Concours international de piano Frédéric-Chopin
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Concours Chopin Jeux olympiques du piano |
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Institut Frédéric-Chopin (depuis ) |
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Le Concours international de piano Frédéric-Chopin, communément appelé le concours Chopin[note 1], est l'un des principaux concours de musique classique réservés aux pianistes — avec Van-Cliburn, Leeds et Rubinstein — et le plus ancien d'entre eux[note 2]. Sa renommée mondiale lui vaut le surnom de « jeux olympiques du piano ». Ayant lieu en Pologne, à la Philharmonie nationale de Varsovie (sauf en ), il est diffusé en direct sur l'audiovisuel public national — d'abord la radio, puis celle-ci et la télévision —, et depuis également sur Internet. Lors des auditions publiques, les participants ne jouent que des œuvres de Frédéric Chopin.
Fondé en par le pianiste et professeur de piano Jerzy Żurawlew (prononcé [ je.ʒi.ʒu.rav.lɛf]) dans une Pologne en pleine crise identitaire, surtout après le coup d'État de mai, l'événement, interrompu par la Seconde Guerre mondiale, est ensuite fortement soutenu par les pouvoirs publics nationaux (communistes puis post-communistes). Depuis , il est organisé par l'Institut Frédéric-Chopin, une structure créée par une loi polonaise.
Il connaît dix-neuf éditions : en , , , 1949, , puis tous les cinq ans jusqu'en , et enfin en ainsi qu'en . Parmi les vainqueurs, on compte plusieurs légendes du piano telles que Maurizio Pollini (), Martha Argerich (), Krystian Zimerman () et Yundi Li (). À l'issue de l'édition de 2025, le jury, présidé par Garrick Ohlsson, décerne le premier prix à Eric Lu.
Souvent qualifiée de « scandaleuse », l'élimination d'Ivo Pogorelich avant la finale en engendre la polémique la plus célèbre de l'histoire du concours.
Histoire
[modifier | modifier le code]Contexte politique : la mémoire de Chopin au secours du nationalisme polonais
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La proclamation de l'indépendance de la Pologne en et le coup d'État de comptent parmi les étapes politiques et économiques les plus difficiles du pays au cours des trois premières décennies du XXe siècle. Ces grandes turbulences se répercutent naturellement sur sa vie économique, culturelle et sociale. Son principal souhait est alors d'obtenir la reconnaissance et l'acceptation de son indépendance par les autres pays, d'autant que cet État-nation n'existait pas vraiment aux yeux des Européens au siècle précédent.
Cette ambition pousse naturellement les dirigeants polonais à développer l'éducation et tous les domaines culturels. Ils sont plus que jamais conscients du fait que les pays démocratiques doivent être cultivés et peuplés de personnes créatives. En d'autres termes, l'indépendance et l'identité du pays doivent se refléter directement dans l'éducation de sa société (systèmes scolaires et d'enseignement supérieur), dans l'éventail des médias (journaux, radio) et dans la culture (musique, littérature, etc.).
Ce désir d'être reconnu et accepté se renforce après le coup d'État de 1926, car les nouveaux dirigeants, en premier lieu le président Ignacy Mościcki, sont tenus responsables par les autres pays de leurs attitude et intentions envers la Pologne. Ils sont donc ouverts et disposés à accepter de nouvelles idées afin d'améliorer l'image de leur pays. De plus, l'idée d'un concours qui vise à promouvoir et à célébrer un grand compositeur polonais correspond à l'esprit politique qui règne au début de la période de Sanacja initiée par Józef Piłsudski, responsable du coup d'État. En effet, la Sanacja dépasse le cadre de la politique ; à travers les déclarations diffuses du maréchal sur le « nettoyage, la réforme et le renforcement de l'État », elle soulève également les questions du renouveau moral et de l'identité nationale[1].
