Comparaison des plus grands joueurs d'échecs de l'histoire

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Un certain nombre de méthodologies ont été utilisées pour comparer les joueurs d'échecs de toutes les époques. Elles se divisent essentiellement en deux catégories : d'une part, les méthodes statistiques se basent essentiellement sur les résultats des parties jouées, présentent de solides bases mathématiques, mais sont en revanche très discutables pour comparer des joueurs qui ne se sont jamais affrontés ; d'autre part, les méthodes intrinsèques tentent d'évaluer directement la qualité des coups joués, en utilisant généralement comme référence des programmes d'ordinateurs considérés aujourd'hui comme beaucoup plus forts que les meilleurs joueurs humains[1]. Elles permettent donc des comparaisons objectives, mais des travaux récents montrent une certaine sensibilité du classement à la méthode utilisée[2].

Méthodes statistiques[modifier | modifier le code]

Le classement Elo[modifier | modifier le code]

Le système le plus connu est celui développé par Arpad Elo dans les années 1960 et présenté en détail dans son ouvrage The Rating of Chessplayers, Past and Present[3]. Le classement Elo a remplacé de façon presque universelle d'autres systèmes nationaux comme le système Harkness[4] utilisé par la fédération américaine (USCF), ou le système Ingo (1948) d'Anton Hoesslinger utilisé en Allemagne, ou encore le classement ECF conçu pour la fédération britannique par Richard Clark (en).

En 1970, la FIDE a adopté officiellement le classement Elo pour classer les joueurs d'échecs. Le moyen le plus simple de comparer les joueurs d'échecs est donc simplement de comparer leur classement Elo. Les meilleurs Elo jamais atteints sont présentés dans le tableau ci-dessous.

Meilleurs classements Elo[modifier | modifier le code]

A la date du , 121 joueurs d'échecs avaient dépassé la barre des 2 700 points et treize celle des 2 800 points :


Joueurs ayant atteint un classement Elo de 2 800 points[5]
Rang et Elo maximum
(record)
Nom Fédérations Né en GMI
en
Elo ≥
2 700
en
Elo ≥
2 800
en
Date du
meilleur Elo
1 2 882 Magnus Carlsen Drapeau de la Norvège Norvège 1990.12 2004 2007 2009 mai 2014
août 2019
2 2 851 Garry Kasparov Drapeau de la Russie Russie 1963.03 1980 1984 1990
(Inactif depuis 2005)
3 2 844 Fabiano Caruana Drapeau des États-Unis États-Unis
et Italie
1992.07 2007 2010 2014.08 octobre 2014
4 2 830 Levon Aronian Drapeau de l'Arménie Arménie
et Allemagne[6],[7]
1982.10 2000 2005 2010 mars 2014
5 2 822 Wesley So Drapeau des États-Unis États-Unis
et Philippines
1993.10 2008 2013 2017.01 février 2017
6 2 820 Shakhriyar Mamedyarov Drapeau de l'Azerbaïdjan Azerbaïdjan 1985.04 2002 2006 2017.06 septembre 2018
7 2 819 Maxime Vachier-Lagrave Drapeau de la France France 1990.10 2005 2008 2016 août 2016
8-9 2 817 Viswanathan Anand Drapeau de l'Inde Inde 1969.12 1988 1993 2006.04 mars 2011
8-9 2 817 Vladimir Kramnik Drapeau de la Russie Russie 1975.06 1992 1993 2001 octobre 2016
(inactif depuis 2020)
10-12 2 816 Veselin Topalov Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 1975.03 1992 1996 2006.01 juillet 2015
10-12 2 816 Hikaru Nakamura Drapeau des États-Unis États-Unis 1987.12 2003 2008 2015 octobre 2015
10-12 2 816 Ding Liren Drapeau de la République populaire de Chine Chine 1992.10 2009 2012 2018.09 novembre 2018
13 2 810 Aleksandr Grichtchouk Drapeau de la Russie Russie 1983.10 1999 2002 2014.10 décembre 2014


Evolution de la moyenne du classement Elo au fil du temps[modifier | modifier le code]

La moyenne du nombre de points au sein du classement Elo n'a cessé de s'élever au cours du temps. Par exemple, la moyenne des 10 meilleurs joueurs en activité en juillet 2000 était de 2751 points, puis de 2794 points en juillet 2014. Dans le même temps, la moyenne des 100 meilleurs joueurs est passé de 2644 points à 2703 points[8]. Il est aujourd'hui communément admis qu'il s'agit là d'un artefact du système Elo qui le rend inadapté pour comparer les joueurs appartenant à des époques différentes[9].

