Métropole européenne de Lille

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Métropole européenne de Lille
Métropole européenne de Lille
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Forme Communauté urbaine :
(1967-2014)
Métropole :
(Depuis 2015)
Siège Lille
Communes 90
Président Damien Castelain (SE)
Budget 1,625 M  (2017)
Date de création
Code SIREN 245900410
Démographie
Population 1 139 929 hab. (2014)
Densité 1 760 hab./km2
Géographie
Superficie 647,71 km2
Localisation
Localisation dans le département du Nord.
Localisation dans le département du Nord.
Liens
Site web lillemetropole.fr
Fiche Banatic Données en ligne

La Métropole européenne de Lille, également connue sous le sigle MEL, est une métropole française située dans le département du Nord et la région Hauts-de-France, frontalière de la Belgique, dans la plaine de l'Europe du Nord.

Elle a pris la suite, le , de la communauté urbaine Lille Métropole Communauté urbaine, également connue sous le sigle LMCU, qui regroupait 85 communes autour de la ville de Lille. Au , elle intègre 5 nouvelles communes issues de la fusion avec la communauté de communes des Weppes. Avec plus de 1,1 million d'habitants en 2012, c'est la plus peuplée des Métropoles de droit commun créées par la loi MAPTAM du 27 janvier 2014.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création de la communauté urbaine[modifier | modifier le code]

Au tournant du XIXe siècle, Lille est la seule cité marchande et manufacturière d'importance de la Flandre romane dans son versant français. Cette situation va changer avec la révolution industrielle. Également capitale militaire, Lille est engoncée dans ses fortifications. Elle manque d'espace pour se développer, l'industrialisation se diffuse rapidement vers ses faubourgs ou dans les communes rurales aux alentours et de puissantes cités industrielles émergent à ses portes[1]. La population de Roubaix passe ainsi de 8 700 habitants en 1806 à 125 000 habitants en 1896[2] quand celle de Tourcoing passe de 12 000 habitants à 82 000 habitants au cours de la même période[3]. Au plus proche de la frontière belge, ces villes nouvelles accueillent en outre un nombre croissant de travailleurs transfrontaliers à partir de la fin du XIXe siècle. Dès 1905, quelques membres de la Chambre de commerce de Lille et un groupe d’ingénieurs des travaux publics lancent l’idée d’une fusion des villes de Lille, Roubaix et Tourcoing. Mais Roubaix et Tourcoing sont alors au sommet d’un développement industriel qui semble sans limite. Elles ne songent pas un instant à s’unir à leur voisine et rivale[4].

Après la Seconde Guerre mondiale, l’État met en place une politique d’aménagement du territoire sous l’impulsion de géographes, comme Jean-François Gravier qui publie Paris et le désert français en 1947, de hauts fonctionnaires et de politiques, comme Eugène Claudius-Petit, Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme, qui présente en février 1950 en conseil des ministres un texte intitulé Pour un plan national d'aménagement du territoire. Ces approches trouvent un nouvel écho avec le changement de régime de 1958 et débouchent notamment sur la création de huit métropoles d’équilibre en 1964, dont Lille-Roubaix-Tourcoing, conformément aux préconisations d’un rapport des géographes Jean Hautreux et Michel Rochefort à la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR) récemment créée[5], avec pour objectif de favoriser la croissance de grandes villes de province capables de faire contrepoids au développement de l'agglomération parisienne[6].

Peu après, la loi no 66-1069 du crée, sans véritable consultation des communes concernées, quatre communautés urbaines (Bordeaux, Lille, Lyon et Strasbourg), association juridique obligée de communes appelées à partager un certain nombre de services et leur financement avec une ville centrale[7]. La communauté urbaine de Lille couvre alors 89 communes. Selon Béatrice Giblin-Delvallet, le périmètre de ce regroupement de communes « ne relevait pas uniquement du souci de leur aménagement puisque le préfet a veillé à ce que les communes de droite soient majoritaires afin que la présidence revienne au maire de l’une d’entre elles et que le siège de la Communauté urbaine de Lille (CUDL) soit établi dans une de ces communes et non pas dans la capitale régionale »[8]. C’est pourtant le maire socialiste de Lille, Augustin Laurent, qui en est élu président le , avant de prendre ses fonctions le [9].

Création de la métropole[modifier | modifier le code]

À cette époque, les démographes prévoient que la métropole nord comptera 2 millions d’habitants en l’an 2000. Pour répondre à cette croissance démographique, Edgar Pisani, ministre de l’Équipement, décide de la création d’une ville nouvelle, dite Lille-Est. Deux ans plus tard, en 1969, l’Établissement public d'aménagement de Lille-Est (EPALE) est installé pour ériger la ville nouvelle sur une superficie de 3 500 hectares, « sans qu’il soit envisagé d’associer dans le conseil d’administration les représentants de la Communauté urbaine ni même les élus des trois communes dont pourtant les territoires sont intégrés dans le périmètre de la ville nouvelle »[8]. Augustin Laurent parvient néanmoins à imposer la présence de la CUDL au conseil d’administration de l'EPALE, dont Arthur Notebart, vice-président de la communauté urbaine, devient président le .

C’est alors que l’industrie locale entre dans une crise qui annonce l’effondrement de l’ensemble du système productif hérité du XIXe siècle. Une dizaine d’années après le début de la construction de Lille-Est, il devient manifeste que l’expansion démographique attendue ne surviendra pas et que le développement de la ville nouvelle, devenue Villeneuve d’Ascq en 1970, s’effectue au détriment des villes historiques de la communauté urbaine. Alors même que ces dernières sont confrontées à une crise majeure, les ressources de l’État et de la communauté sont en effet largement absorbées par le coût du développement des équipements collectifs de la ville nouvelle qui aspire leurs classes moyennes fuyant les zones de marasme économique. Les tensions entre élus sont alors à leur comble dans un contexte de concurrence interurbaine exacerbée d'où le pôle Roubaix-Tourcoing, dont les élus se révèlent de surcroit incapables de s'accorder sur un projet commun, sort grand perdant[10].

L’arrivée de la gauche au pouvoir, au début des années 1980, marque la fin de l’EPALE, dissoute par Pierre Mauroy, alors premier ministre, à compter du , et la récupération par Villeneuve d'Ascq et la CUDL de l'ensemble de leurs prérogatives. Mais ce n’est que quelques années plus tard que, pour la première fois, les élus des grandes villes de la CUDL décident de défendre ensemble un projet, celui du passage par Lille de la LGV Nord, et d’en assumer, s’il le faut, le surcoût. C’est alors que la perspective internationale commence à se dessiner et que l’idée de métropole européenne s'impose. La CUDL va notamment mobiliser les aides de Bruxelles, tant au titre des programmes Interreg (subventions aux programmes transfrontaliers) qu’au titre des fonds de soutien aux régions en crise industrielle, pour lancer sept grands chantiers, dont Euralille, l’Eurotéléport de Roubaix, le Centre international de transport de Tourcoing, la plate-forme multimodale de Lomme et l’agrandissement de l’aéroport de Lille-Lesquin, qui doivent marquer la vocation européenne de l’agglomération[8]. Peu après l'achèvement de la plupart de ces projets, le , la Communauté urbaine de Lille (CUDL) change de nom pour Lille Métropole Communauté urbaine (LMCU)[11].

Désormais, l’objectif de faire de la métropole lilloise une métropole européenne est partagé par l’ensemble des acteurs, élus, milieu patronal, services de l’État et de la région[8]. En 2010, la loi no 2010-1563 de réforme des collectivités territoriales ouvre la possibilité aux agglomérations de plus de 500 000 habitants de se constituer, sur la base du volontariat, en métropole, nouvel EPCI créé par la loi[12]. Seule la métropole Nice Côte d'Azur saisit cette opportunité en 2011. Finalement, c'est la loi MAPTAM du qui conduit à la transformation automatique de Lille Métropole Communauté urbaine (LMCU) en Métropole européenne de Lille (MEL) à compter du [13]. La création de la MEL par décret no 2014-1600 du [14] s'accompagne du transfert à la métropole de plusieurs compétences jusque là attribuées aux communes ainsi que de certaines des compétences du département et, le cas échéant, de la région et de l'État[15].

Périmètre[modifier | modifier le code]

Les communes de la MEL lors de sa création

En 1966, lors des travaux préparatoires de la loi qui institue la CUDL, la question de son périmètre est longuement débattue. Il varie de 37 communes, périmètre des deux agglomérations de Lille et de Roubaix/Tourcoing selon l'INSEE, à 128 communes, périmètre de l'arrondissement de Lille. Finalement, c'est le nombre relativement élevé de 89 communes qui est retenu, « périmètre négocié, qui tente de prendre en compte la réalisation des objectifs du Plan sans hypothéquer les chances d’éventuelles conquêtes partisanes de la majorité gouvernementale »[16].

