Compagnie du chemin de fer Hainaut et Flandres

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Compagnie du chemin de fer Hainaut et Flandres
Création
Disparition
Successeur Société générale d'exploitation de chemins de fer

Forme juridique société anonyme
Siège social Drapeau de Belgique Bruxelles (Belgique)

La Compagnie du chemin de fer Hainaut et Flandres, est une société anonyme belge créée en 1856 pour établir, exploiter ou faire exploiter des chemins de fer en Belgique. Elle disparaît en 1867, au profit de la Société générale d'exploitation de chemins de fer.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création de la société[modifier | modifier le code]

La loi du , sanctionnée par l'arrêté royal du met en concession « un réseau composé de trois branches ayant une origine à Saint-Ghislain et aboutissant l'une à Audenarde, l'autre à Tournay, et la troisième à Ath »[1]. Dans le but de construire et exploiter ces concessions ferroviaires, une société anonyme est mise en place. Elle rachète également la concession, d'un chemin de fer d'Audenarde vers Gand, octroyée le , dont le concessionnaire, la Compagnie du chemin de fer d'Audenarde vers Gand[2],[a], n'a pas encore terminé la construction[1]. En dehors du transport des voyageurs et des marchandises de détail, elle souhaite acheminer la houille extraite du bassin minier de la région de Saint-Ghislain jusqu'au bassin industriel de Gand, ainsi que d'autres matières premières nécessaires à l'industrie gantoise telles que la chaux et les pierres de taille[3].

La société anonyme créée par les actes du et du , dont les statuts sont approuvés par l'arrêté royal du (publié dans le Moniteur le )[1], est dite « Compagnie du chemin de fer Hainaut et Flandres » et a son siège à Bruxelles. Son objet est : « 1° l'exécution et l'exploitation des chemins de fer de Saint-Ghislain à Audenarde par Leuze et Renaix, de Saint-Ghislain à Tournai par Péruwelz et de Saint-Ghislain à Ath » ; « 2° l'achat des actions et obligations, l'achèvement et l'exploitation du chemin de fer d'Audenarde vers Gand, concédé définitivement par arrêté royal, en date du , en vertu d'une loi du  »[4].

Création de la ligne[modifier | modifier le code]

La société dispose d'un capital social de 39 800 000 fr, composé de 52 000 actions de 500 fr et 47 586 obligations de 500 fr. Néanmoins l'entreprise manque de moyens financiers car les versements, sur les actions, ne sont pas complets et « les difficultés augmentent à mesure de chaque nouvel appel ». Les travaux sont retardés et l'objectif limité provisoirement à la « ligne principale de Saint-Ghislain à Gand par Leuze, Renaix et Audenarde »[5],[b].

La première inauguration a lieu le , elle concerne les 18 km entre la Pinte, qui se trouve sur la ligne de Gand à Courtrai des Chemins de fer de l'État belge[6], et Audenarde. La société modifie ses statuts d'origine par un acte du qui lui permet de ne construire qu'une voie unique. Cette décision provoque un « l'ajournement de l'émission d'une partie du capital, soit 6 000 000 fr ». Ne disposant plus que d'un capital de 33 800 160 fr, elle décide de consacrer 24 700 160 fr pour finir sa ligne principale. C'est en 1861 qu'elle ouvre la totalité de sa ligne : le les 18 km entre les gares de Saint-Ghislain et de Basècles ; le les 8 km entre les gares de Basècles et de Leuze ; et le les 32 km entre les gares de Leuze et Audenarde.

Difficultés financières[modifier | modifier le code]

Le coût de la construction au kilomètre est de 325 000 fr, pour une ligne à voie unique. L'assemblée générale du avait devancé ces difficultés en décidant de ne pas construire les embranchements, ne pas poser une deuxième voie, ce qui permettait de libérer les actionnaires du paiement des 200 fr qui manquaient en libérant à 300 fr les actions prévues à 500 fr à l'origine. Mais ce montage est refusé par le gouvernement ce qui fragilise la société[7].

En difficulté financière, la société est « reprise à bail » par la Société générale d'exploitation de chemins de fer selon les termes d'une convention du [8]. La convention signée par les deux société prévoit la création d'une « société spéciale pour l'exploitation des chemins de fer de la Compagnie de Hainaut et Flandres »[9]. Le , c'est la société d'exploitation qui reprend l'exploitation de la ligne[10].

Par les actes du et du la Compagnie du chemin de fer Hainaut et Flandres et tous ses droits et obligations passent à la Société générale d'exploitation de chemins de fer[9].

Reprise de l'exploitation par l'État[modifier | modifier le code]

Le [11], l'État Belge rachète 601 km de lignes de la Société générale d'exploitation[12], parmi lesquelles l'entièreté du réseau du Chemin de fer Hainaut et Flandres[9].

