Aller au contenu

Conrad d'Urach

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Conrad d'Urach
Image illustrative de l’article Conrad d'Urach
Biographie
Naissance vers 1170-1180
Bad Urach
Père Egino IV d'Urach (en)
Mère Agnès de Zähringen (d)
Ordre religieux Ordre cistercien
Décès
Bari
Cardinal de l'Église catholique
Créé
cardinal

par le pape Honorius III
Titre cardinalice Cardinal-évêque de Porto e Santa Rufina
Évêque de l'Église catholique
Ordination épiscopale par le pape Honorius III
Cardinal-évêque de Porto e Santa Rufina

.html (en) Notice sur catholic-hierarchy.org

Conrad d'Urach (ou Corradus), né vers 1170/1180 à Bad Urach en Saint-Empire, et mort le à Bari (Royaume de Sicile), est un religieux cistercien, successivement abbé des abbayes de Villers-en-Brabant, Clairvaux puis Cîteaux. En 1219, il est créé cardinal de l'Église catholique par le pape Honorius III.

À ne pas confondre avec Conrad d'Usperg (dit Abbas uspergensis ou Conrad ; auteur d'une chronique s'achevant en l'an 1229, mais continuée par un anonyme jusqu'à Charles Quint).

Fils du comte d'Urach Egon IV, dit le Barbu, et d'Agnès von Zähringen, fille de Berthold IV de Zähringen, Conrad devient très jeune chanoine au chapitre de Saint-Lambert à Liège. Il renonce à ses titres pour se faire moine cistercien à l'abbaye de Villers-en-Brabant. En 1209 il y est élu abbé[1].

Comme le permet la Carta Caritatis de l'Ordre cistercien il est quelques années plus tard élu abbé de l'abbaye de Clairvaux (1214)[2]. Trois ans plus tard il est élu abbé de Cîteaux (1217)[1], ce qui fait de lui l'abbé général de l'Ordre cistercien[2].

Les qualités humaines et spirituelles de l'homme expliquent cette ascension au sein de l'ordre aussi rapide que remarquable. Pendant deux ans il est supérieur général et il propose au chapitre général le chant quotidien du Salve Regina à la fin de l'office du soir[2].

Lors du consistoire du il est créé cardinal-évêque de Porto[1] par le pape Honorius III. Il remplit dès lors quelques missions diplomatiques. Son amitié pour les dominicains est bien connue[1]. Légat en France de 1220 à 1223, il est très actif dans la croisade contre les Albigeois[2]. Il y confirme au nom du pape l'ordre des Prêcheurs de saint Dominique. Il remplit également quelques missions du Saint-Siège en Espagne et auprès du Saint-Empire[2].

En tant que légat apostolique du pape Honorius III, il concède en 1220 ses premiers statuts à la Faculté de Médecine de Montpellier qui est ainsi la plus ancienne faculté de médecine en activité au monde[3],[4],[5],[6],[7].

Lors du conclave de 1227 il refuse la tiare et fait porter l'élection vers Grégoire IX[2].

Conrad veut suivre les croisés en Terre sainte, mais meurt à Bari. À sa demande ses restes sont inhumés à l'abbaye de Clairvaux. Toute sa vie il est resté attaché à sa vocation monastique, et dans ses derniers jours (d'après le chroniqueur) il s'écria : «Plût au ciel que j'eusse persévéré jusqu'à ce jour à Villers sous la discipline régulière, et que j'y eusse lavé les écuelles avec les serviteurs de cuisine»

Les cisterciens le vénèrent comme bienheureux (sanctitate et miraculis clarus) le .

Références

[modifier | modifier le code]
  1. 1 2 3 4 Thomas de Cantimpré, Les exemples du livre des abeilles (Présentation, traduction et commentaire par Henri Platelle), Brepols, , 383 p. (ISBN 2-503-50557-0)
  2. 1 2 3 4 5 6 (en) Salvador Miranda, « URACH, O. Cist., Konrad von », sur The Cardinals of the Holy Roman Church.
  3. PIMS - University of Toronto et A. (Alexandre) Germain, Cartulaire de l'Université de Montpellier, Montpellier, Imprimé par la maison Ricard frères, (lire en ligne).
  4. « Le 8e centenaire de l’université de médecine de Montpellier », sur Ministère de la Culture, (consulté le ).
  5. Thierry Lavabre-Bertrand, « La fondation de l’Université de Médecine de Montpellier », Bulletin de l'Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, vol. 51, (lire en ligne [PDF]).
  6. Jacques Verger, « Le « moment 1220 » et la naissance de l’Université de médecine de Montpellier », Bulletin de l'Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, vol. 52, no Suppl. 1, (lire en ligne [PDF]).
  7. « Statuts donnés à l'Université de Médecine de Montpellier par le Cardinal Conrad, légat du Saint-Siège Montpellier, le 17 août 1220 Cartulaire de l'Université de Montpellier - Tome I (1181-140О). A. Germain. Publié sous les auspices du Conseil Général des Facultés de Montpellier, 1890. Traduction de Thierry Lavabre-Bertrand » [PDF], sur Faculté de médecine de Montpellier, (consulté le ).

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]