Compagnie de l'île de la Providence

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La Compagnie de l'île de la Providence (en anglais Providence Island Company) est une société par action qui fut créée en 1630 par des aristocrates puritains anglais pour gérer la colonie qui s'était développée depuis les années 1620 dans les îles Santa Catalina et de la Providence, au large du Nicaragua, à l'époque de l'expansion des minorités religieuses protestantes, persécutées en Angleterre et connues sous le nom de puritains.

Trois quarts de siècle plus tard sera recréée aux Bahamas une nouvelle colonie corsaire, la Nouvelle Providence, dirigée par Robert Clarke de 1677 à 1682 puis par Robert Lilburne pour deux ans (1682−1684), avant qu'une armée espagnole reprenne le contrôle de l'île principale, appelée New Providence en janvier 1884[1]. La colonie qui avait été créée la première prendra alors le nom d'Old Providence.

Histoire[modifier | modifier le code]

La compagnie était liée aux puritains qui se sont installés à la même époque près de Boston. Elle a choisi de s'installer beaucoup plus au sud, près de la Côte des Mosquitos, futur protectorat Britannique situé sur l'actuelle côte atlantique du Nicaragua, plus au sud encore que Belize, l'autre région d'influence anglophone au XVIIe siècle.

Dès 1602, le territoire côtier faisant face à l'île de la Providence et proche de la ville actuelle de Bluefields au Nicaragua était utilisé par des soldats de fortune, en particulier les troupes du corsaire hollandais Abraham Blauvelt (ou Blauveldt, ou bien encore Bleeveldt), qui a donné son nom à la ville.

Proche des côtes du Nicaragua, l'île a vu arriver d'Europe des corsaires protestants anglais et hollandais, qui ont aussi pénétré dans les terres du Nicaragua, le long de la rivière Escondido, pour s'y abriter et réparer leurs avaries.

À partir de 1636, la compagnie fut codirigée par le corsaire et éditeur anglais Nathaniel Butler et le protestant Robert Hunt, qui avait combattu un peu plus tôt contre Richelieu lors du siège de La Rochelle.

Le naufrage d'un bateau portugais chargé d'esclaves noirs africains en 1641, dans la région de mangroves des Cayos Miskitos compléta cette grande diversité culturelle, où étaient mélés des indiens miskitos, des descendants des corsaires protestants hollandais et anglais, des Irlandais de la Barbade et des populations noires, arrivées dès 1641. Un peu plus tard, d'autres noirs ayant progressivement fui les plantations de la Jamaïque rejoignirent les premiers colons . Le lac le plus important de l'île de New Providence porte un nom de l'ouest irlandais, "Lake Killarney".

La région a ainsi vu se perpétuer la culture des "Raizals", peuple afro-américain protestant qui vit dans les deux îles de San Andrés et Santa Catalina.

La plupart des actionnaires fondateurs s'étaient opposés au roi catholique Charles Ier d'Angleterre parvenu sur le trône en 1625 et s'étaient investis dans les tentatives de colonisation en Virginie et aux Bermudes, dans la région des îles Somers. Un siècle plus tard sera recréée aux îles Bahamas une nouvelle colonie corsaire, la Nouvelle Providence. Celle qui avait été créé la première, prendra alors le nom d'Old Providence.

Plus récemment, un plan d'européanisation des indiens a démarré dans les années 1880 lorsque les Américains ont développé la production de banane mais qui s'est heurté à la résistance culturelle des indiens miskitos.

Références[modifier | modifier le code]

  1. "The Buccaneer's Realm: Pirate Life on the Spanish Main, 1674-1688", par Benerson Little, page [1]

Bibliographie[modifier | modifier le code]