Arpad Elo était lui-même d'avis qu'il était inutile d'essayer d'utiliser son système pour comparer des joueurs ne s'étant jamais affrontés. Il estimait également que l'estimation de la force d'un joueur d'échecs ne pouvait être qu'approximative; il la comparait à essayer de mesurer la position d'un bouchon de liège à la surface de l'eau, qui monte et qui descend sur une mer agitée, avec un bâton attaché à une corde qui bat au vent (« the measurement of the position of a cork bobbing up and down on the surface of agitated water with a yard stick tied to a rope and which is swaying in the wind. »[10]).

Chessmetrics (2005)[modifier | modifier le code]

Plusieurs statisticiens ont travaillé sur l'amélioration du classement Elo, afin de tenter de limiter certains de ses inconvénients, comme l'inflation au fil du temps, ou le problème de l'affectation d'un classement à un joueur débutant.

Chessmetrics est un système développé par le statisticien américain Jeff Sonas. Il prétend prendre en compte l'inflation dont souffre le système Elo. Toutefois, le système Chessmetrics est sensible à la fréquence des parties jouées. Suivant Sonas lui-même, « dès que l'on passe un mois sans jouer, le classement Chessmetrics commence à baisser[11] ».

Sonas, tout comme Arpad Elo, affirme qu'il est impossible de comparer la force de joueurs ayant pratiqué à des époques différentes : « Bien entendu, un classement indique un niveau de supériorité d'un joueur par rapport à ses contemporains; il ne dit rien sur le fait que ce joueur a un niveau de jeu plus ou moins élevé qu'un joueur d'une époque passée. Donc, si on ne peut pas dire que Bobby Fischer au début des années 1970, ou José Capablanca au début des années 1920, étaient les meilleurs joueurs de tous les temps, on peut dire avec une grande confiance qu'ils ont été les joueurs ayant le plus dominé leur époque dans l'histoire. C'est tout ce que ce type de classement peut nous dire[12],[13] ».

Néanmoins Sonas compare sur son site web différents joueurs pris à différentes époques. On prenant en compte des données prises jusqu'en décembre 2004, les classements étaient les suivants:

Rang Sur 1 an[14] Sur 5 ans[15] Sur 10 ans[16] Sur 15 ans[17] Sur 20 ans[18]
1 Bobby Fischer, 2881 Garry Kasparov, 2875 Garry Kasparov, 2863 Garry Kasparov, 2862 Garry Kasparov, 2856
2 Garry Kasparov, 2879 Emanuel Lasker, 2854 Emanuel Lasker, 2847 Anatoli Karpov, 2820 Anatoli Karpov, 2818
3 Mikhaïl Botvinnik, 2871 José Capablanca, 2843 Anatoli Karpov, 2821 Emanuel Lasker, 2816 Emanuel Lasker, 2809
4 José Capablanca, 2866 Mikhaïl Botvinnik, 2843 José Capablanca, 2813 José Capablanca, 2798 Alexandre Alekhine, 2781
5 Emanuel Lasker, 2863 Bobby Fischer, 2841 Bobby Fischer, 2810 Alexandre Alekhine, 2794 Viktor Kortchnoï, 2766
6 Alexandre Alekhine, 2851 Anatoli Karpov, 2829 Mikhaïl Botvinnik, 2810 Mikhaïl Botvinnik, 2789 Vassily Smyslov, 2759

En 2005[19], Sonas a utilisé son système pour évaluer les performances sur un an, et est arrivé à la conclusion que Kasparov a été le joueur qui a dominé les échecs pendant le plus grand nombre d'années, suivi de Karpov et de Lasker. Il a aussi publié la liste suivante, donnant les classements les plus élevés atteints, à partir de calculs effectués au début de chaque mois[20]:


Méthodes basées sur la qualité des coups[modifier | modifier le code]

Méthode de Guid et Bratko (2008)[modifier | modifier le code]

En 2006, Matej Guid and Ivan Bratko (en) de l'Université de Ljubljana, ont développé l'idée originale que l'on pouvait classer les joueurs d'échecs non pas en fonction du résultat de leurs parties, mais en comparant les coups qu'ils jouent aux coups que jouerait un ordinateur[21], en l'occurrence Crafty. L'idée sous-jacente était que Crafty était meilleur que la grande majorité des joueurs humains, et qu'en regardant le pourcentage de coups "parfaits" (identiques à ceux choisis par l'ordinateur) joués, on pourrait ainsi trouver le "meilleur" joueur.