Jusqu'en 2017, son périmètre n'a pas changé, mais le nombre des communes a été ramené à 87 le , lorsque les mairies d’Annappes, d’Ascq et de Flers annoncent la fusion des trois communes pour devenir la ville nouvelle de Villeneuve-d'Ascq, puis à 85 après la fusion association de Lille et Hellemmes en 1977 puis de Lille et Lomme en 2000[17]. En 2017, le périmètre de la métropole évolue légèrement suite à la Loi portant nouvelle organisation territoriale de la République qui prévoie la suppression des intercommunalités de moins de 15 000 habitants. La Communauté de communes de Weppes, qui regroupait cinq communes (Bois-Grenier, Aubers, Fromelles, Le Maisnil, Radinghem-en-Weppes) comptant 5 900 habitants, a alors choisi de rejoindre la MEL à compter du [18]. La MEL fédère désormais 90 communes.

Le périmètre du Schéma de cohérence territoriale Lille Métropole est toutefois un peu plus étendu. Il excède légèrement le périmètre de l'arrondissement de Lille en associant à la MEL les communautés de communes Pévèle Carembault (93 000 habitants) et de la Haute-Deûle (23 000 habitants)[19].

Avec 85 communes lors de sa création, la MEL est la plus importante en nombre de communes fédérées des métropoles françaises de droit commun. Particulièrement composite, elle compte, en 2017, 28 communes de moins de 2 000 habitants et 14 communes de plus de 20 000 habitants, dont quatre dépassent 60 000 habitants : Lille, Roubaix, Tourcoing et Villeneuve d'Ascq. Si la commune de Lille est contiguë à celle de Villeneuve d'Ascq, son centre est situé à une douzaine de kilomètres de ceux des communes de Roubaix et Tourcoing, dont elle est séparée par plusieurs communes de dimensions variées sans aucune rupture du tissu urbain. Il en résulte une sorte de « cas limite » de l’ « émiettement communal » contre lequel les réformateurs des années 1960 voulaient lutter, dans une configuration multipolaire où la ville centre ne compte que 231 000 habitants, soit à peine plus de 20% de la population totale de la métropole, ce qui atténue fortement sa domination et fait de la MEL un cas unique en France[20].

Liste des communes de l’intercommunalité
Nom Code
Insee
Gentilé Superficie
(km2)
Population
(dernière pop. légale)
Densité
(hab./km2)
Lille
(siège)
59350 Lillois 34,83 233 897 (2014) 6 715
Anstaing 59013 Anstinois 2,30 1 375 (2014) 598
Armentières 59017 Armentiérois 6,28 25 362 (2014) 4 039
Aubers 59025 Aubersois 10,14 1 562 (2014) 154
Baisieux 59044 Basiliens 8,68 4 720 (2014) 544
La Bassée 59051 Basséens 3,54 6 517 (2014) 1 841
Beaucamps-Ligny 59056 Beaucampois 5,04 858 (2014) 170
Bois-Grenier 59088 Grenériens 7,25 1 563 (2014) 216
Bondues 59090 Bonduois 13,05 9 952 (2014) 763
Bousbecque 59098 Bousbecquois 6,44 4 841 (2014) 752
Bouvines 59106 Bouvinois 2,71 698 (2014) 258
Capinghem 59128 Capinghemmois 1,86 2 073 (2014) 1 115
La Chapelle-d'Armentières 59143 Chapellois 10,34 8 485 (2014) 821
Chéreng 59146 Chérengeois 4,18 2 976 (2014) 712
Comines 59152 Cominois 16,02 12 326 (2014) 769
Croix 59163 Croisiens 4,44 20 927 (2014) 4 713
Deûlémont 59173 Deûlémontois 9,94 1 682 (2014) 169
Don 59670 Donois 2,32 1 338 (2014) 577
Emmerin 59193 Emmerinois 4,91 3 189 (2014) 649
Englos 59195 Englosiens 1,35 603 (2014) 447
Ennetières-en-Weppes 59196 Ennetiérois 10,44 1 288 (2014) 123
Erquinghem-le-Sec 59201 Erquinghemois 1,75 566 (2014) 323
Erquinghem-Lys 59202 Erquinghemmois 9,00 4 928 (2014) 548
Escobecques 59208 Escobecquois 1,85 300 (2014) 162
Faches-Thumesnil 59220 Faches-Thumesnilois 4,62 17 455 (2014) 3 778
Forest-sur-Marque 59247 Forestois 1,05 1 453 (2014) 1 384
Fournes-en-Weppes 59250 Fournois 8,22 2 164 (2014) 263
Frelinghien 59252 Frelinghinois 11,27 2 400 (2014) 213
Fretin 59256 Fretinois 13,17 3 365 (2014) 256
Fromelles 59257 Fromellois 8,54 885 (2014) 104
Gruson 59275 Grusonnois 3,13 1 144 (2014) 365
Hallennes-lez-Haubourdin 59278 Hallennois 4,35 3 935 (2013) 905
Halluin 59279 Halluinois 12,56 20 748 (2014) 1 652
Hantay 59281 Hantayeurs 2,09 1 239 (2014) 593
Haubourdin 59286 Haubourdinois 5,31 14 656 (2014) 2 760
Hem 59299 Hémois 9,65 19 114 (2014) 1 981
Herlies 59303 Herlilois 7,11 2 349 (2014) 330
Houplin-Ancoisne 59316 Houplinois 6,48 3 492 (2014) 539
Houplines 59317 Houplinois 11,32 7 891 (2014) 697
Illies 59320 Illilois 7,91 1 391 (2014) 176
Lambersart 59328 Lambersartois 6,16 28 128 (2014) 4 566
Lannoy 59332 Lannoyens 0,18 1 778 (2014) 9 878
Leers 59339 Leersois 5,40 9 497 (2014) 1 759
Lesquin 59343 Lesquinois 8,41 7 249 (2014) 862
Lezennes 59346 Lezennois 2,14 3 136 (2014) 1 465
Linselles 59352 Linsellois 11,71 8 328 (2014) 711
Lompret 59356 Lompretois 3,10 2 310 (2014) 745
Loos 59360 Loossois 6,95 20 720 (2014) 2 981
Lys-lez-Lannoy 59367 Lyssois 3,26 13 428 (2014) 4 119
La Madeleine 59368 Madeleinois 2,84 22 248 (2014) 7 834
Le Maisnil 59371 Maisnilois 3,51 641 (2014) 183
Marcq-en-Barœul 59378 Marcquois 14,04 39 291 (2014) 2 799
Marquette-lez-Lille 59386 Marquettois 4,86 10 308 (2014) 2 121
Marquillies 59388 Marquillois 6,91 1 979 (2014) 286
Mons-en-Barœul 59410 Monsois 2,88 21 231 (2014) 7 372
Mouvaux 59421 Mouvallois 4,17 13 118 (2014) 3 146
Neuville-en-Ferrain 59426 Neuvillois 6,18 10 308 (2014) 1 668
Noyelles-lès-Seclin 59437 Noyellois 2,38 866 (2014) 364
Pérenchies 59457 Pérenchinois 3,03 8 251 (2014) 2 723
Péronne-en-Mélantois 59458 Péronnais 1,14 906 (2014) 795
Prémesques 59470 Prémesquois 5,07 2 193 (2014) 433
Quesnoy-sur-Deûle 59482 Quesnoysiens 14,36 6 853 (2014) 477
Radinghem-en-Weppes 59487 Radinghémois 6,82 1 358 (2014) 199
Ronchin 59507 Ronchinois 5,42 18 676 (2014) 3 446
Roncq 59508 Roncquois 10,59 13 534 (2014) 1 278
Roubaix 59512 Roubaisiens 13,23 95 600 (2014) 7 226
Sailly-lez-Lannoy 59522 Saillysiens 4,43 1 692 (2014) 382
Sainghin-en-Mélantois 59523 Sainghinois 10,48 2 541 (2014) 242
Sainghin-en-Weppes 59524 Sainghinois 7,71 5 614 (2014) 728
Saint-André-lez-Lille 59527 Andrésiens 3,16 12 016 (2014) 3 803
Salomé 59550 Saloméens 5,25 2 970 (2014) 566
Santes 59553 Santois 7,57 5 858 (2014) 774
Seclin 59560 Seclinois 17,42 12 557 (2014) 721
Sequedin 59566 Sequedinois 3,93 4 567 (2014) 1 162
Templemars 59585 Templemarois 4,61 3 267 (2014) 709
Toufflers 59598 Toufflersois 2,39 3 931 (2014) 1 645
Tourcoing 59599 Tourquennois 15,19 95 329 (2014) 6 276
Tressin 59602 Tressinois 1,89 1 422 (2014) 752
Vendeville 59609 Vendevillois 2,57 1 679 (2014) 653
Verlinghem 59611 Verlinghemois 10,08 2 353 (2014) 233
Villeneuve-d'Ascq 59009 Villeneuvois 27,46 62 869 (2014) 2 289
Wambrechies 59636 Wambrecitains 15,47 10 008 (2014) 647
Warneton 59643 Warnetonnois 4,17 230 (2014) 55
Wasquehal 59646 Wasquehaliens 6,86 21 343 (2014) 3 111
Wattignies 59648 Wattignisiens 6,31 14 190 (2014) 2 249
Wattrelos 59650 Wattrelosiens 13,44 41 337 (2014) 3 076
Wavrin 59653 Wavrinois 13,55 7 661 (2014) 565
Wervicq-Sud 59656 Wervicquois 5,09 5 278 (2014) 1 037
Wicres 59658 Wicrois 2,77 433 (2014) 156
Willems 59660 Willemois 5,80 3 037 (2014) 524

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La MEL est située dans le nord de la France, au centre du département du Nord. Elle est bordée au nord et à l'est par la Belgique, avec laquelle elle partage 84 km de frontière, et au sud-ouest par le département du Pas-de-Calais[21].

