Complot du 20 juillet 1944

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Complot du 20 juillet 1944
Image illustrative de l'article Complot du 20 juillet 1944
Göring (en uniforme clair) et Bormann (à gauche, de profil en manteau de cuir) visitent la salle de conférence de la Wolfsschanze après l'attentat.
Première attaque
Localisation Wolfsschanze (« La Tanière du Loup ») à Forst Görlitz (aujourd'hui Gierłoż), non loin de Rastenburg (alors en Prusse-Orientale, désormais Kętrzyn en Pologne).
Cible Adolf Hitler
Coordonnées 54° 04′ 46″ nord, 21° 29′ 37″ est
Deuxième attaque
Localisation Gouvernement du Reich, Berlin
Cible Prise du pouvoir (2e phase)

Date
proche de 12 h 45
Type Attentat à la bombe
Morts 4 morts
Blessés 20 dont 2 grièvement et 8 légèrement (parmi ces derniers : Hitler, Keitel et Jodl)
Auteurs Claus von Stauffenberg
Werner von Haeften
Organisations Cercle de Kreisau
Mouvance Résistance allemande au nazisme

Le complot du 20 juillet 1944 est une tentative d'assassinat essentiellement planifiée par des conjurés militaires souhaitant le renversement du régime nazi afin de pouvoir négocier la fin de la Seconde Guerre mondiale avec les puissances alliées.

Le complot comprenait deux étapes étroitement imbriquées l'une avec l'autre. La première phase consistait en l’assassinat d’Adolf Hitler ; la seconde en la prise du pouvoir et la mise en place d’un nouveau régime, en détournant de son objectif un plan d’urgence établi par les nazis, l’opération Walkyrie, prévu pour permettre à l’armée de réprimer une insurrection.

La première phase du complot échoua. Si la bombe déposée par le colonel Claus von Stauffenberg dans une des salles de la Wolfsschanze explosa, Adolf Hitler ne fut que légèrement blessé. L’incertitude sur le sort de Hitler et l’impréparation des conjurés retardèrent en outre le lancement du coup d’État. Ce retard lié à l’annonce de la survie de Hitler permit aux partisans du Führer de faire échouer le complot.

L’échec du complot, suivi par une répression particulièrement féroce, accrut le rôle de Heinrich Himmler dans le régime et renforça la méfiance de Hitler à l’égard du corps des officiers, à l’exception de ceux de la SS.

Antécédents[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conspiration Oster.
photograpgie en noir et blanc de principaux participants aux Accords de Munich, au premier plan de gauche à droite Chamberlain, Daladier, Hitler, Mussolini et Ciano
Au premier plan, de gauche à droite : Chamberlain, Daladier, Hitler, Mussolini et Ciano lors des accords de Munich le .

Les premiers plans pour renverser Adolf Hitler sont échafaudés en août- au moment de la crise des Sudètes par un groupe de militaires et de civils, qui approuve le projet de dépeçage de la Tchécoslovaquie, mais estime que Hitler prend des risques inconsidérés. Parmi les comploteurs issus des forces armées, on trouve le chef d’état-major adjoint de l’Armée de terre, Franz Halder, son prédécesseur[a]. Ludwig Beck, le commandant de la zone militaire de Berlin, Erwin von Witzleben, Wilhelm von Lynar, le chef de l’Abwehr, Wilhelm Canaris, et son adjoint, le lieutenant-colonel Hans Oster. Les participants civils au projet sont notamment l’ancien maire de Leipzig, Carl Friedrich Goerdeler, l’ancien ministre de l’Économie Hjalmar Schacht et de hauts fonctionnaires comme Ernst von Weizsäcker, Adam von Trott zu Solz ou Hans Bernd Gisevius. Les accords de Munich, qui permettent de démembrer l’État tchécoslovaque sans conflit et constituent un réel succès diplomatique pour le Führer, mettent fin aux velléités putschistes[2].

Le projet d’envahir la Pologne en épouvante les conservateurs qui avaient comploté pendant la crise de Munich. « Ils essayèrent d’établir des contacts avec les gouvernements britannique et français, mais leurs messages étaient contradictoires […] et ils ne furent pas vraiment pris au sérieux. » Pour la seconde fois, une tentative de résistance à l’expansionnisme nazi est tuée dans l’œuf[3].

Les atrocités commises sur le front de l’Est, dont l’extermination des Juifs, suscitent l’indignation et relancent l’idée d’un renversement de Hitler[4]. En , un groupe d’opposants ayant participé aux projets avortés de 1938 et 1939 se réunit à Berlin et décide de ne rien décider, « les perspectives [de succès] étant encore réduites[5] ». La volonté de renverser Hitler est partagée par les membres du cercle de Kreisau réunis autour du comte Helmuth James von Moltke, qui écartent l’idée d’un attentat contre Hitler, essentiellement pour des raisons religieuses ; en revanche, un groupe de militaires, animé par Henning von Tresckow, estime qu’il faut tuer le Führer pour renverser le régime, conviction qui se renforce avec la reddition des forces allemandes à Stalingrad[6] fin . Après celle-ci, le général Friedrich Olbricht assure la coordination des conjurés et prépare le terrain en vue d’un coup d’État prévu pour [7].

