Compagnie des guides de Chamonix

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La Compagnie des guides de Chamonix est un organisme qui regroupe plus de 200 professionnels de la montagne (guides de haute montagne et accompagnateurs en montagne). Sa vocation est de permettre à ses clients de vivre une aventure humaine et sportive en montagne en leur garantissant les standards de sécurité adéquats. Initialement focalisée sur l’alpinisme, elle s’est diversifiée et propose aujourd’hui une large palette d’activités de montagne (alpinisme, escalade, ski, randonnée pédestre, eaux vives, accrobranche) destiné à un large public : individuel, collectif et entreprise. La plupart de ses activités se déroulent dans le massif du Mont-Blanc. Fondée en 1821, c'est la plus ancienne et la plus grande compagnie de guides au monde.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Compagnie des guides de Chamonix est née d'une délibération municipale du [1]. Il s'agit alors d'une caisse de secours pour aider les familles des guides disparus. L'expédition au mont Blanc du Docteur Hamel en 1820 a coûté la vie à trois guides et a fortement marqué les esprits.

La Savoie est alors sous l'autorité du roi de Sardaigne, sa Majesté Charles-Félix de Savoie. C'est le qu'il approuve un manifeste de la chambre des députés de Turin, rendant officielle la création de la Compagnie des Guides de Chamonix[2].

En 1863, la Savoie étant passée sous administration française, la compagnie devient une société de secours mutuel.

En 1930, Roger Frison-Roche devient le premier « étranger » (non-Chamoniard) admis à la compagnie des guides de Chamonix[3].

En 1942, un autre étranger, Gaston Rébuffat, intègre la Compagnie avec une dispense d'âge. Il en devient alors le plus jeune élément (il n'a que 21 ans)[4].

En 1958, à la suite de deux sauvetages tragiques et d'un contentieux entre la Société dauphinoise de Secours en montagne en 1956, la Compagnie des Guides abandonne le secours en montagne. Ce dernier sera dès lors assuré par le Peloton de Gendarmerie de Haut-Montagne (PGHM), en vertu surtout de la procédure du plan ORSEC (1952) qui est étendu au domaine montagnard[5],[6].

En 1966, René Desmaison, qui est allé secourir deux alpinistes allemands en difficulté (dans la face ouest des Drus), contre l'avis de la Compagnie, en est radié[7].

Enfin, il faudra attendre 1985 pour voir une femme guide à Chamonix : Sylviane Tavernier.

La Compagnie des Guides de Chamonix compte plus de 200 membres, guides de haute montagne et accompagnateurs en montagne.

Entités[modifier | modifier le code]

Depuis février 2016, la Compagnie des guides de Chamonix est constituée de 3 entités :

  • l'association Caisse de Secours qui apporte un soutien psychologique et financier aux membres et à leur famille en cas d'accident ;
  • l'association Compagnie des Guides de Chamonix qui met en contact guides et clients ;
  • la SAS Compagnie des Guides de Chamonix qui gère la commercialisation des activités.

Chiffre d'affaires[modifier | modifier le code]

La Compagnie des Guides réalise un chiffre d'affaires de 2,8 M€ (dont 2,5 M€ grâce à la Compagnie des Guides-Voyages), correspondant à 8 000 journées de travail.

Fête des Guides[modifier | modifier le code]

Tous les ans depuis 1924, chaque 15 août, a lieu à Chamonix la Fête des Guides avec la traditionnelle bénédiction des cordes et des piolets. Son but est de récolter de l'argent pour approvisionner le fonds de la Caisse de secours.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Michel Cachat, Daniel Chaubet, Les carnets de Cachat le Géant : mémoires de Jean-Michel Cachat dit « Le Géant », guide de monsieur de Saussure, paysan de la vallée de Chamonix, La Fontaine de Siloé, Collection « Les Carnets de la vie », (ISBN 9782842061616), p. 119.
  2. Olivier Hoibian, Les alpinistes en France, 1870-1950 : une histoire culturelle, Éditions L'Harmattan Collection "Espaces et temps du sport", (ISBN 9782747500319), p. 164 (Note de bas de page).
  3. Viviane Seigneur, Socio-anthropologie de la haute montagne, L'Harmattan, , 312 p. (ISBN 978-2-29616-138-2), p. 134, note n°102.
  4. Paul Yonnet, La montagne et la mort : suivi de, Le vertige, catégorie de l'activité humaine, Éditions de Fallois Collection "Cahiers du vertige", (ISBN 9782877064729), p. 99.
  5. Jacques Defrance et Olivier Hoibian, Deux siècles d'alpinismes européens : Origines et mutations des activités de grimpe, L'Harmattan, , 396 p. (ISBN 978-2-29630-297-6), p. 336-338.
  6. Viviane Seigneur, Socio-anthropologie de la haute montagne, L'Harmattan, , 312 p. (ISBN 978-2-29616-138-2), p. 194-195.
  7. Gilles Rousselot-Vigier, Chamonix Nostalgie, p. 111.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Mario Colonel, The Compagnie Des Guides de Chamonix : A History, Mario Colonel Editions, (ISBN 2-95319-008-2 et 9782953190083).
  • (en) Mario Colonel, Compagnie des guides de Chamonix, une belle histoire, Grepon, (ISBN 9782912250001).
  • Daniel Chaubet, Histoire de la compagnie des guides de Chamonix, Les Marches, La Fontaine de Siloé, , 211 p. (ISBN 978-2-90869-775-9).
  • Alexandre Galperine, Traces pour Jean-Pierre Devouassoux, Compagnie des guides de Chamonix, 2001

Liens externes[modifier | modifier le code]