Commune libre de Montmartre

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Commune libre de Montmartre

Cadre
Zone d’influence Montmartre
Fondation
Fondation 11 avril 1920
Fondateur Jules Depaquit
Identité
Siège 30 rue Saint-Vincent en 1921[1] 4 place Constantin-Pecqueur en 1923
70 bis rue Lamarck en 1928
101 rue Caulaincourt en 1930
12 rue Norvins actuellement.
Président Marielle-Frédérique Turpaud
Publication la Vache enragée
En 1921, l'organe officiel de la commune libre de Montmartre s'appelle La Vache enragée.

La Commune libre de Montmartre est une association, déclarée en 1921[2], parodie de commune, imaginée dans l'entre-deux-guerres par des artistes de Montmartre, pour maintenir un esprit de village et un esprit festif dans ce quartier.

La commune libre de Montmartre à un garde champêtre d'honneur. Elle a aussi des pompiers archaïques et une garde militaire composée de grenadiers. Parmi les autorités représentatives figurent aussi un capitaine des pompiers et un juge de paix.

La Vache enragée, « seul quotidien ne paraissant que le mercredi », est le journal officiel de la commune libre de Montmartre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Jules Depaquit (avec la canne en bambou), maire de la Commune libre de Montmartre, en visite à Paris en 1921; à gauche, avec le foulard à rayures, Roger Toziny.

En avril 1920, le dessinateur Jules Depaquit, ami de Max Jacob et de Pierre Mac Orlan, et quelques compères, dont les chansonniers Roger Toziny et Maurice Hallé (chansonnier) [(d) Voir avec Reasonator], créent la Commune libre de Montmartre, une parodie de commune dont la vocation est de maintenir un esprit de village, un esprit festif et un certain folklore tels qu'ils existaient en ces lieux avant la guerre.

Une élection est organisée et plusieurs listes, fantaisistes s'opposent dont, notamment, une liste cubiste avec Pablo Picasso, Max Jacob, Archipenko, Ossip Zadkine et Jean Cocteau, une liste dadaïste avec Francis Picabia, Paul Dermée , André Breton et Tristan Tzara, une liste sauvagiste avec Henri Chassin, une liste abstentionniste qui ne présente aucun candidat, et une liste antigrattecialiste comprenant Jules Depaquit, Francisque Poulbot, Julien Pavil, Roger Toziny, Fredé du Lapin Agile, Suzanne Valadon[3]. C'est cette dernière liste qui l'emporte. Jules Depaquit devient le premier maire de la commune libre de Montmartre[4]. Son premier adjoint est Pierre Labric. La mairie est au 4 place Constantin-Pecqueur jusqu'en 1928[5].

En 1924, Lemoine, le pére Labille, patron de À la Mère Catherine[6], fonde avec Pierre Labric une seconde commune libre, la Commune Libre du Vieux Montmartre.

En 1933, la Commune Libre du Vieux Montmartre, sous l'égide de son maire Pierre Labric, décide de faire aboutir le projet de planter des vignes, avec le soutien de Francisque Poulbot et de la République de Montmartre. Les ceps de vigne renaissent sur la Butte. En 1934 ont lieu les premières vendanges « modernes » en présence du président de la République française, Albert Lebrun, et sous le parrainage de Fernandel et de Mistinguett.

Les activités de la Commune libre sont interrompues de 1939 à 1945

Dans les années 1980, les deux communes libres se réconcilient pour travailler et participer ensemble aux Fêtes et Vendanges avec toutes les autres associations. La Commune Libre du Vieux Montmartre cesse peu a peu toute activité. Une assemblée générale extraordinaire de la Commune Libre du Vieux Montmartre, réunie le 11 janvier 2018, décide la dissolution de l’association et la dévolution de ses biens matériels et immatériels à la Commune Libre de Montmartre[7].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Les maires de la Commune libre de Montmartre[modifier | modifier le code]

Les maires de la Commune libre du Vieux Montmartre[modifier | modifier le code]