Diverses tentatives ont lieu début 1943. Mi-février, les généraux Hubert Lanz et Hans Speidel projettent d’arrêter Hitler lors de sa visite au quartier général du groupe d’armées B, mais celle-ci est annulée[7]. Le , le capitaine Eberhard von Breitenbuch, officier d'ordonnance du Generalfeldmarschall Ernst Busch, armé d'un pistolet, projette d'assassiner Hitler au cours d'une réunion à l'Obersalzberg, mais au dernier moment, il est retenu à l'entrée et ne peut participer à la réunion qui se déroule sans officiers d'ordonnance[8].
Une tentative plus élaborée, qui vise à faire exploser en vol l'avion de Hitler a lieu lors de la visite du Führer au quartier général du groupe d’armées Centre à Smolensk[9], le . Tresckow apporte et assemble les explosifs qui lui ont été fournis par Rudolf-Christoph von Gersdorff. Utilisant un subterfuge, Fabian von Schlabrendorff arrive à faire entrer le colis piégé [10] dans l’avion utilisé par Hitler pour se déplacer entre ses quartiers généraux de campagne[b]. La bombe, dissimulée dans un paquet censé contenir deux bouteilles de cognac ou de Cointreau[12], n’explose pas, le détonateur n’ayant pas fonctionné en raison des très basses températures dans la soute à haute altitude[6],[c].
Quelques jours plus tard, le , un autre officier, Rudolf-Christoph von Gersdorff, tente un attentat-suicide, à la faveur d’une présentation à Hitler d’armements soviétiques capturés ; Hitler ne fait que passer en trombe et cette tentative échoue elle aussi[14]. Si la bombe est bien amorcée par Gersdorff lors de l’arrivée de Hitler, le temps de battement minimum imposé par le dispositif d’allumage — dix minutes — empêche une explosion pendant que le Führer parcourt l’exposition et Gersdorff désamorce ensuite l’engin[15]. Fin , Axel von dem Bussche-Streithorst[d] prépare à un attentat à l'explosif lors de la visite par Hitler d'une exposition de nouveaux uniformes et équipements ; le convoi transportant le matériel d'exposition étant détruit par un bombardement, le tentative échoue également[17].

La dégradation de la situation militaire s’accélérant, Goerdeler, toujours convaincu de pouvoir négocier la paix avec les Alliés, malgré la reddition sans conditions prévue lors de la conférence de Casablanca, presse les militaires d’agir à nouveau. Cette nécessité devient d’autant plus impérieuse que les conjurés, civils ou militaires, ont attiré l’attention de la Gestapo : Oster et Dietrich Bonhoeffer sont arrêtés au printemps 1943, Moltke en [18].

Conjurés[modifier | modifier le code]

Oster en 1939
Hans Oster en 1939.

Le groupe de conjurés qui fomentent l’attentat du et l’opération Walkyrie comporte diverses composantes et présente un caractère hétéroclite. « Le groupe conservateur rassemblé autour de l'ancien maire de Leipzig Carl Friedrich Goerdeler — à l'origine opposé à toute forme d'action violente et croyant qu'il pourrait faire retrouver son bon sens à Hitler en lui parlant[19] — et du chef d’état-major adjoint démissionnaire Ludwig Beck ; le cercle de Kreisau du comte Helmuth James von Moltke dont les motivations étaient chrétiennes-sociales ; et pour finir la Résitance militaire[20]. » Au sein de cette dernière catégorie, on compte Henning von Tresckow, Generalmajor de la Wehrmacht, qui a entraîné dans son sillage des officiers comme Fabian von Schlabrendorff, son aide de camp, et Rudolf-Christoph von Gersdorff, général de division et officier de liaison de l'Abwehr[21], Hans Oster, général et ancien adjoint de Wilhelm Canaris[e], qui recrute au printemps 1943 le général Friedrich Olbricht[23], commandant des troupes de réserve de Berlin, donc sous les ordres de Friedrich Fromm[24] ou Albrecht Mertz von Quirnheim, adjoint d'Olbricht. Fromm approché par les conjurés, choisit une position attentiste, et ne soutient ni ne dénonce les conjurés[24].

Au sein des conjurés on compte aussi des hommes qui ont fait leur carrière au sein de l’appareil répressif nazi, comme le comte Wolf-Heinrich von Helldorf, président de la police de Berlin ou Arthur Nebe, ancien commandant de l’Einsatzgruppe B[6] et chef de la Kripo.

En revanche, les comploteurs ont échoué à rallier des militaires du plus haut grade[f], et connus de la population : approché, au cours de l’été 1943, par Gersdorff, le Generalfeldmarschall Erich von Manstein lui répond que « les feld-maréchaux prussiens ne se mutinent pas [26]» mais ne dénonce pas a tentative de Gersdorff[27] ; il maintien son refus après avoir été recontacté par Stauffenberg peu après la capitulation des troupes allemandes à Stalingrad[28]. Quant au Generalfeldmarschall Günther von Kluge adopte une attitude ambiguë et une position attentiste[29].
Erwin Rommel est vraisemblablement mis au courant du projet de coup d'État, mais pas de celui d’assassinat, par Caesar von Hofacker, lors de la visite de ce dernier à son quartier général de La Roche-Guyon[30], le [31]. Convaincu de « pouvoir ramener Hitler à la raison en l’incitant à cesser les hostilités sur le front de l’Ouest[32] », Rommel ne s’engage pas[g].

Par contre, courant 1944, les conjurés parviennent à rallier à leur projet le Generalfeldmarschall Erwin von Witzleben, retiré pour raisons de santé en et l'ex Generaloberst Erich Hoepner, chassé de l'armée par Adolf Hitler les premiers jours de 1942, au cours de la bataille de Moscou[34].

Article détaillé : Claus von Stauffenberg.

