Compagnie Fruitière

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Compagnie Fruitière
Image illustrative de l'article Compagnie Fruitière

Création 1939
Dates clés 1991 : acquisition de plantations au Cameroun ;
1997 : acquisition de plantations en Côte d'Ivoire ;
2001 : acquisition de plantations au Sénégal ;
2003 : acquisition de plantations au Ghana ;
2008 : rachat de Dole France et Dole Fresh UK ;
2011 : rachat de Dole Espagne / Portugal ;
2014 : sortie du capital de Dole Food Company, Inc.
Forme juridique Société anonyme à régime de conseil d’administration
Siège social Drapeau de la France 33 boulevard Ferdinand de Lesseps, Marseille Voir et modifier les données sur Wikidata (France)
Direction Robert Fabre (président)
Actionnaires Famille fondatrice : 100%
Activité Import, mûrissement et distribution de fruits et légumes
Produits Fruits et légumes
Effectif 18 000 salariés (2013)
Site web www.compagniefruitiere.fr

Chiffre d’affaires 800 millions d'euros
(exercice de l'année 2013)

La Compagnie Fruitière est une entreprise française productrice de fruits. Elle est le premier producteur de fruits de la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique[1]

Historique[modifier | modifier le code]

L'entreprise a été créée à Marseille en 1939[2] où se trouve toujours son siège social.

Initialement négociant de fruits en provenance d'Afrique, le groupe a, au fil du temps, élargi son implication à tous les métiers de la filière. La Compagnie Fruitière est ainsi devenue successivement producteur, avec l'acquisition et le développement de plantations de bananes et d'ananas, transporteur de fruits et opérateur logistique avec, entre autres, une compagnie maritime intégrée (Africa Express Line en 2001), et enfin distributeur/mûrisseur de fruits dans plusieurs pays d'Europe avec le rachat successif de filiales commerciales du réseau Dole en France et au Royaume-Uni en 2008 et en Espagne / Portugal en 2011.

En 2014, les actionnaires majoritaires, fondateurs de la société, ont repris la part de 40% du capital qui était détenue par le groupe américain Dole Food Company, Inc., actionnaire minoritaire depuis 21 ans[3].

Chiffres[modifier | modifier le code]

Le groupe annonce avoir réalisé en 2013 un chiffre d'affaires de 800 millions d'euros et employer plus de 18 000 personnes[2]. La production de fruits et légumes en Afrique du groupe approche les 450 000 tonnes. En Europe (du Portugal à la Russie), le groupe distribue plus de 800 000 tonnes de fruits[2].

Filiales de production fruitière[modifier | modifier le code]

Cameroun[modifier | modifier le code]

La société des Plantations du Haut Penja (PHP)[2], plantation historique de bananes au Cameroun, s’étend sur 4 500 hectares. Elle a pris sa forme actuelle en 1991 avec la privatisation de l’Office Camerounais de la Banane. Chaque année, plus de 130 000 tonnes de bananes sont chargées sur les bateaux de la Compagnie Fruitière au port de Douala.

La région de Penja offre un terroir riche ; située dans une zone volcanique qui se prolonge jusqu’au Mont Cameroun, elle est constituée de sols d’une grande richesse, particulièrement propices à la culture de la banane.

Ce terroir est tout aussi favorable à la culture du poivre et la PHP y cultiverait-elle ainsi un poivre réputé de qualité[4]. Il est désormais connu sous l’appellation « poivre de Penja », et bénéficie d'une Indication géographique protégée depuis le .

Le poivre de Penja et le miel blanc d’Oku ont été labelisés par l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle par leur lien entre les ressources naturelles et les compétences locales, pour valoriser les ressources et productions locales, et pour stimuler l’investissement et d’aider ainsi au développement[5].

Avec 6 000 salariés, la Compagnie Fruitière est le premier employeur privé du Cameroun.

Controverse[modifier | modifier le code]

En 2013, lors d'un reportage de l'émission française Cash investigation, diffusé sur France 2 en , la filiale camerounaise de la Compagnie Fruitière dénommée Plantations du Haut Penja (abrégé en PHP) est accusée de nuire à la santé des populations locales, via l'épandage aérien de plusieurs pesticides toxiques, interdits en France entre 2000 et 2011. L'équipe d'investigation porte des accusations de corruption, et pointe une cascade de conflits d'intérêts avec des députés, d'anciens ministres camerounais étant ou ayant été membres de la PHP, et avec l'Ordre de Malte-France, avec pour conséquence de multiples anomalies et problèmes qui s'ajoutent à la non-contribution au développement économique inclusif des communes où la société est implantée[6].

Le résumé d'une étude menée par l' ONG FADENAH, avec le soutien financier du PNUD au Cameroun, a été publié et établit le lien entre des produits chimiques utilisés par la PHP et les principales maladies au sein des populations côtoyant les plantations. L'ONG a été dissoute, et l'agence du PNUD au Cameroun refuse de dévoiler le contenu complet du rapport « vu le caractère sensible de ces informations »[6].