Cependant, les institutions culturelles de la Pologne de l'entre-deux-guerres ne reçoivent aucun soutien concret de la part de l'État. Elles se financent en partie elles-mêmes et complètent avec des sponsors privés, qui ne sont pas faciles à trouver dans un pays affaibli par une guerre mondiale et qui vient tout juste de renaître après plus d'un siècle de partition entre la Russie, la Prusse (plus tard l'Allemagne) et l'Autriche-Hongrie[2].
Création et trois premières éditions (1925-1937)
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L'idée d'un événement périodique régulier où de jeunes pianistes interpréteraient la musique de Chopin apparaît vers ; elle est promue en grande partie par le pianiste et professeur de piano Aleksander Michałowski. Le format concours n'est envisagé que par la suite[3], lorsque Jerzy Żurawlew, élève de Michałowski, remarque l'enthousiasme croissant des jeunes pour les compétitions sportives[4],[5].
Consulté par Żurawlew en 1925, le président de la République Stanisław Wojciechowski (prononcé [sta.nis.waf.vɔj.t͡ɕɛ.xɔf.ski]) refuse de patronner un tel projet[2], et le ministère des Affaires religieuses et de l'Éducation publique décide de ne pas le soutenir financièrement[1]. Après le coup d'État de mai, Żurawlew reprend ses tractations[1] ; le nouveau président, Ignacy Mościcki (prononcé [iɡ.na.t͡sɨ.mɔɕ.t͡ɕi.t͡ski] ⓘ), entré en fonction en , accepte de donner son soutien[2], et promet même un cadeau pour le vainqueur[1]. Żurawlew crée alors officiellement le concours en [6]. Initialement prévue en pour accompagner l'inauguration du Monument à Frédéric Chopin au parc Łazienki et l'anniversaire de la mort du compositeur, la première édition est reportée en raison de problèmes logistiques[2] et débute le [3],[7], à la Philharmonie nationale de Varsovie[3],[8]. Vingt-six pianistes provenant de huit pays européens[2] (Pologne, Autriche, Belgique, Pays-Bas, Lettonie, Suisse, Hongrie et Union soviétique[3]) y participent.
Le concours est renouvelé en [9] puis en [10] par la Société de musique de Varsovie. Dans l'entre-deux-guerres, son aspect politique attire l'attention du gouvernement soviétique, qui en fait un élément important de sa politique culturelle[C'est-à-dire ?]. À cette époque, les dirigeants soviétiques prennent progressivement conscience de l'importance du soft power pour créer une image positive de l'URSS sur la scène internationale[9].
Alors qu'une quatrième édition est prévue en 1942, le concours est interrompu par l'effondrement de la Pologne au début de la Seconde Guerre mondiale[11]. La Philharmonie est bombardée dès , puis détruite pendant l'insurrection de 1944[2].
Reprise et pérennisation pendant la guerre froide (1949-1985)
[modifier | modifier le code]L'événement reprend en , année du centenaire de la mort de Chopin, et est désormais coorganisé par le ministère polonais de la Culture et des Arts[note 3]. Cette édition n'a pas lieu à la Philharmonie, le bâtiment ayant été complètement détruit au début de l'insurrection de Varsovie en [2],[8]. L'organisation de cette première édition après la guerre à Varsovie nécessite l'engagement de toutes les institutions publiques, ainsi que la contribution personnelle de musiciens et de professeurs de musique. L'enjeu nationaliste persiste : quelques semaines avant le concours, le président de la République, Bolesław Bierut, inaugure l'« année Chopin » dans un discours axé sur les éléments de la musique folklorique de Mazovie dans les œuvres du compositeur, associant ces mélodies à l'expression des sentiments les plus profonds des Polonais, de leurs inquiétudes et de leurs joies. Il souligne que Chopin a enrichi et ennobli les mélodies folkloriques traditionnelles, les sublimant en morceaux riches de sens et profondément nationaux[11]. Le jury n'est pas totalement impartial : le vice-ministre de la Culture Włodzimierz Sokorski demande aux dix jurés polonais (sur vingt-deux ou vingt-trois membres) de favoriser « les pianistes polonais et soviétiques[4],[1] ».