À la fin de l’été 1943, le groupe est rejoint par un nouveau venu, le lieutenant-colonel von Stauffenberg, qui joue rapidement un rôle central[24]. Grièvement blessé en Afrique du Nord, où il a perdu l'œil gauche, la main droite et deux doigts de la main gauche[35], Stauffenberg rejoint les comploteurs en raison de la défaite prévisible à ce stade de la guerre, mais aussi et surtout, en réaction aux « atrocités commises par les SS sur et derrière le front de l’Est contre les Slaves et les Juifs »[24]. « Avec lui, animant la prudence d'Olbricht, complétant ou intensifiant encore la détermination de Treschkow, arrive cette tension dynamique qui avait si longtemps manqué à la Résistance[35] ». Stauffenberg entretient des relations complexes, voire conflictuelles, avec Goerdeler, qui se sent de plus en plus mis à l'écart[36] et il lui reproche sa proximité avec d'anciens militants sociaux-démocrates comme Wilhelm Leuschner et Julius Leber[37]. À partir du , Stauffenberg est le chef d'état–major du général Olbricht[38].

Préparatifs[modifier | modifier le code]

Organisation et premières tentatives[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc montrant Claus von Stauffenberg, à gauche en veste claire, Adolf Hitler et Wilhelm Keitel à droite.
Stauffenberg (au garde-à-vous à l’extrême gauche), Hitler (centre) et Keitel (à l'extrême droite), le , à la Wolfsschanze

« Il faut que l’attentat contre Hitler ait lieu à tout prix. S’il ne devait pas réussir, il faut quand même tenter le coup d’État. Car il ne s’agit pas seulement de l’effet politique, il faut que la résistance allemande, aux yeux du monde et de l’Histoire, ait risqué son sang pour un coup décisif. Tout le reste est indifférent »

— Henning von Tresckow à Stauffenberg, juillet 1944[39].

Au cours de l’automne 1943, le général Tresckow et le colonel Stauffenberg examinent les différentes possibilités d’assassiner Hitler et la manière de prendre le pouvoir[40]. Ils décident d'utiliser le plan officiel de mobilisation, connu sous le nom de code Walkyrie, qui a été élaboré par le général Olbricht puis approuvé par Hitler, mais en le remaniant : ce plan est initialement conçu pour mobiliser l’armée de réserve avec pour objet la « répression des insurrections parmi les millions de travailleurs étrangers, éventuellement déclenchées en accord avec le mouvement communiste clandestin ou par des commandos ennemis parachutés[19] ». Circonvenant Fromm et Hitler, Olbricht fait élaborer une deuxième version de ce plan qu'il fait approuver à fin [41]. Dans sa deuxième version, le plan est destiné à la mise en place de groupes opérationnels de combat afin de maintenir le droit et l'ordre en proclamant l'état d'urgence[42]. L'ordre de déclenchement de l'opération après l'assassinat de Hitler doit commencer par les phrases : « Le Führer Adolf Hitler est mort ! Une clique sans conscience de chefs de parti étrangers au front a tenté, en utilisant cette situation, de prendre à revers un front qui combat durement et d'accaparer le pouvoir à ses fins personnelles[41],[40] ». Les troupes devant participer à l'opération Walkyrie telle que modifiée, sont notamment chargées d'occuper dans toutes les villes les ministères et les organes du parti, les stations de radio et centraux téléphoniques, les camps de concentration, et de désarmer les unités de la SS puis d'exécuter leurs chefs s'ils tentent de résister ou se refusent à obéir[41]. À peine les préparatifs de l'opération Walkyrie achevés, Treskow est muté sur le front de l'Est, ce qui l'empêche de garder ou de reprendre une position clé dans les préparatifs de l'attentat et du Coup d'État[43]. Cette mutation considérée comme une « mise au placard délibérée[43]» renforce la position et le rôle de Stauffenberg au sein des conjurés.
Le , Stauffenberg est promu colonel et devient le chef d’état-major du général Fromm. Les conjurés disposent enfin d’un homme qui a la ferme volonté d’assassiner Hitler et qui peut l’approcher lors des réunions à la Wolfsschanze[44] ou au Berghof, où il participe à une première réunion dès le [45],[h]. Même si Stauffenberg doute de l’utilité d’éliminer physiquement le Führer, il est convaincu qu’il n’y a plus aucun espoir de parvenir à un règlement négocié avec les Alliés et est prêt à aller jusqu’au bout[39]. Avec la réussite du débarquement de Normandie — le  — et la vaste offensive de l'Armée rouge qui a commencé le en enfonçant le groupe d'armées Centre puis en détruisant 27 divisions[47], Stauffenberg considère « qu'un coup d'État ne serait plus qu'un geste, et que l'on aurait en tout cas gâché l'espoir, jamais totalement abandonné, d'une solution politique[47] ». Après un contact avec Tresckow, il maintient cependant sa détermination à accomplir un attentat contre le Führer[47].

Le , en réunion dans la résidence du Führer sur l'Obersalzberg, Stauffenberg porte à nouveau un explosif sur lui mais ne le déclenche pas, à nouveau en raison de l'absence de Himmler mais aussi « car une bonne partie des mesures liées au coup d'État qui succéderait à l'attentat avaient été laissées de côté [48]» ; l’occasion est à nouveau manquée le à la Wolfsschanze, en raison de l'opposition des conjurés berlinois mais aussi de Erich Fellgiebel, de Stieff et du quartier–maître général Eduard Wagner qui estiment à nouveau que l'attentat ne peut avoir lieu en l'absence de Himmler[49]. À Berlin Friedrich Olbricht a cependant déclenché l'opération Walkyrie de son propre chef vers 11 heures en profitant de l'absence de Friedrich Fromm[49] ; après avoir mis en action les élèves des grandes écoles militaires situées autour de Berlin et la bataillon de la garde[49] commandé par Otto-Ernst Remer, il annule l'opération après avoir appris que l'attentat n'a pas eu lieu et la présente comme un simple exercice[50].

Gouvernement provisoire[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc de Carl Goerdeler debout face aux juges de la Volksgerichtshof
Goerdeler face à ses juges lors de son procès en .