Cette méthode, très originale, reçut cependant un certain nombre de critiques[22]. D'une part, le travail fait par Guid et Bratko souffrait de la "faible" qualité du programme (2657 ELO, inférieur à nombre de joueurs humains) utilisé pour évaluer les coups à l'époque, et aussi du peu de parties évaluées, essentiellement par manque de puissance de calcul. D'autre part, la méthode ne permettait pas de trancher la difficulté suivante: vaut-il mieux jouer presque à chaque fois le meilleur coup, mais faire de temps en temps d'énormes erreurs, ou jouer seulement "presque" le meilleur coup à chaque fois, mais ne commettre jamais de graves erreurs?

Une étude du même type fut menée en 2008, en utilisant cette fois-ci Rybka 2.3.2a (un programme beaucoup plus fort que Crafty)[23]. Les résultats furent les suivants[24],[25]:

Rang Sur 1 an Sur 2 ans Sur 3 ans Sur 5 ans Sur 10 ans Sur 20 ans
1 Fischer (1968, 25 ans) Fischer Fischer Kasparov
et Fischer
Capablanca
et Fischer
Capablanca
2 Kramnik (2007, 32 ans) Kramnik,
Capablanca,
Kasparov
Capablanca,
Kasparov
Karpov,
Kramnik
3 Kasparov (1998, 35 ans) Capablanca Kramnik
4 Botvinnik (1939, 28 ans) Smyslov Kramnik, Botvinnik Kasparov Smyslov, Kasparov
5 Capablanca (1915, 27 ans) Karpov,
Smyslov
Botvinnik Karpov, Smyslov
6 Karpov (1983, 32 ans) Kramnik Smyslov Fischer
7 Smyslov (1983, 62 ans) ,
Tal (1987, 51 ans)
Alekhine,
Botvinnik
Karpov Karpov, Lasker Botvinnik,
Spassky
Botvinnik,
Spassky,
Petrossian
8 Spassky,
Lasker
9 Petrossian (1962, 33 ans) Anand Alekhine, Anand Anand
10 Euwe (1938, 37 ans) Tal, Spassky Anand Lasker, Petrossian Anand
11 Spassky (1980, 43 ans) Petrossian Petrossian, Spassky Tal
12 Alekhine (1927, 35 ans) ;
Anand (2006, 37 ans)
Lasker, Euwe Tal, Alekhine Tal, Alekhine Alekhine, Lasker
13 Euwe, Tal
14 Lasker (1909, 41 ans) Petrossian Euwe Euwe Euwe
15 Morphy (1858, 21 ans) Morphy Morphy Steinitz Steinitz Steinitz
16 Steinitz (1886, 50 ans) Steinitz Steinitz

Une nouvelle étude en 2008, utilisant Rybka 3, a montré que Capablanca avait le plus faible taux d'erreur, mais en ajustant en fonction de la complexité de la position, le meilleur joueur semblait être Fischer, suivi de Capablanca, Karpov et Kramnik[26].

Modèle Markovien (2017)[modifier | modifier le code]

