Congrégation du Bon Pasteur (ancienne)

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La congrégation des filles du Bon-Pasteur, généralement connue simplement sous le nom de Filles du Bon-Pasteur, était un ordre religieux catholique séculier de femmes actif aux XVIIe et XVIIIe siècles, qui prenait en charge les filles repenties[1], c'est-à-dire souvent des prostituées.

Elle ne doit pas être confondue avec la congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur d'Angers, aussi appelée congrégation du Bon Pasteur, fondée par sainte Marie Euphrasie Pelletier en 1835, même si leurs missions présentent quelques similitudes.

Histoire[modifier | modifier le code]

On connaît plusieurs maisons fondées en France sous l'Ancien Régime à partir du milieu du XVIIe siècle. Elles s'inscrivent dans la politique d'enfermement des marginaux propre à cette époque[2].

Maison de Paris[modifier | modifier le code]

Elle doit son origine à Marie-Madeleine de Ciz, veuve d'Adrien de Combé, protestante convertie, qui recueillit chez elle d'anciennes « filles débauchées et repentantes ». Elle reçut en 1688 de Louis XIV une maison à Paris au no 38 rue du Cherche-Midi, confisquée au calviniste Léonard Laudouin[3], agrandie plus tard par l'adjonction d'une propriété mitoyenne, et 1 500 livres pour la réparer. Elle fut confirmée par lettres patentes en juin 1698.

La maison de Paris fut fermée sous la Révolution (1790)[4]. Les bâtiments servirent de magasin de vivres pour l'armée, puis de prison militaire. La fondation Maison des sciences de l'homme occupe aujourd'hui son emplacement[3].

La ville de Paris acheta en 1821[5] une maison de la rue d'Enfer pour en donner la jouissance au Bon-Pasteur qui fut alors administré par les dames hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve[6].

Maison d'Aix[modifier | modifier le code]

Trois habitants d'Aix, Jean-Nicolas de Mimata, chanoine de Saint-Sauveur, François de Beaumont, écuyer, et Michel Estienne, receveur du domaine, fondèrent rue du Puits-Chaud, à la persuasion du R. P. Isnard, jésuite, recteur du collège Royal-Bourbon, une maison des Filles Repenties ou des Filles du Bon Pasteur. Elle était aussi connue sous le nom de Sainte-Pélagie, sainte du Ve siècle qui avait fait pénitence après avoir vécu avec une troupe de comédiens, à Antioche. La fondation obtint des lettres patentes du roi en septembre 1674, enregistrées par le parlement d'Aix en février 1688[7].

Maison de Dijon[modifier | modifier le code]

La maison de Dijon fut fondée à la demande de Jean-François Joly, docteur en théologie, « vicaire perpétuel de Saint-Michel ». Il obtint le consentement de l'évêque de Langres le 15 septembre 1681, la chambre de ville approuva le 27 février 1682 et il obtint des lettres patentes du roi en 1687. C'est alors Bénigne Joly qui présida à son développement. Elle subsista jusqu'à la Révolution[8].

Maison d'Avignon[modifier | modifier le code]

Une maison du Bon Pasteur et des Recluses fut établie à Avignon par Jean de Madon, seigneur de Châteaublanc, en 1702. Elle fut reconnue par l'archevêque d'Avignon et le vice-légat. Lors de l'annexion du Comtat Venaissin par Louis XV, l'œuvre des Repenties lui fut unie (1770)[9].

Maison de Toulouse[modifier | modifier le code]

La maison de Toulouse est établie en 1715 avec l'appui de l'archevêque, René François de Beauvau du Rivau[10]. Les sœurs sont expulsées en 1791 de leur couvent de Saint-Cyprien, puis arrêtées avec leur aumônier le 10 septembre 1794. Malgré une tentative, elles ne réussiront pas à recréer leur établissement après la Révolution[11]. Leur supérieure, Jeanne-Marie Desclaux, cofonde alors la Congrégation des religieuses de Notre-Dame de la Compassion auprès du vénérable chanoine Maurice Garrigou[12].

Autres maisons[modifier | modifier le code]

  • Besançon : maison établie en 1744 par lettres patentes[13].
  • Montpellier.
  • Rennes : maison installée rue de Belair dans un couvent bâti en 1750. Il fut converti en prison pour femmes durant la Terreur, puis en caserne[14].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Augé (s. dir.), Larousse du XXe siècle en six volumes, Lie Larousse, Paris, 1931 ; Lucien Bély (s.d.), Dictionnaire de l'Ancien Régime, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Quadrige », 2003 (2e éd.) (ISBN 2-13-054033-3), article « Séculières », pp. 1148-1149.
  2. Lucien Bély (s.d.), Dictionnaire de l'Ancien Régime, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Quadrige », 2003 (2e éd.) (ISBN 2-13-054033-3), article « Assistance », p. 102.
  3. a et b Site de la fondation Maison des sciences de l'homme
  4. Jacques-Antoine Dulaure, Histoire physique, civile et morale de Paris : depuis les premiers temps historiques, annotée et continuée jusqu'à nos jours par C. Leynadier, tome 4, Dufour, Mulat et Boulanger, Paris, 1859-1863, p. 154. [1]
  5. 1821 transcription au 1° Bureau des Hypothèques de la Seine
  6. Auguste Vitu, Paris. 450 dessins inédits d'après nature, Quantin, Paris, 1890. [2]
  7. Christophe Regina, Brimer les corps, contraindre les âmes : l’institution du Refuge au XVIIIe siècle, Genre & Histoire [En ligne], n°1, Automne 2007, mis en ligne le 23 novembre 2007, consulté le 10 janvier 2010. [3]
  8. N. Prunel, Deux fondations de la Compagnie du Saint-Sacrement de Dijon, Revue d'histoire de l'Église de France, Année 1911, Vol. 2, No 10, 1911, pp. 449-450. [4]
  9. Cécile Doumas, La prostitution et sa prise en charge à Avignon au XVIIIe siècle, Rives méditerranéennes [en ligne], Jeunes chercheurs 2006, mis en ligne le 31 juillet 2008, consulté le 10 janvier 2010. [5]
  10. Claude Devic et Joseph Vaissète, Histoire générale de Languedoc, vol. IV, Toulouse, Privat, 1876 (réimp. 2003) (ISBN 2-84575-165-6), p. 364.
  11. La maison Seilhan, berceau de l'ordre des Prêcheurs
  12. « Jeanne-Marie Desclaux, cofondatrice de N.-D. de la Compassion », sur rrcompassion.com (consulté le 29 juillet 2015).
  13. Jeanne-Marie Jandeaux, Les lettres de cachet pour affaires de famille en Franche-Comté au XVIIIe siècle, Thèses de l'École des Chartes, 2008. [6]
  14. Lucien Decombe, Notices sur les rues de Rennes, Alph. Le Roy fils, Rennes, 1883. Page:Notices sur les rues de Rennes 1883.djvu/13