Au total, huit éditions se déroulent durant la guerre froide, période marquée par une forte politisation des échanges culturels internationaux : celles de 1949, , 1960 (en), 1965 (en), 1970 (en), 1975 (en), 1980 (en) et 1985 (en)[4]. À partir de 1949, le concours Chopin devient un instrument de prestige potentiel pour les pays qui y envoient des candidats ou même des délégations. Événement culturel majeur en Pologne et dans le monde musical, il devient le rendez-vous quinquennal des musiciens et mélomanes passionnés par Chopin, et permet de réunir les Polonais autour d'un marqueur culturel fort. Le concours rythme la vie politique tout en devenant, par l'intermédiaire des médias audiovisuels, un élément important de la vie quotidienne des habitants[4]. Il est, en outre, un outil diplomatique de premier ordre pour le pays : à partir de la période du dégel, dès la fin des années 1950, il sert de courroie de transmission à la diplomatie culturelle polonaise, les lauréats polonais Halina Czerny-Stefańska, Barbara Hesse-Bukowska, Adam Harasiewicz et Piotr Paleczny représentant leur pays lors de concerts dans les principales salles du monde[4].
En 1955, un Chinois, Fou Ts'ong, qui a terminé ses études de piano au Conservatoire de Varsovie, devient le premier de son pays à obtenir un prix au concours. D'après certains chercheurs, c'est cet événement remarqué qui incite le Parti communiste chinois (PCC) à développer une promotion stratégique de la musique de Chopin et des institutions de musicologie occidentale sur le territoire chinois[12].
Jusqu'en 1965, le concours se déroule principalement en février. En , plusieurs jurés tombent malades, et le froid, particulièrement rigoureux ce mois-là, est accusé ; c'est pour cette raison que l'événement est déplacé à octobre, aux températures plus douces, et qui est également la période où Chopin est mort[13].
L'édition de 1980 est secouée par la polémique qui entoure l'élimination d'Ivo Pogorelich avant la finale (voir la section Polémiques).
Après la guerre froide
[modifier | modifier le code]En 1995 (en), 257 pianistes envoient un dossier de candidature, espérant être présélectionnés pour participer[3].

En 2000 (en), 348 jeunes musiciens tentent leur chance[3]. L'obtention de la médaille d'or par le Chinois Yundi Li — lequel devient le plus jeune vainqueur de l'histoire de la compétition alors que, contrairement à Fou Ts'ong, il a fait toute sa formation dans son pays natal[12] — connaît un retentissement énorme en Chine, ce qui a pour effet d'accélérer la popularisation de la musique de Chopin dans le pays au début du XXIe siècle[14]. L'attribution du quatrième prix à une autre personne chinoise, Sa Chen, est également relevée[15]. L'intérêt croissant des jeunes Chinois (et, plus largement, des jeunes Asiatiques) pour le piano classique à cette période s'explique aussi par un « effet Lang Lang », alors que ce jeune pianiste issu du Liaoning devient très populaire à l'échelle mondiale dans les années 2000[16].
En 2010 (en), l'Institut Frédéric-Chopin, créé par une loi polonaise[17], prend en charge l'organisation de l'événement[18].
La victoire du Sud-Coréen Seong-Jin Cho en 2015 (en) est une preuve supplémentaire de la popularité croissante de Chopin en Asie de l'Est. Cette édition recense un nombre record de 455 candidats à la participation — parmi eux, 88 viennent du Japon et 47 de Corée du Sud, tandis que la Chine et Taïwan comptent ensemble 77 inscrits[19].
La dix-huitième édition (en), prévue en [11], est reportée à en raison de la pandémie de Covid-19[20]. Sur les quelque 500 candidatures reçues par l'équipe du concours, plus de 100 viennent de Chine[21]. Le public porte un masque de protection[22].