Liste des gardes champêtres[modifier | modifier le code]

  • 1920 : Edgar Fasquelle, surnommé Mon Oncle[11].
  •  ? : Pierre-Marie Juliard[12].
  • 1927-1941 : Baranger
  • 1929 : Bennetti[13]
  • 1941-1950 : Petrus [réf. souhaitée]
  • 1953 - 1988 : Jacques Delarue, dit Anatole
  • 1988 - 2012 : Robert Schelcher
  • 2014 : Bernard Beaufrère

Liste des capitaines des pompiers[modifier | modifier le code]

  • Alza, président du club des Cent Kilos, surnommé Bibendum[14].

Personnalités ayant été membre du conseil municipal ou citoyen d'honneur[modifier | modifier le code]

Événements[modifier | modifier le code]

Fête des vendanges[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fête des vendanges de Montmartre.

Corrida de La Vache Enragée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Promenade de la Vache enragée.

La foire aux croûtes[modifier | modifier le code]

Fondée par Maurice Hallé et inaugurée le 17 avril 1921, elle permet à de nombreux artistes d’exposer, reprenant ainsi, « sous une forme libre de toute entrave, les expositions en plein vent, les foires du dix-huitième siècle, où l'on voyait apparaître des peintures académiques. C'est l'exposition et la vente par le producteur lui-même de ses œuvres. Plus tard, artiste coté, il pourra patiemment attendre, dans son atelier, visites et commandes. »[16].

Cette idée est reprise par Pierre Labric, Maire de la Commune Libre du Vieux-Montmartre, sous le nom de Salon de Toile.

Événements sportifs[modifier | modifier le code]

Championnat de la vie chère[modifier | modifier le code]

Le départ est donné devant le Moulin-Rouge. La course emprunte l'itinéraire suivant: boulevards de Clichy, Rochechouart, rue de Steinkerque, escalier Foyatier, Sacré-Cœur, rues Lamarck, du Chevalier-de-la-Barre, de Clignancourt, Ordener, Damrémont, Lamarck, Caulaincourt, du Mont-Cenis, Norvins, place Jean-Baptiste-Clément, rue Gabrielle, escalier du Calvaire, arrivé place du Tertre. Les prix consistent en victuailles et objets d'utilité domestique. Le vainqueur reçoit un filet de provisions contenant un déjeuner pour six personnes et un vase de Limoges. Tous les concurrents reçoivent un prix, ustensile de ménage, vins etc...

Critérium des Vieux Jetons[modifier | modifier le code]

Le Championnat des « Vieux Jetons », (les concurrents doivent avoir au moins 40 ans), se court sur 200 mètres avec 10 contrôles-ravitaillement où chaque concurrent doit boire au minimum un verre de vin blanc. En 1932 pour le 10e championnat des Vieux Jetons le parcours est réduit de moitié et il ne fait plus que 100 mètres place du Tertre avec 10 contrôles.

Courses automobiles[modifier | modifier le code]

La course de côte au ralenti de Montmartre est créée en 1924 par Pierre Labric, organisée par l'Automobile Club de France et la Commune Libre de Montmartre, avec le concours du Petit Parisien, l'objectif est de monter au ralenti et sans caler jusqu'à la place du tertre.

Courses cyclistes[modifier | modifier le code]

Avant guerre, lors de la Course des porteurs de journaux dont l'arrivée est jugée place du tertre, la Commune libre du Vieux Montmartre offre une coupe d’argent à là première porteuse ayant escaladé la Butte[17].

Course de la plume et du pinceau[modifier | modifier le code]

Elle est réservée aux poètes, chansonniers, dessinateurs, il faut composer une chanson et exécuter un tableau pendant la course.

Election de la Muse de Montmartre[modifier | modifier le code]

Les candidates doivent habiter Montmartre depuis cinq ans, être âgées d'au moins dix huit ans et au plus vingt-quatre, justifier d'un récent certificat de travail d'au moins six mois.

