Conflit d'Ituri

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Le conflit d'Ituri ou guerre d'Ituri fait suite à la deuxième guerre du Congo, il oppose essentiellement des milices lendu (la Force de résistance patriotique de l'Ituri) et hema dans le district de l'Ituri situé dans la province Orientale au nord-est de la République démocratique du Congo. Il est lié à des intérêts criminels et la géopolitique des Grands Lacs.

Causes et préludes[modifier | modifier le code]

Après le mouvement, migratoire dela population d'Afrique subsaharienne vers le XVIe et XVIIe siècles, les deux populations Hema et Lendu qui se savent sont condamner à vivre ensemble sur leurs communes terre ancestrales, avaient su trouver chaque fois le chemin de la Paix et de la réconciliation. Les Hema, plus souvent éleveurs, et les Lendu, généralement cultivateurs, étaient parfois en conflits pour le contrôle et l'utilisation des terres, conflits accentués par la surpopulation à la fin du XXe siècle. Dans le passé, les rivalités ethniques entretenues par les acteurs politiques et certains intellectuels avaient même déjà provoqué quelques remous sociaux voire des confrontations armées notamment dans les territoires d’Irumu et de Djugu. Dans les lignes qui suivent, nous présentons les différentes épisodes du conflits ethnique Hema – Lendu dans le territoire d’Irumu. Le conflit en cinq épisodes : La cohabitation entre les peuples Hema et les Indru Lendu-Bindi dans le territoire d’Irumu a connu plusieurs épisodes d’affrontements sanglants dont les plus importants ont eu lieu en 1911, 1966,1979,1992 et 2003.

  • 1. En 1911, la guerre éclate après l’assassinat du grand chef Hema, Bomera, par Les Indru , Lendu-Bindi ou Lendu-Sud. Les hostilités s’étendront l’année suivante dans le territoire de Djugu. Lors de la seconde guerre du Congo, en 1999, les troupes ougandaises se servirent de ce contentieux pour former des milices armées ethniques pour mieux contrôler la population mais aussi pour l'extraction et le commerce (illégal) d'or[1]. Après le départ des forces armées ougandaises, les cartels criminels impliqués dans ce trafic restèrent sur place et continuèrent à s'appuyer sur les milices rurales et autres groupes d’autodéfense différents témoignages s’accordent pour affirmer que depuis l’époque coloniale, on a jamais déploré un quelconque conflit de terre entre les peuples Hema et ce, en dépit de l’enchevetrement de leurs villages particulièrement dans le territoire de Djugu[2]. L'ethnicité est instrumentalisée dans des buts économiques, politiques locaux, nationaux et internationaux[3]. Plusieurs opérations de nettoyages ethniques, avec comme point culminant le massacre d'un millier de Bira et de Hema à l'hôpital de Nyankunde[4],[5].

Apogée et fin[modifier | modifier le code]

Le 16 décembre 2002 l’accord global et inclusif de Pretoria met officiellement fin à la deuxième guerre du Congo. Conformément à ce traité de paix, l'armée ougandaise qui occupait le district de l'Ituri se retire de son chef-lieu Bunia le 6 mai 2003. Aussitôt, des milices lendu lancent un raid sur la ville et massacrent plusieurs dizaines de Hemas sans que l'on puisse avoir un bilan exact du nombre de victimes[1]. La même semaine, les Hemas organisent à leur tour des attaques meurtrières en représailles.

Des dizaines de milices, bandes armées et seigneurs de la guerre, utilisant parfois des enfants-soldats, font régner la terreur dans la région, la situation est chaotique et la population est prise en otage[6]. Certaines milices sont encore contrôlées par l'armée ougandaise, avec parfois des concurrences entre les généraux ougandais eux-mêmes car liés à des réseaux criminels et des trafics. Le Rwanda et le gouvernement de Kinshasa appuient eux aussi certaines milices[7].

Les forces de la Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc) déployées dans la région sont dépassées mais en juin 2003, l'ONU autorise l'Union européenne à déployer l'opération Artémis, 2 000 soldats bleus essentiellement français. Bunia est sécurisée, certaines milices neutralisées, des mandats d’arrêts internationaux sont lancés contre les seigneurs de la guerre les plus notables, et plusieurs d'entre eux sont effectivement emprisonnés à La Haye pour être jugés devant la Cour pénale internationale : les Hemas Thomas Lubanga et Bosco Ntaganda, et les Lendus Mathieu Ngudjolo Chui et Germain Katanga, soupçonnés d'être responsables du massacre de Bogoro et de « meurtres, viols, esclavage sexuel, utilisation d’enfants-soldats, attaques contre des civils, pillage, destruction de biens »[8]. Les fonctionnaires et militaires de la Monuc à Bunia sont eux aussi accusés de crimes, en particulier d'organiser et de profiter de réseaux de prostitution avec parfois des mineures et mêmes des enfants[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b David Van Reybrouck, Congo : Une histoire, Actes Sud,‎ , p. 505
  2. Koen Vlassenroot et Tim Raeymaekers, « Le conflit en Ituri », dans L'Afrique des Grands Lacs, L’Harmattan,‎ , p. 208
  3. Koen Vlassenroot et Tim Raeymaekers, « Le conflit en Ituri », dans L'Afrique des Grands Lacs, L’Harmattan,‎ , p. 210-213
  4. R.D.C. : l’armée ne doit pas nommer des criminels de guerre, sur Human Rights Watch, 14 janvier 2005
  5. AFP, RDCongo: un 2e chef milicien d'Ituri transféré à la Cour pénale internationale de La Haye, 18 octobre 2007
  6. Frédérique Letourneux, « Tueries dans l'Ituri », Jeune Afrique,‎
  7. David Van Reybrouck, Congo : Une histoire, Actes Sud,‎ , p. 506
  8. Marie-France Cros, « La guerre d’Ituri devant la CPI », La Libre Belgique,‎
  9. Francis Kpatindé, « Scandale à la Monuc », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)