Par la route, ses limites sont distantes de 60 km de Dunkerque, de 90 km de Calais et de 210 km de Londres (+ 55 km en shuttle) à l'ouest ; de 60 km de Gand, de 70 km d'Ostende et Zeebruges, de 110 km d'Anvers et de 280 km d'Amsterdam au nord ; de 100 km de Bruxelles, de 190 km de Liège, de 300 km de Luxembourg et de 310 km de Cologne à l'est ; de 45 km d'Arras, de 110 km d'Amiens et de 220 km de Paris au sud.

Elle se trouve ainsi à la croisée de grands itinéraires européens, routiers, mais aussi ferroviaires ou maritimes, Est/Ouest entre l'Allemagne, le Luxembourg, la Belgique et le Royaume-Uni, Nord/Sud entre les Pays-Bas, la Belgique, la France et l'Espagne.

Territoire et urbanisation[modifier | modifier le code]

Topographie des environs de Lille

Avec une superficie de 611,45 km2, la MEL est la cinquième métropole la plus étendue de France, après les métropoles d'Aix-Marseille-Provence, de Nice Côte d'Azur, du Grand Paris et de Rennes, juste devant celles de Bordeaux, de Grenoble-Alpes et de Lyon[22]. Elle couvre un système urbain constitué de nombreuses villes-centre anciennes et de communes périphériques, bourgs relais, non agglomérés, ainsi que des communes rurales occupant les régions naturelles du Ferrain, de la plaine de la Lys, du Mélantois et du pays de Weppes[23].

Le Ferrain, situé au Nord-Est du territoire, est caractérisé par quelques petites butte-témoins d'une soixantaine de mètres d'altitude, dont les principales sont celles situées sur les communes de Halluin, Linselles et Wervicq-Sud. La plaine de la Lys occupe les parties Nord et Ouest du territoire. Avec une altitude quasi constante de l'ordre de 20 mètres, cette plaine présente une continuité géographique avec la vallée de la Deûle, où s'est implantée la ville de Lille. Cette vallée sépare les deux entités géographiques que constituent le pays des Weppes, étroite bande de plaine argileuse vallonnée orienté Sud-Ouest/Nord-Est située entre la plaine de la Lys et la vallée de la Deûle, et le Mélantois, plateau crayeux dont les altitudes varient de 20 à 45 mètres situé au Sud-Est du territoire. La vallée de la Marque orientée Sud-Est/Nord-Ouest rejoint la vallée de la Deûle et sépare le Mélantois du Ferrain où sont situés Roubaix et Tourcoing[23].

Le système urbain est organisé autour d'un noyau majeur composé d'une trentaine de communes agglomérées au sein d'un tissu urbain continu, la conurbation Lille - Roubaix - Tourcoing prolongée au Sud par un axe secondaire relativement récent construit autour de la ville nouvelle de Villeneuve-d'Ascq et vers le Bassin minier le long de la Deûle et du Parc de la Deûle qui protège les champs captants « irremplaçables » du sud de Lille[23]. Plus au nord, la vallée de la Lys forme à la fois un axe urbain en limite avec la Belgique, émaillé de villes jumelles transfrontalières, et un élément de la trame verte régionale et paneuropéenne (corridor de migration, et élément de la trame bleue pour les oiseaux et organismes aquatiques notamment)[24].

En périphérie du noyau central, les communes satellites constituant le reste de l’agglomération lilloise s’organisent de façon diffuse et variée, la quasi-totalité des villages ruraux ayant évolué vers la périurbanisation suite à l’explosion de l’habitat pavillonnaire à partir du début des années 1960[25]. Ainsi, entre 1971 et 2013, alors que la population du territoire du SCOT de Lille Métropole augmentait de 16%, la surface artificialisée s’est accrue de 56%. Les espaces agricoles restent néanmoins importants puisqu'ils représentent encore 28 420 hectares en 2013, soit 46% de la superficie totale de la MEL[26]. Etabli sur un substratum essentiellement crayeux, la quasi-totalité des sols du territoire bénéficient en effet d’une couverture de limon quaternaire leur conférant une grande qualité agronomique[27].

Il en résulte un tissu urbain caractérisé, dans la tâche centrale, par un habitat groupé généralement dense, et, dans le périurbain, par d'anciens bourgs ruraux auxquels ont été rattachés divers lotissements sans exclure des formes d'habitat rural dispersé. L'usage de la brique rouge est dominant comme matériau de construction, tant des maisons de ville unifamiliale ordonnées en rangs réguliers typique des villes de la région que des fermes à cour carrée caractéristiques des exploitations agricoles locales. L'industrialisation a en outre conduit à une forte imbrication entre tissu industriel et habitat de statuts variés. La maison de ville prend ainsi des formes très différentes, maison de maître, maisons bourgeoises, semi-bourgeoises, ouvrières, courées ou maisons rurales, pouvant se côtoyer[28].

Ce patrimoine architectural et paysager, au croisement des cultures françaises et flamandes, témoigne de l'histoire de la région et de son passé industriel. Il fait l'objet depuis la fin des années 1970 d'une politique de protection et de mise en valeur encore en cours. Près de 350 bâtiments sont ainsi inscrits ou classés au titre des monuments historiques, six sites sont classés (le château du Vert-Bois et son parc, le site du moulin du Coulombier à Leers, le Jardin Vauban, le Jardin d'Arboriculture, le square Daubenton et les voiries adjacentes ainsi que le quai du Wault et le bassin Saint-Martin à Lille, le parc Barbieux, l'avenue Le Nôtre et l'avenue Jean-Jaurès à Roubaix et la plaine de Bouvines[29]) et cinq autres inscrits[30]. Cinq zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) ont en outre été créées entre 1999 et 2008 (à Comines, Tourcoing, Lambersart, Roubaix, Fournes-en-Weppes/Beaucamps-Ligny)[31] et, depuis 2004, un inventaire du patrimoine architectural et paysager (IPAP)[32] et un inventaire des bâtiments agricoles (IBA)[33] ont permis d'identifier respectivement 1 600 et 355 éléments qui font l'objet d'une protection réglementaire.

Environnement[modifier | modifier le code]

Le passé industriel de la métropole marque encore son environnement dans deux dimensions principales, la qualité des eaux et la pollution des sols. L'approvisionnement en eau potable est assuré à 70% par une nappe phréatique au sud de l'agglomération, satisfaisante en quantité, mais très sensible aux pollutions diffuses, qui fait l'objet d'une protection depuis 1992, renforcée par une Déclaration d'utilité publique (DUP) en 2007, impliquant une trentaine de communes[34]. Plus globalement, le Schéma Directeur d'alimentation en eau potable établi en 2008 conclut à une capacité de production à peine suffisante pour assurer une couverture correcte des besoins. Cette difficulté, qui pourrait être résolue à terme par un transfert d'eau par le canal Seine-Nord Europe, a donné lieu en 2010 à l'établissement d'un partenariat avec la régie Noréade[35]. Les eaux de surface des principaux cours d'eau de la métropole restent quant à elles de mauvaise qualité[36] et une seule zone de baignade est répertoriée sur le territoire (base de loisirs des Prés du Hem à Armentières)[37].

En ville, la pollution des sols est principalement présente dans les anciennes emprises industrielles, souvent au cœur d’un tissu urbain très serré et, en périphérie, dans les anciennes emprises ferroviaires et dépôts des Voies navigables de France. L'expansion industrielle s'est en effet accompagnée d’un accroissement considérable de la circulation des produits industriels et énergétiques impliquant la réalisation d’infrastructures ferroviaires, routières et navigables de grande ampleur. En 2001, l'inventaire des friches industrielles de plus de 2 000 m2 recensait 232 friches sur 542 hectares. Grâce à une politique volontariste, ces volumes ont été ramenés à 156 friches sur 390 hectares en 2007[38]. En 2010, la base de données BASIAS recense quant à elle 6 673 anciens sites industriels ou activités de services dans la métropole, soit 40% des sites régionaux sur 5% de la superficie régionale[39]. Si tous ces sites ne sont pas nécessairement pollués, un vaste programme reste néanmoins à engager, à commencer par une meilleure connaissance des sous-sols comme le préconise un rapport de 2010 sur les « friches industrielles et pollutions historiques » qui constate qu'elle est actuellement « générale et relativement limitée »[40].