Concours des fumeurs de pipe[modifier | modifier le code]

Concours de vitesse et concours de lenteur

Mariages[modifier | modifier le code]

  • 1923, mariage d'Alice Méva[21].
  • 13 septembre 1926, mariage du lieutenant des pompiers de la Commune libre du Vieux Montmartre.
  • 16 mai 1933, mariage du clown Champi avec Henriette Picard[22].
  • 15 octobre 1933, mariage de Clémence Tiersot, artiste de l'Equipe Champenoise et compositrice des caveaux parisiens, avec Gaston Berthier, poète et chansonnier[23].
  • 20 septembre 1985, le maire de la commune libre de Montmartre, Jehan Mousnier, scelle l'union, le « mariage gag », « pour le meilleur et pour le rire », de deux célèbres humoristes et provocateurs, Coluche, la mariée, et Thierry Le Luron, le marié[25].

Actions caritatives[modifier | modifier le code]

A Noël, distributions de jouets aux enfants pauvres de la Butte, « les gosses à Poulbot »[26] et aux enfants de l’hôpital Bretonneau, Réveillon de Noël pour les vieux et repas pour « les clochards », avec l'aide de la Soupe Populaire de Montmartre, fondée par Jules Depaquit.

Références et notes[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Jean Bastia (1878-1940), le père de Jean Bastia.
Références
  1. Recueil des actes administratifs de la Préfecture du département de la Seine, novembre 1922
  2. Journal officiel de la République française, 23 novembre 1921 disponible sur Gallica
  3. « Le séparatisme sur la butte Montmartre », Comoedia,‎ , p. 2 (lire en ligne).
  4. Tarrit 2003, p. 89-90.
  5. Cyrano du 25 mars 1928 disponible sur Gallica
  6. Études, juillet 1929 disponible sur Gallica
  7. La Commune Libre de Montmartre Une, Indivisible … et bientôt centenaire
  8. Le Populaire, 23 avril septembre 1939 disponible sur Gallica
  9. Jehan Mousnier (1923-1998) sur data.bnf.fr
  10. « Lecture pour tous » septembre 1929 disponible sur Gallica
  11. Comoedia, 29 juillet 1928 disponible sur Gallica
  12. Comoedia, 18 novembre 1928 disponible sur Gallica
  13. a et b Comoedia, 31 janvier 1929 disponible sur Gallica
  14. Le centenaire de Pasteur, 1923 disponible sur Gallica
  15. Comoedia, 4 septembre 1936 disponible sur Gallica
  16. « Ce qui reste du vieux Montmartre », Floréal,‎ , p. 775 (lire en ligne).
  17. "L'Intransigeant" du 30 décembre 1926 disponible sur Gallica
  18. Comoedia, 19 mai 1921 disponible sur Gallica
  19. Paris-soir, 26 décembre 1931 disponible sur Gallica
  20. Photographie de presse disponible sur Gallica
  21. Comoedia du 7 mars 1923 disponible sur Gallica
  22. Paris-soir du 16 mai 1933 disponible sur Gallica
  23. Comoedia du 16 octobre 1933 disponible sur Gallica
  24. Comoedia du 20 juin 1933 disponible sur Gallica
  25. Fléouter 1985.
  26. Paris-soir du 26 décembre 1932 disponible sur Gallica

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Couvreur, « Montmartre installe son musée », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Jean Couvreur, « Montmartre célèbre son passé et pense à son avenir », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Roland Dorgelès, Le Château des brouillards, Le Livre de poche, .
  • Claude Fléouter, « Coluche-Le Luron, mariage pour rire », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Jean-Marie Tarrit, Poulbot, gosse de Montmatre, Magellan & compagnie, .
  • (en) Jeffrey H. Jackson, « Artistic Community and Urban Development in 1920s Montmartre », French Politics, Culture & Society, vol. 24, no 2,‎ , p. 1-25 (lire en ligne).
  • Jean-Claude Gouvernon et Martine Clément, Vive la République de Montmartre, La République de Montmartre, .

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]