Congrès de la Soummam

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Congrès de la Soummam
Agraw n Summam
مؤتمر الصومام
Image illustrative de l’article Congrès de la Soummam

Type Congrès
Localisation Ouzellaguen (Algérie)
Coordonnées 36° 45′ 00″ nord, 5° 04′ 00″ est
Date
Participant(s) FLN, ALN
Revendications Indépendance de l'Algérie

Géolocalisation sur la carte : Algérie

(Voir situation sur carte : Algérie)
Congrès de la Soummam Agraw n Summam مؤتمر الصومام

Le congrès de la Soummam, acte majeur structurant de la révolution algérienne, a réuni la majorité de ses principaux dirigeants, et a eu lieu le au village d'Ifri dans l'actuelle commune d'Ouzellaguen (wilaya de BejaiaKabylieAlgérie). Il est organisé principalement par Abane Ramdane (coordinateur – Alger, secrétaire du Congrès, cheville ouvrière et architecte) et Larbi Ben M'hidi (zone V, président du Congrès, autorité historique, morale et intellectuelle). Le congrès s'est tenu pour structurer et organiser la révolution, lui donner une assise nationale et révolutionnaire et lui assurer une présence sur le plan international.

Les autres participants au Congrès de la Soummam étaient Krim Belkacem (zone III), Amar Ouamrane (zone IV), Si M'Hamed Bougara, Youcef Zighoud (zone II), Lakhdar Bentobal, Slimane Dehilès, Commandant Azzedine, Si Lakhdar, Ali Khodja et Ali Mellah (zone VI).

Mostefa Ben Boulaïd (zone I) n'a pu être présent lors du congrès (étant tombé au champ d'honneur cinq mois auparavant). La délégation extérieure dirigée par Ahmed Ben Bella n'a pu rejoindre le territoire. « Le congrès de la Soummam nous a donné ce formidable sentiment que nous avions déjà un État », dira quelques années plus tard Ali Lounici, officier de l’ALN à la wilaya IV.

Le Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA) désigné par le congrès de la Soummam se composait de 34 membres : 17 titulaires et 17 suppléants.

Contexte[modifier | modifier le code]

La tenue du premier congrès du FLN, plus précisément le congrès de la Soummam, le 20 août 1956 dans le village d'Ifri, le choix de ce village, au milieu de ses chemins difficilement accessibles et des montagnes fortement boisées, n'est pas fortuit, il a été minutieusement étudié. Cette région très boisée est encerclée par une chaîne de montagnes qui s'étend jusqu'à la forêt d’Akfadou, d’où une facilité de repli en cas de danger et ce, malgré une forte présence des troupes coloniales sur l’axe de Tazmalt à Bejaia[1].

À partir du 11 août 1956, les chefs de la Révolution des différentes zones ont commencé à arriver à Ouzellaguen pour se rendre ensuite à Ifri en parcourant plusieurs kilomètres à pied à travers les montagnes et forêts denses.

Organisation[modifier | modifier le code]

Membres titulaires[modifier | modifier le code]

Plusieurs titulaires étaient absents ou morts et furent nommés.

Membres suppléants[modifier | modifier le code]

Déroulement[modifier | modifier le code]

Les travaux du congrès se sont déroulés du 13 au 20 août une semaine et furent présidés par Larbi Ben M’hidi, assisté de Abane Ramdane en qualité de secrétaire général. Après une étude approfondie du bilan de 22 mois de processus révolutionnaire présentés par les délégués de chaque zone (hormis la zone I et la délégation extérieure lesquelles n’avaient pas pu assister. La région sud avait, quant à elle, transmis son rapport au Congrès.

Résolutions[modifier | modifier le code]

Le découpage et la délimitation en wilaya[modifier | modifier le code]

Après le congrès de la Soummam, l'Algérie est divisée en six « wilayas » ou états-majors[2]. Une wilaya est divisée en zones. Chaque zone est divisée en régions. La région est divisée secteurs. Les territoires de chacune des wilayas, zones et secteurs sont découpés et les limites définitivement tracées. Alger et ses proches banlieues constituent une zone autonome.

Organisation des PC de wilaya[modifier | modifier le code]

La wilaya est dirigée par un conseil de wilaya sous l’autorité d’un colonel, chef politico-militaire, assisté de trois adjoints avec le grade de commandant, chargés des différentes missions : militaire, politique, renseignements et liaisons. La zone est dirigée par un capitaine assisté de trois lieutenants, prenant chacun en charge les différentes missions. La même organisation est appliquée au secteur dont le commandant est un adjudant assisté de trois sergents chefs.