La qualité de l'air est moins atypique, le nombre de jours de dépassement des valeurs limites de polluants étant moins important que dans d'autres grandes agglomérations comme Lyon, Marseille ou Strasbourg, notamment en raison de conditions topographiques et climatiques favorables à la dispersion des polluants. L'indice ATMO a ainsi été bon ou très bon les trois quarts des jours au cours des années 2011, 2012 et 2013. Naguère liée à l'activité industrielle, la pollution atmosphérique est à présent principalement liée au transport routier, l'ozone et les particules étant les deux principaux facteurs dégradants de la qualité atmosphérique[41]. À cet égard, la prise en compte des enjeux climatiques et énergétiques reste problématique dans cet espace urbain et a été analysée par des universitaires, notamment Louis Boisgibault [42]. Les premiers postes d'émissions de gaz à effet de serre sont le transport de personnes, suivi des bâtiments résidentiels et du transport de marchandises. Ces émissions sont associées à une forte consommation énergétique due en particulier à l'usage massif de la voiture individuelle comme moyen de transport et à une faible performance énergétique de l'habitat, souvent individuel, relativement ancien et, dans les secteurs périurbains, non mitoyen. En 2014, le territoire est entièrement dépendant de sources d'énergie produite à l'extérieur, en grande partie d'origine fossile (38% pour le gaz et 37% pour les produits pétroliers), la production d'énergie provenant de sources renouvelables restant marginale[43].

Dans le cœur historique de l'agglomération, les principaux espaces verts accessibles au public sont le « Bois de Boulogne » qui jouxte la citadelle de Lille et le parc Barbieux à Roubaix. Dès la fin des années 1960, le schéma directeur lillois souhaite doter l'agglomération d’une « armature verte », comprenant notamment l’aménagement de deux grands parcs périurbains, le parc de la Deûle et le parc de la Marque, intégrés au schéma régional d’aménagement de l’OREAM-Nord. Mais la fermeture de l’Agence d’urbanisme dans les années 1970 met un terme au projet[44]. Il refait surface dans les années 1990 et une démarche pionnière de trame verte et bleue est engagée. Depuis lors, plusieurs centaines d'hectares d'espaces naturels ont été réhabilités et aménagés (en particulier, réalisation du Parc de la Deûle, réaménagement du Parc du Héron et requalification des chemins de halage de la Basse-Deûle, du canal de Roubaix et de la Marque urbaine) portant à 2 794 hectares la surface totale des espaces verts ouverts au public en 2014, soit 23 m2 par habitant (au niveau de l'arrondissement) contre 15 m2 dans les années 1990[45]. Ces espaces restent toutefois situés pour l'essentiel en périphérie de l'agglomération[46], fragmentés et mal reliés entre eux[47]. La surface des autres sites d'intérêt écologique régional ou local a été estimée à 10 000 hectares en 2006, dont moins de 15% sont concernés par des mesures de protection spécifiques. Ils abritent plusieurs espèces remarquables et protégées comme la chouette chevêche, le triton crêté, le murin de Daubenton ou le murin à oreilles échancrées[45].

La gestion des déchets s'est également beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années avec la mise à disposition du public de neuf déchetteries, la mise en place d'un centre de valorisation énergétique à Halluin et d'un centre de valorisation organiques à Sequedin et l'utilisation des voies d'eau pour le transport. La collecte sélective est généralisée et le taux global de valorisation des déchets atteint en moyenne 80% en 2009. Le taux de valorisation matière (verre, papier, plastique…) n'est toutefois que de 23% à l'échelle de la MEL[43].

Population[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Avec 1 129 061 habitants en 2013, la MEL est la plus peuplée des métropoles de droit commun et celle qui présente la plus forte densité de population, avec 1 846 hbt/km2. Elle est cependant moins peuplée que les métropoles du Grand Paris, d'Aix-Marseille-Provence ou que la Métropole de Lyon.

Évolution démographique
1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013
991 555 1 042 854 1 047 603 1 067 345 1 091 156 1 105 080 1 129 061
De 1968 à 1999 : population sans doubles comptes ; à partir de 2006 : population municipale légale.
(Source : Insee[48].)

L'évolution démographique de la MEL est caractérisée par un taux de croissance très faible qui ne cesse de s'éroder depuis les années 1980. Ainsi, sur la période 2006 à 2011, il n'a été que de 0,15% par an. Cette faible dynamique démographique est due à un solde migratoire déficitaire que l'excédent naturel des naissances sur les décès, pourtant très important (+9500 habitants par an sur la période 2006 à 2011), parvient de moins en moins à compenser. Le déficit migratoire concerne toutes les tranches d'âges, à l'exception des jeunes de 18 à 21 ans, de plus en plus nombreux à venir étudier dans la métropole[49]. Pour autant, le nombre des ménages n'a cessé de s'accroitre rapidement depuis la fin des années 1960. Même si la taille moyenne des ménages reste beaucoup plus élevée que dans toutes les autres métropoles françaises, elle baisse plus rapidement qu’ailleurs. C'est pourquoi la croissance du nombre des ménages, et donc des besoins en logements, reste comparable à celle des autres grands pôles urbains français, alors que la croissance de la population y est nettement inférieure[50].

Au total, la MEL présente le taux de vieillissement (rapport des plus de 65 ans / les moins de 20 ans) le plus faible parmi les métropoles françaises (0,36 en 2011, contre 0,47 pour l’ensemble des métropoles et 0,56 au plan national), devant Renne et Toulouse. Sa progression est par ailleurs plus faible que pour la plupart des métropoles (+0,02 entre 2006 et 2011). Inversement, l’indice des forces vives (rapport des 25 à 65 ans /+ de 65 ans) est le plus élevé de l’ensemble des métropoles (3,94 en 2011, contre 3,28 pour l’ensemble des métropoles et 3,03 au plan national)[51]. En revanche, l’indice de formation (rapport des diplômés de l’enseignement supérieur sur celui des personnes sans diplôme ou ne disposant que de diplômes peu qualifiants) reste inférieur à la moyenne des métropoles en dépit d’un effet de rattrapage significatif sur la période récente (progression de 0,12 point de l’indice de formation supérieure entre 2006 et 2011)[52].

Logement[modifier | modifier le code]

Le cœur de Lille, inscrit dans le périmètre des fortifications antérieur à leur extension de 1858, est d'origine ancienne, issue de la ville flamande et des opérations d'urbanisation entreprises après le rattachement à la France à la fin du XVIIe siècle. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les destructions sont importantes (1675 immeubles détruits, 1709 gravement endommagés) et des ilôts entiers, dans les quartiers du Vieux-Lille ou de Saint Sauveur, sont vétustes et insalubres[53]. En revanche, les faubourgs de la ville historique, en particulier dans les quartiers est et sud en partie annexés en 1858, et les villes industrielles avoisinantes, comme Tourcoing et surtout Roubaix, sont nés de la concentration de l'industrie dans de grandes unités de production. Strictement asservi à la production, l'habitat y a pris la forme de cités ouvrières proches de l'usine, dont l'archétype est la courée. En 1945, 1 131 courées sont recensées à Roubaix, soit 13 000 maisons logeant 40 000 personnes (plus du tiers de la population de la ville). Construites à la hâte au cours du XIXe siècle et jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale, peu et mal entretenues, elles relèvent de l'habitat taudifié[54]. Au total, en 1948, une étude révèle que près de la moitié des immeubles habitables de la région lilloise n'ont ni eau courante, ni électricité[53].

Les opérations de rénovation urbaine de grande ampleur menées des années 1950 à 1970 ont notamment conduit à l'érection de grands ensembles, en particulier dans les centres de Roubaix et Tourcoing, dans le quartier Saint-Sauveur de Lille et à La Madeleine, puis en périphérie des centres-villes dans le cadre de ZUP. La plupart s’inscrivent en rupture avec le tissu urbain traditionnel et constituent à présent des quartiers dégradés en cours de requalification[55]. Malgré cela, l'agglomération se distingue des autres grandes agglomérations françaises par une forte proportion d’habitat individuel, due aux formes de l'habitat traditionnel mais aussi à l'explosion de l’habitat pavillonnaire à partir des années 1960. Situé en périphérie, dans la première couronne des centres urbains, ainsi qu’à Villeneuve d’Ascq, ce type d'habitat, composé de maisons de ville ou de pavillons implantés au cœur de parcelles plus aérées, forme des espaces qui manquent souvent de cohérence avec les tissus environnants. Ces constats ont donné lieu, dans les années 1990, au concept de ville renouvelée pour enrayer ces processus de dévalorisation spatiale et organiser le développement futur des quartiers concernés[56].