Dans un article[27] publié par le Journal de l'ICGA (en), Jean-Marc Alliot, de l'Institut de Recherche en Informatique de Toulouse (IRIT) reprend les travaux effectués par Guid et Bratko, ainsi que ceux réalisé par Diogo Ferreira[28], en considérant une partie d'échecs comme un processus Markovien, et en construisant un modèle probabiliste de chaque joueur. Cette méthode permet de prendre en compte et de régler les différentes critiques portées précédemment au niveau théorique. La méthode a été testée sur 26 000 parties jouées par tous les champions du monde d'échecs depuis Wilhelm Steinitz. Elles ont été évaluées sur un superordinateur en utilisant le programme Stockfish, qui a un classement de 3150 Elo dans le cadre de cette étude[1]. L'évaluation a pris 62 000 heures de CPU. Pour chaque position, on estime d'abord la probabilité qu'une erreur soit commise, et l'amplitude de cette erreur, en comparant les deux meilleurs coups (évaluées au rythme de deux minutes par coup, soit une profondeur d'environ 26 demi-coups), avec le coup effectivement joué[29], en commençant au dixième coup, pour limiter les biais liés aux bibliothèques d'ouverture. Ces modèles, calculés annuellement pour chaque joueur, sont ensuite utilisés pour calculer la probabilité de victoire/nul/défaite pour un match opposant n'importe lequel des joueurs dont on connait le modèle. Le modèle a été comparé aux résultats réels des matchs lorsque ceux-ci ont eu effectivement lieu, et les prédictions sont extrêmement proches de résultats réels. D'autre part, les résultats prédits sont meilleurs que ceux prédits par le classement Elo. Globalement, ces résultats montrent que le niveau intrinsèque des joueurs d'échecs s'est globalement élevé : Magnus Carlsen (2013) arrive en tête, Bobby Fischer (1971) est troisième et Garry Kasparov (2001) quatrième.

Les résultats complets sont les suivants (on considère pour chaque joueur sa « meilleure » année) : Carlsen en 2013, Kramnik en 1999, Fischer en 1971, Kasparov en 2001, Anand en 2008, Khalifman en 2010, Smyslov en 1983, Petrossian en 1962, Karpov en 1988, Kasimdzhanov en 2011, Botvinnik en 1945, Ponomariov en 2011, Lasker en 1907, Spassky en 1970, Topalov en 2008, Capablanca en 1928, Euwe en 1941, Tal en 1981, Alekhine en 1922, Steinitz en 1894). Les nombres représentent la probabilité de victoire du joueur contre chacun de ses possibles adversaire. Le tableau n'est pas symétrique, car jouer avec les blancs ou avec les noirs ne donne pas le même résultat.

Résultats des matchs entre les différents champions du monde
Ca Kr Fi Ka An Kh Sm Pe Kp Ks Bo Po La Sp To Ca Ta Eu Al St
Carlsen 52 54 54 57 58 57 58 56 60 61 59 60 61 61 64 66 69 70 82
Kramnik 49 52 52 55 56 56 57 55 59 60 58 60 60 60 63 65 68 70 83
Fischer 47 49 51 53 57 56 57 56 59 60 60 61 61 62 64 68 70 73 85
Kasparov 47 49 50 53 54 54 54 53 57 58 56 56 58 58 60 62 66 68 82
Anand 44 46 48 48 54 52 53 53 57 56 57 57 59 59 62 64 69 71 86
Khalifman 43 45 44 47 47 50 51 52 53 54 55 55 56 56 60 62 64 67 79
Smyslov 43 45 45 47 49 51 50 51 53 55 54 54 54 55 59 63 64 68 82
Petrossian 43 44 45 47 49 50 51 52 53 54 54 55 55 56 59 63 63 67 80
Karpov 44 46 45 48 48 49 50 49 51 52 52 52 52 52 56 58 60 63 76
Kasimdzhanov 41 43 42 45 45 48 48 48 50 52 52 52 54 53 56 60 62 65 80
Botvinnik 40 41 41 44 45 48 46 48 49 49 50 54 52 52 56 60 60 64 80
Ponomariov 42 43 41 45 44 47 47 47 49 49 51 51 52 52 55 58 59 62 77
Lasker 41 41 40 45 44 46 47 46 49 49 48 50 51 50 54 58 59 63 78
Spassky 40 41 40 43 42 45 47 46 48 47 49 49 50 51 53 58 57 61 75
Topalov 40 41 39 44 42 45 46 45 49 48 49 49 50 51 54 57 57 61 75
Capablanca 37 38 37 41 39 42 42 42 45 45 45 47 47 48 47 53 54 59 76
Tal 35 36 34 39 37 39 39 38 43 41 41 43 43 43 44 48 49 54 72
Euwe 32 33 32 36 32 37 37 38 41 39 41 42 43 44 44 47 52 56 75
Alekhine 31 31 29 34 30 35 33 35 38 36 37 39 38 40 40 43 47 45 69
Steinitz 20 19 17 20 16 22 19 22 25 22 22 25 24 27 27 26 30 27 33

La base de données complète des 26000 parties évaluées peut être téléchargée depuis la page web de l'auteur de l'article.