Définitions des grades[modifier | modifier le code]

Unités de combat[modifier | modifier le code]

Le congrès définit les unités de combat. La plus importante unité de combat est la compagnie (katiba) composée de 110 combattants. Elle est divisée en sections (ferka) qui peut réunir 35 hommes elle-même divisée en plusieurs groupes (fawdj) avec 11 hommes. Cette organisation n’est pas rigide. Les officiers de l’ALN disposent de la latitude d’adapter leur organisation en fonction des impératifs de la lutte sur le terrain qui peuvent varier selon les régions et les tactiques imposées par l’ennemi. Les combattants pourront mener des opérations concertées qui réuniront plusieurs katibas pour mener ponctuellement des opérations communes. Dans d’autres circonstances, ils éclateront leurs forces en petits groupes qui se fonderont dans la nature pour échapper aux opérations de ratissage et mener des actions de harcèlement rapides et répétées pour éclater et disperser les forces ennemies. Le congrès fit de la mission de renseignements et liaisons une tâche essentielle de l’action armée où la réussite de toute opération militaire exigeait une bonne connaissance des forces ennemies et une grande capacité de mouvement.

Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA)[modifier | modifier le code]

La Révolution est dotée d’organes de délibération et d’organisation (parlement du FLN), joue le rôle de direction suprême du mouvement. Il prend des décisions d’orientation politique, militaire, économique et sociale, en même temps que celle d’une assemblée législative, symbole de la souveraineté nationale. Un Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA) est institué, composé de 34 membres dont 17 titulaires et 17 suppléants. Il est l’organe dirigeant de la révolution, seul habilité à ordonner un cessez-le-feu et à négocier l’indépendance.

Comité de coordination et d'exécution (CCE)[modifier | modifier le code]

Il désigne un organe de direction de cinq membres, le Comité de coordination et d’exécution (CCE) qui siège à Alger. les membres titulaires sont :

Source : « L’apport de Ramdane Abbane à la Révolution » – Benyoucef Benkhedda

Relations entre l’ALN et le FLN[modifier | modifier le code]

« La primauté du politique sur le militaire[3] » constitue l'un des fondements du Congrès. La primauté sera accordée au politique par rapport au militaire et dans les centres de commandement, il appartient au chef militaire politique de veiller à la préservation de l’équilibre entre les différentes branches de la Révolution.

Relations entre l’extérieur et l’intérieur[modifier | modifier le code]

La primauté sera accordée à l’intérieur par rapport à l’extérieur tout en respectant le principe de la direction collégiale.

Conditions d’un cessez-le-feu[modifier | modifier le code]

Le congrès de la Soummam définit les conditions d’un cessez-le-feu, par la reconnaissance de la nation algérienne indivisible, la reconnaissance de l’indépendance de l’Algérie et de sa souveraineté.

Plate-forme de la Soummam[modifier | modifier le code]

Le congrès de la Soummam définit les buts de guerre : « Il ressort que, vu notre situation, nos buts de guerre sont politico-militaires : L’affaiblissement total de l’armée française, pour lui rendre impossible une victoire par les armes. La détérioration sur une grande échelle de l’économie colonialiste par le sabotage, pour lui rendre impossible l’administration normale du pays. La perturbation au maximum de la situation en France sur le plan économique et social pour rendre impossible la continuation de la guerre. L’isolement politique de la France en Algérie et dans le monde. »[4]

Face à la propagande de la France qui accusait le FLN d’être au service d’une puissance étrangère, la plate-forme de la Soummam définit ainsi la Révolution : « La Révolution algérienne est un combat patriotique dont la base est incontestablement de caractère national, politique et social. Elle n’est inféodée ni au Caire, ni à Londres, ni à Moscou, ni à Washington »[5].

Conflits[modifier | modifier le code]

La délégation extérieure installée au Caire et dirigée par Ahmed Ben Bella remettra en cause certaines décisions d'ordre politique telles la primauté du politique sur le militaire et celle de l’intérieur sur l’extérieur. La stratégie adoptée par le congrès de la Soummam dans le respect de la déclaration du 1er novembre 1954 s'oppose à toute forme de tutelle extérieure notamment la mainmise du nassérisme sur la révolution algérienne. L'influence égyptienne sur la révolution algérienne sera effective dès le Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA) du Caire d’août 1957 et l'assassinat au Maroc d'Abane Ramdane en décembre de la même année.

La direction de la révolution algérienne connaîtra des conflits (entre pro-nassériens et indépendantistes) et des purges (assassinats des colonels Lamouri, Aouachria, Nouaouria et d'autres par Boumedienne en novembre 1958)[réf. nécessaire].

Témoignage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/112829.
  2. Yves Courrière, La guerre d'Algérie, édition Robert Laffont, pages 63-64.
  3. Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, édition Robert Laffont, page 75.
  4. https://www.memoria.dz/ao-2013/dossier/les-r-solutions-congr-s-la-soummam.
  5. http://lequotidienalgerie.org/2014/08/19/reflexions-sur-le-congres-de-la-soummam-2/.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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