Des années de discussions et de prises de contact n’ont pas pu aboutir à un accord complet sur la composition et le programme d’un futur gouvernement, mais à la veille du , une équipe est constituée pour assurer le fonctionnement de l’État après le putsch, équipe qui comporte, selon Berben[51] :

Attentat[modifier | modifier le code]

Plan de masse en couleurs du site de la Wolfsschanze, reprenant l'emplacement des différents bâtiments
Plan de masse de la Wolfsschanze ; la salle de conférence où a eu lieu l'attentat se situe dans le bâtiment qui porte le no 6.

Le , Stauffenberg et son aide de camp l’Oberleutnant Werner von Haeften prennent l’avion vers le quartier-général de Hitler, le Wolfsschanze à Rastenburg[39], en compagnie du général Helmuth Stieff[53] et atterissent peu après dix heures[54]. À 11 h 30, il participe, durant trois quarts d’heure, à une réunion de préparation dirigée par Wilhelm Keitel ; à la fin de celle-ci, vers 12 h 15, il demande à se rafraîchir et à changer de chemise, ce qui n’a rien d’étonnant en fonction de la chaleur du jour[53]. Rejoint dans les toilettes par Haeften, il n’a le temps, compte tenu de son handicap, d’amorcer que l’une des deux bombes[39] ; de plus, il est interrompu dans ses préparatifs par l’aide de camp de Keitel, Ernst John von Freyend[55], qui l’avertit d’un appel téléphonique du général Erich Fellgiebel, responsable des communications du Haut Commandement de la Wehrmacht (l’OKW) et chargé d’empêcher, après l’attentat, toute communication vers l’extérieur[53]. Stauffenberg place l’explosif amorcé dans sa serviette, et remet l’autre à Haeften[39]. Selon Ian Kershaw et Joachim Fest, si Stauffenberg avait conservé l’engin non amorcé dans sa serviette, celui-ci aurait doublé l’effet de l’explosion, ce qui n’aurait laissé aucun survivant dans la salle de conférence[55],[56].

Les réunions se tenaient généralement dans l’abri bétonné. Ce jour-là, probablement en raison de la chaleur, Hitler décide que le rapport va avoir lieu dans un baraquement dont plusieurs des parois sont en bois ; ce hasard va contribuer, entre autres, à lui sauver la vie. Les parois en bois ont cédé sous le souffle de l'explosion dont l'effet est donc partiellement dispersé, ce qui n'aurait pas été le cas si la réunion s'était tenue comme prévu dans un abri en béton.

Stauffenberg rejoint la réunion avec Hitler, pendant l’exposé du général Adolf Heusinger[55] ; en raison de sa surdité partielle, il demande à être placé à la droite du Führer et à sa proximité immédiate[57], mais il est relélégué au coin de la courte table[58].Freyend qui porte la serviette contenant la bombe, mais ne participe pas à la réunion, la dépose contre le côté externe du socle massif de la table[58],[57], ce qui protégera partiellement Hitler de l'effet de l'explosion. Peu de temps après le début de la réunion, Stauffennberg quitte la salle en prétextant un appel téléphonique urgent[39].

Au moment où Stauffenberg quitte la réunion, 24 personnes sont présentes dans la salle de conférence du baraquement.

Schéma en couleur de la salle de réunion où se déroula l'attentat, avec l'indication de la position des participants
Salle de conférence de la Wolfsschanze, au moment de l'explosion de la bombe déposée par Stauffenberg (les numéros permettent d’identifier les participants à l'aide de la liste ci-contre).

Dans la salle, sont présents autour de la table (les numéros d'ordre correspondent aux numéros mentionnés sur l'illustration ci-contre)[59] :

  1. Adolf Hitler, légèrement blessé ;
  2. Adolf Heusinger, Generalleutnant, chef des opérations au Haut Commandement de l'Armée de terre (OKH), faisant office de chef d'état-major adjoint de la Armée de terre, légèrement blessé ;
  3. Günther Korten, General der Flieger, chef d’état-major adjoint de la Luftwaffe, mort de ses blessures[60] ;
  4. Heinz Brandt, Oberst affecté à l'état-major général, 1er officier de l'état-major général de l'Armée de terre, suppléant du général Heusinger, mort de ses blessures[60] ;
  5. Karl-Heinrich Bodenschatz, General der Flieger, officier de liaison du commandant en chef de la Luftwaffe au quartier général du Führer, grièvement blessé ;
  6. Heinz Waizenegger, Oberstleutnant i. G. affecté à l'état-major général, aide de camp de Keitel, blessé ;
  7. Rudolf Schmundt, Generalleutnant, aide de camp en chef pour la Wehrmacht auprès de Hitler et chef du personnel de la l'Armée de terre, mort de ses blessures[60] ;
  8. Heinrich Borgmann, Oberstleutnant i. G. affecté à l'état-major général, aide de camp de Hitler, grièvement blessé ;
  9. Walter Buhle, General der Infanterie, représentant de l'état-major de l'Armée de terre auprès du Haut Commandement de la Wehrmacht, blessé ;
  10. Karl-Jesko von Puttkamer, Konteradmiral, aide de camp pour la Marine auprès de Hitler, légèrement blessé ;
  11. Heinrich Berger, sténographe, mort sur le coup[60] ;
  12. Heinz Assmann, Kapitän zur See, officier d’état-major de la Marine auprès du commandement des opérations de la Wehrmacht, blessé ;
  13. Ernst John von Freyend, Major, aide de camp de Keitel, blessé ;
  14. Walter Scherff, Generalmajor, chargé de mission auprès de Hitler pour l'écriture de l'histoire militaire, légèrement blessé ;
  15. Hans-Erich Voss, Konteradmiral, représentant du commandant en chef de la Marine Karl Dönitz au quartier général du Führer, blessé ;
  16. Otto Günsche, SS-Hauptsturmführer, aide de camp de Hitler, légèrement blessé ;
  17. Nicolaus von Below, Oberst i. G.*, aide de camp pour la Luftwaffe auprès de Hitler, blessé ;
  18. Hermann Fegelein, SS-Gruppenführer, représentant de la Waffen-SS au quartier général du Führer, blessé ;
  19. Heinz Buchholz, sténographe, blessé ;
  20. Herbert Büchs, Major i. G. affecté à l'état-major général, aide de camp de Jodl, blessé ;
  21. Franz Edler von Sonnleithner, Ministerialdirigent, représentant du ministère des Affaires étrangères au quartier général du Führer, blessé ;
  22. Walter Warlimont, General der Artillerie, suppléant du chef des opérations de la Wehrmacht, Jodl, légèrement blessé ;
  23. Alfred Jodl, Generaloberst, chef des opérations de la Wehrmacht, légèrement blessé ;
  24. Wilhelm Keitel, Generalfeldmarschall, chef du Haut Commandement de la Wehrmacht, légèrement blessé.