La Compagnie Fruitière a refusé strictement toute demande d'entretien de la part de l'équipe investigatrice mais a accepté de répondre par écrit aux deux questions qui lui ont été adressées par les journalistes. Elle se défend cependant en affirmant mener une politique rigoureuse, en participant à l'amélioration des politiques de santé, en limitant l'impact environnemental et en offrant rémunération décente[2]. À la suite de la diffusion de l'émission d'investigation, la société PHP a publié un communiqué dans lequel elle dénonce avoir été « violemment et injustement prise à partie », que « aucun des produits cités dans l'émission n'est utilisé par la PHP alors même qu'ils sont tous homologués au Cameroun et dans les pays de l'Union européenne jusqu'en 2017 », et affirme respecter sa politique de responsabilité sociale et environnementale, certifiée GlobalGap et ISO 14001 en 2001 et labellisée par Max Havelaar[7],[8].

Les faits rapportés par Cash investigation ont déjà été rapportés le par le journal français Libération, soulignant également l'accaparement des terres au détriment des paysans locaux via des procédés douteux, voire illégaux ;les pauvres populations propriétaires des terres percoivent une indemnité très insignifiante de moins de 10 fcfa le m2 par an et n'ont même pas la possibilité de manger le moindre kg de bannane produite sur leurs terres. les mauvaises conditions de travail ; l'absence de liberté syndicale ; les licenciements abusifs ; et « l'incroyable cascade de conflits d’intérêts » au sein de la PHP et dans le secteur de la banane camerounaise. Toujours selon le journal, les fongicides et pesticides utilisés par la PHP sont à l'origine de la pollution des sols et de la rivière utilisées par la population locale, affectée par des maladies respiratoires, des dermatoses, et un taux de cancers anormalement élevé[9].

Côte d'Ivoire[modifier | modifier le code]

La Société de Culture Bananière (SCB)[2] a rejoint le Groupe Compagnie Fruitière en 1997. 240 000 tonnes de bananes et ananas sont cultivés par an sur une vingtaine de sites dans le pays couvrant au total près de 4 000 hectares.

A Abidjan, la Compagnie Fruitière a construit l’un des deux seuls laboratoire de vitroplants de bananes et d’ananas du continent africain. Ces vitroplants sont garantis sans OGM et permettent de mettre en culture des plants sains dans toutes les plantations du groupe.

Acteur économique majeur de la Côte d’Ivoire, la SCB emploie plus de 6 500 personnes. La SCB est certifiée ISO 14001 et Globalgap depuis plus de 10 ans.

La marque « SCB premium » est mise en avant par la Compagnie Fruitière en France et en Europe dans ses campagnes de communication et sur ses productions. Cette marque est présente sur les bananes, les ananas et les mangues.

Ghana[modifier | modifier le code]

Créée en 2003, la société Golden Exotics Limited (GEL)[2] est la première plantation majeure de bananes et d’ananas du Ghana. Grâce à un fort développement, ce pays a maintenant acquis sa légitimité de producteur de bananes en Afrique.

La présence d’eau en abondance (avec la rivière Volta) et le climat sec permettent de produire au Ghana des bananes de grande qualité avec une utilisation parmi les plus faibles au monde de produits de traitement.

GEL exploite deux plantations qui couvrent ensemble une superficie de 3 500 hectares. L’une se consacre aux ananas et en récolte 10 000 tonnes par an. L‘autre, plus au nord, se concentre sur la banane et accroit régulièrement sa production qui atteint aujourd’hui 50 000 tonnes.

GEL compte actuellement près de 2 400 employés. GEL est certifiée Globalgap, et Fairtrade - Max Havelaar.

Sénégal[modifier | modifier le code]

Créée en 2003 par la Compagnie Fruitière, la société des Grands Domaines du Sénégal (GDS)[2] a été la première entreprise de maraîchage à s'implanter dans ce pays.

Elle est installée dans la région de Saint Louis, en bordure du fleuve Sénégal, et développe la culture sous serre sur 80 hectares et en plein champ avec 180 hectares de produits maraîchers. Plus de 10 000 tonnes de tomates (cerise, cocktail et olivette) sont récoltées chaque année.

GDS est certifiée Globalgap.

Activité logistique[modifier | modifier le code]

La Compagnie Fruitière possède sa propre infrastructure en matière de transport et de logistique réfrigérée, qu’elle met à disposition de ses producteurs et importateurs (groupe ou tiers) et des transitaires. Elle gère sa propre flotte maritime spécialisée, des implantations portuaires et des sociétés de prestations logistiques (entreposage, transport terrestre, transit dédouanement).

Les fruits du Groupe et des partenaires sont acheminés vers l’Europe et le Maghreb grâce à sa filiale Africa Express Line [10] et le réseau d’agences maritimes Eolis. Cette filiale de transport maritime opère une flotte de 8 navires spécialisés, tous équipés de systèmes d’atmosphère contrôlée et de régulation différencié des températures, permettant d’augmenter la durée de vie verte des fruits.

