Comput digital

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Exemple sur une copie du XIIIe siècle du De Numeris de Raban Maur.

Le comput digital est l'utilisation de moyens mnémotechniques à l'aide des doigts des deux mains, pour le calcul des fêtes mobiles de la religion chrétienne. Par extension, l'expression recouvre toutes sortes de calculs effectués à l'aide des mains. Cette technique remontant à l'Antiquité (on en retrouve la trace dans l'Évangile de vérité de Nag Hammadi) eut un grand succès dans les écoles au Moyen Âge.

C'est l'Anglo-Saxon Bède le Vénérable qui remet cette technique au goût du jour en Occident, comme en témoigne son traité De loquela per gestum digitorum. On en trouve également la description chez le Grec byzantin Rhabdas[1], l'Arabe Ibn Bundud ou le Perse Ali Yezdi. La technique, qui permet notamment de compter jusqu'au million (de 0 à 100 sur la main gauche, un chiffre par doigt et par phalange, au-delà de 100 sur la main droite) ou de retenir des notes de musique, reste très utilisée tout au long du Moyen Âge (on la retrouve par exemple chez Raban Maur, De numeris), jusqu'au XVe siècle.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Paul Tannery, Mémoires scientifiques, t. IV, Science Byzantine, 1920.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri-Irénée Marrou, « L'Évangile de vérité et la diffusion du comput digital dans l'Antiquité », Vigiliae Christianae, Vol. 12, n°2 (juillet 1958), p. 98-103.
  • P.-H. Poirier, « L'Évangile de Vérité, Ephrem le Syrien et le comput digital », Revue des Etudes Augustiniennes, Vol. 25, n°1-2 (1979), p. 27-34.
  • Gérard Minaud, « Des doigts pour le dire. Le comput digital et ses symboles dans l’iconographie romaine », Histoire et mesure, Vol. XXI, n°1 (2006), p. 3-34.
Comput digital, XVe siècle.
  • Gérard Minaud, « Regard sur la comptabilité antique : la mosaïque de l’aula des mensores à Ostie : des doigts et des comptes», Mélanges de l'École française de Rome, Vol. 116, n°1 (2004), p. 437-468.
  • Gérard Minaud, « Passer Catulli, le petit oiseau de Catulle », Mélanges de l'École française de Rome, Vol. 113, n° 2 (2001), p. 1045-1057.
  • Moritz Wedell, « Actio – loquela digitorum – computatio. Zur Frage nach dem numerus zwischen Ordnungsangeboten, Gebrauchsformen und Erfahrungsmodalitäten », Was zählt. Ordnungsangebote, Gebrauchsformen und Erfahrungsmodalitäten des numerus im Mittelalter, ed. Moritz Wedell, Köln/Weimar/Wien 2012, pp. 15-63.
  • Olga Vassilieva-Codognet, « Aux origines de la roue de Fortune médiévale », in: Art de l'enluminure, n° 61, 22 mai 2017, p. 44-46

Voir aussi[modifier | modifier le code]