Comté de Touraine

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Le comté de Touraine est une ancienne région du Moyen Âge, mentionnée depuis le VIe siècle, recouvrant le sud-ouest du Bassin parisien, de part et d'autre de la vallée de la Loire. Il correspond aujourd'hui au département d'Indre-et-Loire.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'existence des premiers comtes de Tours est attestée par Grégoire de Tours, évêque de cette ville (573-594), qui écrivit une histoire universelle du monde et de l'Eglise en 572. La Touraine[1] était alors un ducatus (duché) constitué de deux provinces ecclésiastiques (Poitiers et Tours), incluses dans le Regnum Francorum des Mérovingiens [2]. On ne retrouve plus mention de ce duché avant le XIVe siècle. Le comté apparaît à l'époque carolingienne sous Louis Ier le Pieux (814-840). Il est administré par des comtes bénéficiaires nommés par le souverain et contrôlés directement par lui. Au cours du IXe siècle, l'autorité des souverains carolingiens s'affaiblit et les comtes deviennent quasiment autonomes, jusu'à constituer une dynastie comtale, celle des puissants Robertiens, ancêtres des rois Capétiens. Au Xe siècle, le comté devient héréditaire dans la famille du comte de Blois Thibaud Ier "le Tricheur" (v.940-v.978), avant d'entrer, en 1044, dans les possessions des Ingelgériens maîtres de l'Anjou. Cette dynastie comtale agrandit son domaine avec le Maine et une politique habile de "suzeraineté-protection" avec ses voisins, aux dépens de l'autorité des rois de France. C'est l'origine de la puissante principauté des Plantagenêt, dynastie devenue royale par l'accession au trône d'Angleterre en 1154 d'Henri II Plantagenêt, déjà maître du duché d'Aquitaine par son mariage avec son héritière Aliénor (1152). Dans la cadre du conflit entre France et Angleterre, il est ensuite confisqué par Philippe-Auguste en 1204 (le comté de Touraine est un fief royal)[3] et devient une province de France mais également une sénéchaussée héréditaire[4]. À la suite de la bataille de Bouvines en 1214, le traité de Chinon contraint le roi d'Angleterre Jean sans Terre à abandonner ses droits sur ce comté. Le comté est érigé en duché à partir de 1312 et devient ce que l'on appelle sous l'Ancien Régime, la province française de Touraine.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Guillot, Le comte d'Anjou et son entourage au XIe siècle, vol. 1, A. & J. Picard, , 355 p.
  • Gaston Dubois, « Recherches sur la vie de Guillaume des Roches, sénéchal d'Anjou, du Maine et de Touraine : (troisième et dernier article) », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 34,‎ , p. 502-541 (lire en ligne)
  • Jean-Louis Chalmel, Histoire de Touraine, depuis la conquête des Gaules par les Romains, jusqu'à l'année 1790, t. III, H. Fournier, , 543 p. (lire en ligne)
  • Jean-Louis Chalmel, Tablettes chronologiques de l'histoire civile et ecclésiastique de Touraine, Letourmy, , 534 p. (lire en ligne)
  • Bernard Chevalier, David Bohbot, Henri Galinié et al., Histoire de Tours, Toulouse, Privat, 1985, 415 p., cartes, plans [BSAT : C 181]
  • Édouard Gatian de Clérambault, La tour Hugon et le château de Tours in Bulletin de la Société archéologique de Touraine (BSAT), tome XVI, L. Péricat, 1907-1908,
  • Henri Galinié, La résidence des comtes d'Anjou à Tours, Archéologie médiévale, VII, 1977

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ce n'est pas encore la notion de province française qui date de l'Ancien Régime
  2. Chalmel 1818, p. 490
  3. Dubois 1873, p. 540-541
  4. Chalmel 1828, p. 333-336

Liste des lieutenant-généraux de Touraine :

  • 1351 - 1354 : Jean de Saintré