Communauté Saint-Jean

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Communauté Saint-Jean
Repères historiques
Fondation 1975
Fondateur(s) Marie-Dominique Philippe
Fiche d'identité
Église Catholique
Type Institut religieux de droit diocésain
Dirigeant Frère Thomas
Membres 524
Sur Internet
Site internet http://www.stjean.com/
Noviciat et prieuré d'études philosophiques à Saint-Jodard (Loire).

La congrégation Saint-Jean est une congrégation fondée par le père dominicain Marie-Dominique Philippe en 1975.

Les frères de la communauté sont surnommés les « petits gris », en référence à leur habit gris. Celui-ci se compose d'une tunique grise et d'un scapulaire à capuchon (similaire à l'habit noir des bénédictins) avec, à la taille, un rosaire. Les sœurs contemplatives portent en plus un voile blanc et les sœurs apostoliques un voile gris[1].

Depuis 1986, la communauté des frères de Saint-Jean est un institut religieux de droit diocésain dépendant de l'évêque d'Autun (France), c'est-à-dire sous l'autorité de l'Église catholique locale.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1975, un groupe de 5 étudiants de l'université de Fribourg demande au père Philippe d'être leur père spirituel. Sur le conseil de Marthe Robin, il les accompagne dans leur souhait de vie monastique.

En 1978, ce groupe est rattaché ad experimentum à l’abbaye cistercienne de Lérins et prend le nom de « communauté Saint-Jean ».

En 1982, le premier monastère est fondé à Rimont (Bourgogne). Puis le noviciat est ouvert en 1983 à Saint-Jodard (diocèse de Lyon).

La communauté connaît jusqu'en 1996 une phase d'expansion avec de nombreuses fondations en France ainsi que dans d'autres pays.

De 1996 à 2004, elle connaît un certain nombre de difficultés, marquées par des départs et l'obligation de se restructurer. C'est pendant cette période, en 2000, que le cardinal Lustiger retire à la congrégation la charge de l'aumônerie du collège Stanislas de Paris. En 2001, le père Marie-Dominique Philippe laisse le gouvernement de la communauté à un premier prieur général élu, le père Jean-Pierre-Marie. Le père Philippe cesse d'enseigner en 2003 à la suite de la demande de la hiérarchie, pour une « mise en conformité avec le droit ordinaire qui règle l’âge des enseignants (il a 91 ans) et pour permettre un renouvellement du corps des enseignants au studium de Rimont », précise Mgr Pierre Calimé, porte-parole de l’évêque d’Autun [2]. En 2004, Mgr Joseph Madec accompagne la communauté comme assistant religieux.

En février 2006, la communauté effectue un pèlerinage à Rome pour fêter ses 30 ans. Le père Marie-Dominique Philippe y est présent et prêche lors des manifestations organisées pendant trois jours (messes, visites…). Les pèlerins rencontrent le pape Benoît XVI lors de son audience.

Le 26 août 2006, le père Marie-Dominique Philippe meurt à Saint-Jodard (Loire). Le pape Benoît XVI rend hommage à « celui qui, durant de longues années, guida et forma de nombreuses personnes à l’école du Christ, dans l’esprit du ‘disciple bien-aimé’, les enracinant dans un amour profond de l’Eglise et dans la fidélité au Successeur de Pierre. Sa Sainteté rend grâce pour la vie du Père Marie-Dominique, entièrement donnée au Seigneur et à ses frères, enracinée dans la méditation de la Parole de Dieu, dans la recherche et dans la contemplation passionnée de la vérité[3]. »

Le 19 avril 2010, sous la présidence de Mgr Benoît Rivière, évêque d’Autun, le chapitre général des frères de Saint-Jean, constitué d’une cinquantaine de frères délégués, élit un nouveau prieur général pour un mandat de six ans, frère Thomas Joachim. Il remplace le père Jean-Pierre-Marie arrivé au terme de ses deux mandats de 6 et 3 ans.

