Adèle d'Osmond

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Adèle d'Osmond
Adélaïde d'Osmond,comtesse de Boigne par Jean-Baptiste Isabey.jpg
Portrait d'Adélaïde d'Osmond par Jean-Baptiste Isabey.
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Mère
Fratrie

Adélaïde Charlotte Louise Éléonore dite Adèle d'Osmond, par son mariage comtesse de Boigne, est née à Versailles le et morte à Paris le . Elle est connue pour son travail de mémorialiste et son ouvrage Mémoires, publié en 1907-1908, provoqua un petit scandale dans le monde de l'édition[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de René Eustache, 4e marquis d'Osmond (1751-1838) et d'Éléonore Dillon (1753-1831), elle fut la compagne de jeux du premier dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François de France (1781-1789) à Versailles, sa mère étant dame d'honneur de Madame Adélaïde[1]

Esprit éclairé et ouvert aux réformes, le marquis s'occupe avec un soin tout particulier de l'éducation de sa fille. Il l'initie très tôt aux subtilités de la politique et de l'économie. À treize ans, celle-ci lit les œuvres d'Adam Smith en particulier Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, publiée en 1776. Les liens qui unissent la famille Dillon et les Osmond aux Orléans contribuent à entretenir dans son esprit un attrait pour le libéralisme à l'anglaise [1].

Elle épousa, durant l'émigration, à Londres, le 11 juin 1798, Benoît de Boigne (1751-1830). Ils n'eurent pas d'enfant. D'un commun accord, les époux ne tardèrent pas à se séparer et M. de Boigne retourna vivre en Savoie en 1802.

Adèle revint en France en 1804 et fit partie, jusqu’à la chute de l'Empire, des cercles royalistes que Napoléon tolérait. Elle se lia avec madame de Staël et madame Récamier.

Avec le retour des Bourbons en 1814, elle accéda à une position mondaine de premier plan. Elle suivit d'abord son père, nommé ambassadeur à Turin puis à Londres, avant de se fixer définitivement à Paris, avec, à la belle saison, quelques séjours dans ses maisons de Châtenay-Malabry et de Trouville. Elle régnait sur un salon très brillant et assez mélangé, où la haute aristocratie se mêlait au monde de la politique, de la diplomatie et de la littérature.

Armoiries de la famille d'Osmond.

La monarchie de Juillet devait être le zénith de sa gloire. La famille d'Osmond était en effet très liée à la famille d'Orléans, et Adèle était elle-même une amie intime de la reine des Français, Marie-Amélie de Bourbon. Avec l'âge, son salon prit un caractère plus nettement politique ; c'est alors qu'elle rédigea ses célèbres Mémoires, publiés en 1907-1908 (dans une version expurgée et en texte intégral en 1921-1923) sous le titre : Récits d'une tante, Mémoires de la comtesse de Boigne née d'Osmond. C'est un document irremplaçable sur la monarchie de Juillet. Marcel Proust en fut un lecteur enthousiaste et s'inspira de leur auteur pour forger le personnage de madame de Villeparisis dans La Recherche.

Les Mémoires provoquèrent un petit scandale dans le monde de l'aristocratie et dans celui de l'édition. Certaines familles, dont les ancêtres n'étaient pas ménagés, réclamèrent le retrait de la vente des volumes[1].

Elle fut la maîtresse du chancelier Pasquier : « C'était une croyance assez répandue aux Tuileries et au Luxembourg, écrit Montalivet, qu'après la mort de Mme Pasquier, le chancelier avait épousé en Angleterre Mme de Boigne […] Je suis de ceux qui ont cru au mariage secret. Quoi qu'il en soit, pendant la dernière partie de sa vie, le duc Pasquier vécut avec la comtesse de Boigne dans la plus douce et la plus constante intimité. »

Elle fut aussi l'amie du comte Pozzo di Borgo, ambassadeur de Russie à Paris, et du comte de Nesselrode, ministre des Affaires étrangères du tsar.

Elle est également l'auteur de deux romans, publiés à titre posthume : La Maréchale d'Aubemer, nouvelle du XVIIIe siècle (1866) et Une passion dans le grand monde (1867).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Éditions récentes
  • Mémoires, édition établie, commentée et annotée par Henri Rossi (Collection « Bibliothèques des correspondances, mémoires et journaux », 36), Paris, H. Champion, 2007, 1 vol., 1529 p. (ISBN 978-2-7453-1529-8)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Huguette Krief-Valérie André, Dictionnaire des femmes des Lumières, Paris, Honoré Champion, , 650 p. (ISBN 9782745324870), p. 164

Bibliographie[modifier | modifier le code]