Concile de Paris (1811)

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Concile de Paris
Le concile, séance du 10 juillet
Le concile, séance du 10 juillet

Type Concile particulier
Pays Drapeau de l'Empire français Empire français
Localisation Paris dans la Cathédrale Notre-Dame
Organisateur Napoléon Ier
Date -
Participant(s)

Le Concile de Paris ou Concile National est un événement important qui marque les dissensions entre l’empereur Napoléon Ier et le pape Pie VII. Il s’est déroulé en deux phases essentielles, du 17 juin au en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Ce concile a en effet lieu alors que le pape est retenu prisonnier à Savone avant d’être transféré secrètement le à Fontainebleau.

L’empereur souhaite transférer l’institution canonique du pape à l’archevêque métropolitain, mais il se heurte à la décision des prélats qui souhaitent que toutes les décisions qu’ils prennent soient approuvées par le pape en personne.

Déroulement du concile[modifier | modifier le code]

Avant le début du concile, Napoléon a dépêché trois prélats à Savone (de Barral, Duvoisin, et Mannay) auxquels s’est joint Bonsignore (it) [A 1], dans le but d’obtenir un accord signé de Pie VII ; toutefois le Souverain Pontife, malgré la pression discrète mais persistante mise sur lui par cette députation des quatre évêques (1re députation à Savone), résista et refusa de considérer la « note » finale qu'ils rédigèrent, avant de le quitter et rentrer à Paris, comme un accord formel, mais seulement comme un projet à discuter ; après leur départ, il leur fit même envoyer par estafette, par le comte Gaspard de Chabrol, préfet de Montenotte (qui assurait la sévère réclusion du pape dans le palais épiscopal de Savone) un message comme quoi il rejetait formellement 2 clauses de la « note ». Le pape déclara même, à cette occasion, au préfet Chabrol : « Heureusment, Nous n'avons rien signé [1].  » Cette « note » (le pape avait seulement permis aux quatre évêques de lui en laisser une copie) stipulait que le pape consentait : « à instituer les évêques déjà nommés.  » et « qu'une nouvelle clause fût insérée dans les Concordats : sauf cas d'indignité, les métropolitains accorderaient l'institution aux évêques nommés qui n'auraient pas, dans les six mois, reçu (du pape) leurs bulles canoniques. » [2].

Première phase (du 17 juin au 10 juillet)[modifier | modifier le code]

Le concile débute donc le 17 juin mais met un certain temps à aborder la question de l’institution canonique du pape. On sait que dans les premières séances il est question de rédiger une adresse à l'Empereur. La rédaction de celle-ci donne lieu à de longues discussions : on y avait inséré la doctrine contenue dans la déclaration des quatre articles de 1682 relative au gallicanisme, que les évêques italiens n'admettent point.

C’est ainsi, après de nombreux débats, que la majorité des prélats se prononce en faveur de Pie VII. Les prélats demandent toutefois, avant d’annoncer leur réponse à Napoléon, la permission de présenter au Saint-Père, « l’état déplorable des Églises de l’Empire français et du Royaume d’Italie » [A 2], ce qui agace grandement l’empereur.

Le 7 juillet, après que l’Empereur eut rappelé l’« accord » avec Pie VII (le pape avait, en fait, refusé de signer quoi que ce soit, voir supra), le projet impérial est accepté mais les prélats reviennent dès le lendemain sur leur décision. Le projet impérial se définit comme suit[A 3] : les évêques seront nommés par l’empereur et institués canoniquement par le métropolitain le plus ancien. Si le métropolitain refuse d’instituer l’évêque, c’est la Cour d’appel qui se charge de déclarer le siège vacant. Dans les diocèses où il n’y a plus d’évêques, les séminaires seront fermés, les élèves envoyés dans les diocèses alentour et les curés seront nommés par le préfet.

Outré par le revirement de l’assemblée épiscopale, Napoléon fait émettre le , un décret impérial annonçant la dissolution du concile.

