Conservatoire Serge-Rachmaninoff de Paris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Conservatoire Serge-Rachmaninoff de Paris
Image dans Infobox.
Façade du conservatoire Serge-Rachmaninoff de Paris.
Histoire et statut
Fondation
Type
Site web
Localisation
Ville
Pays

Le conservatoire Serge-Rachmaninoff de Paris, ou conservatoire Serge Rachmaninoff, est créé à Paris en 1923. Il est situé au 26 avenue de New-York, dans le 16e arrondissement[1].

Son enseignement est dispensé en français, en russe ou en anglais[2].

En lien avec son origine et la tradition musicale russe, les disciplines historiquement enseignées étaient[2] :

  • en cours individuels : le piano, le violon, l’alto, le violoncelle, la clarinette tzigane, la guitare russe, la balalaïka, la guitare, le chant ;
  • en cours collectifs : la danse, la chorale, la théorie musicale, la composition, l’analyse et l’histoire de la musique.

Les disciplines enseignées se sont progressivement élargies pour allier tradition et modernité. Aujourd’hui, il est proposé en cours individuels ou en cours collectifs[2] :

  • instruments : tous les instruments classiques et populaires russes ;
  • danse : classique, danses de salon et danses folkloriques ;
  • chant : lyrique, pop, coach vocal, chorale russe, chorale orthodoxe ;
  • MAO : musique assistée par ordinateur ;
  • langue russe.

Histoire[modifier | modifier le code]

1859 : origine[modifier | modifier le code]

C’est pour contribuer au rayonnement de l’art musical et théâtral russe qu’est créé en 1859, la Société musicale impériale russe à Saint-Pétersbourg. Elle y crée les conservatoires impériaux de Russie : en 1862 le conservatoire de Saint-Pétersbourg puis, en 1866, le conservatoire de Moscou.

1923 : ouverture à Paris[modifier | modifier le code]

La création du conservatoire Serge-Rachmaninoff a lieu en 1923. Elle est réalisée par d'anciens professeurs des conservatoires impériaux de Russie, émigrés à Paris à la suite de la Révolution de 1917[2]. Elle compte parmi eux le pianiste et compositeur Serge Rachmaninoff, qui en devient le premier président d'honneur, le ténor Fédor Chaliapine, le compositeur et chef d’orchestre Alexandre Glazounov ou encore le compositeur et professeur d’écriture Alexandre Gretchaninov[3].

1931 : création de la Société musicale russe en France[modifier | modifier le code]

C’est pour enrichir le rayonnement de l’art russe à Paris et en France qu’est créée, en , la Société musicale russe en France. Dans le cadre de son action, qui s’inscrit dans la ligne de la Société musicale impériale russe, elle reprend la gestion du conservatoire Serge-Rachmaninoff.

C’est le prince Serge Wolkonsky qui devient en 1932, le premier directeur du conservatoire. Les administrateurs sont ensuite élus, à sa direction, en alternance : Nicolas Tcherepnine, le compositeur Pavel Kovalev, le compositeur Arkadj Ougritchitch-Trebinsky, Vladimir Pol, etc.

Parmi les premiers enseignants du Conservatoire Serge-Rachmaninoff, il faut citer : les musiciens russes Fédor Chaliapine, Nicolas Tcherepnine, Eugène Gounst, Nicolas Kedroff (senior), sa femme Sofia Gladkaya (les parents de Lila Kedrova), Nikolaï Medtner, Alexandra Iacovleva (la sœur d'Alexandre Iacovleff), Yelena Terian-Korganova, Varvara Strakhova, Nicolas Zverev, Serge Lifar, Yuliy Konus ou encore Marya Slavina.

1932-2020[modifier | modifier le code]

Depuis son origine, la volonté du Conservatoire Serge-Rachmaninoff est d’offrir à ses élèves et à la société parisienne des moments de prestige avec des artistes d’exception. En plus de la prestation de ses professeurs, ce lieu reçoit dans ses salons, pour n’en citer que quelques-uns : Vladimir Horowitz, Nathan Milstein, Gregor Piatigorsky ou encore Alexander Borovsky.

La Société musicale russe en France est reconnue d'utilité publique depuis 1983.

À partir de 1986, la Société musicale russe en France est présidée par le comte Pierre Cheremetieff. L’attention portée aux élèves vise à leur permettre de devenir des musiciens accomplis. Avec les professeurs, l’objectif est de leur faire trouver rapidement les moyens pour, à la fois, se faire plaisir et devenir des interprètes de très bons niveaux.

En 1987, alors que Charles Jourdan, le propriétaire de l'immeuble de l'avenue de New York, souhaite vendre, le maire de Paris Jacques Chirac le sauve en se portant acquéreur[3],[4].

Depuis 2020[modifier | modifier le code]

Après une quinzaine d'années difficiles, fin 2020, la Société musicale russe évolue, souhaitant enrichir l’offre musicale et développer des relations internationales avec d'autres conservatoires prestigieux. Arnaud Frilley succède à Pierre Cheremetieff à la présidence de l’association et devient directeur du Conservatoire. Il s’entoure d’une nouvelle équipe franco-russe, composée majoritairement de musiciens diplômés de conservatoires. Stephan Gaubert est notamment chargé de la direction des études musicales et Yulia Mosman chargée de la communication et des relations institutionnelles. À cette occasion, l'hôtel particulier est rénové[2]. Sur 600 m2 répartis sur trois étages sont réparties les salles de classe, une salle de concert et une cantine russe[3],[4]. Il y a alors 40 professeurs et plusieurs centaines d'élèves[5].

En mai 2021, Le Figaro rapporte que la ville de Paris souhaiterait vendre l'immeuble de l'institution centenaire. Un comité de soutien « composé d'artistes, de personnalités et de mécènes » se constitue alors pour s'opposer à cette démarche[3],[4] et une pétition lancée sur Change.org reçoit plus de 39 000 signatures. En juillet de la même année, le conseil municipal de Paris écarte finalement cette éventualité[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Conservatoire Serge Rachmaninoff »
  2. a b c d et e « Musique, jeune maestro ! », Paris 16 Le Mag, magazine d'information de la mairie du 16e arrondissement, n°5, avril 2021, p. 28.
  3. a b c et d Jacques Pessis, « À Paris, le conservatoire Serge Rachmaninoff menacé de disparition », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  4. a b et c Paul Chevalier, « À Paris, le conservatoire Serge Rachmaninoff va-t-il disparaître ? », sur diapasonmag.fr, (consulté le ).
  5. a et b « A Paris, le conservatoire Rachmaninoff restera dans ses murs », sur diapasonmag.fr, (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]