La dix-neuvième édition (en) se tient du au (le étant le premier jour du premier tour éliminatoire et le le jour de l'annonce des lauréats)[23]. En 2024, dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le porte-parole annonce que les pianistes russes sont autorisés à participer, mais sous drapeau neutre et à la condition de « signer une déclaration dans laquelle ils condamnent catégoriquement la violation du droit international[24] ».
Règlement
[modifier | modifier le code]Âge et expérience requis
[modifier | modifier le code]En 2015[25], 2021[26] et 2025[27],[28], le concours est ouvert aux pianistes confirmés âgés de seize à trente ans. En 2025, Yulia Nakashima, quinze ans, est néanmoins admise[29].
Les candidats doivent être des artistes bien formés et avoir suffisamment d'expérience de la scène et du public. Ils doivent donc souvent remporter d'autres concours avant de pouvoir participer au Concours Chopin[3].
Répertoire
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Le répertoire est toujours exclusivement issu de la liste des œuvres de Frédéric Chopin[8],[27],[30],[31].
Pour la finale, les candidats doivent notamment préparer l'un des deux concertos pour piano de Chopin, qu'ils choisissent (le no 1 en mi mineur ou le no 2 en fa mineur). Au total, les aspirants au concours Chopin doivent pouvoir jouer par cœur environ trois heures de musique[30].
Récompenses
[modifier | modifier le code]Depuis 1960, six prix principaux sont en jeu[32]. Certains peuvent ne pas être attribués à l'appréciation du jury.
En 2015, le vainqueur reçoit, entre autres, 30 000 euros[33]. En 2021, le premier prix est constitué d'une somme de 40 000 euros et une médaille d'or, ce qui en fait le deuxième prix le mieux doté au monde après celui de Cleveland[26]. En 2025, le premier prix est doté d'une prime de 60 000 euros[30],[27],[28],[34]. En général, le vainqueur se voit aussi offrir un contrat par Deutsche Grammophon[35].
En 2025, le deuxième lauréat reçoit 40 000 euros et une médaille d'argent ; le troisième, 35 000 euros et une médaille de bronze. Les quatrième, cinquième et sixième lauréats gagnent respectivement 30 000 euros, 25 000 euros et 20 000 euros. Les autres finalistes obtiennent quant à eux des prix équivalant à 8 000 euros[36].
Des prix spéciaux peuvent être décernés. Ceux mentionnés par la presse en 2025 sont les suivants[35],[37] :
Déroulement
[modifier | modifier le code]Depuis 2010, et sans compter les présélections, le concours se compose de trois étapes et d'une finale[5] étalées sur quinze jours[38], eux-mêmes répartis sur trois semaines[26].
Présélections
[modifier | modifier le code]Depuis 2010, les candidatures, sous forme d'enregistrements vidéo[39] non publics[40], sont transmises par Internet ; on en compte 642 en 2025[31], un record[41],[27]. Environ 160 sont présélectionnées[20],[30],[27]. En 2025, le jury exige des vidéos de six préludes, deux études, quelques nocturnes et une ballade[30].
Depuis 2005, quelques mois avant la phase officielle, chacun des candidats présélectionnés — à l'exception des lauréats d'autres concours reconnus, par exemple Van-Cliburn — est invité à donner une audition préliminaire[30],[31],[40] d'une vingtaine de minutes. Environ quatre-vingt candidats sont retenus et considérés comme participants officiels[42],[31].
Trois étapes éliminatoires
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En octobre de l'année du concours (depuis 1970)[30], les candidats officiels se soumettent à trois auditions éliminatoires[note 4] à la Philharmonie nationale de Varsovie. Pour chacune, ils reçoivent une liste restrictive d'œuvres de Chopin et y choisissent, individuellement, les morceaux qu'ils interprètent par la suite[39],[31].
Finale
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En finale, la dizaine de candidats restants exécutent, toujours à la Philharmonie[27], l'un des concertos (le no 1 en mi mineur ou le no 2 en fa mineur) avec l'Orchestre philharmonique de Varsovie[38]. En 2025, les finalistes jouent également la Polonaise-Fantaisie op. 61[30],[38],[43].