Seconde phase (du 10 juillet au 5 août)[modifier | modifier le code]

Pour éviter d’envenimer les choses, le cardinal de Cambacérès, archevêque de Rouen fait acte de soumission envers l’empereur[A 4], tout en exprimant des réserves sur les décisions impériales. Le 22 juillet[3], Napoléon demande au président du concile, le cardinal Fesch, d’en faire de même, ce qu’il refuse.

Personnalités présentes au concile[modifier | modifier le code]

Liste[B 1], « par ordre de préséance, des Éminentissimes, Illustrissimes et Rêvérendissimes Cardinaux, Archevêques et Évéques, réunis à Paris, pour le Concile national[4] ».

Cardinaux 
  1. S.É. Joseph Fesch, archevêque de Lyon, primat des Gaules, Grand aumônier de l'Empire, présidant le concile,
  2. S.É. Jean-Sifrein Maury, évêque de Montefiascone et Corneto, nommé à l’archevêché de Paris,
  3. S.É. Antonio Felice Zondadari, archevêque de Sienne
  4. S.É. Giuseppe Spina, archevêque de Gênes,
  5. S.É. Carlo Francesco Maria Caselli, évêque de Parme,
  6. S.É. Étienne Hubert de Cambacérès, archevêque de Rouen,
    Archevêques :
  7. Mgr Antonio Codronchi, archevêque de Ravenne (Royaume d’Italie), Grand aumônier du Royaume,
  8. Mgr Charles François d'Aviau du Bois de Sanzay, archevêque de Bordeaux,
  9. Mgr Hyacinthe de La Tour, archevêque de Turin,
  10. Mgr Claude Le Coz, archevêque de Besançon,
  11. Mgr Claude François Marie Primat, archevêque de Toulouse,
  12. Mgr Louis-Mathias de Barral, archevêque de Tours,
  13. Mgr Ranieri Alliata (it), archevêque de Pise,
  14. Mgr Paolo Lamberto D'Allègre, archevêque-évêque de Pavie (Royaume d’Italie),
  15. Mgr Dominique Dufour de Pradt, archevêque de Malines,
    Archevêques nommés :
  16. Mgr Antoine Eustache d'Osmond, évêque de Nancy, nommé à l’archevêché de Florence,
  17. Mgr Gaspard-André Jauffret, évêque de Metz, nommé à l’archevêché d'Aix-en-Provence,
  18. Mgr Stefano Bonsignore (it), évêque de Faenza, nommé au patriarcat de Venise (Royaume d’Italie),
    Évêques :
  19. Mgr Gian Paolo Dolfin, évêque de Bergame,
  20. Mgr Étienne-André-François-de-Paul Fallot de Beaumont, évêque de Plaisance,
  21. Mgr Charles-François-Joseph Pisani de la Gaude, évêque de Namur,
  22. Mgr Federico Maria Molin, évêque d'Adria (it) (Royaume d’Italie),
  23. Mgr Bernard-Marie Carenzoni, évêque de Feltre (it),
  24. Mgr Bernardino Marini, évêque de Trévise,
  25. Mgr Jean-Baptiste Pierre Saurine, évêque de Strasbourg,
  26. Mgr François Bécherel, évêque de Valence,
  27. Mgr Jean-François Périer, évêque d'Avignon,
  28. Mgr Louis Charrier de La Roche, évêque de Versailles,
  29. Mgr Giovanni Battista Pio Vitale, évêque de Mondovi,
  30. Mgr Charles Montault, évêque d'Angers,
  31. Mgr Henri Reymond, évêque de Dijon,
  32. Mgr Carlo Rovelli (it), évêque de Côme (Royaume d’Italie),
  33. Mgr Fabrizio Selvi, évêque de Grosseto,
  34. Mgr Bonaventura Gazola, évêque de Cervia (Royaume d’Italie),
  35. Mgr Karl Klemens von Gruben (de), évêque suffragant d'Osnabrück (de),
  36. Mgr Clément-Auguste Droste zu Vischering, évêque titulaire (« in partibus ») de Calama (it), suffragant (ou évêque auxiliaire) de Münster,
  37. Mgr Vincenzo Maria Maggioli, évêque de Savone,
  38. Mgr Giuseppe Maria Peruzzi (it), évêque de Chioggia (Royaume d’Italie),
  39. Mgr Francesco Toli, évêque de Pistoia et Prato,
  40. Mgr Gregorio Boari, évêque de Comacchio (it) (Royaume d’Italie),
  41. Mgr Giuseppe Maria Grimaldi, évêque d'Ivrée,
  42. Mgr Emanuel Josef Maria Peter von Thun-Hohenstein, évêque de Trente,
  43. Mgr Dominique Lacombe, évêque d'Angoulême,
  44. Mgr Jean-Claude Leblanc de Beaulieu, évêque de Soissons,