Missions et activités[modifier | modifier le code]

Organisation[modifier | modifier le code]

La communauté Saint-Jean se compose de plusieurs branches :

  • Les Frères : leur mission est variée, auprès des jeunes, des populations défavorisées, etc.
  • Les Sœurs apostoliques de Saint-Jean : la communauté des Sœurs apostoliques de Saint-Jean a été fondée en 1984. Elle a été reconnue congrégation religieuse de droit diocésain par Mgr Séguy, évêque d’Autun, le 7 octobre 1993. Leur vie apostolique se réalise dans une vie d'évangélisation, par l'accueil et l'aide spirituelle sous toutes ses formes dans les diocèses : centres de retraites et accueil d'hôtes, aumôneries d'écoles, établissements scolaires, aumônerie d'hôpitaux et de prisons, catéchèse, participation à l’animation de paroisses. Elles portent un habit et voile gris.
  • Les Sœurs contemplatives de Saint-Jean : la communauté des Sœurs contemplatives de Saint-Jean, érigée en Institut religieux de droit diocésain par l’archevêque de Lyon le 25 mars 1994, a été fondée par le père Marie-Dominique Philippe en 1982, soit sept ans après les frères de Saint-Jean. C’est avant tout la prière qui est au cœur de la vie des sœurs contemplatives. Prière communautaire (temps d’adoration devant le Saint-Sacrement) et prière solitaire rythment leur journée. Les sœurs vivent leur consécration totale à Dieu dans le silence et la solitude. Elles portent un habit gris avec un voile blanc.
  • Les Sœurs mariales d'Israël et de Saint-Jean : cette branche, née en 1982 en dehors de la communauté Saint-Jean, s'est greffée en 1995 sur la communauté, puis a été dissoute en 2005.
  • Les oblats : des laïcs s'engagent à une vie de prière, proche des frères et des sœurs.

Après un temps de noviciat et de formation (environ 7 ans), les frères et sœurs vivent dans des petites communautés nommées « prieurés ».

La maison-mère des frères de Saint-Jean se trouve au prieuré Notre-Dame de Rimont 71390 Fley-Rimont.

Effectifs[modifier | modifier le code]

  • Les Frères : la communauté des Frères de Saint-Jean a dans un premier temps connu une forte augmentation de ses effectifs : de 5 frères en 1975, elle est passée à 80 frères en 1982 et 350 frères en 1995. Après avoir connu un pic à 550 frères dans les années 2000, la communauté en 2014 comptait 524 frères dont 278 de nationalité française et 246 étrangers, marquant une stagnation voire une régression de ses effectifs. Cela est dû au fait que depuis les années 2000, la communauté connaît un déclin continu du nombre de frères novices : avec un pic de 140 frères au noviciat en 2001, ils étaient une soixantaine de novices en 2009 et seulement 35 novices en 2014 de toutes nationalités.[4] Les frères de Saint-Jean ont dû fermer en 2012 leur maison de formation de Valdedios en Espagne, faute de novices. Cet effondrement des novices est provoqué principalement par les critiques publiques qui se sont développées depuis les années 2000 et les révélations des agissements du père Marie-Dominique Philippe, lesquelles ont fortement ébranlé la crédibilité de la communauté.
  • Les Sœurs apostoliques : en 2014, les sœurs sont environ 200 : 154 sœurs déjà engagées par les trois vœux de religion, dont 120 de façon définitive ; les autres, environ 50, sont encore novices ou postulantes. Vingt-deux nationalités sont représentées : 60% sont françaises, 40% d'autres pays. Les sœurs sont réparties en 21 prieurés dont 11 en France en 2014.
  • Les Sœurs contemplatives : après avoir connu une ascension continue de leurs effectifs, les sœurs contemplatives ont vu leurs effectifs s'effondrer à la suite d'une scission de 2009. Des 380 religieuses que comptait en 2009 cette communauté, il ne restait plus qu'une centaine de religieuses en 2014, d'une vingtaine de nationalités différentes. Elles sont réparties en 23 prieurés dont 8 situés en France : Saint-Jodard (depuis 1983), Terre Basse (1989), Pellevoisin (1990), Croutoy (1992), Cenves (1999), Troussures (2004), Rimont (2005), Murat (2006).

