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Sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve

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Sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve
Institut de droit pontifical
Approbation pontificale 27 juillet 1860
par Pie IX
Institut congrégation religieuse
Type apostolique
Spiritualité augustinienne
Règle règle de saint Augustin
But soin des malades, enseignement
Structure et histoire
Fondation 2 mars 1661
Lamballe
Fondateur Ange Le Proust
Abréviation S.T.V
Patron Thomas de Villeneuve
Agrégé à Ordre de Saint-Augustin
Site web https://www.congregation-stv.org/
Liste des ordres religieux

Les Sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve forment une congrégation religieuse féminine enseignante et hospitalière de droit pontifical.

Les bonnes œuvres des Filles de Saint-Thomas de Villeneuve,
Michel Dandré-Bardon, musée des Beaux-Arts de Marseille.

En 1661, Ange Le Proust (1624-1697), prieur du couvent des ermites de Saint Augustin de Lamballe, invite trois jeunes filles membres du Tiers-Ordre de Saint Augustin, dont il est le directeur spirituel, à se consacrer au service des hôtels-Dieu les plus abandonnés. Le 2 mars 1661, avec les encouragements de l’évêque de Saint-Brieuc, elles sont officiellement chargées de l’Hôtel-Dieu de Lamballe. L'institut se place sous le vocable de saint Thomas de Villeneuve, un religieux de saint Augustin canonisé récemment en 1658. La congrégation reçoit les lettres patentes en 1671 et en 1683, elle est agrégée aux ermites de Saint Augustin[1]. En plus du soin aux malades, les sœurs étendent leur apostolat aux œuvres éducatives et à la gestion de refuges pour « filles perdues »[2].

À la mort du fondateur, on compte vingt-huit maisons, surtout en Bretagne : Moncontour (1662), Concarneau (1664), Saint-Brieuc, Ploërmel et Malestroit (1666), Saint-Malo (1669), Rennes (vers 1670), Dol-de-Bretagne (1673), Vannes (1675), Vitré (1682), Morlaix (1686), Quimper (1688), prison de Pontaniou à Brest (1689), Châteaubriant (1690), Landerneau (1694), Guéméné-sur-Scorff mais également dans la banlieue parisienne, Poissy (1691), Paris et Gisors (1692)[1], les sœurs sont chargées du pensionnat de Saint-Germain-en-Laye pour les jeunes de familles exilées d'Angleterre avec Jacques II (1698)[3], en Anjou : Craon (1666) et Loudun (1692), dans le Poitou avec Thouars (1672) et dans le Berry : Buzançais (1673), Saint-Gaultier (1691)[4].

En 1700, la maison-mère est transférée rue de Sèvres à Paris[5]. Lors de l'épidémie de peste de Marseille en 1720, quatre équipes de sept sœurs partent secourir les malades ; toutes succombent des suites de la maladie. À Quimper, les Sœurs soignent les contagieux, en 1725, 1757 et 1779. Là encore, plus de cinquante sœurs meurent victimes de leur dévouement[4]. En 1786, à la demande de Jean de Dieu-Raymond de Boisgelin de Cucé, archevêque d’Aix, des sœurs sont envoyées à Lambesc pour gérer un pensionnat de jeunes filles. Elles forment ensuite une congrégation autonome sous le nom de Notre-Dame de Grâce[6],[7].

La Révolution disperse les sœurs. Mère Marie Allanic de Belchère meurt dans les noyades de Nantes et deux religieuses sont fusillées à Châteaubriant. Malgré cela, beaucoup d'entre-elles continuent le soin aux malades sous l’habit séculier selon la consigne de la supérieure générale, Mère Walsh de Valois, qui veut que les sœurs continuent leur apostolat sous réserve qu'elles restent fidèles à leurs vœux et obéissantes à Rome. Mère Walsh de Valois est incarcérée avec plusieurs sœurs au couvent des Oiseaux, transformé en maison d'arrêt[4]. Elle se lie d’amitié avec la comtesse de Carignan, elle aussi emprisonnée. En 1790, cette dernière avait récupéré une statue de la Vierge en pierre placée dans l'église Saint-Étienne-des-Grès, qui était l'objet d'un pèlerinage et connue sous le vocable de Notre-Dame de Bonne Délivrance. La comtesse donne cette statue aux religieuses en 1806 ; elle est alors installée dans la chapelle de la rue de Sèvres[8].