Si la compétence concernant « les services logement des villes et les organismes HLM » relève de la communauté urbaine depuis sa création en 1968, elle ne commence à se déployer effectivement qu'à la fin des années 2000. Dès l'origine, elle a été « remunicipalisée » de manière informelle par les conseillers communautaires afin de ne pas s'aliéner les maires des petites communes. C'est pourquoi, « faute de pouvoir se substituer aux communes dans la programmation ou l’attribution de logements, les services de la CUDL se concentrent sur les opérations de réhabilitation ou de rénovation de l’habitat privé insalubre »[57].

En 1969, l’Organisation pour la suppression des courées dans la Métropole Nord (ORSUCOMN) est créée dans la cadre d'un programme d’éradication de l’habitat insalubre. Il est suivi à partir de 1992 d'un programme de réhabilitation des courées mis en œuvre par la CUDL. Au début des années 2000, on recense encore dans la métropole 1 482 courées représentant 12 194 logements, dont une partie reste ghettoïsée[58].

Situation sociale[modifier | modifier le code]

Économie et infrastructures[modifier | modifier le code]

Tissu économique[modifier | modifier le code]

Selon l’OCDE, l’aire métropolitaine de Lille, suivant un découpage territorial dont le cœur correspondrait à peu près à celui de la MEL mais dont l’aire d’influence s’étendrait un peu au-delà (les intercommunalités sont des constructions politico-administratives, non des découpages économiques), aurait généré un PIB de 43,1 Md$ en 2012 (33,5 Md€), ce qui la placerait en cinquième position des aires métropolitaines françaises, après Paris (707,1 Md$ ou 550 Md€), Lyon (87,8 Md$ ou 68,3 Md€), Marseille (65,5 Md$ ou 51 Md€) et Toulouse (51,9 Md$ ou 40,4 Md€), juste devant Bordeaux (42,2 Md$ ou 32,8 Md€)[59]. Rapporté au PIB de la région Hauts-de-France, estimé à 151,7 Md€ en 2012 par l'INSEE[60], l'aire métropolitaine de Lille représenterait ainsi 22% du PIB régional.

La Métropole fait l'objet de travaux universitaires. Une thèse à l'Université Paris-Sorbonne est consacrée à la transition énergétique dans la Métropole Européenne de Lille[61].

Grands travaux[modifier | modifier le code]

  • 1967 : création de Lille-Est, devenue Villeneuve d'Ascq, avec pour objectif d'accueillir 100 000 habitants et 40 000 étudiants à l’horizon 1985, d'y installer des équipements à rayonnement métropolitain et régional, de créer un cadre urbain vivant et attractif, et de devenir un pôle de recherche et d’innovation pour la région[62].
  • 1971 : la communauté urbaine de Lille lance un concours international pour équiper l'agglomération d'un nouveau système de transport en commun. Le projet VAL de Matra est retenu en 1973. Fruit de la volonté politique communautaire et de la ténacité du Président Arthur Notebart, le métro est inauguré par François Mitterrand le .
  • 1976 : Inauguration du Stadium Nord, appelé aujourd'hui Stadium Lille Métropole.
  • 1988 : lancement du projet Euralille
  • 1990: le projet de construction de l'Union est confié à LMCU. Celui-ci est toujours en cours.
  • 2008 : Le 1er février le conseil communautaire a retenu à 82 % des voix le projet proposé par Eiffage pour la construction du Grand stade Lille Métropole.

Entreprises[modifier | modifier le code]

31 902 entreprises sont implantées sur le territoire de Lille métropole :

  • 4 731 dans l'industrie,
  • 3 354 dans le commerce de gros,
  • 7 521 dans le commerce de détail,
  • 16 296 dans les services.

Lille's Agency (ex-APIM), est l'agence de développement économique de la métropole lilloise. Experte dans le développement et l’accompagnement d’entreprise depuis 1985, Lille’s agency a accompagné l'implantation de plus de 1 200 entreprises exogènes sur le territoire générant ainsi plus de 30 000 emplois.

Emploi[modifier | modifier le code]

Répartition des emplois par domaine d'activité
  Agriculteurs Artisans, commerçants, chefs d'entreprise Cadres, professions intellectuelles Professions intermédiaires Employés Ouvriers Retraités Autres activités professionnelles
Lille Métropole 0,13 % 1,90 % 5,73 % 10,09 % 12,69 % 12,33 % 14,43 % 42,69 %
Sources des données:INSEE

Une étude réalisée en 2015 par Terra Nova montre que les offres d'emploi se concentrent massivement dans la ville centre (66% des offres d'emploi de l'aire urbaine). Elles concernent par ailleurs des emplois de meilleure qualité (60% de CDI contre 45% au niveau de l'aire urbaine) et mieux rémunérés (25 000 € par an contre 21 100 € au niveau de l'aire urbaine)[63].

Transports[modifier | modifier le code]

Autoroutes desservant la métropole

L’agglomération est desservie par un réseau autoroutier structuré par cinq axes principaux rayonnant en étoile autour de Lille construits au cours des années 1950 à 1970 : l’A1 qui rejoint Paris, l’A25 qui rejoint Dunkerque, l’A22 qui rejoint Courtrai et Gand, l’A27 qui rejoint Tournai et Bruxelles et l’A23 qui rejoint Valenciennes. Il est complété par des barreaux de liaison qui desservent le cœur de l’agglomération (Voie rapide urbaine et RN227). Le trafic n’a cessé d’augmenter au cours de la période récente (+2,2% par an en moyenne entre 1998 et 2007), tant du fait du trafic d’échange (trajet ayant une extrémité dans le territoire et l'autre extrémité à l'extérieur) que du trafic de transit (traversée du territoire sans arrêt) généré notamment par l’activité des grands ports hollandais et belges[64]. Cette augmentation, sur un réseau qui n’évolue plus, provoque des épisodes de congestion de plus en plus fréquents aux nœuds vers lesquels convergent plusieurs autoroutes et aux échangeurs, notamment aux heures de pointe (en particulier sur l’A1, l’A23 et l’A25)[65]. En 2013, selon l'index de trafic TomTom, Lille n'arrive toutefois qu'en dixième position des villes les plus embouteillées de France, loin derrière Marseille, Paris, Lyon, Bordeaux ou Nice[66].

Enseignement supérieur et recherche[modifier | modifier le code]

En 2013, 107 000 étudiants sont inscrits dans des formations d’enseignement supérieur dispensées dans la métropole, soit près de 10% de la population de la MEL, ce qui en fait l'un des principaux pôles universitaires français après Paris et Lyon[67]. L’offre universitaire métropolitaine est très diversifiée. Elle repose sur trois universités publiques, Lille I (Sciences et technologies), Lille II (Droit et santé) et Lille III (Sciences humaines et sociales), appelées à fusionner en 2018 pour former l'Université de Lille, des établissements publics d’enseignement supérieur (École centrale de Lille, Polytech Lille, Télécom Lille, École nationale supérieure de chimie de Lille, École nationale supérieure d'arts et métiers, École nationale supérieure des arts et industries textiles, École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille, Sciences Po Lille…), une université privée, l'Université catholique de Lille réunissant cinq facultés, et plusieurs grandes écoles privées (Hautes études d'ingénieur, Institut catholique d'arts et métiers, Institut supérieur d'agriculture de Lille, Institut supérieur de l'électronique et du numérique, École supérieure de journalisme de Lille, EDHEC Business School, SKEMA Business School, IÉSEG School of Management…). Au cours des dix dernières années, ce sont principalement les effectifs des écoles, publiques mais surtout privées, qui connaissent une forte croissance. La part des étudiants boursiers est très importante, l’académie de Lille se situant au premier rang national s’agissant du nombre de boursiers de l’enseignement supérieur sur critères sociaux (31,75% des effectifs, pour une moyenne nationale de 25,65%)[68]. S'ajoutent à ces effectifs plus de 20 000 stagiaires de la formation professionnelle continue (soit 5% de l'activité formation continue de l'ensemble des universités françaises)[69].

Pour autant, en dépit du développement des établissements d'enseignement supérieur et de l'attractivité de la métropole pour la population étudiante (seule catégorie d’âge en excédent migratoire), la recherche métropolitaine reste nettement en retrait par rapport à la plupart des autres métropoles. Au plan universitaire, cet écart se marque notamment par le faible taux de doctorants au regard de l'effectif étudiant (2,4%, quand la moyenne nationale se situe à 4,5%)[70]. Plus largement, au niveau régional du Nord-Pas-de-Calais, le taux de dépense intérieure de recherche et développement (DIRD) rapportée au PIB est l'un des plus bas de France (0,93 % en 2012 pour une moyenne nationale de 2,26%), conjonction du faible poids des organismes de recherche publique et d'investissements de recherche privée principalement portés par des entreprises de moyenne ou faible technologie[71]. Ce retard historique, dû tout à la fois à la volonté des pouvoirs publics d'éloigner les activités stratégiques de la frontière nord de la France et à la stratégie constante du patronat local, jusqu'au début des années 1980, de défense d'un modèle de mono industrie reposant sur une main d'œuvre abondante et captive faiblement qualifiée[72], s'avère d'autant plus difficile à rattraper qu'une partie des diplômés et des chercheurs formés dans la métropole est attirée par la proximité des grands organismes parisiens[73].