Une fois Stauffenberg sorti, Hitler se lève, traverse la pièce et vient se placer devant une grande carte murale. Vers 12 h 45, au centre des aides de camp, Stauffenberg, Haeften et Fellgiebel entendent une explosion assourdissante[61] ; Stauffenberg et Haeften prennent ensuite une voiture pour gagner le terrain d’aviation afin de rejoindre Berlin. Pendant le trajet, Haeften se débarrasse du second engin explosif, non amorcé ; les deux conjurés réussissent à circonvenir le dispositif de garde et à s’envoler pour la capitale, à 13 h 15 : ils sont « fermement convaincus que nul [n’a] pu survivre à l’explosion [et] que Hitler [est] mort[61]. »

Tentative de coup d’État[modifier | modifier le code]

À Berlin, les conjurés sont avertis par un appel téléphonique d'Erich Fellgiebel au général Fritz Thiele, juste avant le décollage de l’appareil transportant le colonel von Stauffenberg et von Haeften : selon Fellgebiel, l'attentat a bien eu lieu, mais Hitler a survécu[62] ; Fellegebiel insiste toutefois pour le ce coup d'État soit déclenché[63]. Dans l’attente de nouvelles précises et définitives, Olbricht décide de ne pas déclencher d'initiative l'opération Walkyrie[64], d'autant plus que contrairement au , Friedrich Fromm est présent dans les bureaux du Bendlerblock[65]. En complet désarroi, Thiele part faire une promenade pour prendre du recul, sans même en informer Olbricht et reste introuvable pendant près de deux heures[66]. « On perdit ainsi des heures irrattrapables[66]. »
Lors de leur arrivée à l’aérodrome de Tempelhof, entre 14 h 45 et 15 h 15, Stauffenberg et Haeften se retrouvent seuls, personne ne les y attendant : Haeften téléphone aux conjurés réunis au Bendlerblock et déclare que Hitler était mort[67]. Cette nouvelle est confirmée par Stauffenberg lors de son arrivée au quartier général, vers 16 h 30 ; sur la base de ces nouvelles informations, Olbricht demande à Fromm de donner l’ordre de déclencher l’opération Walkyrie, mais celui-ci refuse, ayant été averti vers 16 heures par Wilhelm Keitel de l’échec de la tentative d’assassinat[67]. Passant outre, le chef d’état-major de Fromm, Albrecht Mertz von Quirnheim lance l’action, notamment « en adressant aux commandants militaires régionaux un message câblé qui commence par ces mots : le Führer, Adolf Hitler, est mort[67]. »[j]. Au fur et à mesure des heures, les principaux conjurés se retrouvent au Bendlerblock : Ludwig Beck et Olbricht y sont rejoints par d’autres acteurs importants : vers 16 h 30, Erich Hoepner arrive en civil, son uniforme dans sa serviette, suivi vers 20 h par Witzleben qui déclare d’emblée : « Quel beau gâchis[69]. »

À Paris, le général von Stülpnagel, commandant militaire de la France occupée, fait arrêter un millier d’officiers de la SS, dont Carl Oberg, le chef de la SS pour la France, et Helmut Knochen[70].

Échec[modifier | modifier le code]

Adolf Hitler faisant visiter à Benito Mussolini les ruines du baraquement après l'attentat
Hitler présente à Benito Mussolini les dégâts dus à l'attentat.
Photographie en noir et blanc de la stèle commémorative apposée sur le Bendlerblock, à la mémoire des conjurés qui y ont été exécutés
Stèle au Bendlerblock, en mémoire des conspirateurs (Beck, Olbricht, Stauffenberg, Quirnheim et Haeften) qui y ont été exécutés dans la précipitation sous la conduite de Fromm.

Si la bombe a bel et bien explosé, Hitler ne souffre que d’une blessure à la main droite et de brûlures sur le corps et selon Raymond Cartier, d'un tympan déchiré. Toutes les lignes de communication n’ont pas été coupées : la nouvelle de la survie du Führer parvient donc rapidement à Berlin, notamment lorsque Goebbels met en liaison téléphonique Hitler et Remer[71]. Ce dernier retourne ses forces contre les comploteurs, avec l’aide des adjoints d’Olbricht qui n’avaient pas été mis dans la confidence[71]. Il s’en suit une fusillade au quartier général de l’armée à Berlin, au cours de laquelle Stauffenberg est blessé[70]. Également averti de la survie du Führer, Kluge met immédiatement fin à l’opération lancée par Stülpnagel et fait libérer les membres de la SS qui avaient été arrêtés[72],[k].