Listes subjectives[modifier | modifier le code]

De nombreux joueurs célèbres, ou des écrivains spécialisés, ont établi leur propre classement.

Bobby Fischer (1964 et 1970)[modifier | modifier le code]

En 1964 Bobby Fischer avait établi son top 10 dans Chessworld : Morphy, Staunton, Steinitz, Tarrasch, Chigorin, Alekhine, Capablanca, Spassky, Tal, Reshevsky[30],[31]. Il considérait que Morphy était le meilleur, écrivant même : « Dans un match de compétition, il battrait n'importe quel joueur vivant aujourd'hui. (In a set match he would beat anyone alive today[32]). »

In 1970 Fischer établit dans CHESS magazine une autre liste avec, dans l'ordre : Morphy, Steinitz, Capablanca, Botvinnik, Petrossian, Tal, Spassky, Reshevsky, Svetozar Gligorić et Bent Larsen[33].

Irving Chernev (1974)[modifier | modifier le code]

En 1974, Irving Chernev publia un article intitulé Who were the greatest? dans le magazine britannique CHESS[34]. Cet article fut suivi d'un livre en 1976 The Golden Dozen, dans lequel il établit le classement suivant du top 12: 1. Capablanca, 2. Alekhine, 3. Lasker, 4. Fischer, 5. Botvinnik, 6. Petrossian, 7. Tal, 8. Smyslov, 9. Spassky, 10. Bronstein, 11. Rubinstein, et 12. Nimzowitsch[35].

Keene et Divinsky (1989)[modifier | modifier le code]

Raymond Keene et Nathan Divinsky dans leur livre Warriors of the Mind[36] essaient de construire un classement en comparant directement les joueurs de toutes époques, afin de déterminer le meilleur joueur de tous les temps. En prenant en compte les parties jouées entre soixante-quatre des meilleurs joueurs de l'histoire, ils sont arrivés à la liste suivante[37]:

Les valeurs ci-dessus n'ont rien à voir avec celles utilisées dans le classement Elo. Johannes Zukertort a, par exemple, un score de 873 dans ce classement, qui est inférieur à la valeur minimale de 1 000 pour le classement Elo. Le système de Keene et Divinsky n'a pas rencontré une forte adhésion[38]. et Warriors of the Mind a été accusé de sélectionner arbitrairement les joueurs, et d'avoir un fort biais en faveur des joueurs contemporains[39].

Viswanathan Anand (2000, 2008 et 2012)[modifier | modifier le code]

En 2000, alors que Karpov, Kortchnoï et Kasparov étaient encore en activité, Anand a donné son propre top 10: Fischer, Morphy, Lasker, Capablanca, Steinitz, Tal, Kortchnoï, Keres, Karpov et Kasparov[40].

En 2008, peu après la mort de Fischer, il mit Kasparov en tête devant Fischer, car Kasparov était resté au sommet du classement pendant le plus grand nombre d'années[41].

En 2012, Anand considérait que Fischer était le meilleur, en raison des difficultés qu'il avait rencontrées[42].

Vladimir Kramnik (2005 et 2011)[modifier | modifier le code]

En 2005, Vladimir Kramnik (Champion du monde de 2000 à 2007) ne désigna pas un "meilleur" joueur mais estima que "Il manquait quelque chose à tous les autres champions du monde, mais pas à Kasparov: il savait tout faire." ("The other world champions had something 'missing'. I can't say the same about Kasparov: he can do everything."[43])

Dans une interview en 2011, Vladimir Kramnik disait de Anand : « je considère qu'il a un talent considérable, un des plus grands dans l'histoire des échecs. En termes de jeu, il n'est pas plus faible que Kasparov [...] Dans les 5 ou 6 dernières années il a fait des progrès qualitatifs qui permettent de le considérer comme un des plus grands. » (« I always considered him to be a colossal talent, one of the greatest in the whole history of chess", « I think that in terms of play Anand is in no way weaker than Kasparov », and In the last 5–6 years he's made a qualitative leap that's made it possible to consider him one of the great chess players »[44].)

Classement en fonction du nombre de championnats du monde gagnés[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous présente les différents champions du monde en fonction du nombre de championnats gagnés (un nul dans la défense du titre est compté comme une victoire). La complexité du tableau vient de la séparation entre les titres "FIDE" et "classique" entre 1996 et 2006.

