Comité révolutionnaire d'unité et d'action

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Le Comité révolutionnaire d'unité et d'action (C.R.U.A.) est le nom que prend le mouvement algérien fondé le 23 mars 1954 par le comité composé de quatre membres, deux anciens de l'Organisation Spéciale (Mostefa Ben Boulaïd et Mohamed Boudiaf) et deux centralistes (Mohamed Dekhli et Ramdhane Bouchbouba alias Ould Amri)[1].

L'Organisation Spéciale était le bras armé du MTLD, un mouvement nationaliste dirigé par Messali Hadj[2].

Le lieu et le « Groupe des 22[modifier | modifier le code]

Le 25 juillet 1954, dans une modeste villa du Clos Salambier, un misérable quartier musulman d'Alger, vingt-deux Algériens se prononcent « pour la révolution illimitée jusqu'à l'indépendance totale ».

Ce tous anciens de l'Organisation Spéciale, qui ont été convoquée dans la deuxième quinzaine de juin 1954. Les 22 personnes étaient[3]

Le Groupe des Six[modifier | modifier le code]

Mohamed Boudiaf mettra en place le Comité des 5, chargé de l’application de la résolution des 22, composé par Mohamed Boudiaf, Mohamed Larbi Ben M'Hidi, Mostefa Ben Boulaïd, Mourad Didouche, Rabah Bitat. Au mois d’aout 1954, la direction des 22 fit appel à Krim Belkacem, comme sixième membre du Comité représentant la Kabylie[4].C'est ce groupe des Six qui déclenchera le 1er novembre 1954 la lutte armée contre l'occupation française.Un tirage au sort dont le résultat fût "lu"par Mostefa Ben Boulaïd désignera Mohamed Boudiaf comme coordinateur du groupe ,les cinq autres membres prendront chacun la direction de l'une des cinq zones de la lutte armée (voir çi dessous le découpage)

Le , dans une maison dont personne ne se rappellera le lieu, le CRUA prend le nom de FLN. Les revendications à présenter à la France sont définies : reconnaissance de la nationalité algérienne, ouverture de négociations, libération des détenus politiques. En outre, les intérêts des Français seront respectés, les Français demeurant en Algérie pourront choisir leur nationalité, Français et Algériens, enfin à égalité, se devront le respect mutuel[5]. D'autres sources[6] mentionnent que le dimanche 24 octobre, les six se réunirent une dernière fois à la Pointe Pescade dans la banlieue ouest d’Alger. Il semble que ce fut au domicile du militant Mourad Boukechoura dont le local à Alger avait servi plusieurs fois de lieu de rendez-vous. Les participants approuvèrent le texte de la proclamation et du tract de l’ALN. Boudiaf devait se rendre le lendemain au Caire, en passant par Genève. Il emportait les deux textes écrits au citron entre les lignes d’une lettre anodine ainsi que la liste des objectifs qui devaient être attaqués dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre. Ils avaient prévu, en accord avec la Délégation extérieure, d’en faire l’annonce à la radio du Caire le jour du déclenchement de la Révolution. Ils rappelèrent l’interdiction absolue d’attaquer des civils européens et on insista encore une fois sur le respect des principes de la guérilla. Avant de se séparer, les six s’arrêtèrent chez un photographe de l’avenue de la Marne à Bab el Oued et firent une photo souvenir.

Il fallait enfin prendre une décision capitale : à quelle date passer à l'attaque. Le 15 octobre? c'est trop proche. Le 25? Didouche Mourad estime que c'est une date qui ne parle pas. Or, il s'agit de fixer une date historique. Et de proposer le 1er novembre. Objection d'un participant : pour les Chrétiens, c'est la fête des morts. Réplique de Didouche Mourad : « Non, la fête des morts, c'est le 2, le 1er, c'est la Toussaint. ».