  45. Mgr Filippo Angelico Becchetti, évêque de Città della Pieve,
  46. Mgr Louis Belmas, évêque de Cambrai,
  47. Mgr Jean-Baptiste Bourlier, évêque d'Évreux,
  48. Mgr Jean-Baptiste Marie Caffarelli, évêque de Saint-Brieuc, un des chefs de l'opposition à la politique impériale[5],
  49. Mgr Charles-Antoine-Henri Du Valk de Dampierre, évêque de Clermont,
  50. Mgr Charles Brault, évêque de Bayeux,
  51. Mgr Hugues-Robert Jean Charles La Tour d'Auvergne-Lauraguais, évêque d'Arras,
  52. Mgr Jean-Chrysostôme de Villaret, évêque de Casal (it),
  53. Mgr Jean-Marie-Philippe Dubourg, évêque de Limoges,
  54. Mgr Louis Sébastiani de La Porta, évêque d'Ajaccio,
  55. Mgr Irénée-Yves de Solle, évêque de Chambéry,
  56. Mgr Jean-Baptiste Colonna d'Istria, évêque de Nice,
  57. Mgr Charles Mannay, évêque de Trèves,
  58. Mgr François-Joseph Hirn, évêque de Tournai,
  59. Mgr Jean Jacoupy, évêque d'Agen,
  60. Mgr Jean-Baptiste Duvoisin, évêque de Nantes,
  61. Mgr Guillaume-Balthazar Cousin de Grainville, évêque de Cahors,
  62. Mgr Claude Simon, évêque de Grenoble,
  63. Mgr Joseph Ludwig Colmar, évêque de Mayence,
  64. Mgr Arnaud-Ferdinand de La Porte, évêque de Carcassonne,
  65. Mgr Filippo Ganucci, évêque de Livourne,
  66. Mgr Filippo Ghighi, évêque de Sovana,
  67. Mgr Joseph-Jacques Loyson, évêque de Bayonne,
  68. Mgr Pellegrino Maria Carletti, évêque de Montepulciano,
  69. Mgr Angelo Vincenzo Andrea Maria Dania, évêque d'Albenga (it),
  70. Mgr Jean-François Demandolx, évêque d'Amiens,
  71. Mgr Paul-Jérôme Orengo, évêque de Vintimille (it),
  72. Mgr Giulio Cesare Pallavicini, évêque de Sarzana (it),
  73. Mgr Giulio de' Rossi, évêque de Pescia,
  74. Mgr Étienne-Célestin Enoch, évêque de Rennes,
  75. Mgr Jean-Paul Faudoas, évêque de Meaux,
  76. Mgr Étienne-Martin Maurel de Mons, évêque de Mende,
  77. Mgr Pierre-Vincent Dombidau de Crouseilles, évêque de Quimper,
  78. Mgr Niccolò Laparelli, évêque de Cortone (it),
  79. Mgr Francesco Scipione Dondi Dell'Orologio (it), évêque de Padoue (Royaume d’Italie),
  80. Mgr Maurice Jean Madeleine de Broglie, évêque de Gand,
  81. Mgr Charles François Melchior Bienvenu de Miollis, évêque de Digne,
  82. Mgr Pietro Fazzi, évêque de San Miniato,
  83. Mgr Giuseppe Gaetano Incontri (it), évêque de Volterra,
  84. Mgr Fabien-Sébastien Imberties, évêque d'Autun,
  85. Mgr Nicolas Marie Fournier de La Contamine, évêque de Montpellier,
  86. Mgr Francesco Milesi, évêque de Vigevano (Royaume d’Italie),
  87. Mgr Gabrio Maria Nava, évêque de Brescia (Royaume d’Italie),
  88. Mgr Joseph-François-Xavier de Preux, évêque de Sion,
  89. Mgr Andrea Bratti, évêque de Forlì (it) (Royaume d’Italie),
  90. Mgr Innocenzo Maria Lirutti, O.S.B., évêque de Vérone (Royaume d’Italie),
  91. Mgr Gualfardo Rldolfi, évêque de Rimini.
  92. Mgr Tommaso Ronna (it), évêque de Crema (it) (Royaume d’Italie),
  93. Mgr Pierre Dupont de Poursat, évêque de Coutances,
  94. Mgr Pierre-Ferdinand de Bausset-Roquefort, évêque de Vannes,
  95. Mgr Étienne-Antoine de Boulogne, évêque de Troyes,
    Évêques nommés :
  96. Mgr François-Antoine Lejeas, nommé à l'évêché de Liège,
  97. Mgr François-André Dejean (it), nommé à l'évêché d'Asti,
  98. Mgr Guillaume-Auguste Jaubert, nommé à l'évêché de Saint-Flour,
  99. Mgr Sylvestre-Antoine Bragouse de Saint-Sauveur, nommé à l'évêché de Poitiers,
  100. Mgr Jean-Denis-François Camus, nommé à l'évêché d'Aix-la-Chapelle,
  101. Mgr Benoît Costaz, nommé à l'évêché de Nancy,
  102. Mgr Jacques Raillon, nommé à l'évêché d'Orléans,
  103. Mgr Mathias-François Van Camp, nommé à l'évêché de Bois-le-Duc (nl),
  104. Mgr Claude-Ignace Laurent, nommé à l'évêché de Metz,