Champion Total Sans contes-
tation
FIDE Classique Nombre d'années comme champion
sans contestation
nombre d'années comme champion
FIDE ou classique
Nombre d'années total de règne
Emanuel Lasker 6 6 27 27
Garry Kasparov 6 4 2 8 7 15
Anatoli Karpov 6 3 3 10 6 16
Mikhaïl Botvinnik 5 5 13 13
Viswanathan Anand 5 4 1 6 2 8
Alexandre Alekhine 4 4 17 17
Wilhelm Steinitz 4 4 8 8
Magnus Carlsen 4 4 7 7
Vladimir Kramnik 3 1 2 1 6 7
Tigran Petrossian 2 2 6 6
José Raúl Capablanca 1 1 6 6
Boris Spassky 1 1 3 3
Bobby Fischer 1 1 3 3
Max Euwe 1 1 2 2
Vassily Smyslov 1 1 1 1
Mikhaïl Tal 1 1 1 1
Ruslan Ponomariov 1 1 2 2
Aleksandr Khalifman 1 1 1 1
Rustam Qosimjonov 1 1 1 1
Veselin Topalov 1 1 1 1

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Who is the master?, ICGA Journal, 39-1, April 2017 (2.1 Evaluation of the ELO strength of the program used)
  2. Who is the master?, ICGA Journal, 39-1, April 2017 (4 Fitting, validating, comparing)
  3. Arpad E. Elo, The Rating of Chessplayers, Past and Present, Arco, 1978. (ISBN 0-668-04721-6).
  4. Kenneth Harkness. Official chess handbook. McKay, 1967
  5. Liste actualisée en janvier 2021.
  6. Transfers in 2003
  7. Transfers in 2004.
  8. World Top chess players and Statistics, FIDE.com
  9. ChessBase News; Rating inflation – its causes and possible cures
  10. Chess Life, 1962
  11. « As soon as you go a month without playing, your Chessmetrics rating will start to drop. », The Greatest Chess Player of All Time – Part I, Jeff Sonas, at Chessbase
  12. « Of course, a rating always indicates the level of dominance of a particular player against contemporary peers; it says nothing about whether the player is stronger/weaker in their actual technical chess skill than a player far removed from them in time. So while we cannot say that Bobby Fischer in the early 1970s or José Capablanca in the early 1920s were the "strongest" players of all time, we can say with a certain amount of confidence that they were the two most dominant players of all time. That is the extent of what these ratings can tell us. »
  13. About the Chessmetrics Rating System , Jeff Sonas
  14. « Peak Average Ratings: 1 year peak range » (version du 9 mars 2012 sur l'Internet Archive)
  15. « Peak Average Ratings: 5 year peak range » (version du 9 mars 2012 sur l'Internet Archive)
  16. « Peak Average Ratings: 10 year peak range » (version du 9 mars 2012 sur l'Internet Archive)
  17. « Peak Average Ratings: 15 year peak range » (version du 9 mars 2012 sur l'Internet Archive)
  18. « Peak Average Ratings: 20 year peak range » (version du 9 mars 2012 sur l'Internet Archive)
  19. Sonas, J., « The Greatest Chess Player of All Time – Part IV », Chessbase, Part IV gives links to the 3 earlier parts
  20. Sonas, J., « The Greatest Chess Player of All Time – Part II », Chessbase,
  21. Computers choose: who was the strongest player?, Chessbase, 2006
  22. Review of "Computer Analysis of World Chess Champions", by Søren Riis, Chessbase, 2006
  23. "Compare the World Champions!", by Charles Sullivan, TrueChess, 2007
  24. {{cite web|url=http://www.truechess.com/web/champs.html |title=by Charles Sullivan |publisher=Truechess.com |date= |accessdate=2013-10-21}}
  25. « by Charles Sullivan », Truechess.com (consulté le )
  26. (en) « Chess Player Analysis by Rybka 3 14ply », sur Scribd (consulté le ).
  27. Who is the master?, ICGA Journal, 39-1, Avril 2017
  28. Determining the Strength of Chess Players Based on Actual Play, ICGA Journal, 35-1, Mars 2012
  29. Who is the master?, ICGA Journal, 39-1, April 2017 (1 Introduction)
  30. Bobby Fischer, "The Ten Greatest Masters in History", Chessworld, Vol. 1, No. 1 (Jan.-Feb. 1964), pp. 56–61.
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