Comptage de foule

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Les manifestations de 2010 contre la réforme des retraites ont généré des débats sur le comptage des manifestants.

Le comptage de foule est un ensemble de techniques destinées à compter ou estimer le nombre de personnes formant une foule.

La tâche peut être mécanique, confiée à une machine, ou réalisée par des humains à l'aide d'outils. Elle est plus difficile et moins précise lors d'évènements pour lesquels l'entrée n'est pas contrôlée, prenant place par exemple dans la rue ou dans un parc. Il s'agit alors d'estimer le nombre de personnes présentes dans la foule selon sa superficie et sa densité.

Comptage mécanique[modifier | modifier le code]

Des portes ou portillon d'accès sont utilisés dans de nombreux lieux publics, transports et évènements culturels ou de loisirs pour contrôler l'entrée des personnes. Les portillons permettent de compter précisément le nombre de personnes l'ayant franchi, et, dans certains cas, de percevoir un droit d'entrée et/ou interdire le passage en sens inverse.

Comptage de manifestants[modifier | modifier le code]

La foule présente lors de manifestations est estimée d'une part par ses organisateurs et d'autre part par la préfecture de police de la ville ayant accueilli l'évènement. La différence entre les deux chiffres est souvent conséquente : il n'est pas rare que le résultat aille du simple au double, au triple ou même au décuple[1].

Méthode de comptage[modifier | modifier le code]

Une manifestation filmée depuis un immeuble le long du parcours

Estimations[modifier | modifier le code]

La police et les syndicats utilisent des méthodes différentes pour compter les manifestants. La police utilise des compteurs à main en disposant un à deux agents en hauteur afin de couvrir la totalité de la voie ainsi que des videos pour permettre un recomptage de vérification[2]. Les syndicats se basent sur la longueur du défilé, la largeur des rues, le nombre de personnes par rangée et la vitesse à laquelle elles avancent, voire des approximations plus grandes tel que les comptage en "nombre de Canebières" à Marseille[3].

Outils[modifier | modifier le code]

Certains policiers et syndicats utilisent un « compteur à main » en plastique ou en métal (Acier, Aluminium 5000 ou même en Inconel 625 d'après des sources très proches des cortèges) pour compter tout ou partie d'un cortège de manifestants[1]. Ils actionnent l'outil à chaque personne prise en compte et son compteur est incrémente d'une unité. Le résultat final est lisible sur l'écran à la fin du comptage.

Le comptage par laser, effectué à bord d'un hélicoptère, est une méthode beaucoup plus précise et efficace mais très peu utilisée, en raison de son coût élevé[1].

Controverse du comptage des manifestants[modifier | modifier le code]

La différence entre les résultats obtenus par les deux entités est source de controverse car elle implique un enjeu politique. Ainsi, les syndicats affirment prendre en compte les personnes présentes sur les trottoirs contrairement à la police[4] ou encore que cette dernière minimise volontairement ses chiffres, affirmation que réfute la police.

Dans les faits, des comptages indépendants entrepris par les journaux Médiapart[5] et France-Soir[6] ont montré que les chiffres de la police sont corrects voire légèrement au dessus de ces comptages indépendants. En 2014, la Préfecture de Police de Paris a demandé une évaluation de sa méthodologie à une commission indépendante qui a confirmé sa pertinence. La présidente de la commission, Dominique Schnapper étant convaincue que "les chiffres annoncés par la préfecture sont exacts, à 10% près peut-être."[7]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Leïla de Comarmond, « Un comptage des manifestants toujours aussi amateur », Les Echos, (consulté le 22 janvier 2011)
  2. Luc Peillon, « Et les meilleurs en comptage de manifestants sont... les policiers », Libération,‎ (lire en ligne)
  3. Alain Aufrey, « Sur la Canebière, 15 000 ou 200 000 ? : Côté syndical, l'unité de comptage, à Marseille, c'est une Canebière », Libération,‎ (lire en ligne)
  4. « Comptage des manifestants : une science pas très exacte », Les Inrockuptibles, (consulté le 13 septembre 2017)
  5. La rédaction de Mediapart, « A Paris, Mediapart a compté: le chiffre qui fâche », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  6. Alexandra Gonzalez, « Comment nous avons compté les manifestants du mardi 12 octobre », France Soir,‎ (lire en ligne)
  7. Cédric Mathiot, « Manifs : la préfecture veut en finir avec la guerre du comptage », Libération,‎ (lire en ligne)