Conférence de Moscou (1944)

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Accord de pourcentages contresigné par Churchill et Staline à Moscou le .

La conférence interalliée de la Seconde Guerre mondiale qui s'est déroulée du 9 au 19 octobre 1944 est la quatrième à s'être tenue à Moscou. Comme toutes ces conférences, elle porte un nom de code, en l'occurrence « Tolstoï »[1]. Certaines sources britanniques l'identifient comme la deuxième conférence de Moscou car c'est la deuxième fois que Churchill et Staline se rencontrèrent à Moscou après leur conférence de 1942.

Présents[modifier | modifier le code]

L'Union soviétique était représentée par Joseph Staline et Vyacheslav Molotov, son ministre des affaires étrangères ; le Royaume-Uni par Winston Churchill, Anthony Eden, son ministre des Affaires étrangères, et le maréchal Sir Alan Brooke. Les États-Unis avaient envoyé comme observateurs Averell Harriman, l'ambassadeur en URSS, et le général John Russell Deane, chef de la mission militaire à Moscou. Étaient également présentes les délégations du gouvernement polonais en exil et du gouvernement polonais provisoire (communiste)[2],[3].

Sujet des discussions[modifier | modifier le code]

Les discussions ont porté sur l'entrée en guerre de l'URSS contre le Japon et sur le futur de la Pologne et des Balkans. Lors de cette conférence, les Britanniques acceptèrent le principe du retour en URSS de tous les citoyens de l'URSS capturés ou enrôlés par l'armée allemande[4], or le code militaire soviétique assimilait à une trahison le fait de s'être rendu ou d'avoir été capturé par l'ennemi.

D'autre part, Churchill propose à Staline un partage des zones d'influence entre les deux grands blocs, qui préfigure le « partage du monde » qui deviendra effectif postérieurement à la Conférence de Yalta lors de la Guerre froide[5]. Contresigné par Churchill et Staline, cet accord prévoit les « taux d'influence » suivants, respectivement pour les Alliés occidentaux et pour l'URSS : Hongrie et Yougoslavie : 50-50 %, Roumanie : 10 % - 90 %, Bulgarie: 25 % - 75 % et Grèce : 90 % - 10 %, nonobstant le poids respectif des non-communistes et des communistes dans les mouvements de résistance et les opinions (par exemple, les communistes étaient très minoritaires en Roumanie et Bulgarie, mais majoritaires en Grèce à la tête du principal mouvement de résistance). Le principal objectif de Churchill était d'obtenir de Staline un renoncement à la Grèce, où la guerre civile grecque allait découler du choc entre la résistance grecque à majorité communiste et la volonté anglaise de maintenir la Grèce dans la sphère d'influence occidentale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Second Moscow Conference - 9 to 19 October 1944 », sur BBC Site
  2. (en) « Dividing the Balkans », sur Churchill Centre (The) Site
  3. (en) « Churchill and Stalin », sur Yale University Press Site
  4. Tolstoy, Nikolai, The Secret Betrayal, Charles Scribner' Sons (1977) (ISBN 0-684-15635-0), p. 75.
  5. Pascal Boniface, Le grand livre de la géopolitique: Les relations internationales depuis 1945 - Défis, conflits, tendances, problématiques , Éditions Eyrolles, 2014, encart : quelques idées reçues sur la Conférence de Yalta

Articles connexes[modifier | modifier le code]