Commandement interarmées de l'espace

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Commandement interarmées de l'espace
Image illustrative de l’article Commandement interarmées de l'espace
Emblème du Commandement interarmées de l'espace

Création 2010
Pays Drapeau de la France France
Allégeance État-major des armées
Type Organisme interarmées
Fait partie de État-major des armées
Garnison Cité de l'Air, Paris
Commandant Général de brigade aérienne Michel Friedling

Créé en 2010[1], le commandement interarmées de l'espace (CIE) représente l'état-major des armées pour toute question relative à l'espace et relevant du domaine de compétence des armées. Organisme interarmées sous l'autorité du chef d'état-major des armées, le CIE élabore et met en œuvre la politique spatiale militaire de la France[2]. Placé sous les ordres du sous-chef Opérations de l'état-major des armées, le CIE commande et coordonne l'emploi des capacités spatiales au profit des opérations. Son commandant actuel est le général Michel Friedling[3].

Mission et organisation[modifier | modifier le code]

Mission[modifier | modifier le code]

L’action du CIE porte sur l’ensemble des capacités spatiales utilisées par la défense, qu’elles soient patrimoniales, duales ou commerciales. Le CIE élabore la politique spatiale militaire pour le CEMA et contribue à sa mise en œuvre. Ainsi, le CIE[4] :

  • représente l'état-major des armées pour l'élaboration et la conduite des coopérations européennes, internationales et multilatérales dans le domaine spatial militaire ;
  • participe à l’expression du besoin opérationnel et contribue à la conception et à la mise en œuvre de la stratégie d’acquisition des capacités spatiales de défense ;
  • commande les capacités spatiales militaires françaises et coordonne l'emploi des moyens nécessaires ;
  • contribue à la maîtrise de l'environnement spatial et au respect par l'État français de ses engagements internationaux dans le domaine spatial ;
  • peut aussi apporter son concours à l'ensemble des organismes du ministère des armées ou au profit d'organismes extérieurs au ministère pour l'exercice des missions d'intérêt général nécessitant son intervention.

Le CIE est ainsi le point d’entrée unique de toute question spatiale relevant de la compétence des armées. Il a de ce fait un rôle de fédérateur chargé d’identifier les besoins militaires des trois armées, de commander les capacités spatiales militaires françaises en service et de coordonner leur emploi, et de participer à l’élaboration de la conduite des coopérations européennes internationales et multinationales. En outre, de par son expertise, le CIE conseille les autorités et organismes du ministère de la défense[5].

A ce titre, il est organisé en un échelon de commandement et de 4 bureaux pour structurer et organiser les travaux d'un échelon technique composé de six sections, d'un centre d'opérations et d'une équipe de marque.

Organisation interne[modifier | modifier le code]

L’échelon de commandement est exercé par l’officier général CIE (GCIE) secondé par un chef d’état-major. Ils sont assistés par un conseiller du Centre national d'études spatiales (CNES) et un conseiller juridique spécialiste du droit de l'espace.

  • Le bureau politique spatiale et coopérations (BPOL) est chargé de l’élaboration de la contribution des armées à la politique spatiale nationale et participe à la coordination des différents organismes qui travaillent dans le domaine spatial, notamment le CNES, en vue d’une meilleure cohérence d’ensemble. Il est également chargé d’élaborer et de mettre en œuvre les coopérations internationales dans ce domaine.
  • Le bureau préparation de l’avenir (BPAV) fédère l’expression des besoins opérationnels et participe à l’élaboration et à la mise en œuvre des stratégies d’acquisition des capacités spatiales, en particulier dans la conduite des programmes en coopération, avec la Direction générale de l'Armement (DGA) et le CNES.
  • Le bureau emploi et coordination (BEC) est chargé du commandement et de la coordination de l’emploi des capacités spatiales à la disposition de la Défense. Il élabore les directives d’emploi des moyens spatiaux vers les contrôleurs opérationnels et mesure leur efficacité vis-à-vis des objectifs opérationnels fixés.
  • Le bureau maîtrise de l’environnement spatial (BME) est chargé de l’élaboration de la situation spatiale (surveillance de l’espace) avec les chaînes opérations et renseignement de la Défense, de la protection des capacités spatiales (vulnérabilité, sécurité), de la préservation de la capacité d’utilisation des moyens, de la maîtrise de la situation spatiale internationale et de la pérennisation des compétences « espace » dans les forces armées[2].

Ces quatre bureaux structurent et organisent les travaux de l’échelon technique composé de six sections : observation, écoute, surveillance de l’espace, alerte, télécommunications et navigation-positionnement-datation.

A ces sections, s'ajoutent depuis 2015 :

  • un centre d’opérations espace qui travaille en synergie avec le centre de planification et de conduite des opérations[5];
  • l'intégration de l'équipe de marque interarmées de l'espace (EMIE), anciennement dénommé EISOS (Équipe interarmées des systèmes d'observation par satellites), qui se situe sur la base aérienne de Creil, à proximité des principaux organismes militaires en lien avec l'observation spatiale.

Relations fonctionnelles[modifier | modifier le code]

Le Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), la Direction du Renseignement militaire et la Direction interarmées des réseaux d'infrastructure et des systèmes d'information de la défense assurent respectivement le contrôle opérationnel des moyens de surveillance de l'espace, des moyens d'observation par satellites et des satellites de télécommunication.

Le Centre opérationnel de surveillance militaire des objets spatiaux (COSMOS) du CDAOA assure le suivi et établit le catalogue des objets spatiaux en orbite.

Le Centre militaire d'observation par satellites (CMOS) assure la mise en œuvre technique des satellites d'observation en coordination avec le Centre national d'études spatiales.

Satellites utilisés[modifier | modifier le code]

Le CIE a, en 2016, la responsabilité d’utilisation de douze satellites :

Il a également conclu des partenariats avec l’Allemagne et l’Italie pour l’imagerie radar avec les satellites SAR-Lupe allemand et COSMO-SkyMed italien.

La défense française utilise au quotidien vingt et un satellites répartis en huit systèmes différents.

Le système Helios doit être remplacé à partir de 2018 par la composante spatiale optique (CSO) du programme MUSIS[6].

Perspectives[modifier | modifier le code]

La France est le seul État européen à posséder la capacité d’appréciation de la situation spatiale : détection et suivi des satellites en orbite basse grâce aux radars de l’Armée de l’air, GRAVES et SATAM. Mis en œuvre à Lyon-Mont-Verdun, le Centre opérationnel de surveillance militaire des objets spatiaux (COSMOS) permet de fournir quotidiennement une situation très précise en fusionnant les informations issues de l’ensemble des capteurs. Ce centre de l'armée de l'air permet ainsi au CIE de disposer d'un outil dans le domaine de la surveillance[7].

Sur la loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019, la France a fait le choix de consentir de 2,4 milliards d'euros pour les programmes spatiaux, qui « visent à conforter quatre capacités essentielles » :

  • l'imagerie sécurisée optique, infrarouge et radar, avec les satellites CSO et les coopérations avec ses partenaires européens
  • les communications de grande élongation, avec SICRAL 2 et COMSAT NG
  • la surveillance de l'espace extra-atmosphérique
  • l'écoute des signaux électromagnétiques avec la réalisation de CERES qui depuis 2010 permet à la France d'être totalement autonome, à l'instar de la Russie, des États-Unis et de la Chine, pour entrer en premier sur un théâtre d'opérations extérieures de n'importe quel point du globe[8].

Commandants[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]