Conférence des présidents d'université

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La Conférence des présidents d'université (le plus souvent abrégé en CPU) est une association loi de 1901 fondée en 2007 qui réunit les présidents des universités et les dirigeants de certaines grandes écoles françaises. Elle est l'une des deux composantes de la Conférence des chefs d'établissement de l'enseignement supérieur qui existe depuis 1971.

Histoire[modifier | modifier le code]

La loi relative aux libertés et responsabilités des universités adoptée en 2007 prévoit en son article 36 de profondes modifications du fonctionnement de la conférence des chefs d'établissement. Il est en premier lieu instauré deux conférences. L'une composée des présidents d'université, des responsables des grands établissements et des directeurs d'écoles normales supérieures. L'autre, des responsables d'établissements d'enseignement supérieur, d'instituts ou écoles internes à ces établissements habilités à délivrer le diplôme d'ingénieur[1] (CDEFI). Ces deux conférences forment alors la conférence des chefs d'établissement de l'enseignement supérieur.

La conférence des présidents d'université, responsables des grands établissements et directeurs ENS devient une association loi de 1901. En tant qu'association, elle se dote de statuts le 20 décembre 2007[1] et prend le nom de Conférence des présidents d'université. Elle reprend pour son fonctionnement celui de la Conférence des chefs d'établissement prévu par la Loi Savary (un président et un bureau élus pour 2 ans).

La CPU siège à tour de rôle avec la CDEFI au sein du conseil supérieur de l'éducation. Le président de la CPU fait souvent figure de « porte-parole » des universités françaises, bien que ce rôle ne soit pas officiel.

Depuis 2014 la CPU organise avec le CNRS le concours Ma thèse en 180 secondes[2].

En avril 2015, la CPU demande de se soustraire à la loi relative à l'enseignement supérieur et à la recherche concernant la stricte parité hommes-femmes des comités académiques en étayant que le genre d'un individu n'a rien à voir avec son aptitude à être nommé à un comité, mais sa demande est rejetée par le Conseil constitutionnel[3]. En août 2015, la CPU signe un accord de partenariat avec l'agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) visant à mieux faire connaître les formations universitaires françaises dans les lycées français à l'étranger[4].

Début 2016, la CPU change de logo et d'identité visuelle[5]. En mai 2016, la CPU renouvelle son accord-cadre avec le Centre national des œuvres universitaires et scolaires (CNOUS)[6].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Depuis sa création en 2007, la CPU a pris une large part dans le débat publique touchant aux questions universitaires, se démarquant ainsi du rôle historique moins exposé de la Conférence des chefs d'établissement.

En mai 2007, Jean-Pierre Finance, président de la CPU, affirme au sujet de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités qu'« il serait stupide de refuser les financements privés des universités », affirmant ne pas croire à un désengagement complet de l'État dans ce procédé[7].

En mai 2015, après que Nicolas Sarkozy, en tant que président de l'UMP, se soit déclaré en faveur de l'interdiction du voile à l'université, la CPU s'est officiellement annoncée contre cette interdiction dès le lendemain[8].

Dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 qui oppose Marine Le Pen à Emmanuel Macron, le bureau de la Conférence des présidents d'université appelle à voter contre la candidate FN[9]. En avril 2018, la CPU soutient la réforme des universités menée sous Macron mais s'inquiète du manque de moyens en jeu pour accueillir 30.000 étudiants supplémentaires chaque année[10],[11].

Organisation[modifier | modifier le code]

Activités[modifier | modifier le code]

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La Conférence des présidents d’université (CPU) est une association Loi de 1901 qui rassemble les dirigeants exécutifs des universités et établissements d’enseignement supérieur et de recherche afin de porter la voix et les valeurs des universités dans le débat public. Elle comprend actuellement une centaine de membres votant (présidents d’université, directeurs d’écoles normales supérieures, d’INP, d’INSA, administrateurs généraux) mais également des membres associés.

Force de proposition et de négociation auprès des pouvoirs publics, des différents réseaux de l’enseignement supérieur et de la recherche, des partenaires économiques et sociaux et des institutions nationales et internationales, la CPU réagit aux évolutions du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche et propose des éléments de transformation.

Dans un contexte de profondes mutations du secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche, la CPU a également un rôle de soutien aux présidents dans leurs nouvelles missions et de promotion de l’Université française et de ses valeurs en France et à l’étranger.

Dans son action elle s’appuie sur l’Amue, (Agence de mutualisation des universités et établissements) qui contribue à l’élaboration d’une offre logicielle performante et à la formation des personnels de l’enseignement supérieur.

Composition[modifier | modifier le code]

La CPU regroupe les chefs d'établissements universitaires et de certains établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPCSCP).

Font également partie de la CPU :

Organisation interne[modifier | modifier le code]

Elle désigne, pour deux ans, un président et deux vice-présidents qui constituent le bureau. Les fonctions de vice-président ne sont pas immédiatement renouvelables.

