Conseil national de la Résistance (1962)

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Le Conseil national de la Résistance (CNR) est un conseil secret fondé le , à Milan[1], par Georges Bidault, Jacques Soustelle, Antoine Argoud et Pierre Sergent. Créé en référence au Conseil national de la Résistance de 1943, il succède au « Comité de Vincennes » pour la défense de l'Algérie française.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'Algérie française[modifier | modifier le code]

Partisan de l’Algérie française, Georges Bidault est l’un des membres de l’Union pour le salut et le renouveau de l’Algérie française (USRAF), mouvement fondé par Jacques Soustelle. Pressenti le par le président Coty pour être président du Conseil après la chute du cabinet Félix Gaillard, Georges Bidault n’obtient pas le soutien du MRP, ce qui marquera la rupture avec son parti. Bidault, en dépit d'un lourd contentieux accumulé avec de Gaulle, vote pour son investiture, espérant que le général va garder l'Algérie au sein de la République. Bidault, ancien résistant, a été président du CNR de 1943.

Mais rapidement, le doute saisit les membres de l'USRAF : le discours de De Gaulle du sur l’autodétermination en Algérie les jette dans une opposition résolue à la politique algérienne. Le est créé le Rassemblement pour l'Algérie française avec Bidault, Roger Duchet, Pascal Arrighi et Jean-Baptiste Biaggi. Le gouvernement Debré interdit aux membres du parti de se rendre à Alger au moment de l’affaire « des barricades » en . Le , Jacques Soustelle est exclu du gouvernement ; le , il fonde le "Comité de Vincennes" qui rassemble plus de deux cents personnalités venant d’horizons politiques variés qui s’engagent à « défendre en toutes circonstances » l’intégrité du territoire national.

Entrée dans la clandestinité[modifier | modifier le code]

Surveillé étroitement par la police, Georges Bidault participe à une réunion du « Comité de Vincennes », le , réunion qui conduit à sa dissolution par le gouvernement et qui voit ainsi disparaître la seule voie légale de défense de l’Algérie française[pas clair].

En , Georges Bidault se réfugie en Suisse. Le , à Rome, Georges Bidault, Jacques Soustelle, Antoine Argoud et Pierre Sergent créent le comité exécutif d’un nouveau « Conseil national de la Résistance » qui désigne Georges Bidault pour président. Celui-ci donne, peu après, deux articles virulents au quotidien bruxellois La Dernière Heure et voit son immunité parlementaire levée par 241 voix contre 72 et 167 abstentions, toutefois sans qu'une inculpation soit faite.

En novembre 1962, le journal Appel de la France publie un communiqué du général Paul Gardy annonçant « le ralliement sans réserve au CNR des éléments combattants de l'ancienne OAS Algérie ». Le général Gardy est présenté comme vice-président du « Conseil National de la Résistance » dans le même mois[2].

Fin du conseil[modifier | modifier le code]

Argoud sera enlevé à Munich en par les services spéciaux français. La réaction virulente de Bidault à cet enlèvement le contraint à s'établir au Brésil, après une série d'expulsions en Europe. En mai, Gardy passe la main à Sergent[2], qui crée le "Conseil National de la Révolution", dont l'objectif est d'organiser en Europe les mouvements anti-communistes. Soustelle, quant à lui, continue de surveiller la politique intérieure française.

En , le conseil s'auto-dissout.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pauline Picco, « Chapitre I. Réseaux et mythe OAS en Italie », dans Liaisons dangereuses : Les extrêmes droites en France et en Italie (1960-1984), Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », (ISBN 978-2-7535-5576-1, lire en ligne), p. 31–47
  2. a et b Pierre Vidal-Nacquet, « M. Jacques Soustelle et le CNR », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]