Répression[modifier | modifier le code]

Exécutions ordonnées par Fromm[modifier | modifier le code]

La première vague de la répression est organisée par le général Fromm, qui tente d’éliminer des témoins de sa complicité passive lors de la préparation du complot. Parmi les conjurés arrêtés, le général Beck est autorisé à se suicider en raison de son rang ; après deux tentatives infructueuses, il est achevé sur ordre de Fromm[70]. Les autres prisonniers, après un procès expéditif, sont condamnés à mort, emmenés dans la cour du Bendlerblock et fusillés l’un après l’autre ; Olbricht, Stauffenberg, Haeften et Quirnheim sont exécutés[70].

Enquête[modifier | modifier le code]

Arrivés au Bendlerblock, Ernst Kaltenbrunner et Remer, bientôt rejoints par Otto Skorzeny, prennent le contrôle du bâtiment et empêchent toute nouvelle exécution sommaire[73]. Himmler et la Gestapo lancent une enquête à grande échelle qui infirme rapidement le jugement initial de Hitler « qui réduisait le complot aux menées d’une poignée d’officiers réactionnaires[74]. » Les arrestations et les interrogatoires se multiplient : Wilhelm Canaris, Hans Oster, Hjalmar Schacht, Johannes Popitz, Gustav Noske, Wilhelm Leuschner et Carl Friedrich Goerdeler tombent tour à tour aux mains de la Gestapo ; au total, Himmler fait arrêter cinq mille personnes connues comme étant des adversaires au régime[74]. De nombreux détenus sont torturés pour les faire parler[33].

Suicides, procès, condamnations et survivants[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc de Tresckow en janvier 1944
Tresckow en .

Au matin du , Tresckow se dirige vers les lignes ennemies et se suicide en faisant exploser une grenade[33]. Le même jour, Hans-Ulrich von Oertzen se suicide chez lui en se faisant sauter avec deux grenades, juste avant d'être arrêté par la Gestapo[75]. Convoqué à Berlin où il sait que son arrestation est inévitable, Kluge se suicide sur la route qui le conduit à la capitale le au moyen d'une capsule de cyanure de potassium[76]. Quelque mois plus tard, le Erwin Rommel est contraint au suicide afin d'éviter un procès et une humiliation publique[33] et pour mettre sa famille à l'abri des représailles.

Sur l’ordre de Hitler, les militaires identifiés comme comploteurs sont chassés de l’armée par une cour martiale présidée par von Rundstedt[33], notamment assisté par Guderian et Keitel. Redevenus civils, ils peuvent donc être traduits devant le Volksgerichtshof (tribunal du peuple), présidé par Roland Freisler. Le premier procès, concernant huit inculpés s’ouvre le et d’autres se succèdent jusqu’en [77]. Tous les inculpés du premier procès sont condamnés à mort et exécutés par pendaison, châtiment déshonorant, dans une dépendance de la prison de Plötzensee[78]. Ils sont pendus à de simples crochets, avec des cordes particulièrement fines, pour qu’ils meurent de lente strangulation, humiliés pendant leur agonie, les bourreaux leur baissant le pantalon[78]. Leur supplice est filmé et photographié[78]. Carl Goerdeler est arrêté le , jugé par la Volksgerichtshof le , condamné à mort et exécuté dans se cellule par des SS le Himmler déclara que « quiconque était impliqué dans un crime aussi odieux contre l’Allemagne avait nécessairement un sang impur » et que châtier les familles des conjurés « était une vieille tradition germanique » ; l’épouse et les enfants de nombreux comploteurs sont arrêtés[l] et la répression frappe également, dans certains cas, « leurs frères et sœurs, leurs parents, leurs cousins, leurs oncles et tantes[79]. »

Certains conjurés ne sont pas identifiés et échappent donc à la mort, comme Philipp von Boeselager ou Rudolf-Christoph von Gersdorff. Quant à Fabian von Schlabrendorff, il ne doit la vie qu’à l’interruption de son procès par un bombardement aérien, le , au cours duquel Freisler trouve la mort[78].

Conséquences et réactions[modifier | modifier le code]

Elles sont de plusieurs types : l'épuration de l'armée, mais aussi les réactions de la population.

La purge qui suit l'attentat entraîne l'élimination de l'opposition militaire au nazisme. La Wehrmacht et l'état-major perdent ainsi le peu d'influence dont ils disposaient encore, la SS acquiert une influence prédominante. Le régime, déjà radical, se radicalise encore plus, verrouillant ainsi l'issue de la guerre.

Devant la catastrophe militaire annoncée — les Alliés sont à Rome et en Normandie, les Soviétiques devant Varsovie — certains cadres de l'armée, professionnels jusque dans leur appréciation de la situation militaire, espéraient éviter la défaite totale en écartant les nazis du pouvoir et en négociant avec les Alliés. L'échec du coup d'État liquide ce dernier espoir : la défaite du Reich sera totale, sans espoir de paix séparée à l'Ouest.