Des progrès ont néanmoins été réalisés. Les effectifs des organismes publics de recherche se sont accrus de 32% dans la région entre 1998 et 2005, notamment grâce au « plan de renforcement de la recherche » et à l’implantation du centre Nord Europe de l’Inria et de laboratoires du CNRS (Iri, Ircica et RMN) dans la métropole. Quelques succès ont également été remportés dans le cadre des « investissements d'avenir » avec l'obtention d'une douzaine d'équipements et de laboratoires d'excellence, de deux instituts de recherche (Institut de recherche technologique Railenium et Institut français des matériaux agro-sourcés) et d'un IDEFI (« Ateliers de l'Innovation et du Co-Design »)[74]. Au total, en 2012, les trois universités publiques de la métropole rassemblent 250 laboratoires de recherche et 3 200 enseignants et enseignants-chercheurs[75]. Plusieurs pôles d'excellence, répondant aux points forts des compétences locales, ont par ailleurs été mis en place depuis la fin des années 1990, comme Eurasanté, le Centre européen des textiles innovants et la Plaine Image dans la Zone de l’Union ou EuraTechnologies. En relation avec ces compétences distinctives, les établissements de formation et de recherche de la métropole sont impliqués dans six pôles de compétitivité, les pôles Nutrition Santé Longévité (agroalimentaire et biotechnologies), I-Trans (transports terrestres), Picom (distribution et commerce électronique), Up Tex (textile), Matikem (chimie verte et éco-matériaux) et Team² (écotechnologies, recyclage et dépollution)[73].

Culture[modifier | modifier le code]

Dès les années 1980, la culture est identifiée comme un levier privilégié de régénération de l'agglomération face à la crise économique et sociale qui frappe la région. D'abord envisagée sous l'angle du développement urbain au travers d'interventions sur le patrimoine, avec notamment la réhabilitation du centre historique de Lille, elle se poursuit par la mise en place de nouveau équipements culturels et le développement de l'évènementiel avec l'ambition d'acquérir une visibilité nationale, voire internationale, mais aussi de toucher le plus largement la population locale et des catégories de public éloigné de la culture[76]. Si la création du Musée d'art moderne à Villeneuve d'Ascq, au début des années 1980, relève d'une décision de l'Etat, c'est sous l'impulsion et avec le soutien de Pierre Mauroy, maire de Lille, que l'orchestre national de Lille se structure au cours des années 1980, que le théâtre du Nord s'installe sur la Grand-Place de Lille en 1989, que le Palais des beaux-arts de Lille est entièrement rénové dans le courant des années 1990, que le Zénith de Lille ouvre ses portes en 1994 et que l'Opéra de Lille est restructuré au début des années 2000. De même, c'est sous l'impulsion de leurs maires respectifs qu'au cours des années 1980, l'Atelier Lyrique de Tourcoing est créé tandis que le Ballet du Nord est fondé à Roubaix et que, au cours de la décennie qui suit, Le Fresnoy à Tourcoing et le musée de La Piscine à Roubaix, voient le jour. A côté de ces équipements de prestige, d'autres mesures, plus diffuses, complètent cet investissement, notamment à Roubaix, avec le soutien de compagnies artistiques, l'aide au développement de pratiques amateurs et la mise à la disposition des artistes de grands espaces gratuits ou peu couteux. Cette politique culturelle dynamique permet à Roubaix d'obtenir le label Ville d'art et d'histoire en 2001, suivie par Lille en 2004[77]. La préparation des évènements de Lille 2004, année où Lille est Capitale européenne de la culture, marque une nouvelle étape avec notamment la réhabilitation du Tri Postal et la reconversion ou rénovation de douze maisons Folie, dont sept sont situées sur le territoire métropolitain, et la mobilisation sans précédent des acteurs et des structures locales. Elle aurait agit comme révélateur du foisonnement du terreau culturel métropolitain[78] et a notamment débouché sur la création de Lille 3000, programme qui a vocation à pérenniser cette dynamique[79].

Sports[modifier | modifier le code]

La Métropole Européenne de Lille soutenait pour la saison sportive 2008-2009 21 clubs de son territoire :

Compétences[modifier | modifier le code]

La métropole dispose de compétences transférées par les communes et bénéficie également du transfert de compétences départementales et régionales, soit de droit, soit de manière facultative. Elle peut aussi, à sa demande, se voir transférer de grands équipements et infrastructures relevant jusqu’alors de l’État et est associée de plein droit à l’élaboration, la révision et la modification des schémas et documents de planification en matière d’aménagement, de transport et d’environnement, de la compétence de l’État ou d’une autre collectivité[80]. En 2014, à la veille de l'acquisition du statut de métropole, la communauté urbaine de Lille est celle qui détient le moins de compétences parmi les grandes communautés urbaines (28 compétences quand la communauté urbaine de Nantes en détient 48, celle de Marseille 44 et celle de Lyon 41)[81].

Compétences obligatoires[modifier | modifier le code]

Les compétences obligatoires concernent deux domaines d’intervention :

  • L’aménagement
Les chartes intercommunales de développement d’urbanisme
Les schémas directeurs (SCOT, Schémas de secteur...)
Les documents d’urbanisme (PLU...)
Les programmes locaux de l’habitat
L’action foncière
La création et l’équipement de zones d’habitations, de rénovation ou réhabilitation urbaine, de zones industrielles, artisanales ou portuaires.
La construction, l’aménagement et l’entretien d’écoles maternelles et primaires dans les zones d'aménagement concerté.
  • Les services publics
Les transports urbains (métro, tramway, bus)
Les services de logements et organismes de HLM
La voirie
La signalisation
Les parcs de stationnement
L’eau, l’assainissement et les résidus urbains (collecte, élimination des déchets, tri)
Le marché d’intérêt national (MIN)
Les crématoriums.

Autres compétences[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Si la gestion du musée d’Art Moderne est assurée par la communauté urbaine depuis sa création, il s'agit d'une opération exceptionnelle et ce n'est qu'en 2000, à la faveur de la préparation des évènements de Lille 2004, capitale européenne de la culture, que le conseil de communauté décide de doter l’institution communautaire d’une compétence en matière culturelle. Il s'agit toutefois d'une compétence dite restreinte, portant sur le financement d’équipements culturels de dimension métropolitaine dont la communauté urbaine est propriétaire ou actionnaire et sur le financement d’évènements culturels de dimension métropolitaine[82], la culture restant par principe de la compétence des communes[83]. L’agence d’urbanisme est cependant missionnée pour piloter l’élaboration d’un schéma de développement culturel pour la communauté urbaine qui est approuvé entre 2002 et 2003, mais dont la mise en œuvre est reportée après les municipales de 2008[84]. De fait, la politique culturelle métropolitaine qui s'amorce avec Lille 2004 reste fortement associée à la ville et à la maire de Lille et sa poursuite ne fait pas l'unanimité parmi les élus dont beaucoup ne perçoivent pas la culture comme devant faire l’objet d’une politique publique ni comme un vecteur du développement territorial. C'est ainsi que le conseil de communauté, après avoir contribué au financement de Lille 2004, refuse de renouveler sa participation dans le cadre de la première édition de Lille 3000[85]. L’incitation financière, qui subordonne les subventions de la communauté urbaine à des conditions de mise en réseau d'au moins trois partenaires, est dès lors le principal vecteur de structuration d’une action culturelle métropolitaine[86]. Par ailleurs, au titre de sa compétence portant sur le financement d’équipements culturels de dimension métropolitaine, la MEL soutient le LaM, La Condition Publique à Roubaix, l'Opéra de Lille, l'Orchestre National de Lille et les conservatoires de Lille, Roubaix et Tourcoing[87].

Développement économique[modifier | modifier le code]

En 2002, la communauté urbaine s'est doté de la compétence Développement économique.

Valorisation du patrimoine naturel, paysager et espace nucléaire et toxique[modifier | modifier le code]

Équipements sportifs[modifier | modifier le code]

Le stadium Nord de Villeneuve-d'Ascq

Nouvelles compétences liées au statut de Métropole[modifier | modifier le code]

Quatre nouvelles compétences sont également intégrées au  : la gestion des routes, l'aide aux jeunes en difficulté (FAJ), l'attribution des aides au titre du Fonds de solidarité pour le logement (FSL), le tourisme.

Fonctionnement institutionnel[modifier | modifier le code]

La métropole dispose d’un organe délibérant, le « conseil de la métropole », et d'un exécutif constitué du Président, élu à la majorité absolue au sein de l’organe délibérant, et d'un bureau composé du Président, des vice-présidents et éventuellement d’autres membres. Elle dispose aussi d'une « conférence métropolitaine », réunissant le président du conseil de la métropole et les maires des communes membres, et d'un « conseil de développement », organe consultatif composé de personnalités de la société civile.