En 2005, la communauté Saint-Jean comptait au total 930 frères, sœurs contemplatives, et sœurs apostoliques, et plus de 3 000 oblats. En 2014, la communauté ne comptait plus au total qu'un peu plus de 820 frères, sœurs contemplatives, et sœurs apostoliques.

Critiques[modifier | modifier le code]

La communauté reçoit des critiques depuis 1996, issues essentiellement de l'AVREF (Association Vie Religieuse et Familles) [5], l'UNADFI [6] et le Centre contre les manipulations mentales [7].

Ces groupes l'accusent de faire du prosélytisme auprès de jeunes adultes, de pousser ceux-ci à couper tout lien avec leur famille, d'exercer des pressions psychologiques, ainsi que l'absence de soins médicaux. Il lui a également été reproché le non-respect de certaines règles de l'Église catholique, et des méthodes de formation des nouveaux venus trop proches des méthodes des sectes. En outre, depuis les années 2000, la communauté de Saint-Jean est secouée par la révélation de plusieurs affaires de mœurs dont certaines ont été pénalement condamnées.

Par ailleurs le journal catholique contestataire Golias publie depuis la fin des années 90 de très nombreux articles et dossiers sur la communauté Saint-Jean, dénonçant les multiples dérives imputées à cette dernière.

La Monition canonique de Mgr Séguy (2000)[modifier | modifier le code]

Le 28 juin 2000, Mgr Séguy, évêque du diocèse d’Autun, Chalon et Mâcon dont dépend la communauté Saint-Jean, adresse à celle-ci une Monition canonique. Dans ce texte « préventivement punitif », l’évêque lance de sévères avertissements à la communauté Saint-Jean après avoir notamment constaté « des signes graves d'un certain essoufflement, désarroi, fatigues physiques ou morales, épuisements, conduites non conformes à la vie chrétienne ou religieuse, demandes de dispenses de vie commune, d'ex-claustrations, de sortie, de retour à l'état laïc, voire de nullités de professions ou d'ordinations pour contrainte morale, etc. ».

La publication d'une Mise en garde contre la communauté Saint-Jean (2004)[modifier | modifier le code]

En janvier 2004, commence à circuler sur Internet un libelle anonyme. Puisant manifestement ses informations aux meilleures sources, il se présente comme une " mise en garde " à l'égard de la communauté Saint-Jean. " Nous sommes catholiques romains. Compte tenu des menaces que nous avons reçues [...], nous ne voulons pas dévoiler ici notre identité ", y lit-on. Le texte est parvenu dans les aumôneries scolaires et a été largement diffusé auprès des journaux. Il révèle des affaires de mœurs qui n'avaient pas jusqu'alors été évoquées publiquement et donne des détails sur d'autres dossiers[8]. Certains sites catholiques, tel celui de la Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires (PNCDS 72) du diocèse du Mans, décident alors de mettre en ligne ce document[9].

La dissolution des Sœurs mariales d'Israël et de Saint-Jean (2005)[modifier | modifier le code]

C'est en 1995 que les Sœurs mariales d'Israël et de Saint-Jean sont admises dans la communauté Saint-Jean comme une " nouvelle branche " de la "famille " des " Petits gris ". Elles forment donc ainsi une quatrième branche, après celle des Frères de Saint-Jean, celle des Sœurs apostoliques de Saint-Jean, celle des Sœurs contemplatives de Saint-Jean. Elles sont dirigées par mère Myriam, ancienne étudiante du père Marie-Dominique Philippe.