AEL opère deux services : un vers la Méditerranée et l’autre vers l’Europe du Nord.

Réseau de distribution[modifier | modifier le code]

Compagnie Fruitière Paris[modifier | modifier le code]

Principale filiale de commercialisation des bananes et des ananas du Groupe, cette entreprise est le principal importateur français de fruits. Elle est basée sur le MIN (Marché d’Intérêt National) de Rungis. La distribution des produits est organisée à partir de ce cœur névralgique, sur l’ensemble de l’Europe depuis les ports de Douvres, Anvers et Port-Vendres.

Compagnie Fruitière France[modifier | modifier le code]

Cette filialle sélectionne, mûrit, distribue et commercialise principalement de la banane, provennant principalement des plantations de la Compagnie Fruitière en Afrique de l’Ouest. Elle possède 10 sites de distribution et de mûrisseries, tous certifiés ISO 9001, situés à Lille, Rungis, Strasbourg, Rennes, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Châteaurenard, Marseille et Perpignan.

Cette filiale, à travers ses propres ateliers d'emballage sur site ou en s'appuyant sur des partenaires extérieurs, propose différents types d'emballages (sachet, girsac, flowpack, filet...), et travaille également pour des marques distributeurs selon un cahier des charges établi.

Exofarm[modifier | modifier le code]

Ayant intégré le groupe en 1999, Exofarm[11] commercialise directement auprès de la grande distribution et des grossistes près de 20 000 tonnes de produits issus de 130 fournisseurs ou producteurs répartis sur 46 pays. Basée à Rungis, la société dispose d’un entrepôt de 3 000 m² où l’éclatement et le reconditionnement des produits sont effectués. Ses produits phare sont entre autres la mangue, dont la mangue SCB Premium de Côte d’Ivoire, l’ananas Victoria, la noix de coco, la lime, au sein d’une palette de plus de 50 fruits, légumes, ou racines exotiques,...

Compagnie Fruitière UK[modifier | modifier le code]

Compagnie Fruitière UK Limited est impliqué sur toute la chaîne de distribution de fruits et légumes au Royaume-Uni, des plantations jusqu’à la livraison au consommateur final en passant par le transport maritime et terrestre. La société dispose de trois sites au Royaume-Uni : Dartford / Bolton pour le murissage de bananes, et Paddock Wood pour le conditionnement des autres fruits.

Compagnie Fruitière Espagne/Portugal[modifier | modifier le code]

Compagnie Fruitière Espagne / Portugal, avec des volumes de plus de 125 000 tonnes et un chiffre d’affaires de plus de 100 millions d’euros, est un des plus gros intervenants des fruits frais de la péninsule ibérique. Créée en 1934 par le groupe américain Dole au sein de son réseau de filiales européennes, l’activité a changé de direction à la suite de son acquisition par la Compagnie Fruitière en . La société est composée d’une équipe de plus de 100 professionnels spécialisés (sourcing, murissage,…) et possède 5 entrepôts répartis sur le territoire, totalisant une capacité de murissage de 1 800 tonnes à la semaine.

Réseau de murisseries et d'entrepôts[modifier | modifier le code]

Compagnie Fruitière France : 9 mûrisseries en France à Châteaurenard, Bordeaux, Lille, Lyon, Rennes, Rungis, Strasbourg, Toulouse, Perpignan.

Compagnie Fruitière UK : 2 mûrisseries basées à Dartford et Bolton, 1 entrepôt à Paddock Wood et 2 sites en prestation dans le Sud-Est du Royaume-Uni

Compagnie Fruitière Espagne/Portugal : 5 mûrisseries en Espagne/Portugal à Asturies, Barcelone, Madrid, Séville, Lisbonne

CFDM : 1 mûrisserie au Maroc à Casablanca

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Dole cède ses filiales espagnole et portugaise à son partenaire français", article des Echos du jeudi 22 septembre 2011, p. 22.
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Informations du site Internet de la Compagnie Fruitière
  3. Le groupe Compagnie Fruitière est maintenant indépendant de Dole - article de Fructidor publié le 11 juin 2014.
  4. Gilles Pudlowski, « Penja : un poivre grand cru », sur lepoint.fr, (consulté le 5 janvier 2015)
  5. Alain Noah Awana, « Agriculture: Le poivre de Penja et le miel d’Oku labellisés », sur Cameroon Info, (consulté le 5 janvier 2015)
  6. a et b Les récoltes de la honte. Cash investigation, 18 septembre 2013.
  7. Scandale de la bananeraie de Njombé-Penja : réaction de la PHP - article de NjanguiPress.com publié le 24 septembre 2013.
  8. La Compagnie Fruitière revient sur les activités de sa filiale au Cameroun - article de CCFD-Terre solidaire publié le 5 juin 2013.
  9. Au Cameroun, une exploitation de bananes au goût amer - article de Libération publié le 18 mai 2009.
  10. Africa Express Line - http://www.africaexpressline.com/
  11. Exofarm http://www.exofarm.com/

Lien externe[modifier | modifier le code]