Comma Johanneum

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Le Comma Johanneum est un court passage réputé avoir été inclus à tort dans la première épître de Jean. L'examen peut en être bref, et les documents anciens : les manuscrits les auteurs ecclésiastiques fournissent suffisament de preuves pour montrer son authenticité.

Contenu du Comma Johanneum[modifier | modifier le code]

Comma in Codex Ottobonianus (629 Gregory-Aland)

Le texte dit du Comma Johanneum est écrit en gras dans le texte :

« 5:7 Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et l’Esprit ; et ces trois sont un.
5:8 Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre : l’Esprit, l’eau et le sang ; et ces trois sont d’accord[1]. »

Histoire du Comma Johanneum[modifier | modifier le code]

Extrait du Codex Sinaiticus incluant 1 Jean 5:7-8, sans le Comma. Le texte en violet se traduit : « Car il y en a trois qui rendent témoignage, l'Esprit, l'eau et le sang... »

Il est souvent affirmé que le caractère apocryphe du Comma Johanneum est attesté par son absence dans l'ensemble des manuscrits anciens du Nouveau Testament, ainsi que par son absence dans les citations des pères de l'Église, comme Clément d'Alexandrie, lequel, tout en insistant fortement sur la Trinité, cite 1 Jean V, 7-8 sans le Comma. Seule la dernière proposition est exacte. Il semble que — si l'oeuvre de Clément n'a pas été altérée à cet endroit, ce qui a été mis en cause par de certains érudits concernant l'oeuvre complète — que Clément possédait, en effet, un exemplaire fautif de l'épitre.

Saint Augustin fait possiblement allusion au Comma quand il écrit que le Père et le Fils "ne sont qu'un", justement dans son Traité sur la Première Epitre de S. Jean. Une partie de l'extrait est constituée quasiment des même mots que l'extrait devenu à tort suspect. Il n'est pas non plus exact d'affirmer que le passage manque dans la plupart des manuscrits anciens ; c'est pourtant ce pas qu'ont pris les savants contemporains ; ils ont aussi oublié la citation de ce passage par Tertullien, au IIe siècle, dans un de ses nombreux traités, celui Contre Praexas. Au IIIe siècle Saint Cyprien fait de même, il cite le passage, et plus tard certains conciles locaux le feront, ainsi que d'autres auteurs ecclésiastiques.

Le Comma semble, dit-on, tirer sa source du Liber Apologeticus de Priscillien, au IVe siècle ; un tel raisonnement revient pourtant à partir gratuitement du principe que le passage n'est pas utilisé par lui, même de manière allusive, mais créé par lui. Il est, du reste, strictement impossible que l'Eglise entière ait fini par reproduire une interpolation à partir du traité peu lu d'un hérésiarque, cependant notoire, aux idées condamnées par les évêques de toute la chrétienté.

On lit parfois, dans les études récentes, qu'il est passé des les versions latines au IXe siècle. Pourtant la Vulgate de Saint Jérôme est beaucoup moins vieille, puisque Saint Jérôme termina de traduire la Bible, à partir des textes originaux, au tout début du Ve siècle.

Alors que le Comma avait été omis des premières versions du Novum Instrumentum omne, le Nouveau Testament en grec publié par Érasme, il apparaît dans la troisième version publiée en 1522, après la découverte d'un autre manuscrit grec le contenant. Cette version ayant servi jusqu'au XIXe siècle de base pour les traductions, les Bibles en langue vernaculaire (Bible allemande de Luther, Bible du roi Jacques en anglais) contenaient le Comma. Influencée par la critique protestante, la critique moderne tendra de plus en plus à expulser le passage en question du texte ; mais déjà au XVIIe siècle, le pasteur protestant David Martin se prononçait dans les notes de commentaire de sa traduction de la Bible en faveur de l'authenticité du Comma.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traduction du chanoine Crampon, 1923

Lien interne[modifier | modifier le code]