En 2021, le jury admet douze candidats à l'épreuve ultime[42], et onze en 2025[36],[31].
Annonce des résultats et concert des lauréats
[modifier | modifier le code]Les noms des lauréats sont dévoilés quelques heures après la fin de la finale[42], donc souvent très tard dans la nuit.
Après l'annonce des résultats, les primés donnent un concert commun[30] au Grand Théâtre de Varsovie[44].
Évaluation des candidats
[modifier | modifier le code]Nombre de jurés
[modifier | modifier le code]En 2021[26] et en 2025[30],[38], les jurés sont au nombre de dix-sept. Ils étaient vingt-trois en 2000[45] et vingt-six en 1949[46].
Règle concernant les élèves des jurés
[modifier | modifier le code]Les jurés ne peuvent pas évaluer les performances de leurs propres élèves. La définition d'« élève » est précise[47].
En 2025, Krzysztof Jabłoński (pl), ex-professeur de Kevin Chen, aurait peut-être favorisé celui-ci, sans que cela ait une incidence sur le classement final ; Le Devoir précise, en formulant cette hypothèse, qu'il n'y a « aucun scandale » lors de cette édition[48].
Méthode
[modifier | modifier le code]De 2005 à 2021, à chaque étape éliminatoire, les performances sont évaluées selon deux systèmes : un système de points et un système « oui/non ». Le système « oui/non » est considéré comme principal, mais lors de la finale, seul le système de points est utilisé[47]. Cette méthode est abandonnée en 2025[49].
Pour chaque concurrent, la moyenne arithmétique des points obtenus est calculée. Ensuite, la médiation commence. Si le nombre de points attribués par l'un des jurés s'écarte trop de la moyenne arithmétique du total des points obtenus par un pianiste à une étape donnée[note 5], alors cette évaluation est exclue[47].
En 2025, dans la qualification pour la finale, la demi-finale compte pour 70 %, mais le premier tour pèse encore 10 %, et le deuxième, 20 %. Dans le résultat, la demi-finale et la finale ont le même poids (35 %)[48].
Audience
[modifier | modifier le code]Accès aux auditions
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La grande salle de la Philharmonie nationale de Varsovie a une capacité de 1 100 sièges[30]. Les places se réservent un an à l'avance, sur Internet[50].
Pendant le concours, des mélomanes attendent devant la billetterie dans l'espoir d'obtenir des places de dernière minute[34].
Diffusion
[modifier | modifier le code]Les auditions sont suivies à la télévision et à la radio[5]. Depuis 2005[51], elles sont aussi diffusées en direct sur Internet : sur le site web officiel de l'édition et sur YouTube[52],[30],[31]. En 2021, les organisateurs recensent 36 à 37 millions de spectateurs en ligne[5],[53].
L'édition 2025 est retransmise[54] :
- gratuitement[39] sur son site web et la chaîne YouTube de l'Institut Frédéric-Chopin ;
- à la télévision polonaise, sur la chaîne TVP Kultura et le service TVP VOD ;
- à la radio polonaise, sur la station Dwójka (en) et la radio numérique Polskie Radio Chopin ;
- sur le réseau social chinois Weibo[55],[56].
Toujours en 2025, Medici.tv diffuse en direct les trois concerts de la finale et celui du lauréat[52].
En outre, des retransmissions sont organisées un peu partout dans Varsovie, sur les écrans à l'aéroport, dans des restaurants, ainsi que dans une tente dressée pour l'occasion[34] par le mécène Orlen sur la place des Défilés[57].
Principaux lauréats
[modifier | modifier le code]Vainqueurs
[modifier | modifier le code]-
Lev Oborine (1927). -
Alexandre Uninsky (1932). -
Iakov Zak (1937). -
Halina Czerny-Stefańska (1949). -
Adam Harasiewicz (1955). -
Maurizio Pollini (1960). -
Martha Argerich (1965). -
Garrick Ohlsson (1970). -
Krystian Zimerman (1975). -
Dang Thai Son (1980). -
Stanislav Bounine (1985). -
Yundi Li (2000). -
Yulianna Avdeeva (2010). -
Seong-Jin Cho (2015). -
Bruce Liu (2021). -
Eric Lu (2025).