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comte Henri de Mayol de Lupé, La Captivité de Pie VII, pp. 217-226 et 245
  2. de Barral, Fragments relatifs à l’histoire ecclésiastique des premières années du XIe siècle, p. 301
  3. Lecestre, Lettres inédites de Napoléon Ier (Paris, 1897, tome 2 p. 147)
  4. Beauchamp 1814, p. 387-392.
  5. Lohou 2012.
  1. p. 87
  2. p. 88
  3. p. 91
  4. p. 99
  1. p. 42

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis-Mathias de Barral, Fragments relatifs à l’histoire ecclésiastique des premières années du XIXe siècle,
  • Charles Ledré, Revue d'histoire de l'Église de France : Un archevêque français au concile de 1811, vol. 32, (lire en ligne)
  • Cérémonial du Concile national de Paris : tenu l’an 1811, Clere, , 58 p. (lire en ligne)
  • Alph. de Beauchamp, Histoire des malheurs et de la captivité de Pie VII sous le règne de Napoleon Buonaparte : précédée et suivie du tableau des principaux événemens de la vie du souverain pontife, depuis sa naissance jusqu'à sa rentrée à Rome en 1814, avec les pièces justificatives à l'appui, dans lesquelles on trouve l'histoire du Concile de Paris en 1811. Ornée d'un frontispice gravé., F. Le Prieur, , 414 p. (lire en ligne), p. 387-392 ;