Conseil[modifier | modifier le code]

En 1966, la loi qui crée la communauté urbaine de Lille prévoit 90 conseillers élus au suffrage indirect, dont 70 répartis proportionnellement à la population des communes les plus peuplées, 20 sièges étant réservés aux communes les moins peuplées, soit 69 communes représentant environ 200 000 habitants réparties dans cinq secteurs électoraux[88]. La loi accorde toutefois trois mois aux élus locaux pour aménager à la marge cette répartition. Au cours de ces trois mois, les grandes villes acceptent d’abandonner 9 sièges aux secteurs regroupant les petites communes, qui se répartissent ainsi 29 sièges en tout, sous réserve de préserver la couleur politique des sièges concédés[89]. D'emblée, les petites communes bénéficient donc d'une surreprésentation par rapport à leur poids démographique. La prévalence de la logique de représentation territoriale au sein du conseil s'accroit encore à partir des années 1980, avec pour principe une représentation de chaque commune. Le nombre de conseillers communautaires est ainsi porté à 140 en 1983, à 155 en 1995, puis à 170 en 1999. En 2014, en application de l'article 33 de la loi no 2013-403 du relative à l'élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, le nombre de conseillers s'accroit encore. Ce sont à présent 179 membres élus dans le cadre de l'élection municipale au suffrage universel direct, en même temps que les conseillers municipaux (scrutin fléché), qui siègent au conseil[90]. Le , le nombre des conseillers métropolitains a été porté à 184 suite à l'intégration de cinq nouvelles communes issues de la communauté de communes de Weppes à compter du [91].

Les différents groupes politiques qui siègent au conseil reflètent également un mélange entre affiliations partisanes, principalement pour les communes les plus importantes, et représentation territoriale, en particulier pour les petites communes. En 2014, la gauche partisane est représentée par les groupes « Socialiste, Radical Citoyen et Personnalités » (PS-MRC-DVG), « Europe Écologie Les Verts » et « Communiste, Républicain et Citoyen » (PCF) tandis que la droite partisane est représentée par les groupes « Métropole Communes Unies » (UMP-UDI) et « Lille Métropole Bleu Marine » (FN). Les autres groupes, de sensibilité diverses, plutôt centre droit pour « Métropole Passions Communes » (anciennement « Groupe d'action démocratique et d'entente communautaire », créé en 1971) et « Groupe Indépendant Des Élus Communautaires » (scission en 2010 de « Métropole Passions Communes »)[92], plutôt centre gauche pour « Rassemblement Citoyen » et mélant divers droite et divers gauche pour « Actions et Projets pour la Métropole » renvoient à des logiques territoriales, de représentation des petites communes ou d'une commune particulière (Villeneuve d'Ascq) pour « Rassemblement Citoyen ».

Les élections municipales de 2014 marquent une lourde défaite de la gauche, l’UMP conquérant notamment les communes de Roubaix et Tourcoing[93]. Elle se traduit par un basculement au sein du conseil communautaire : premier groupe en 2008 avec 56 sièges, le groupe « Socialiste, Radical Citoyen et Personnalités » n'est plus que troisième, derrière « Métropole Passions Communes » et « Métropole Communes Unies ».


Composition et présidence du Conseil Communautaire puis du Conseil Métropolitain.
Élections Composition Groupes Politiques Présidence
2008
Lille Métropole Communauté Urbaine
Composition de Lille Métropole Communauté Urbaine en 2008
De gauche à droite :
     Communiste, Républicain et Citoyen (9 élus, présidé par Bernard Debreu)
     Socialiste, Radical Citoyen et Personnalités (56 élus, présidé par Alain Cacheux)
     Les Verts (9 élus, présidé par Slimane Tir)
     Rassemblement Citoyen (7 élus, présidé par Gérard Caudron)
     Actions et Projets pour la Métropole (10 élus, présidé par Rudy Elegeest)
     Mouvement Démocrate Eurométropole (9 élus, présidé par Olivier Henno)
     Métropole Passions Communes (29 élus, présidé par Damien Castelain)
     Métropole Communes Unies (29 élus, présidé par Bernard Gérard)
     Groupe Indépendant des Élus Communautaires (12 élus, présidé par Francis Delrue)
Martine Aubry
Présidente de LMCU
Maire de Lille
2014
Métropole Européenne de Lille
Liste des conseillers
Composition de la Métropole Européenne de Lille
De gauche à droite :
     Communiste, Républicain et Citoyen (4 élus, présidé par Bernard Debreu)
     Socialiste, Radical Citoyen et Personnalités (40 élus, présidé par Gilles Pargneaux)
     Europe Écologie Les Verts (6 élus, présidé par Lise Daleux)
     Rassemblement Citoyen (7 élus, présidé par Gérard Caudron)
     Actions et Projets pour la Métropole (5 élus, présidé par Rudy Elegeest)
     Métropole Passions Communes (52 élus, présidé par Damien Castelain)
     Métropole Communes Unies (44 élus, présidé par Florence Bariseau)
     Groupe Indépendant des Élus Communautaires (16 élus, présidé par Francis Delrue)
     Lille Métropole Bleu Marine (5 élus, présidé par Eric Dillies)
Damien Castelain
Président de LMCU puis de la MEL
Maire de Péronne-en-Mélantois

Exécutif[modifier | modifier le code]

Président[modifier | modifier le code]

Le , Martine Aubry est élue présidente de la communauté urbaine avec une majorité de 134 voix, devançant Marc-Philippe Daubresse qui obtient 32 voix[94].

Damien Castelain, maire sans étiquette de Péronne-en-Mélantois, lui succède à la suite des élections municipales de mars 2014. Il est élu Président le , avec le soutien de la gauche, par 108 voix contre 62 pour Bernard Gérard, candidat de la droite[95]. C'est la première fois depuis la création de la communauté urbaine que le Président n'est pas de gauche. Pour autant, la droite n'est pas parvenue à entrainer derrière elle les représentants sans étiquette des petites communes[96], fervents adeptes du régime de « grande coalition permanente »[97].

Liste des présidents successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1967 1971 Augustin Laurent Socialiste Député, maire de Lille (1955-73),
Ancien ministre des PTT
1971 1989 Arthur Notebart PS Député, maire de Lomme (1947-90)
1989 2008 Pierre Mauroy PS Sénateur, maire de Lille (1973-2001)
Ancien Premier ministre
2008 Martine Aubry PS Maire de Lille depuis 2001,
Ancienne première secrétaire du PS
à ce jour Damien Castelain SE[98] Maire de Péronne-en-Mélantois

Bureau[modifier | modifier le code]

Damien Castelain, président de la MEL, avec Gérard Caudron et Martine Aubry, maires de Villeneuve-d'Ascq et Lille et Patrick Kanner, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.

À l'exception de la période 1977-1983, où l’exécutif rassemble uniquement des élus socialistes et communistes, l'exécutif associe depuis l'origine des représentants des principales formations partisanes de gauche et de droite dans un gouvernement de « grande coalition »[99].

En 2001, le bureau comptait 43 vice-présidents de diverses familles politiques : socialistes et apparentés (16), Métropole passions communes (10), Union pour la métropole (6), UDF et apparentés (4), Verts (2), communiste, républicain et citoyen (2), Actions et projets pour la métropole (2)[100]. La Communauté urbaine comportait également onze commissions thématiques qui sont chacune dirigée par un vice-président.

En 2008, Martine Aubry met en place un exécutif resserré autour de dix premiers vice-présidents[101] et propose une nouvelle gouvernance assise sur des contrats de territoire. La MEL est divisée en huit territoires, les contrats de territoire étant établis en concertation avec des comités de territoire composés des conseillers communautaires et des maires des territoires concernés[102].

En 2014, Damien Castelain renoue avec un exécutif large et un bureau composé de 20 vice-présidents, 14 conseillers métropolitains auxquels des fonctions particulières sont délégués et 9 présidents de commissions thématiques[103]. De nouveau, l'équilibre politique est conservé avec 8 vice-présidents pour Métropole passions communes et 6 vice-présidents pour la gauche comme pour la droite. Les délégations et présidences de commissions sont également réparties en tenant compte de la diversité des sensibilités politiques et territoriales[104].

Conférence métropolitaine des maires[modifier | modifier le code]

Mise en place par la loi MAPTAM, la conférence métropolitaine des maires tient sa première réunion le . Instance de coordination entre la métropole et les communes membres, au sein de laquelle il peut être débattu de tous sujets d'intérêt métropolitain ou relatifs à l'harmonisation de l'action de ses collectivités, elle est présidée par le président du conseil de la métropole en lien avec le « vice-président délégué à la Métropole citoyenne » et comprend tous les maires des communes membres. Elle se réunit au moins deux fois par an, à l'initiative du président ou à la demande de la moitié des maires, sur un ordre du jour déterminé. Cette instance est déclinée dans chacun des huit territoires de la Métropole, sous la forme de « conseils des maires de territoire ». C'est à ce niveau que sont définies les modalités d'élaboration des contrats de codéveloppement, successeurs des contrats de territoire institués lors de la précédente mandature[105].