Réseau[modifier | modifier le code]

Lors de la cession de la Compagnie du chemin de fer Hainaut et Flandres à la Société générale d'exploitation le , seule la ligne de Saint-Ghislain à Audenarde et De Pinte est ouverte sur l'intégralité de son parcours. Le , la compagnie a inauguré une amorce de la ligne en direction de Tournai. Il s’agit d'une section de 3,8 km[réf. souhaitée] entre Basècles-Carrières et Péruwelz[13]. C’est finalement la Société générale d'exploitation (Par l’intermédiaire de la Compagnie des chemins de fer des bassins houillers du Hainaut[réf. nécessaire]) qui compléta le reste de la ligne, entre Péruwelz et Tournai.

Au moment du rachat par l’État de la majorité de la Société générale d'exploitation, 110 km de lignes initialement concédées à la Compagnie du chemin de fer Hainaut et Flandres avaient été construits[14]. Seule la ligne vers Ath n'avait toujours pas été construite en 1870 ; l’État reprendra finalement cette ligne à son compte et l'inaugurera de 1876 à 1877 (ligne 81, de Blaton à Ath).

Actuellement, la ligne de Saint-Ghislain à Audenarde est reprise par Infrabel comme ligne 78 (entre Saint-Ghislain et Basècles-Carrières) et comme ligne 86 (sur toute sa longueur) ; la ligne de Basècles-Carrières à Tournai.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Compagnie du chemin de fer d'Audenarde vers Gand est « déclarée dissoute par résolution de l'assemblée générale des actionnaires de la Compagnie du chemin de fer Hainaut et Flandres, le  »[2].
  2. À cette époque, Gand, Tournai et Saint-Ghislain étaient déjà desservis par les Chemins de fer de l’État belge mais il n'existait aucun direct itinéraire entre Saint-Ghislain (ou Mons) et Gand ou Tournai.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c de Laveleye 1862, p. 174.
  2. a et b Demeur 1859, p. 238.
  3. de Laveleye 1862, p. 173-174.
  4. Adolphe Demeur, Les sociétés anonymes de Belgique en 1857 : Collection complète des statuts collationnés sur les textes officiels avec une introduction et des notes, Bruxelles, , 708 p. (lire en ligne), « 65- Compagnie du chemin de fer Hainaut et Flandres », p. 238-244.
  5. de Laveleye 1862, p. 175.
  6. Lamalle 1952, p. 37-39.
  7. de Laveleye 1862, p. 176.
  8. G. Finet, « Ligne 78 : Mons - Tournai, une ligne singulière », Le Rail,‎ (lire en ligne, consulté le 9 février 2020).
  9. a b et c Adolphe Demeur, Les sociétés anonymes de Belgique années 1870-1875 (jusqu'à la mise en vigueur de la loi du 18 mai 1873) : Suite et complément de la collection complète des statuts en 1857, Bruxelles, (lire en ligne), « Traité avec la Compagnie du chemin de fer Hainaut et Flandres : acte du 28 novembre 1865, reçu par Me F. Toussaint, notaire à Bruxelles », p. 42-44.
  10. Loisel 1867, p. 385.
  11. G. Kurgan-Van Hentenrijk, « Une étape mouvementée de la réorganisation des chemins de fer belges : le rachat du Grand-Luxembourg par l'État (1872-1873) », Revue belge de Philologie et d'Histoire,‎ , p. 401 (lire en ligne)
  12. « Société anonyme Générale d’Exploitation de Chemins de Fer (SGE) [1867-1873] | Patrimoine Industriel de Tubize », sur www.museedelaporte.be (consulté le 21 septembre 2018)
  13. (nl) Site Archive Pandora, 78 Saint-Ghislain - Tournai lire (consulté le 24 avril 2012).
  14. Lamalle 1952, p. 61.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Adolphe Demeur, Les sociétés anonymes de Belgique en 1857 : Collection complète des statuts collationnés sur les textes officiels avec une introduction et des notes, Bruxelles, , 708 p. (lire en ligne), « 65 - Compagnie du chemin de fer Hainaut et Flandres », p. 237-244. .
  • Auguste de Laveleye, « Chemin de Hainaut-Flandres », dans Histoire des vingt-cinq premières années des chemins de fer belges, Bruxelles, A. Decq, (lire en ligne), p. 173-176. .
  • Félix Loisel, « Chemin de fer Hainaut-Flandres », dans Annuaire spécial des chemins de fer belges (période de 1835 à 1865 inclus), Bruxelles, Conférence des chemins de fer belge, (lire en ligne), p. 381-391. .
  • Ulysse Lamalle, Histoire des chemins de fer belges, Bruxelles, Office de publicité, (1re éd. 1939), 252 p. .

Articles connexes[modifier | modifier le code]