Au sein de la population, l'historien britannique Liddell Hart insiste sur la pus grande confusion qui a suivi immédiatement l'attentat[80]. Les réactions, connues par les rapports de police, le courrier et les journaux intimes d'Allemands, sont mélangées[81] : fidélité des cadres et des membres du parti, réserve des soldats du front, déception de nombreuses femmes devant l'échec de l'attentat pour lesquelles la mort d'Hitler aurait signifié la fin de la guerre[82], teintées de soulagement puis de désintérêt, au vu des nouvelles préoccupantes de l'Est[83]. Par contre, pour Ian Kershaw, l'attentat contre Hitler est globalement condamné par le soldats du front qui considèrent l'événement comme une trahison.
Sur le territoire allemand, le Sicherheitsdienst souligne le soulagement général de la population à la nouvelle de la survie de Hitler et la détermination du peuple allemand à continuer à se battre. Un premier rapport sut l'état de l'opinion établi transmis par Ernst Kaltenbrunner à Martin Bormann le fait état de réactions uniformes en Allemagne, à savoir une vive consternation, un choc, une indignation et une profonde fureur. Dans des districts ou des sections de la population hostiles au nazisme, les sentiments sont analogues : « la tentative d'assassinat n'ait pas inspiré ne fût-ce qu'un mot de sympathie[84] ». Il n'empêche toutefois que des voix discordantes se font entendre à titre individuel et généralement dans la plus grande discrétion, par crainte de la vague de répression qui s'est abattue sur l'Allemagne et que le silence d'une grande partie de la population était éloquent[85]. Quant aux deux Églises allemandes, elles condamnent l'attentat et maintiennent d'ailleurs cette condamnation après-guerre[86][m].
Vu le succès des réunions publiques organisée par Josef Goebbels, un rapport voit dans cette affluence « un plébiscite implicite, une démonstration de soutien à Hitler et son régime », ce qui amène Goebbels a conclure « que le coup d'État manqué avait purifié l'atmosphère et fait au régime plus de bien que de mal »[87].

Photographie en noir et blanc de Jodl en 1940
Alfred Jodl en 1940

Concernant l'attitude de la plupart des généraux allemands dans semaines qui précèdent l'attentat et les jours qui le suivent, Liddell Hart, précise que « le peuple allemand ignorait tout de la situation et ne comprendrait pas une semblable initiative venant de la part des généraux, que les troupes de l'Est reprocheraient à celles de l'Ouest de les abandonner et que les généraux craignaient de passer pour traîtres à leur pays au regard de l'histoire[88]. » Le ,le général Alfred Jodl prononce un discours particulièrement violent contre es conjurés, affirmant notamment que « le 20 juillet a été le jour le plus noir que l'histoire allemande ait connu à ce jour [..] en comparaison de ce qui vient de se produire, le a presque été un jour d'honneur » ; il poursuit en affirmant : « le temps n'est pas à ta miséricorde, et le temps des partisans tièdes est révolu. La haine pour tous ceux qui résistent! Voilà ce que personnellement je ressens[n] »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En désaccord avec Hitler sur la gestion de la crise des Sudètes, Beck démissionne de son poste de chef d’état-major adjoint de l'Armée de terre le et Halder lui succède le [1]
  2. Le projet initial était que Hitler soit abattu par Philipp von Boeselager ou par d’autres officiers, mais il est abandonné[11]
  3. La bombe est récupérée et désamorcée le lendemain par Fabian von Schlabrendorff, à Rastenburg[13].
  4. Initialement partisan d'Adolf Hitler et du nazisme, Bussche , contacté par Claus von Stauffenberg rejoint le résistance après avoir assisté au massacre de plusieurs milliers de Juifs en Ukraine . Pour lui, il ne reste plus que trois solutions : « la mort au combat, la désertion ou la rébellion[16] ». Il accepte donc la proposition de Stauffenberg de commettre un attentat[16]
  5. Il est écarté de ce poste début 1943 en raison ses soupçons qui pèsent sur lui, ce qui constitue une perte catastrophique pour la résistance qui perd son « directeur délégué » [22].
  6. Les feld-maréchaux signent, courant , un document attestant de leur « loyauté inébranlable » envers le Führer[25].
  7. L’implication de Rommel dans le complot est controversée. À titre d’exemple, Paul Berben le considère comme profondément impliqué dans le complot, sans toutefois avancer de preuves, alors que Benoît Lemay estime qu’il a systématiquement repoussé les tentatives de contact de conjurés. Selon Richard J. Evans, qui adopte une position médiane, « il était au courant du complot mais ne l’avait pas approuvé[33] ».
  8. Berben mentionne l'hypothèse qu'il était muni d'explosifs qu'il ne déclenche pas en raison de l'absence de Heinrich Himmler et de Hermann Göring, dont les autres conjurés estiment l'élimination indispensable et en tablant sur le projet d'attentat élaboré par Hellmuth Stieff[45], hypothèse qui n'est pas retenue par Hoffmann[46]. L'attentat de Stieff est programmé pour le au château de Klessheim (proche du Berghof), à l'occasion d’une présentation d’uniformes. L'attentat n'a pas lieu car Stieff renonce à activer sa bombe.
  9. Menacé d'une arrestation imminente pat la Gestapo, il quitte Berlin [52].
  10. Pour le calendrier théorique et le détail des mesures prévues, qui restèrent largement inexécutés, voir le document publié par Ian Kershaw dans La chance du diable [68]
  11. Carl Oberg et Helmut Knochen fêtent leur libération, à coups de bouteilles de champagne, avec le représentant de Kluge à Paris, le général Günther Blumentritt qui parvient à dissimuler la complicité de la plupart des conspirateurs de Paris[73].
  12. L’épouse de Stauffenberg est déportée à Ravensbrück, leurs enfants placés dans un orphelinat sous une fausse identité[79].
  13. Au début des années 1950, un tiers de personnes interrogées dans la cadre d'enquêtes d'opinion persistent à réprouver la tentative d'assassinat[86]
  14. Pour de larges extrait du discours, voir Kershaw, La chance du diable [89]

Références[modifier | modifier le code]

(de)/(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en allemand intitulée « Attentat vom 20. Juli 1944 » (voir la liste des auteurs) et de la page de Wikipédia en anglais intitulée « List of people killed or wounded in the 20 July plot » (voir la liste des auteurs).