Les membres de la CPU sont répartis en sept commissions, consacrées à des sujets particuliers :

  • Juridique
  • Vie étudiante et questions sociales
  • Formation et insertion professionnelle
  • Relations internationales et européennes (ex-CORIE)
  • Recherche et innovation
  • Moyens et personnels
  • Santé

Le président de la CPU et les deux vice-présidents, les huit présidents des commissions et sept autres membres forment le Conseil d'Administration (CP2U), également désignée pour deux ans.

La conférence se réunit usuellement le troisième jeudi de chaque mois en séance ordinaire plénière.

Commissions et comités[modifier | modifier le code]

La conférence des présidents d'universités compte plusieurs commissions et comités pour piloter différents projets, instruire des dossiers ou préparer les positions de la CPU sur différents sujets.

Voici la liste exhaustive des différentes commissions de la CPU :

  • La commission de la formation et de l'insertion professionnelle
  • La commission de la recherche et de l'innovation
  • La commission des moyens et des personnels
  • La commission de la vie de l'étudiant et des questions sociales
  • La commission des relations internationales et européennes
  • La commission juridique
  • La commission des questions de santé
  • La commission Regroupements et politiques de sites
  • Le comité de la transition écologique
  • Le comité numérique
  • Le comité communication et attractivité des universités

Moyens[modifier | modifier le code]

Conformément à l'article D.233-5 du code de l'éducation, les moyens de fonctionnement de la CPU sont à la charge du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. La Conférence est installée au 103, boulevard Saint-Michel, à Paris, dans des locaux regroupant plusieurs institutions liées à l'enseignement supérieur.

Présidents[modifier | modifier le code]

Mandat Nom Statut Université
2007 - 2008 Jean-Pierre Finance Professeur d'informatique Nancy 1
2008 - 2010 Lionel Collet Professeur de physiologie Lyon 1
2010 - 2012 Louis Vogel[12] Professeur de droit privé Paris 2
2012 - 2016 Jean-Loup Salzmann[13] Professeur d'histologie Paris 13
2016 - 2020 Gilles Roussel[14] Professeur d'informatique UPEM

Activité de lobbying[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

La Conférence des présidents d'université est inscrite comme représentant d'intérêts auprès de l'Assemblée nationale. Elle déclare à ce titre sans annoncer de date précise un budget global de 3 500 000 Euros, dont 3 200 000 Euros de financement public, et indique que les coûts annuels liés aux activités directes de représentation d'intérêts auprès du Parlement n'excédent pas 100 000 Euros[15].

Pour l'année 2017, la Conférence des présidents d'université déclare à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités de lobbying en France pour un montant qui n'excède pas 10 000 euros[16].

Auprès des institutions de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

la CPU est inscrite depuis 2011 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Elle déclare en 2015 pour cette activité 4 collaborateurs à temps plein et des dépenses d'un montant compris entre 10 000 et 25 000 Euros[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annonce sur le site de la CPU.
  2. Erwan Lecomte, « La géniale lauréate du concours "ma thèse en 180 secondes" », sur sciencesetavenir.fr, (consulté le 3 octobre 2016).
  3. Sonya Faure, « Les présidents d'université vont devoir s'atteler à la parité », Libération,‎ (lire en ligne)
  4. « L’AEFE établit un partenariat avec la Conférence des présidents d’université », AEFE - Vie du réseau,‎ (lire en ligne)
  5. (en) « New Logo and Identity for Conférence des Présidents d’Université by Graphéine », Brand New,‎ (lire en ligne)
  6. « Accord-cadre CPU-Cnous : une collaboration renouvelée », CPU Actualités,‎ (lire en ligne)
  7. Denis Peiron, « Jean-Pierre Finance, président de la Conférence des présidents d'université (CPU). « Il serait stupide de refuser les financements privés des universités » », La Croix,‎ (lire en ligne)
  8. Aude Bariéty, « Le Conseil national de l’Enseignement Supérieur se prononce contre l’interdiction du voile à l’université », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  9. Adrien de Tricornot, « Les appels à faire barrage à Marine Le Pen se multiplient dans l’éducation et l’enseignement supérieur », lemonde.fr, 26 avril 2017.
  10. Marie-Christine Corbier, « Les présidents d'université soutiennent la réforme mais s'inquiètent du manque de moyens », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  11. Kira Mitrofanoff, « Blocage des Universités: le président des facs sort de son silence », Challenges,‎ (lire en ligne)
  12. Natacha Polony, « Le président d'Assas élu à la tête des universités », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  13. « Actualités », sur CPU
  14. Aurore Abdoul-Maninroudine, « Gilles Roussel est élu président de la Conférence des présidents d'université », ÉducPros,‎ (lire en ligne)
  15. « Tableau des représentants d'intérêts », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 15 octobre 2016)
  16. « Fiche Organisation « Haute Autorité pour la transparence de la vie publique », sur www.hatvp.fr (consulté le 10 juin 2018)
  17. Registre de transparence des représentants d'intérêts - Commission Européenne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]