Commentaires d'Aristote

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On désigne par l'expression « commentaires d'Aristote » des écrits visant à expliquer et éclaircir des œuvres d'Aristote.

De nombreux commentaires d'Aristote ont été rédigés dès l'Antiquité, tradition qui se poursuit longtemps durant le Moyen Âge, et jusqu'à Félix Ravaisson, auteur d'un Essai sur la Métaphysique d'Aristote.

Les commentateurs les plus connus qui ont lancé cette pratique sont Alexandre d'Aphrodise, Thémistios, Boèce et Simplicius. Les origines sont peut-être à chercher à l'époque du Lycée et de Théophraste, le successeur d'Aristote à la tête de l'école. Porphyre a également écrit des commentaires d'Aristote, notamment l’Isagogè qui influence toute la logique médiévale et qui lègue le problème des universaux.

Dans la philosophie islamique, Al-Kindi, Al-Fârâbî, Avicenne et Averroès sont les commentateurs d'Aristote les plus célèbres. L'Occident médiéval traduit les commentaires arabes, reprend cette pratique et la popularise chez les savants, avec Thomas d'Aquin, Duns Scot et Guillaume d'Ockham notamment.

Commentaires grecs[modifier | modifier le code]

Article connexe : École péripatéticienne.

Commentaires latins[modifier | modifier le code]

Commentaires d'Averroès et les averroïstes[modifier | modifier le code]

Les commentaires parmi les plus réputés sont les commentaires d'Aristote par le philosophe musulman Averroès (1126-1198). Ces commentaires ont fait dire à Alain de Libera qu'Averroès est « un des pères spirituels de l'Europe occidentale »[1].

Rédigés en arabe, ils ont été traduits en latin vers 1230 par Michael Scot, et ont eu par ailleurs une influence majeure sur les penseurs du monde chrétien médiéval, auprès desquels ils ont fortement contribué à la diffusion des cultures grecque et arabe. En particulier, les commentaires du De Anima d'Aristote par Averroès ont influencé la théorie de la connaissance intellectuelle de Thomas d'Aquin. Averroès a été pour cela surnommé Commentator, « le Commentateur » (par excellence).

Il distingue trois types de commentaires, les « abrégés » ou petits commentaires, les « commentaires moyens » et les « grands commentaires ». Ces derniers paraphrasent le texte aristotélicien (ce sont les « lemmes ») et sont complétés par une explication d'Averroès[2].

Ces commentaires auront une grande influence sur les averroïstes latins, tels Siger de Brabant, Jean de Jandun et Pietro d'Abano.

Renaissance[modifier | modifier le code]

Commentaires modernes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Aristotélisme.

Au XIXe siècle, nous assistons à un renouveau des études aristotéliciennes[3], avec Friedrich Adolf Trendelenburg en Allemagne, auteur de commentaires sur l'Organon, et Félix Ravaisson en France. Ce dernier propose un Essai sur la Métaphysique d'Aristote à un concours de l'Académie des sciences morales et politiques en 1834, et il l'augmentera substantiellement dans une réédition de 1845.

Franz Brentano, le maître d'Edmund Husserl, fera sa thèse de doctorat sur les Catégories en 1862.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Libera et Hayoun 1991, p. 121.
  2. Thillet 2005, p. 218-226.
  3. Cf. Denis Thouard (éd.), Aristote au XIXe siècle, Lille, Presses universitaires du Septentrion, 2004.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]