Mais des accusations récurrentes éclaboussent les sœurs : immédiateté de l'entrée dans la communauté et de la prise d'habit, la plupart du temps à l'insu des familles; rupture brutale des relations avec l'entourage ; vexations, humiliations, sévices corporels ; alimentation carencée ; pression psychologique de la supérieure, entraînant une dépendance des sœurs à son égard, dans un climat de peur et d'angoisse ; absence de couverture sociale ; cumul des responsabilités de la fondatrice qui est à la fois la supérieure, la maîtresse des novices et la directrice spirituelle.[10]

Face aux multiples critiques, la branche des Sœurs mariales d'Israël et de Saint-Jean est finalement dissoute en tant qu'association de fidèles, selon un décret pris le 15 mars 2005 par le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon.[11] D'après les autorités diocésaines, il s'agit là d'une « mesure grave et rare », justifiée par plusieurs raisons : le « comportement de la responsable du groupe », le « manque de liberté », les « violences invoquées à plusieurs reprises par les familles des religieuses » et « par des associations de lutte contre les dérives sectaires », ainsi que le « charisme mal défini de la communauté ».[12]

L'enquête du journal Golias (2005)[modifier | modifier le code]

Le journal catholique contestataire Golias publie en novembre 2005 un dossier spécial très documenté sur "La face cachée des Petits gris"[13].

La scission au sein de la communauté des Sœurs contemplatives de Saint-Jean (2009)[modifier | modifier le code]

En juin 2009 éclate une très grave crise au sein, cette fois, de la communauté des Sœurs contemplatives de Saint-Jean. Sœur Alix, fondatrice et prieure générale depuis 1982, est limogée en juin 2009 par décret du cardinal Philippe Barbarin pris en accord avec le Vatican et remplacée par une autre sœur. Cette décision choque alors de nombreuses sœurs, mais aussi des frères de la communauté estimant que sœur Alix était une supérieure hors pair. La nouvelle prieure générale, sœur Johanna, rencontre alors de grandes difficultés à faire accepter sa nomination.

Cela débouche sur une scission : après une première tentative en 2010 au Mexique, une centaine de novices et de professes simples fondent une nouvelle association publique de fidèles, dénommée « Sœurs de Saint-Jean et Saint-Dominique », le 29 juin 2012 à Cordoue. Mais le cardinal Bertone dissout cette association « dissidente » par rescrit le 10 janvier 2013[14]. Les recours présentés par des sœurs contre les décisions de Mgr Brincard en février 2012 sont également rejetés le même jour pour manque de fondement juridique. Le conflit s'enlise et aucune solution pour remédier au conflit ne semble alors envisageable.[15]

Le 1er juillet 2014, Rome annonce finalement la décision suivante : « les ex-sœurs qui ont canoniquement quitté la congrégation des sœurs contemplatives de Saint-Jean et les laïques qui voudront s’unir «pourront librement constituer une association publique de fidèles en vue de devenir un institut religieux. » » La scission est donc désormais définitive. Rome précise que la soeur Alix est quant à elle «définitivement exclue de la vie religieuse».[16]

Les révélations concernant le père Marie-Dominique Philippe (2013)[modifier | modifier le code]

En 2013, la communauté Saint-Jean révèle les manquements à la chasteté de son fondateur par le biais du supérieur général Frère Joachim[17]. Cette nouvelle "affaire" ébranle considérablement la communauté Saint-Jean et annule les premières démarches entamées par les "Petits gris" en vue d'une béatification du père Philippe.

La publication d'un Livre Noir par l'AVREF (2015)[modifier | modifier le code]

En mai 2015 est publié Le Livre Noir de la Fraternité Saint-Jean[18] par l'AVREF (Association Vie Religieuse et Familles), dénonçant les dérives des "Petits Gris", ainsi qu'un supplément spécial[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]