Lauréats des quatre premiers prix
[modifier | modifier le code]Polémiques
[modifier | modifier le code]Élimination d'Ivo Pogorelich (1980)
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La dixième édition, qui a lieu en , est marquée par la controverse née autour d'un des candidats, le Yougoslave Ivo Pogorelich[58],[59] (vingt-deux ans), qui divise profondément le jury[60] alors qu'il est considéré par la presse américaine et polonaise comme le favori de la critique et du public[1],[61]. Certains jurés, parmi lesquels Martha Argerich, Paul Badura-Skoda et Nikita Magaloff, se montrent particulièrement enthousiastes à l'égard de son style, quand d'autres trouvent son interprétation inacceptable et son comportement provocant[61]. Parmi eux, Andrzej Jasiński affirme qu'il « ne peut pas noter cette personne[59] ». Alors que Pogorelich est sur le point d'être éliminé avant la finale, Martha Argerich quitte le jury, déclarant sa colère, n'hésitant pas à voir en ce jeune pianiste un « nouvel Horowitz[62] » et à le qualifier de « génie[63] ».
Finalement éliminé après la troisième étape[64],[61], il reçoit néanmoins le prix de la critique et une mention. Sa carrière est de toute manière lancée : la Deutsche Grammophon lui offre même un contrat peu de temps après, ce qu'elle réserve habituellement au seul vainqueur[60].
Vingt-huit ans après, lors d'un passage à Varsovie en 2008, Pogorelich tente de relancer la polémique en demandant la publication des délibérations du jury afin de « lever l'ombre qui pèse » sur lui depuis ce concours[65],[66].
Attribution du premier prix à Yulianna Avdeeva (2010)
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La victoire de la pianiste russe Yulianna Avdeeva à l'issue de l'édition de — la première édition organisée par l'Institut Frédéric-Chopin — donne lieu à une nouvelle polémique. La presse et la critique attendaient plutôt la victoire de l'Autrichien Ingolf Wunder et soutenaient également Lukas Geniušas, lesquels ont terminé deuxièmes ex æquo, ainsi que Daniil Trifonov, arrivé troisième[67]. Le quotidien Rzeczpospolita titre « Un verdict bouleversant » le lendemain des résultats, qualifiant même le jeu de la gagnante de « lamentablement prévisible ». The Warsaw Voice (en) constate, lui, que « le public et les critiques étaient d'accord pour dire que Wunder aurait dû gagner le premier prix » et qu'« après le troisième tour, Wunder semblait surclasser tous les candidats, excepté Evgeni Bozhanov (en) », mais qu'après la finale, alors que Bozhanov n'avait pas convaincu, Wunder était « sensationnel et s'est positionné comme le meilleur pianiste[68] ».
On constate pourtant que sept jurés sur douze ont placé dans leur vote Avdeeva première en finale[69] (dont Martha Argerich, qui a défendu son choix dans la presse et salué la première victoire d'une femme depuis sa propre victoire en 1965[70]), tandis que cinq sur onze seulement ont placé Wunder premier (dont quatre jurés les ayant placés tous deux premiers ex æquo)[69]. En outre, la pianiste russe a obtenu des notes moyennes la positionnant première à chaque étape[69].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Les organisateurs communiquent en deux langues : le polonais et l'anglais. En polonais, le concours est appelé « Międzynarodowy Konkurs Pianistyczny im. Fryderyka Chopina » ou « konkurs Chopinowski », et en anglais, « International Fryderyk Chopin Piano Competition » ou « Chopin Competition ».
- ↑ Il est même plus ancien que de grands concours pluridisciplinaires incluant le piano, tels que le concours Reine Élisabeth ou encore le concours Tchaïkovski.
- ↑ Avec la Société Frédéric-Chopin de Varsovie de 1960 (en) à 2005 (en)[4].
