Confrérie de charité

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Les Charitons par Louis-Émile Minet

Une confrérie de charité est une association de paroissiens catholiques qui assurent bénévolement les inhumations, accompagnent et soutiennent les familles en deuil et participent aux offices religieux en assistant le célébrant.

Cette institution remonte en France au début du IIe millénaire ; elle ne subsiste plus aujourd'hui qu'en Normandie, où les membres des confréries portent le nom de charitons.

Bannière de Charité de Saint-Christophe-sur-Condé

Chaque confrérie, attachée à une ancienne paroisse (aujourd'hui plus généralement un village) et placée sous le patronage d'un saint, se distingue par sa bannière particulière. Elle dispose habituellement d'un règlement intérieur. Les membres sont l’échevin ou maître, le prévôt, le clerc, le tintenellier ou clocheteux, et les frères.

Les frères (ainsi qu'aujourd'hui aussi les sœurs) doivent en principe être des catholiques baptisés, réputés de bonnes mœurs et être acceptés dans la confrérie à l'unanimité des frères. Leur engagement est reçu par le maître en présence du prêtre desservant, au cours d'une messe pendant laquelle lui est remis le chaperon. Le nombre des membres reste toujours assez limité, moins d'une quinzaine de façon très générale.

Les confréries de charité ont passé les siècles au travers des vicissitudes de l'histoire, ayant même été interdites pendant les périodes où sévissait l'anticléricalisme - et particulièrement à la suite de la Révolution Française de 1789. Elles ont été nombreuses à renaître pendant la seconde moitié du XIXe siècle, ont connu une période de déclin et de vieillissement de leurs membres au cours du XXe siècle, mais certaines renaissent après une longue mise en sommeil telle celle de Verneuil-sur-Avre, disparue en 1881 et relancée en 2013.

Statut juridique[modifier | modifier le code]

Pour avoir une existence juridique, les confréries de charité doivent être constituées en associations « loi 1901 », leur existence effective étant très souvent bien antérieure à cette loi.

À noter que les fonctions dans l'association (président, secrétaire, trésorier...) ne correspondent pas forcément aux fonctions dans la confrérie : par exemple le maître de la confrérie peut très bien ne pas être président de l'association.

Les ressources comprennent notamment les dons et legs ainsi que le produit d'une deuxième quête lors des offices religieux - la première restant au bénéfice de l'Église.

Histoire[modifier | modifier le code]

Implantation géographique[modifier | modifier le code]

Un « chaperon », emblème distinctif du chariton

L'existence des confréries de charité est particulièrement préservée dans le département de l'Eure (et spécialement dans le nord-ouest, autour de Pont-Audemer[1]). Ce département en compte encore 122 en 2008[2], et détient dans ce domaine un record.

On en trouve également dans le Calvados (dans l'ancien diocèse de Lisieux) et quelques-unes en Seine-Maritime.

Organisation[modifier | modifier le code]

Dans l'Eure et le Calvados, les confréries de charité sont membres d'une association plus large au niveau du diocèse, l'Union diocésaine des confréries de charité. Les quelques confréries de Seine-Maritime s'agrègent à l'Union Diocésaine de l'Eure.

L'Union diocésaine est sous la direction d'un conseil diocésain et d'un Grand Maître.

Chaque année a lieu une fête de charité, dont la date est propre à chaque confrérie, mais à laquelle participent aussi les charitons des villages voisins ; il existe aussi un Rassemblement annuel des confréries de charité du diocèse, invitées à tour de rôle par une confrérie organisatrice (Saint-Léonard en 2013, Heudreville-sur-Eure en 2014, Yville-sur-Seine en 2015, Verneuil-sur-Avre en 2016, Plasnes en 2017). Ce rassemblement inclut processions publiques avec tintenelles et bannières, messe solennelle, repas fraternel, vêpres, remise de diplômes. Il y a également un congrès tous les 5 ans, le dernier à Bourg-Achard en 2012.

Le chaperon[modifier | modifier le code]

Le chaperon est une sorte d'étole souvent richement brodée d'or et d'argent. Le motif brodé est propre à chaque confrérie. Le fond brodé est noir pour les offices funèbres, et de couleur pour les autres cérémonies ou processions. C'est la marque distinctive officielle du chariton en service d'Église. Il se porte obliquement, passé sur l'épaule gauche et noué sous le bras droit.

Charitons de Saint-Léonard lors du rassemblement annuel des confréries de charité du diocèse d'Evreux à Verneuil-sur-Avre le 11 mai 2016

Les autres ornements qui ont pu être portés dans le passé (toque ou barrette, dalmatique) sont aujourd'hui tombés en désuétude, sauf exception.

Les charitons de Saint-Léonard portent toujours le surplis sous le chaperon.

À Paris et dans le nord de la France[modifier | modifier le code]

Sont surtout connues la Confrérie de la Charité (Paris) et les confréries nordistes telles que les Confréries des Charitables de Saint-Éloi (qui peuvent être d'ailleurs laïques ou restées religieuses).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il existe une confrérie dans chaque commune de la Communauté de communes de Pont-Audemer
  2. Site Paris-Normandie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Fabienne Cosset, Confréries de charité en Normandie : Enquête en Pays d'Auge, Caen, Centre Régional de Culture Ethnologique et Technique de Basse-Normandie (CRECET), (ISBN 2-9508601-5-X)

Lien(s) externe(s)[modifier | modifier le code]

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