Comment Wang-Fô fut sauvé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Comment Wang-Fô fut sauvé
Publication
Auteur Marguerite Yourcenar
Langue français
Parution Drapeau : France 1936
dans la Revue de Paris
Recueil Nouvelles orientales
Nouvelle précédente/suivante

Comment Wang-Fô fut sauvé est une nouvelle du recueil Nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar, parue en 1936.

Historique[modifier | modifier le code]

Publiée pour la première fois dans la Revue de Paris en 1936, la nouvelle est reprise dans le recueil Nouvelles orientales en 1938 ; ce recueil est réédité en 1963 avec quelques corrections de style[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

Dans la Chine du Moyen Âge, un vieux peintre du nom de Wang-Fô erre de village en village, vivant dans la misère mais dédaignant l'argent, avec pour seul compagnon son disciple, appelé Ling. Un jour où les deux dorment à même le sol dans une auberge, ils sont arrêtés par la milice et emmenés auprès de l'Empereur. Ce dernier a grandi enfermé et coupé du monde pendant les premières années de sa vie en contemplant à chaque heure les toiles du vieux peintre. Quand il découvre le monde extérieur avec ses propres yeux à l'âge de 16 ans, il constate que celui-ci n'est qu'un pâle reflet des toiles de Wang-Fô et en éprouve un vif ressentiment, car il se trouve incapable de l'aimer tel qu'il est. L'empereur annonce donc au peintre qu'il aura les yeux brûlés et les mains coupées, mais qu'à l'instant du « dernier repas du condamné », il devra terminer une peinture commencée dans sa jeunesse restée inachevée. Le vieil homme s'exécute et se retrouve alors, par un étrange phénomène, à voguer sur les flots de sa propre toile accompagné de son disciple que l'empereur vient de mettre à mort, abandonnant le monde d'ici-bas, qui ne gardera d'eux qu'un peu « d'amertume marine ». « Wang-Fô et son disciple Ling disparurent à jamais sur cette mer de jade bleu que Wang-Fô venait d'inventer. »

Analyse[modifier | modifier le code]

Wang-Fô est le «sage» qui atteint la perfection esthétique, hors de l’ordre social et des possessions matérielles. Dans sa quête de « l’irréel », le peintre, en effet, inverse les idées reçues : pour peindre une femme, il prend comme modèle un homme et inversement. Il échange volontiers son œuvre contre une « ration de bouillie de millet », préférant la liberté créatrice à l’intégration sociale.

Ling possède des biens matériels ; il est comblé par la vie et va découvrir le dépassement spirituel. Ling, qui a compris l’art de son maître et a su le servir, sera sauvé : «ressuscité» par l’art, il aura droit, comme Wang-Fô, à l’immortalité.

Adaptation[modifier | modifier le code]

La nouvelle a été adaptée sous la forme d'un court métrage d'animation du même nom par René Laloux, sur des dessins de Caza, en 1987.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Post-scriptum de Marguerite Yourcenar aux Nouvelles orientales, Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1963, p. 149.