- ↑ Deux en 2005.
- ↑ En 2010 : de plus de dix points sur cent à l'étape 1, huit points à l'étape 2, six points à l'étape 3 et cinq points en finale[47].
- Citée deuxième ex æquo sur le site officiel de l'édition de 2021. Avant le concours, le vice-ministre de la Culture Włodzimierz Sokorski demande aux dix jurés polonais (sur vingt-deux ou vingt-trois membres) de favoriser « les pianistes polonais et soviétiques[4],[1] ». Selon les membres soviétiques du jury, les jurés polonais ne suivent qu'une partie de cette consigne, et les concurrents polonais sont favorisés au détriment des pianistes soviétiques[1]. Lorsque le jury découvre que Bella Davidovitch a obtenu la meilleure note lors de la première étape du concours, les jurés polonais abaissent délibérément leurs notes lors des épreuves suivantes[1]. Au départ, leurs efforts sont couronnés de succès : lorsque les résultats finaux sont comptabilisés, Halina Czerny-Stefańska, une candidate polonaise, occupe la première place et Bella Davidovitch la deuxième[1]. Mais les Soviétiques protestent, accusant les jurés d'avoir falsifié les notes de Davidovitch[1]. Le présidium du Comité Chopin résout le différend[1] en divisant le premier prix en deux[4].
Références
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Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Ouvrage de référence
[modifier | modifier le code]- (en) Ada Arendt, Marcin Bogucki, Paweł Majewski et Kornelia Sobczak, The Chopin Games: History of the International Fryderyk Chopin Piano Competition in 1927-2015, éditions de l'Université de Varsovie (pl) (WUW), (ISBN 978-83-235-4801-0).

Articles scientifiques
[modifier | modifier le code]- Germain Le Roch, « Le Concours Chopin de Varsovie pendant la Guerre froide : quand la pratique musicale subvertit l’ordre bipolaire », Bulletin de l'Institut Pierre Renouvin, vol. 49, no 1, , p. 137–148 (ISSN 1276-8944, DOI 10.3917/bipr1.049.0137, lire en ligne
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, consulté le ) - (en) Paweł Majewski, « Nationality Issues at the 3rd International Chopin Piano Competition (1937) », International Review of the Aesthetics and Sociology of Music, vol. 54, no 1, , p. 69–86 (ISSN 0351-5796, lire en ligne
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Sitographie
[modifier | modifier le code]- (pl) « Historia konkursu chopinowskiego od 1995 do 2021 w pigułce »
, sur Onet.pl (consulté le ) - (pl) « Konkurs Chopinowski w cieniu kontrowersji. Największe skandale »
, sur Onet.pl, (consulté le )
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Sujets liés au concours Chopin
[modifier | modifier le code]- Fédération mondiale des concours internationaux de musique, dont le concours Chopin est membre fondateur
- Zbigniew Drzewiecki, président du jury à quatre reprises (de 1949 à 1965)
- Jan Ekier et Andrzej Jasiński, présidents du jury à trois reprises (le premier de 1985 à 1995, le second de 2000 à 2010)
- Concours international Chopin sur instruments d'époque, créé par l'Institut Frédéric-Chopin en 2018
Autres concours réservés aux pianistes
[modifier | modifier le code]- Nommés en l'honneur d'une personne, outre ceux cités plus haut dans l'article
- Concours international de piano Ferruccio-Busoni
- Concours international de musique Maria-Canals
- Concours international de piano Clara-Haskil
- Concours Géza-Anda
- Concours international de piano Franz-Liszt
- Concours international de piano José-Iturbi
- Concours international de piano Paloma O'Shea
- Concours international de piano Naumburg
- Concours international de piano Delia Steinberg
- Concours international Olivier Messiaen
- Nommés d'après le lieu de leur déroulement, outre ceux cités plus haut dans l'article
Liens externes
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- Site officiel
- Ressource relative à la musique :
- Site officiel de l'édition de 2025
- Site officiel de l'édition de 2021