Accord général, l'attaque aura lieu « à la première heure du premier jour de novembre ». Le sort en est jeté. Pourtant la situation est loin d'être brillante : le Constantinois s'est montré hésitant, l'Algérois relativement rétif, l'Oranie semble se désintéresser de l'affaire seuls les Aurès et la Kabylie marchent à fond. En somme, une poignée d'hommes mal armés.

Le dimanche 24 octobre, les chefs de l'insurrection se retrouvent une dernière fois à Alger. Ils se félicitent de l'ignorance de la police française sur leurs projets et fixent leurs dernières consignes : chaque chef de zone sera responsable des opérations qu'il décidera.

Les neufs chefs historiques[modifier | modifier le code]

Délégation des principaux dirigeants du FLN (de gauche à droite : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) après leur arrestation à la suite du détournement, le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte).
« Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement de la guerre le 1er novembre 1954. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf. Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'hidi à droite.

Découpage de l’Algérie[modifier | modifier le code]

L'une des premières décisions est, en mai et juin 1954, le découpage de l'Algérie en cinq zones:

Mohamed Boudiaf est chargé de la coordination entre les zones.

Fin octobre, ces cinq responsables décideront de créer l’« ALN » (Armée de libération Nationale).

Objectif et actions[modifier | modifier le code]

Les objectifs du CRUA étaient l’affirmation de l’unité du parti MTLD, par la convocation d’un congrès large et démocratique afin de garantir la cohésion interne et de doter le Parti d’une direction révolutionnaire, et la publication du « Patriote », pour préciser le rôle des militants qui devaient dire leur mot et arbitrer la crise plutôt que suivre tel ou tel clan[7].

L'objectif principal du mouvement est de déclencher la lutte armée, dont le début est programmé pour la fin de l'année 1954. le 10 octobre, le CRUA prend le nom de FLN. L'action se concrétise le par une série d'actions coordonnées dans l'Algérois, l'Oranie et le Constantinois, connue sous le nom de la Toussaint rouge.

Personne, à Alger ne fera attention à des achats qui vont aller se multipliant: lampes à souder, scies à métaux, chalumeaux oxyacétyléniques, bronze, salpêtre, chlorate de potasse, poudre noire, etc, on est prêt à fabriquer des bombes que les communiqués décriront longtemps comme étant de « fabrication locale ». Relais, « planques », ateliers, services de renseignement sont mis en place, au nez et à la barbe des Français.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mohamed Boudiaf, Où va l'Algérie, HIWAR-COM édition de communication Publicité, Alger 1992, p.70
  2. Gilbert Meynier, Le PPA-MTLD et le FLN-ALN, étude comparée, dans La guerre d'Algérie, dir. Mohammed Harbi, Benjamin Stora, Robert Laffont 2004, collection de poche Pluriel, p.609
  3. Azeddine Guerfi, Aïssa Khaled Chaïb, Boudiaf, l’homme des ruptures, éditions Chihab 1992, p.39-40
  4. Azeddine Guerfi, Aïssa Khaled Chaïb, Boudiaf, l’homme des ruptures, éditions Chihab 1992, p.43
  5. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Historia_Guerre_d_1972.
  6. http://www.memoria.dz/oct-2012/dossier/la-pr-paration-1er-novembre
  7. Azeddine Guerfi, Aïssa Khaled Chaïb, Boudiaf, l’homme des ruptures, éditions Chihab 1992, p.38

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Conseil national de la révolution algérien(CNRA)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Courrière, La Guerre d'Algérie
  • Yves Courrière, La guerre d'Algérie - Les fils de la Toussaint , Librairie Arthème Fayard, 1968
  • Bernard Michal (dir.), Le Destin tragique de l'Algérie française, éditions de Crémille, Genève, 1971, 4 vol., tome 1 (« 1954-1956 »).
  • Mohamed Boudiaf, Où va l'Algérie, HIWAR-COM édition de communication Publicité, Alger 1992, p.70
  • Azeddine Guerfi, Aïssa Khaled Chaïb, Boudiaf, l’homme des ruptures, éditions Chihab, Batna 1992, p.38