La congrégation se forme à nouveau après la Révolution et elle est reconnue civilement en 1810 par décret impérial[9]. L'institut reçoit le décret de louange du pape Pie IX le 27 juillet 1860 et ses constitutions sont définitivement approuvées par le Saint-Siège le 18 juillet 1873[2].

En 1903, les expulsions de congrégations par le gouvernement français obligent les sœurs enseignantes à s'exiler. Elles ouvrent des maisons à Carlisle, Durham et Kingsbridge en Angleterre et Lustin en Belgique[10]. En 1907, elles sont expropriées de leur maison-mère (27 rue de Sèvres) pour permettre le percement du boulevard Raspail[11], elles achètent l'aile subsistante du château de Neuilly à Neuilly-sur-Seine pour y installer la nouvelle maison-mère avec la chapelle où est placée la statue de Notre-Dame de Bonne Délivrance. Elles confient la construction du couvent à l'architecte Maurice Humbert[12].

En 1948, elles s'installent aux États-Unis, puis au Sénégal (1949) et au Pérou (1995). L'Église approuve leurs nouvelles constitutions en 1982[13]. Au XXIe siècle, elles fondent une maison au Bénin (2002) et au Togo (2013)[9].

La congrégation des Sœurs de Notre-Dame de Grâce, née d'une scission avec les Sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve, retrouve l'unité en 1984[13].

En 1786, à la demande de Jean de Dieu-Raymond de Boisgelin de Cucé, archevêque d’Aix-en-Provence, des sœurs de Saint-Thomas s'installent à Lambesc pour gérer un pensionnat de jeunes filles. Trois ans plus tard, la révolution disperse les sœurs. La communauté est rétablie en 1800 à Aix-en-Provence par Pauline Pinczon du Sel (1752-1820). La municipalité lui confie l'hôpital de la ville. Jérôme Champion de Cicé, archevêque d’Aix, sépare la congrégation de celle des sœurs de Saint-Thomas de Paris à cause des difficultés de communication entre Paris et Aix. La congrégation autonome prend le nom de Notre-Dame de Grâce. L'institut est approuvé par décret impérial le 23 avril 1807. Gaspard-André Jauffret, successeur de Champion de Cicé, désire fusionner la congrégation de Notre-Dame de Grâce avec les Filles de la Sainte-Enfance de Jésus et de Marie mais son projet n'aboutit pas. Mère Pinczon du Sel transfère le noviciat à Lambesc[6]. Une scission en 1852 donne naissance aux Sœurs hospitalières de Saint-Martin de Digne, fondées par Hortense Gelinski, en religion Mère Saint-Vincent de Paul[14]. Les Sœurs de Notre-Dame de Grâce se réunissent en 1984 aux Sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve[13].

Activité et diffusion

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Les religieuses sont actives dans l'enseignement chrétien, le soin aux malades et l'assistance aux personnes âgées.

Elles sont présentes en[15] :

La maison-mère est à Neuilly-sur-Seine.

En 2017, la congrégation comptait 133 sœurs dans 20 maisons[16].

Notes et références

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  1. a et b Stanislas-Kostka 1976, p. 683-684.
  2. a et b Rocca 1988, p. 903-906.
  3. Mesnard 1998, p. 143-144.
  4. a b et c « exposition » (consulté le )
  5. de Bascher 1980, p. 131.
  6. a et b Maillaguet 1866, t. II, p. 253-257.
  7. de Boisanger 1986, p. 560-561.
  8. Desoye 1844, p. 47-59.
  9. a et b « Histoire de la congrégation » (consulté le )
  10. Anonyme 1927, p. 115-116.
  11. Lesourd 1938, p. 152.
  12. de Bascher 1980, p. 184-190.
  13. a b et c Fourré 2001, p. 271-272.
  14. Anonyme 1863, p. 790.
  15. « À l’étranger » (consulté le )
  16. (it) Annuaire pontifical, Vatican, Librairie éditrice vaticane, (ISBN 978-88-209-9975-9), p. 1641

