grenelle de l'environnement[9]. L'une des mesures est par exemple l'allongement de la durée d'utilisation des micro-ordinateurs à cinq ans.

Plusieurs autres initiatives de création et d’animation de réseaux de collectivités territoriales sur les achats responsables ont vu le jour. Les réseaux territoriaux sont réunis au sein d’un groupe de travail national appelé "Commande publique et développement durable", créé en 2005, et animé par les Eco Maires avec le soutien de l’ADEME et en collaboration avec Cités Unies France. Les réseaux et leurs travaux sont présentés sur le site achatsresponsables.com. 

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Consommer responsable », sur ademe.fr,
  2. D'après Sauveur Fernandez, de l'Econovateur,
  3. ls cabinets Eco&co Allegoria Consultants, qui ont mené une étude en 2005, voir à ce propos Libération du 31 octobre 2005, « Quand l'homo ecoalterus chasse l'homo ecodebilus »
  4. Le Monde du 14 juillet 2004, « La distribution est désemparée face aux alterconsommateurs »
  5. Thema, « Alter versus Hyper - Mouvements dans la société des consommateurs »
  6. Source : ufr-physique.u-bordeaux1.fr
  7. Source : Réussir un achat public durable
  8. « La commande publique, levier de l ESS - ObsAR: Observatoire des Achats Responsables », sur www.obsar.asso.fr (consulté le 21 octobre 2015)
  9. Rapport des travaux du groupe « Achats publics durables », 28 mars 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Acheter vert! — Un manuel sur les marchés publics écologiques ; Commission européenne ; Luxembourg: Office des publications officielles des Communautés européennes ; 2005 — 39 p. (=PDF de 42 pages) ; (ISBN 92-894-8992-8) ; consulté 2010/05/13) ; « Reproduction autorisée, moyennant mention de la source »
  • L'achat public durable, Philippe Schiesser et Guillaume Cantillon, Éditions du Moniteur, 2007
  • Réussir un achat public durable, Guy Courtois et Pierre Ravenel, Éditions du Moniteur, 2008
  • Achetons responsable ! : Mieux consommer dans le respect des hommes et de la nature, Élisabeth Laville et Marie Balmain, Seuil, 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]