Concerto pour piano no 6 (Boissier-Butini)

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Le Concerto pour piano no 6 dit "La Suisse" est une œuvre pour piano, flûte obligée et cordes de Caroline Boissier-Butini antérieure à 1818.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'œuvre est composée en 1818, elle est donc antérieure au Concerto pour piano no 5, composé en 1820. Elle ne sera éditée qu'en 2008 à Berne. Pour la première fois depuis deux cents ans, l'œuvre est jouée en public le à Rolle.

Dans ce concerto apparaît un ranz des vaches qui, depuis sa description par Jean-Jacques Rousseau dans son Dictionnaire de la musique, a acquit le statut de chant identitaire suisse pour les européens. Il est devenu le symbole musical d'une société alpine considérée comme authentique et non corrompue. Heureux que le traité de vienne ait rattaché Genève à la Suisse, les genevois deviennent des helvètes exemplaires. Il est probable que ce concerto que la compositrice a elle-même appelé ainsi est à prendre au sens d'une déclaration d'amour patriotique.

Structure[modifier | modifier le code]

L'œuvre comprend trois mouvements :

  1. Allegro
  2. Andantino
  3. Rondo    

Analyse[modifier | modifier le code]

Le concerto présente des mélodies inventée par la compositrice dans le style du volkslied ou du volkston. Tout l'œuvre présente un ton populaire. Dans ce concerto, nous sommes en présence d’une musique qui fait le lien entre ville et campagne, en alliant mélodies champêtres et virtuosité pianistique sophistiquée. L’utilisation de la flûte est un clin d’œil aux bergers, puisqu’il est l’attribut classique de la vie pastorale. Que cette flûte soit qualifiée d’« obligée » par la compositrice signifie que le concerto doit nécessairement être joué avec cet accompagnement de flûte, alors que les cordes ne sont pas indispensables. Comme dans le cas du Concerto pour piano no 5, il s’agit d’une pièce qui peut être interprétée sans orchestre.

Allegro[modifier | modifier le code]

Les thèmes du premier mouvement et la ritournelle du dernier mouvement sont écrits dans un style populaire. Caroline Boissier-Butini, comme beaucoup d'autres, a écrit de toutes pièces des mélodies dans le style populaire, dont les caractéristiques sont des rythmes empruntés à la danse, une ligne mélodique simple doublée à la tierce et des motifs de fanfares.

Andantino[modifier | modifier le code]

Le second mouvement fait sonner un ranz des vaches[1]. Si Caroline Boissier-Butini utilise des moyens instrumentaux très simples, elle montre un grand art de l'orchestration[2]. Si la citation intégrale du ranz est un acte pionnier dans un concerto, le début du deuxième mouvement se distingue aussi par la poésie sonore déployée pour peindre le décor alpestre : un rythme de basse obstinée, un accord parfait aux cordes, une mélodie à la flûte, puis, et c’est là une petite sensation dans l’histoire de la musique, le « cor des Alpes », imité par les flageolets produits à la basse, qui répond à la flûte. Le romantisme musical suisse est né[3].

Rondo[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Caroline Boissier Butini », sur Caroline Boissier Butini (consulté le 17 novembre 2020)
  2. ComposHer, « Caroline Boissier-Butini et Le Moment Baroque », sur Composher, (consulté le 17 novembre 2020)
  3. « Caroline Boissier-Butini - Adalberto Maria Riva, piano | VDE-GALLO », sur vdegallo.com (consulté le 19 novembre 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]