Bibliographie

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  • Anonyme, Constitutions des sœurs hospitalières de Saint Thomas de Villeneuve, Paris, Jules le Clere et Cie, , 243 p. (lire en ligne)
  • Nicolas-Joseph Dabert, Histoire de Saint Thomas de Villeneuve, dit l'aumonier, Paris, Victor Palmé, , 462 p. (lire en ligne).
  • Abbé Le Bail, Vie édifiante de deux sœurs hospitalières de Saint Thomas de Villeneuve : successivement supérieures de l'hospice civil de Morlaix (Finistère) de 1835 à 1893, Morlaix, A. Le Goaziou, , 148 p..
  • Paul Bernard, La congrégation de Saint Thomas de Villeneuve : Ses origines, son gouvernement, sa vie intime, ses œuvres, Paris, R. Haton, , 29 p..
  • Anonyme, Religieuses hospitalières de Saint Thomas de Villeneuve, Beauchesne, , 155 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Alix Aylicson, Mère Saint-Michel, religieuse de Saint Thomas de Villeneuve (1845-1923) : une grande éducatrice, Beauchesne, , 495 p. (lire en ligne).
  • Gaëtan Bernoville, Dans le sillage de Monsieur Vincent : Les Religieuses de Saint-Thomas de Villeneuve : 1661-1953, Grasset, coll. « Les grands ordres monastiques et instituts religieux », , 285 p..
  • Stanislas-Kostka, « Le Proust (Ange) — 2. Fondation », dans Dictionnaire de spiritualité, t. IX, Beauchesne, , p. 683-685. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Béatrice de Boisanger, Mémoires des îles, Olivier Orban, , 575 p. (ISBN 9782259248228), p. 560-561. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • (it) Giancarlo Rocca, « Suore di San Tommaso di Villanova », dans Guerrino Pelliccia e Giancarlo Rocca, Dizionario degli Istituti di Perfezione (DIP), vol. VIII, Milan, Edizioni paoline, , p. 903-906. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Marie-Odile Fourré, « Saint-Thomas de Villeneuve », dans Daniel-Odon Hurel (dir.), Guide pour l'histoire des ordres et des congrégations religieuses France XVIe au XXe siècle, vol. 111, Brepols, coll. « Bibliothèque de l'École des Hautes Études, Sciences Religieuses », (ISBN 9782503561059), p. 271-272. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Desoye, Histoire de la statue miraculeuse de Notre-Dame de Bonne-Délivrance, Paris, Gaume frères, , 293 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Joseph Martin Maillaguet, Le miroir des ordres et instituts religieux de France, t. II (G-Z), Avignon, Amédée Chaillot, (lire en ligne), p. 253-257. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Paul Lesourd, L'holocauste de Jeanne Bigard, 1859-1934, fondatrice de l'œuvre pontificale de Saint-Pierre apôtre : Dans le rayonnement de sainte Thérèse de Lisieux, Plon, , 245 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jacques de Bascher, La Vierge noire de Paris, Téqui, , 200 p. (ISBN 9782740301678). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Guy Mesnard, La Vie consacrée en France: ses multiples visages, Solesmes, (ISBN 9782852741980), p. 143-144. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Anonyme, Notice sur Mme de Pinczon : fondatrice et première supérieure générale de la congrégation de Saint-Thomas-de-Villeneuve de Provence, dite de Notre-Dame-de-Grâce, Aix, Remondet-Aubin, , 239 p. (lire en ligne)
  • Anonyme, Bulletins des lois de l'empire français, XIe série, règne de Napoléon III, empereur des français, t. XXII, Paris, Imprimerie impériale, 2e semestre 1863, p. 790. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

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Liens externes

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