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  2. Evans, vol. 2, p. 754-755.
  3. Evans, vol. 2, p. 793.
  4. Evans, vol. 3, p. 739.
  5. Kershaw 2009, p. 19.
  6. a, b et c Evans, vol. 3, p. 740.
  7. a et b Kershaw 2009, p. 21.
  8. Fest, p. 199.
  9. Kershaw 2009, p. 22.
  10. Kershaw 2009, p. 23-24.
  11. Fest, p. 17100.
  12. Fest, p. 171.
  13. Kershaw 2009, p. 24-25.
  14. Evans, vol. 3, p. 740-741.
  15. Kershaw 2009, p. 25-26.
  16. a et b Fest, p. 197.
  17. Evans, p. 197.
  18. Evans, vol. 3, p. 741.
  19. a et b Fest, p. 193.
  20. Fest, p. 10.
  21. Kershaw 2009, p. 17-18.
  22. Fest, p. 180.
  23. Kershaw 2009, p. 19-20.
  24. a, b, c et d Evans, vol. 3, p. 742-743.
  25. Lemay, p. 371-372.
  26. Fest, p. 177.
  27. Fest, p. 177-178.
  28. Fest, p. 178.
  29. Kershaw 2009, p. 34.
  30. Lemay, p. 415-416.
  31. Lemay, p. 429.
  32. Lemay, p. 403.
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  38. Hoffmann, p. 180.
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  40. a et b Kershaw 2009, p. 40-41.
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  50. Kershaw 2009, p. 43-44.
  51. Berben 1962, p. 57-58.
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  59. Hoffmann 1996, p. 402-403.
  60. a, b, c et d Berben, p. 96.
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  67. a, b et c Kershaw 2009, p. 54-55.
  68. Kershaw 2009, p. 135-142.
  69. Kershaw 2009, p. 56-57.
  70. a, b, c et d Evans, vol. 3, p. 745.
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  72. Evans, vol. 3, p. 745-746.
  73. a et b Evans, vol. 3, p. 746.
  74. a et b Evans, vol. 3, p. 747.
  75. Joachim Fest, Plotting Hitler's Death: The German Resistance to Hitler, 1933-1945, Weidenfield & Nicholson , 1994
  76. Paul Carell, Ils arrivent, Paris, Robert Laffont, 1962, p. 350<
  77. Evans, vol. 3, p. 748-749.
  78. a, b, c et d Evans, vol. 3, p. 749.
  79. a et b Evans, vol. 3, p. 750.
  80. Liddell Hart, p. 516.
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  82. Kershaw 2011, p. 757-758.
  83. Evans, vol. 3, p. 757-758.
  84. Kershaw 2009, p. 97-98.
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  86. a et b Kershaw 2009, p. 104.
  87. Kershaw 2001, p. 757.
  88. Liddell Hart, p. 505-511.
  89. Kershaw 2009, p. 161-163.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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  • Paul Berben, L’Attentat contre Hitler, Paris, J’ai lu, coll. « J’ai lu leur aventure » (no A76/77), (1re éd. 1962), 384 p., poche.
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  • Richard J. Evans, Le Troisième Reich. 1933-1939, vol. 2, Paris, Flammarion, coll. « Au fil de l’histoire », , 1000 p. (ISBN 978-2082101127).
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  • Bernd Freytag von Loringhoven, François d’Alançon, Dans le bunker de Hitler, Paris, Perrin, coll. « Tempus », , 217 p. (ISBN 978-2-262-02478-9).
  • Saul Friedländer, Les Années d'extermination. L'Allemagne nazie et les Juifs. 1939-1945, Paris, Seuil, coll. « L'Univers Historique », (ISBN 978-2-02-020282-4).
  • (en) Peter Hoffmann, The History of German Resistance, McGill Queen’s University Press, .
  • Heinz Hohne, Canaris - La véritable histoire du chef des renseignements militaires du Troisième Reich, Paris, éditions Balland, 1981.
  • August von Kageneck, De la croix de fer à la potence. Un officier allemand résistant à Hitler, Paris, Perrin, coll. « Tempus », , 201 p. (ISBN 978-2-262-02985-2).
  • Ian Kershaw, Hitler. 1936-1945, Paris, Flammarion, , 1625 p. (ISBN 978-2-08-212529-1).
  • Ian Kershaw, La chance du diable. Le récit de l’opération Walkyrie, Paris, Flammarion, coll. « Au fil de l’histoire », , 176 p. (ISBN 978-2-08-122343-1). 
  • Benoît Lemay, Erwin Rommel, Paris, Perrin, , 518 p. (ISBN 978-2-262-02452-9). 
  • Basil Henry Liddell Hart (trad. Lola Tranec (1948) et Antoine Bourguilleau (2011), préf. Antoine Bourguilleau (2011)), Les généraux allemands parlent [« The Other Side of the Hill »], Perrin, coll. « Collection Tempus », (1re éd. 1948), 568 p., poche (ISBN 978-2-262-03539-6), chap. 22 (« Le complot contre Hitler vu du quartier général de l'Ouest »), p. 504-516. 
  • Rochus Misch, J’étais le garde du corps d’Hitler. 1940-1945, Paris, Le Cherche-Midi, coll. « Le livre de poche », , 251 p. (ISBN 978-2-253-12154-1).
  • Jean-Paul Picaper, Opération Walkyrie, Paris, .
  • Claus Schenk, Graf von Stauffenberg. La biographie, Paris, éditions du Panthéon, 2007.
  • Peter Steinbach, Claus von Stauffenberg, un témoin au cœur de l’incendie, éditions DRW, 2007.
  • Jean-Louis Thiérot, Stauffenberg, Paris, Perrin, 2009.
  • Missie Vassiltchikov, Journal d’une fille russe à Berlin (1940-1945), Paris, Phébus, coll. « Libretto », , 505 p. (ISBN 978-2-7529-0232-0).
  • Antoine Raybaud, Allemagne, 20 juillet 1944 : L'attentat contre Adolf Hitler, Paris, La République des Lettres, (ISBN 978-2-8249-0036-0, lire en ligne).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]