Complément d'objet direct

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Le complément d'objet direct (COD) (appelé également complément direct du verbe - CDV) est un complément direct du verbe d'action et employé à la voix active : c'est-à-dire qu'il subit l'action accomplie par un sujet actif.

Exemple  :

« Un grand soleil d'hiver éclaire la colline » (Aragon)

Il se définit par le fait qu'il devient sujet du verbe lors de la transposition à la voix passive : « Le chat mange la souris / la souris est mangée par le chat ».

Dérivé de l'accusatif latin et passé par le cas objet (ou cas régime) du Moyen Âge, le complément d'objet direct est un élément de base de la syntaxe de la langue française.

Approfondissement[modifier | modifier le code]

Le complément d'objet direct est un complément sans préposition (d'où le qualificatif de « direct »), qui appartient au groupe verbal. Formellement, c'est un complément essentiel (non supprimable) et non déplaçable dans la phrase.

Il se place classiquement après le verbe (« J'écris ton nom » (Eluard) sauf effet stylistique particulier (chez Céline ou Giono par exemple). Il se place devant le verbe quand il s'agit d'un pronom relatif : « Les yeux qu’on ferme voient encore » (omme), d'un pronom interrogatif (« Que ferons-nous ?), ou dans le cas de pronoms personnels qui prennent alors une forme faible : « Tu m’emmènes, je t’enlève » (Hugo). Il en va de même dans les tournures pronominales (réfléchies ou réciproques) mais avec l'impératif le pronom personnel se place derrière le verbe avec un tiret de liaison : « Nature, berce-le chaudement » (Rimbaud).

Catégories grammaticales[modifier | modifier le code]

Le complément d'objet direct peut être :

  • un nom (un groupe nominal) : « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant » (Paul Verlaine) ;
  • un pronom : « Comme un son éloigné qu'affaiblit la distance » (Alphonse de Lamartine) ;
  • un infinitif : « J'espérais bien pleurer » (Alfred de Musset) ;
  • une proposition conjonctive (appelée proposition complétive) : « Je sais que sur les vœux on n'a point de puissance » (Molière) ;
  • une proposition infinitive : « L'été rit, et l'on voit sur le bord de la mer // Fleurir le chardon bleu des sables » (Victor Hugo) ;
  • une proposition interrogative indirecte : « Il demande qui viendra » ;
  • une proposition subordonnée relative indéterminée : « Je ferai ce que tu décideras ».

Remarques et problèmes[modifier | modifier le code]

Ambiguïté de la dénomination[modifier | modifier le code]

En définissant le C.O.D. comme un complément du verbe d'action transitif, à la voix active, l'objet sur lequel s'exerce son action, on confond la syntaxe et la sémantique. S'il est vrai que, statistiquement, ce genre de complément indique souvent l'objet sur lequel s'exerce l'action, ce lien entre syntaxe et sémantique ne peut être que statistique. La définition a minima serait donc de considérer le complément d'objet direct comme un complément du syntagme verbal qui n'est pas relié au verbe par une préposition, mais cette définition reste partielle puisqu'il existe d'autres compléments sans préposition. Il faut donc revenir à la notion complexe de transitivité.

  • La notion de verbe d'action n'est pas toujours opérante et il est parfois difficile de transposer la phrase à la voix passive ; par exemple quand il s'agit du verbe avoir : « Il a deux trous rouges au côté droit » (Rimbaud) ou avec le pronom sujet « on » : « Les yeux qu'on ferme voient encore » (Sully Prudhomme), ou encore lors d'expressions lexicalisées comme « Il respire la santé ». Néanmoins la perception d'une construction impliquant un verbe avec un sujet actif et un « objet » demeure dans l'approche de la fonction (le rôle) du complément d'objet direct, même si les critères syntaxiques l'emportent dans sa définition.

Confusions[modifier | modifier le code]

  • Le COD ne doit pas être confondu avec l'attribut du sujet : celui-ci est associé à des verbes d'état (être – paraître – rester...) et désigne le même élément que le sujet (exemple : « Pierre reste mon ami »). Il est également remplaçable par un adjectif qualificatif (Pierre est amical) ce qui est impossible pour le complément d'objet direct.
  • La seule place après le verbe associée à l'absence de préposition ne suffit pas à l'identification du COD : dans le vers célèbre de Victor Hugo « Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées », « les yeux fixés » bien que sans préposition est un complément circonstanciel de manière et non un COD. De même dans «Ma douleur, donne-moi la main ; viens par ici » de Baudelaire, « moi » est un complément d'objet second, le COD étant constitué par « la main ».
  • Le COD ne doit pas être non plus confondu avec des compléments de mesure (prix – distance – durée – poids) qui sont aussi des compléments essentiels sans préposition mais, à la différence du COD, ils peuvent être remplacés par des adverbes et la mise au passif est impossible. Exemple : « Ce film a coûté des millions de dollars / La guerre a duré cent ans... »
  • L'apparence est parfois trompeuse : malgré la présence d'une préposition, on a bien un COD dans un cas comme celui-ci : « Évitons de souffrir ».
  • Par ailleurs le jeu des devinettes avec les questions « qui ? » ou « quoi ? » est à proscrire impérativement. Outre qu'elles n'amènent aucune réflexion sur les relations syntaxiques entre les mots de la phrase, ces questions peuvent conduire à de grossières erreurs par confusion avec des sujets postposés, des sujets réels ou des attributs du sujet. Ainsi, malgré les réponses apportées aux devinettes, il n'y a pas de COD dans ce vers de Rimbaud : « C'est un trou de verdure où chante une rivière » !
  • Certains verbes intransitifs peuvent avoir dans des expressions littéraires un COD interne : « La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse // Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse... » (Baudelaire).
  • Le complément d'objet direct peut lui aussi avoir un attribut (adjectif ou nom) : « Les Américains éliront peut-être Hillary Clinton présidente ». (« présidente » est attribut du COD « Hillary Clinton »).

Liens externes[modifier | modifier le code]