Conseil de développement[modifier | modifier le code]

Le Conseil de développement de Lille Métropole est créé le et installé le conformément aux dispositions de la loi du 25 juin 1999 d'orientation pour l'aménagement et le développement durable du territoire (Loi Voynet). Organe consultatif, il est appelé à donner son avis sur les principales orientations de la métropole, sur les documents de prospective et de planification et sur la conception et l'évaluation des politiques locales de promotion du développement durable du territoire et, plus largement, peut être consulté ou donner son avis et formuler des propositions ou recommandations sur toute autre question relative à la métropole.

Constitué de 177 membres en 2015, tous bénévoles, le Conseil de développement est renouvelé par moitié tous les deux ans, par appel public à candidatures, ses membres étant titulaires d'un mandat de quatre ans, renouvelable une fois. Il est organisé en trois collèges, un collège économique qui réunit des représentants d’entreprises, de structures ou d’organismes du monde de la recherche, du secteur agricole, de l’économie sociale et solidaire, de l’emploi-insertion, des ordres professionnels, des syndicats…, un collège sociétal qui réunit des représentants de structures ou d’organismes de l’éducation-formation, de la santé, de l’environnement, du sport, de la culture, du tourisme, de l’Université…, et un collège des personnes physiques qui réunit des personnes choisies intuitu personae pour leur volonté d’implication et leur expertise[106].

Il comprend un bureau, composé de 14 à 21 membres, dont le Président et les vice-Présidents ainsi que des membres issus de chaque collège, et des groupes de travail thématiques qui se réunissent mensuellement et élaborent les contributions, les avis et les recommandations qui sont débattus en séance plénière avant transmission aux élus communautaires. Les séances plénières sont publiques et se tiennent jusqu’à six fois par an. Il publie par ailleurs une lettre d’information (Agora) et des Cahiers qui reprennent les grandes lignes des contributions transmises aux élus et aux techniciens communautaires[107].

Il est membre de la Coordination régionale des Conseils de développement, de la coordination nationale des Conseils de développement[108] et du Forum de l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai[109].

Dans la cadre d'une auto-saisine, le Conseil a publié en 2015 une contribution par laquelle il préconise un élargissement du périmètre et des compétences de la MEL, un renforcement du processus d’intégration d’un certain nombre de politiques publiques à l’échelle de l’aire métropolitaine, un regroupement ou une fusion des communes de moins de 20 000 habitants et l'élection de la moitié des conseillers métropolitains au suffrage universel direct[110].

Ressources[modifier | modifier le code]

Les taxes d'habitation, les taxes foncières sur le non-bâti et les cotisations foncières des entreprises constituent la principale ressource financière (41% des Produits de Fonctionnement en 2011)[111]. Ces taxes viennent en remplacement de la taxe professionnelle depuis sa suppression.

À titre indicatif, les vingt-cinq premières entreprises assujetties à la taxe professionnelle étaient (chiffres 2005) :

  • Transpole (Marcq-en-Barœul)
  • SNCF (Lille)
  • Orange France (Villeneuve-d'Ascq)
  • EDF (Lille)
  • et GDF (maintenant Engie) (Lille)
  • Heineken (Mons-en-Barœul)
  • Auchan (Villeneuve-d'Ascq)
  • Cargill (Haubourdin) (Groupe Cerestar)
  • Valnor (Halluin)
  • Seita (Ronchin) (Maintenant :B'twin village - Décathlon)
  • La Redoute (Roubaix)
  • Hygiène Products (Linselles)
  • Société Industrielle Lesaffre (Marcq-en-Barœul)
  • DSM Food Specialties (Seclin)
  • 3 Suisses (Croix)
  • Schering AG (Lys-les-Lannoy)
  • Laboratoire FR Fraction Bio (Lille)
  • Sodemeca (Seclin) (Michelin)
  • Banque Scalbert-Dupont (Lille)
  • SFR (Lille),
  • Kiloutou (Fretin)
  • Ideal fibres et fabrics (Comines)
  • Héliogravure Didier Quebecor (Lille Hellemmes)
  • Dounor (Neuville-en-Ferain)
  • Demeyere (Pérenchies)
  • Esterra (Santes) (Ramassage d'ordures ménagers)

Coopérations transfrontalières[modifier | modifier le code]

Si, en termes de taille, la MEL semble assez proche d'autres métropoles françaises, comme Toulouse Métropole, Bordeaux Métropole ou Nantes Métropole, elle est en revanche placée au centre d'une aire géographique beaucoup plus densément peuplée, caractérisée par une nappe urbanisée presque continue d’Arras et Cambrai au sud, jusqu'à Roulers et Waregem en Belgique au nord. Côté français, une approche par les flux d'échanges (mobilité des populations, partenariats scientifiques, liens entre sièges et établissements d’entreprises, grande vitesse train-avion) montre que la MEL s'inscrit dans un système urbain qui couvre la majeure partie de l’ancienne région Nord-Pas-de-Calais. Ce système urbain est caractérisé par une faible diversité des liens avec les régions voisines mais aussi par des liens majeurs et diversifiés avec les métropoles de Lyon, Marseille, Toulouse et Bordeaux et par une forte intensité des liens avec Paris. Le degré de métropolisation du système lillois serait toutefois relativement faible au regard de son poids de population, loin derrière Paris et Lyon, mais aussi derrière Marseille-Aix, Toulouse, Nice et Strasbourg, notamment en raison de son insuffisante capacité à s’inscrire dans la société de la connaissance (faibles proportions d’emplois dans les industries de haute-technologie ou dans les services innovants)[112].

L'Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai[modifier | modifier le code]

La Métropole s'inscrit dans une conurbation transfrontalière abritant environ 1 200 000 habitants en France et 500 000 habitants en Belgique, dans une demi-douzaine de villes et quelques agglomérations binationales desservies par un réseau de routes, canaux et voies ferrées ou transports en commun particulièrement dense, reliant la région lilloise à Courtrai, Tournai et Ypres, ainsi qu’aux villes jumelles de la Lys[113].

C'est sur cette base qu'est formée la Conférence permanente intercommunale transfrontalière (COPIT), en 1991, partenariat de cinq structures intercommunales flamandes, française et wallonnes (Lille Métropole Communauté urbaine et quatre intercommunalités belges: IDETA pour Tournai et Ath, IEG pour Mouscron, Leiedal pour Courtrai et wvi pour Roulers) visant à renforcer la coopération transfrontalière et à s'associer dans la construction d'une Eurométropole. Cette structure a notamment donné naissance au projet Grootstad (« Grande Ville ») qui a conduit à l'élaboration d'un schéma transfrontalier entre 1998 et 2001[114].

Ce partenariat, destiné à évoluer vers la constitution d'un eurodistrict, a débouché sur la création de l'Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai en janvier 2008, premier GECT (Groupement Européen de Coopération Territoriale) d'Europe[115]. Il réunit 147 communes et quatorze institutions françaises et belges[116] sur un territoire multiculturel de 3 542 km2 abritant un peu plus de 2 millions d'habitants lors de sa création (1 091 000 en France, 611 000 en Flandre et 325 000 en Wallonie)[114].

L'Aire métropolitaine de Lille[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aire métropolitaine de Lille.

En 2005, une instance de coopération transnationale regroupant 23 acteurs publics français et belges est constituée à l'échelle d'un territoire de plus de 7 000 km2 comptant environ 3,8 millions d'habitants. Il comprend les agglomérations suivantes[117] :

L'objectif poursuivi dans le cadre du partenariat est de hisser l'ensemble des territoires concernés au rang de grande métropole européenne. Les partenaires ont notamment pour ambition de traiter de façon coordonnée les questions relatives aux transports, aux espaces naturels, à la valorisation des voies d’eau, à la gestion des ressources en eau, à la société de la connaissance, à la politique de la ville créative, à l'urbanisme durable et de façon générale à l'attractivité du territoire[118].

En 2007, le pilotage de la démarche de coopération a été confié par l'Association Aire métropolitaine de Lille à l'Agence de développement et d'urbanisme de la Métropole Européenne de Lille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Collectif, Métamorphoses. La réutilisation du patrimoine de l'âge industriel dans la métropole lilloise, Passage, coll. « Beaux-arts », , 256 p. (ISBN 9782847422825)
  • Christine Liefooghe, Dominique Mons et Didier Paris, Lille, métropole créative ? : Nouveaux liens, nouveaux lieux, nouveaux territoires, Presses Universitaires du Septentrion, coll. « Environnement et société », , 348 p. (ISBN 9782757412817)

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